Faire du sport de haut niveau quand on est ado, entre motivation et isolement social

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Sport de haut niveau et adolescence sont parfois difficiles à concilier. Comme Sarah, l'héroïne de Kiss & Cry, les madmoiZelles qui en ont fait l'expérience ont longtemps cherché leur équilibre.

Faire du sport de haut niveau quand on est ado, entre motivation et isolement social

Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat avec UFO Distribution.
Conformément à notre Manifeste, on y a écrit ce qu’on voulait.

Article publié le 19 septembre 2017

Faire du sport à haut niveau lorsque l’on est ado, ça peut être à double tranchant.

Cette ambivalence est au centre du film Kiss & Cry en salle le 20 septembre, dans lequel Sarah, jeune patineuse, cherche à trouver son équilibre entre le cocon sportif et ses envies de liberté.

Mais au-delà de la fiction, on voulait découvrir l’envers du décor de la bouche des madmoiZelles. Qu’est-ce que le sport à haut niveau représente pour elles, ont-elles l’impression d’avoir dû faire des sacrifices, qu’en ont-elles tiré ?

Le sport, une passion dévorante dans tous les sens du terme

Dans les divers témoignages reçus, on s’aperçoit vite que la découverte du sport que ces madmoiZelles ont choisi a été un peu comme un coup de foudre.

Océane explique avoir connu le squash il y a huit ans :

« Après avoir testé de nombreux sports, j’y ai trouvé une activité complète qui m’a dès le départ séduite. Challengeuse dans l’âme, j’ai décidé de me mettre à la compétition et ce fut le début de ma petite vie dans le sport de haut niveau. »

Et très vite, elle met le pied dans un milieu qui la comble :

« Pour mon année de seconde, je n’aurais pas rêvé mieux. Reconnue comme sportive de haut niveau, je m’entraînais alors au moins 3 fois par semaine et étais en tournoi presque tous les week-ends.

À cette période, j’arrivais encore sans mal à combiner le squash, mes études et ma vie d’adolescente. Le bonheur ! »

Lily, elle, s’est prise de passion très jeune pour son sport :

« J’ai commencé la danse étant toute petite (2 ans), pour une raison toute bête : j’étais hyperactive « sur les bords » comme disent mes parents, et il fallait m’occuper.

J’ai donc pratiqué énormément d’activités extrascolaires depuis le plus jeune âge : gym, danse, musique, handball… On ne m’arrêtait pas !

Malheureusement pour mes parents, je me suis prise de passion pour la danse (classique et jazz). Il m’en fallait toujours plus. »

Ce type de parcours était dévorant, dans le sens où il conduit à avoir un emploi du temps très chargé qui accentue cette impression.

Lexane, qui faisait du short-track, c’est-à-dire du patinage de vitesse, explique qu’au lycée où elle était avec 3 ans d’avance, il lui arrivait de sécher 5 à 6 jours de cours pour aller en compétition.

« C’était un rythme très intense, mais qui me plaisait beaucoup. »

Sport-études : comment concilier sport et scolarité ?

Cependant, ce rythme intense pouvait parfois peser sur l’autre composante importante de la vie de la majorité des ados, la scolarité. Pour Océane, il n’a pas toujours été facile de se faire comprendre en cours :

« L’école a toujours eu une place (presque !) centrale dans mon cocon familial, ce qui m’a d’ailleurs toujours motivée à être parmi les meilleurs dans ce domaine.

Cette notion de double projet, associant le sport et les études, était donc primordiale pour mon équilibre et mon évolution.

Malheureusement, peu de personnes comprenaient le sens même de ce double projet, et ce qu’il m’apportait au quotidien.

Certains de mes professeurs ont par exemple commencé à se montrer plus exigeants de façon à bien me rappeler que l’école devait être prioritaire, et quelques-uns ont même pu me mettre des bâtons dans les roues en se montrant intolérants vis-à-vis de plusieurs absences, pourtant justifiées par des compétitions. »

Pour autant, ce n’est pas un cas de figure systématique. À l’inverse, Lily a eu la chance d’avoir un entourage compréhensif :

« Mes emplois du temps devenaient dingues. J’en loupais des cours, que je rattrapais grâce à des camarades. Heureusement pour moi, j’ai toujours été bonne élève, ce qui rendait mes professeurs indulgents.

