Sucker Punch, de Zack Snyder

Respirez bien fort, ouvrez vos chakras et apaisez votre esprit. Ça va bien se passer, dites-vous simplement que toutes les armes dont vous avez besoin pour comprendre Sucker Punch sont en votre possession. Pour faire un film, il faut d’abord des personnages. Fermez vos yeux et pensez très fort aux Pussycat Dolls. Vous les avez […]

Sucker Punch, de Zack Snyder

Respirez bien fort, ouvrez vos chakras et apaisez votre esprit. Ça va bien se passer, dites-vous simplement que toutes les armes dont vous avez besoin pour comprendre Sucker Punch sont en votre possession.

Pour faire un film, il faut d’abord des personnages. Fermez vos yeux et pensez très fort aux Pussycat Dolls. Vous les avez ? Des ongles manucurés à la longue cascade blonde-brune-rousse (barrez la mention inutile), sans oublier les cinq paires de longues gambettes et les décolletés pigeonnants. Sur ces plastiques de rêve, imaginez des uniformes moulants, ajoutez une ou deux armes, un grand sourire un peu sauvage. Voilà. Prenez sur vous et refoulez votre jalousie, ces demoiselles seront avec vous le long des 90 prochaines minutes, autant vous y faire dès maintenant.

Ensuite le décor. C’est important un décor, ça donne l’atmosphère, l’ambiance, la température. C’est le théâtre de l’action, le terrain de jeux de nos magnifiques héroïnes bondissantes. Prenez Shutter Island. Virez Leo (snif), gardez l’hôpital psychiatrique aux faux airs de prison et surtout les fous. Gardez bien les fous. Faites-en des folles, parce que dans Sucker Punch il s’agit d’un asile où les patients sont des patientes. Si vous avez bien suivi, pour le moment nous avons cinq Pussycat Dolls un peu barrées enfermées contre leur gré dans un asile sordide. Leur objectif sera simple : retrouver leur liberté en relevant plusieurs défis.

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Vient le moment où il est nécessaire de complexifier le scénario en y apportant un concept novateur et avant-gardiste. Du coup on va imbriquer différents niveaux de rêves dans le scénario. On choppe Inception. On vire Leo (re-snif), Ellen, Joseph et tous les autres et on garde juste l’idée : superposition de niveaux.

Si vous avez bien compris, si je vous dis différents niveaux, vous me dites différents décors. Nous revoilà à l’étape numéro 2. Dans Sucker Punch, il y a trois niveaux et l’asile psychiatrique de Shutter Island est le premier, la réalité. Pour le deuxième, pensez à Moulin Rouge. Prenez les Pussycat, asseyez-les sur les canapés en cuir et dénudez-les. Encore un peu. Très bien. Pour le troisième ce sera un peu plus compliqué. Il y a plusieurs troisièmes niveaux car voyez-vous, les missions que les filles se donnent dans le niveau deux sont accomplies dans le niveau trois. Ainsi chaque mission a son décor. Pèle mêle : Mortal Kombat, la Nuit des morts-vivants, le Seigneur des Anneaux, Minority Report.

Je vous sens perdues, un petit résumé s’impose : les Pussycat Dolls sont internées dans un asile psychiatrique d’où elles tentent de s’échapper. Pour contourner les obstacles qui bourgeonnent devant elles, elles s’enfuient dans leurs rêves où leurs ennemis prennent des formes aisément démontables avec les armes adéquates : des zombies, des orques, des robots… Le tout sur une musique qui te donne envie de déchirer ton chemisier et de jouer la super héroïne genre jeux-vidéos en sous-vêtement. C’est rigolo mais ça vole pas très haut.

Vous voyez, c’était très simple. Le seul mystère jusqu’à présent irrésolu c’est le fait que Blondie soit en fait brune. C’est perturbant.

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Note de Fab : devant le nombre de réactions à propos de l’article sur le sujet de commentaires, voici Sucker Punch vu par Mlle E, une réaction qu’elle a elle-même appelée « Critique Geek ».

Avis à toutes les geeks, fans de baston, de jolies filles et poésie cinématographique. Voici Sucker Punch par M. Zack Snyder (300 et Watchmen pour les plus connus).

