« The Bling Ring » : pari gagné pour Sofia Coppola

« The Bling Ring », le nouveau film de Sofia Coppola, s'attarde sur un fait divers réel : une bande d'ados qui, pendant plusieurs mois, ont cambriolé des domiciles de stars. Sans jugement ni morale, ce film est plutôt un constat saupoudré de paillettes.

« The Bling Ring » : pari gagné pour Sofia Coppola

The Bling Ring est un film tiré d’une histoire vraie, comme il y en a beaucoup d’autres. Néanmoins, celle-ci a tout pour être spectaculaire : the Bling Ring est un groupe d’ados qui, entre 2008 et 2009, ont réussi à cambrioler les domiciles de plusieurs stars dont Paris Hilton, Lindsay Lohan ou encore Orlando Bloom.

Résultat, on est vite fascinés par cette bande qui trouve presque normal d’avoir le Chanel de Rachel Bilson dans son armoire.

Génération Internet

Ce qui surprend tout d’abord dans The Bling Ring, c’est l’omniprésence du Web. Pour trouver les domiciles de leurs victimes, et savoir si potentiellement les maisons seront libres, les ados se servent du Net : quelques recherches bien trouvées et hop, c’est dans la poche. Ils s’exhibent tous fièrement sur leur page Facebook avec les fruits de leurs larcins : sacs, vêtements, chaussures…

On les voit également dans des clubs branchés (repérés grâce à des interviews de stars qui disent y aller, vidéos provenant… de YouTube) où leur activité principale consiste à se prendre en photo (avec des billets, du champagnes, des duckfaces) pour les diffuser sur les réseaux sociaux.

Finalement, ces jeunes cambriolent les stars qui les font rêver sur petit écran, et s’exposent de la même façon sur le Web, avec leurs trophées. On observe même une scène où Marc (interprété par Israel Broussard) fume de l’herbe et danse, le tout comme vu à travers une webcam. Une façon peut-être de nous montrer que ces ados hyper-connectés ne le sont finalement plus trop avec la réalité.

Une fascination malsaine

Ce qui surprend, dans The Bling Ring, c’est la complexité des ados. Si Sofia Coppola a forcément « glamourisé » ses personnages par rapport aux vrais cambrioleurs, elle s’est néanmoins attachée à ressortir une certaine complexité de leurs personnalités.

La leader du groupe, Rebecca (interprétée par Katie Chang), semble totalement détachée des évènements. C’est elle qui initie Marc au vol de voitures et au fait de rentrer tranquillement chez les gens, le tout avec une étonnante facilité.

Ici, pas d’effractions, juste des clefs laissées sous le paillasson et des portières mal fermées. Elle attrape les vêtements sans hystérie, se sent à l’aise puis parade avec son butin sans se poser des questions. La jeune fille dont son personnage est inspiré, Rachel Lee, aurait par exemple utilisé la salle de bain de Rachel Bilson lors du vrai cambriolage, tranquille.

Nicki, interprétée par Emma Watson, est sans conteste le personnage fort du film. Pas parce qu’on découvre Hermione en biatch californienne, mais parce qu’elle excelle dans l’exercice d’être à la fois une victime et une attention whore.

Nicki demande à participer aux cambriolages, se bat avec sa « sœur adoptive » pour une robe Hervé Léger… et joue le numéro de la fille martyre lors de son arrestation. Glaçante de cynisme, elle va jusqu’à déballer sa détention en compagnie de Lindsay Lohan et cherche l’exposition à tout prix, sans se soucier du sort de ses amis.

Alexis Neiers, la « Nicki » de la vie réelle, fut d’ailleurs l’héroïne d’une émission de télé-réalité américaine, Pretty Wild, et alimente encore aujourd’hui son site Web, parlant de sa « spectaculaire rédemption ». C’est d’ailleurs la seule fille du Bling Ring à avoir sa propre page Wikipédia

Bien qu’importants, les autres personnages sont moins forts. Néanmoins, on ne peut retirer aux acteurs que leurs personnages semblent tous plus vrais que nature, de l’ado mal dans sa peau (Marc, interprété par Israel Broussard) à la bad girl qui semble inconsciente (Chloe, interprétée par Claire Alys Julien).

Pas de jugements

Au final, The Bling Ring ne juge pas ces jeunes gens. Souvent, la caméra se pose comme simple spectatrice. Lors du cambriolage d’une célébrité, la scène est filmée de loin, ne nous montrant que les protagonistes faisant le tour des pièces, un peu comme on regarderait des Sims vivre leur vie.

C’est bien là, à mon sens, tout l’enjeu du film : nous montrer une jeunesse qui rêve de paillettes, qui se croit intouchable, mais sans jamais nous réjouir de leur chute. L’arrestation et le jugement sont d’ailleurs assez rapides comparés au reste du film. En clair, peu de réponses à nos questions (comment ? pourquoi ?), mais une vraie percée dans ce quotidien pas ordinaire, mais bizarrement assez banal.

The Bling Ring plaira, je le pense, à beaucoup. La bande originale, bien choisie, et les tenues léchées des personnages en rajoutent encore une louche pour convaincre les spectateurs. N’hésitez donc pas à jeter un œil à ce film !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Farfeluue
    Farfeluue, Le 17 juin 2013 à 21h44

    Je suis pas vraiment d'accord avec l'article ( mais chacun ses gouts hin! )

    Le fait de ne pas avoir traité le procès par exemple, on dirait plus de la flemme qu'un choix vraiment scénaristique. L'histoire n'a pas grand intérêt je trouve, on y voit des jeunes cambrioler des maisons, c'est une sorte de répétition pendant tout le film, ce n'est pas vraiment interessant. Aucune affinité avec les personnages, aucune envie de s'identifier. Et PIRE je trouve qu'Emma Watson n'est pas crédible dans son rôle ( mais ça doit être mon souvenir d'Hermione ). Pour finir, l'incrustation des vidéos d'archives m'a donné l'impression d'un reportage pourri de 50min inside..

    Bref petite déception.

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