Ainsi, j’ai raté mes examens blancs du bac pour participer à la finale d’un concours à l’autre bout de la France. J’ai du bûcher mes bacs blancs seule, un mercredi après-midi, en tête à tête avec une prof. Ambiance. »

Lexane a elle trouvé des manières de s’adapter, pour survivre à ce rythme intense :

« J’ai dû vite apprendre à réviser dans le train, l’avion ou la voiture, et à ne pas me laisser distraire !

Mais après le bac, j’ai arrêté mes études. J’étais encore inscrite à la fac à distance, vu que je n’avais pas 16 ans, mais il n’y a aucun suivi dans les cours par correspondance.

Alors j’ouvrais mes leçons un peu avant les partiels et pendant trois semaines, je ne touchais plus à mes patins. »

Conserver une vie sociale en sport-études

Ce rythme de vie effréné mène forcément à devoir faire des concessions par rapport à la vie d’un•e ado lambda, notamment en termes de vie sociale.

Dans Kiss & Cry, Sarah fréquente essentiellement ses potes patineuses.

Comme Sarah dans Kiss & Cry, qui est essentiellement entourée de ses amies patineuses, Lily a surtout fréquenté les filles de la danse :

« Je ne voyais que le « Groupe » de danseuses. Je n’avais pas vraiment d’ami•es proches hormis elles. De plus, je n’avais pas beaucoup d’autres sujets de conversation que la danse, ce qui m’éloignait un peu plus des gens de mon âge.

J’ai même raté les 18 ans de ma meilleure amie (ma seule copine non danseuse !) parce que nous étions en concours… autant de choses que je regrette un peu aujourd’hui. »

Nina, qui faisait de l’athlétisme, avait aussi des potes de stade, mais pas seulement :

« Les copines, je les retrouvais au stade tous les soirs et en compètes, même parfois pendant les vacances avec les stages.

Mais j’ai aussi eu la chance d’avoir un groupe d’amies hors stade qui ont toujours respecté mon implication dans l’entraînement et qui comprenaient mes absences répétées à leurs soirées ou sorties.

C’est d’ailleurs mon plus gros fan club (ex æquo avec ma famille) et nous avons toujours gardé contact ! »

Pour Océane, ça a été plus compliqué pendant longtemps :

« Beaucoup de mes fréquentations ne comprenaient pas mon intérêt pour le squash, pour cette activité que j’exerçais « enfermée dans une boîte » (comme ils aimaient tant le répéter). […]

Au début, ces petits pics pouvaient me toucher, mais ils m’ont surtout permis de faire le tri. Ma famille m’a toujours soutenue et mes meilleurs amis aussi. J’avais tout à disposition pour évoluer en toute sérénité. »

La fameuse « boîte » d’Océane (sauf que je l’imagine bien plus classe que ces gens qui se roulent par terre). 

Ça a évolué au moment où elle a quitté l’Île de la Réunion pour rejoindre le Centre de Ressources, d’Expertise et de la Performance Sportive de Chatenay-Malabry, en banlieue parisienne.

« J’étais sûre de ce choix même si je n’avais pas encore conscience de toutes les conséquences que celui-ci allait engendrer. Départ difficile, ma famille et mes amis m’épaulaient toujours, mais d’un autre côté ils ne comprenaient pas cette décision et ne la soutenaient pas.

Ce fut probablement l’année la plus riche mais aussi, et surtout, la plus dure de mon existence. J’ai découvert la vie parisienne, un nouveau climat, la vie en internat, les responsabilités et le sens même du « Travail ». […]

Je m’étais très mal intégrée au sein du collectif de squasheurs. C’est une discipline avec très peu d’effectifs et je vivais au quotidien avec eux, sans repère.

Étant nouvelle dans le collectif, et n’ayant pour seul intérêt commun avec eux le squash, je me suis très vite retrouvée isolée. […]

Heureusement, le CREPS était composé de nombreux autres sports. J’étais en coloc avec une karatéka de mon âge qui a littéralement changé ma vie.