Le 30 mars, le clavier et la manette restaient bien sagement à la maison alors que nous allions tous vers les salles obscures leur faire des infidélités avec Sucker Punch. Une bande-annonce lâchée quasiment un an à l’avance, un film somme toute banal de baston en jupette, avec une histoire de quêtes de la liberté.

Totalement emballée par la BO sublime enfin, surtout par le tube du groupe électro belge Lords of Acid, The Crablouse, je me suis dit c’est « du lourd » !! Un an de patience à découvrir par petits morceaux le casting et la suite de la BO toujours merveilleuse.

Le jour J était arrivé. Salle obscure, me voilà ! Sur mon siège, m’attendant à tout sauf à ce que qui vient de m’être envoyé dans la rétine. L’intro tout simplement magique (je ne spoil pas)… parfaite ? Que dire ? Douce pour bien démarrer, laisser sous-entendre ce qu’on a besoin de comprendre sans nous mâcher le travail et nous expliquer mot à mot les faits.

Un ralenti sur Sweet Dreams tant de fois entendu que l’on ne s’attendait pas à entendre repris ici. Un travail appréciable.

Nous entrons dans le vif du sujet avec une texture d’image dans les tons gris. On se dit « c’est la merde la voilà enfermée », et on a raison ! Comment pouvoir trouver de l’originalité dans un asile, surtout aux vues de la bande-annonce qui nous a montré des gros monstres et des explosions en veux-tu en voilà.

C’est sans compter sur le talent de Zack Snyder. Il nous installe ici une dans méthode d’évasion aussi frustrante que parfaite. S’évader dans leurs rêves est une première étape que leur souffle leur psychologue « Tu y es en sécurité, en totale sécurité » leur dit-elle.

Le moment où nous basculons dans le monde de Baby Doll. Image chaude et colorée. Un monde de cabaret, limite maison close où toutes les occupantes sont des danseuses. Baby Doll en est la plus douée bien que la dernière venue. Le fameux syndrome de l’élu qui n’a rien à voir avec la choucroute mais qui gère comme un dieu (Harry Potter, Frodon Sacquet, …).

C’est dans ce monde qu’elle découvre ses missions qui la mènera à la liberté et elle trouve aussi ses acolytes : Sweet Pea, Blondie, Rocket et Amber. Le monde des missions est chaud et sombre à la fois un peu comme le packaging de la dernière extension de WoW.

Sur chaque mission, on retrouve au moins une référence geek, propre à chacun : mon copain et moi n’avons pas trouvé les mêmes et dans les commentaires j’en ai encore vu d’autres.

Ce monde est une métaphore du monde de Baby Doll qui lui-même est une métaphore du monde réel. Vous suivez ? Sinon, c’est pas grave, une fois devant l’écran vous comprendrez.

Pour l’histoire je m’arrête là, j’en ai déjà écrit beaucoup.

Pourquoi j’ai beaucoup aimé ce film ? Il répond juste à mes attentes voire plus, je n’avais jamais vu un film avec autant de sous-entendus et de non-dits.

Je ne sais pas comment il fait mais Zack Snyder sait s’infiltrer dans mon cerveau et agiter les neurones qu’il faut pour que je sorte avec autant d’inspiration, de rage et de confiance en mes croyances ridicules. Pour moi et mon esprit ce film est parfait. Avec en plus une fin comme je les aime …

Eva C. alias Mlle-E.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lyllule
    Lyllule, Le 14 mai 2013 à 13h33

    En vrai j'avais entendu mon homme et son pote qui écoutait tout le temps la bande son de Sucker Punch, ajoutant à tout cela toutes les plus grandes éloges cinématographiques.

    Alors c'était décidé, à l'occasion je le regarderais (même si au premiers abords je me suis dis "encore un film de bimbo super bizarre..." mais j'avais tord!)

    Concrètement, durant les 5 premières minutes du film, mon coeur s'est mis à palpiter, plus la petite reprise de "Sweet Dreams" qui te fais frissonner comme bon lui semble.

    En bref ce film m'a donné des frissons, et bien qu'au début je n'ai pas tout à fait compris l'histoire, j'ai beaucoup aimé. C'est le genre de film qui te donne des spasmes (des bons) dès que tu te remémore des scènes du films.

    C'est aussi le genre de film dans lesquels tu désire que ça continue, mais aussi dans lesquels tu veux pas de suite, tu préfère avoir le goût de supposer ce qu'il se passe ;)

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