Cette fille, tout comme d’autres sportifs et sportives que j’ai pu côtoyer cette année-là, m’a vraiment appris ce qu’était la solidarité et m’a soutenue en toutes circonstances. »

Le squad de Sarah

Emma, qui a suivi un parcours de sport-études natation au collège, a réussi à maintenir une vie sociale hors du bassin… et heureusement puisque l’ambiance à la piscine était délétère :

« Très vite, j’ai découvert les rivalités entre nageurs, entre les filles dans les vestiaires. […]

De prime abord, il n’y avait aucune solidarité entre filles et c’était celle qui avait les meilleurs résultats en piscine qui pouvait écraser les autres. […]

Arrivée en cinquième et suite à une puberté avancée, je perds du niveau dans les résultats. Très vite, je deviens celle qui n’est pas forte, qui est nulle et qui est mise de côté par l’entraîneur.

Quelques années, plus tard, le hasard a fait qu’une nageuse de ce même club avec laquelle j’étais très amie à l’époque, a intégré le même master que moi à Paris.

Lors d’une soirée, j’avais lancé une vanne en disant « Ah oui la piscine, je m’en souviens, j’étais trop nulle ! (Hahaha rire jaune) » — ce à quoi elle avait répondu « Non c’est faux. On t’a fait passer pour nulle ».

Elle n’imagine pas à quel point ses mots m’ont ôté un poids ce jour-là. »

Ces rivalités et comportements de harceleuses/harcelées se retrouvent pour partie dans le film Kiss & Cry.

Sportive de haut niveau et relations amoureuses : le combo impossible ?

Dans le long-métrage de Lila Pinell et Chloé Mahieu , Sarah expérimente ses premières tentatives amoureuses. C’est d’ailleurs l’une des facettes de cette envie de liberté qui est au centre du film. Pourtant, c’est un sujet quasi-absent des témoignages reçus, et pour cause : c’est compliqué.

Lily mentionnait cet aspect des choses comme une frustration :

« J’avais envie moi aussi d’avoir un amoureux, d’avoir des week-ends avec du temps libre pour faire du shopping, aller au cinéma ! »

Finalement, elle a eu son premier copain à l’âge de 17 ans, mais ce n’était pas la relation la plus facile du monde.

« On est restés près de 2 ans ensemble, mais il a fait des concessions énormes […].

La place qu’a la danse dans ma vie est toujours un frein dans mes relations, et c’est l’une des raisons qui nous a poussés à nous séparer. Étant ado, je n’arrivais pas à gérer l’affectif, les cours et la danse, car mon sport primait sur tout. »

Samia, judokate, a elle eu plusieurs relations amoureuses, dont les plus sérieuses se sont déroulées avec des membres de son club de judo. Il y avait tout de même un bémol :

« Ce sont les relations les plus difficiles, car quand tout un club est au courant, il est compliqué de passer inaperçu et ça donne lieu à de nombreuses ruptures. »

Dans une autre vibe, Coralie explique avoir bien profité de ses qualités de danseuse, dans la vie « normale » :

« En tant que danseur, il est clair que notre connaissance des mouvements du corps n’a rapidement plus aucun secret pour nous, dans le sens où on sait comment se mouvoir pour faire passer un message (c’est quand même le propre de la danse CQFD).

Et dans cette société où le corps et son utilisation sont assez tabous ça devient un vrai avantage. Comme tout adolescent l’envie de plaire/de séduire est bien là et on fait de notre corps une arme fatale.

Nos complexes sont surtout liés à la danse (trop de hanches, trop de fesses) mais n’existent plus ou en tout cas sont minimisés dans la vie normale puisqu’on répond au canon de beauté de la minceur… »

Le sport à haut-niveau : une relation compliquée avec son corps ?

Cependant, ces canons de beauté, cette pression sur le corps des sportives pour qu’il soit à la fois capable et beau, peuvent avoir un réel impact, comme l’explique Lily :

« Je suis très petite en taille. Non seulement il a fallu que je bosse deux fois plus que les autres pour prouver que j’avais de la valeur en tant que danseuse, mais en plus il fallait faire face aux moqueries des ados au collège et au lycée.

L’acné aussi a été une vraie plaie, qui ne faisait qu’empirer sous les couches de maquillage de scène… J’étais donc obligée d’avoir le pinceau léger pour aller à l’école, affronter le regard des autres.

L’apparition de ma poitrine a aussi été compliquée à gérer. D’un côté elle me gênait pour danser et de l’autre, je me prenais des remarques bien sexistes de la part des mecs de mon âge. Je n’avais qu’une seule envie : la cacher.

À cette époque, je détestais mon corps. Le stress et la prise de pilule m’ont fait grossir. Horreur ! Je suis passée par une phase boulimique dont j’ai mis des années à me sortir.

Encore aujourd’hui, malgré ma perte de poids et mon acné fortement diminuée, j’ai encore de gros complexes. »

Ce n’est pas la seule à parler de ce type de pression, et la danse est loin d’être le seul sport concerné. Emma en a aussi fait les frais :

« La plupart des filles devenaient anorexiques, parce que le poids ralentissait et parce que les entraîneurs encourageaient la maigreur. L’un d’eux était venu une fois me demander « Que manges-tu à la maison ? Que penses-tu de faire un régime ? ».

Pour info, mon IMC était tout à fait normal et même si cela n’avait pas été le cas, à quel moment le mec s’est cru autorisé à me juger ?

Tout était dans le regard des autres : on jugeait tes performances physiques, on jugeait ton corps et ton mode de vie. Par chance, je m’en sortais bien à l’école et j’avais du succès avec les garçons, ce qui me sauvait : je n’étais pas complètement nulle.

Mais je me détestais, je haissais mon corps et le fait de ne pas aller assez vite. »

Sport-études : la passion l’emporte sur les inconvénients ?

Malgré ces sacrifices et inconvénients, la plupart des filles qui ont témoigné confient avoir fait ça par passion, comme Lily :

« Si j’ai supporté (et supporte encore) ce rythme, si j’ai fait toutes ces concessions familiales, amicales, etc., c’est que la danse et la scène… Je ne me vois pas faire autre chose de ma vie. […]

Je voulais être certaine d’avoir un diplôme si jamais je devais échouer dans la danse, mais depuis son obtention, je ne fais que ça. C’est une véritable drogue.

D’un côté je regrette un peu la vie tranquille des autres ados, une vie pépère qui se laisse porter par les évènements. Mais de l’autre, j’ai la chance de vivre de ma passion ! […]

Je ne me voyais pas passer 35h de ma semaine à attendre que ma journée se finisse pour danser enfin… Faire ça toute ma vie, je ne m’en sens pas capable.

Après le boulot de danseuse interprète, j’espère être chorégraphe, professeure… la danse offre tellement de possibilités. Je veux toutes les explorer. »

Pour Nina, il n’y a aucun regret non plus :

« Aujourd’hui j’ai 24 ans et des brouettes, je pratique toujours le demi-fond même si ce n’est plus à haut niveau. Et en regardant en arrière je ne regrette pas une seconde cette enfance/adolescence particulière.

Certes c’était pas mal de sacrifices mais mon sport et ma passion m’ont fait voyager en Finlande, Russie, à Singapour lors des premiers J-O jeunes, et découvrir une bonne partie du territoire français.

J’ai aujourd’hui des amis dans toute la France avec qui je partage cette même passion du sport et de l’effort, mais que je revois aussi pour aller au restau, faire des sorties ou partir en vacances.

Ma pratique du sport m’a aussi apporté une rigueur et une hygiène de vie que je n’aurais pas eu en faisant autre chose je pense. »

Sport-études : malgré tout, beaucoup s’arrêtent

Si certaines ont réussi à faire de cette passion leur vie, la majorité des filles qui sont en sport-études ne finissent pas pour autant sportives professionnelles.

D’une part, il peut être très difficile d’en vivre, comme en témoigne Océane pour le squash :

« À vrai dire, au milieu de la folie des entraînements, j’avais pris en maturité mais j’avais aussi perdu en lucidité sur certains aspects de mes projets. Le squash est un sport non-olympique dont on ne vit pas.

J’ai finalement été sélectionnée en Équipe de France Junior, j’ai participé au Championnat d’Europe de 2017 et ai été en présélection pour les Championnats du Monde.

Mais après le Championnat d’Europe qui s’est déroulé en avril dernier, j’ai dû faire un autre choix déterminant. Arrêter le sport de haut niveau ou persévérer ?

J’ai finalement arrêté car j’avais des concours et le bac à préparer. Je suis certes passionnée par ce sport, voire par le sport tout court, mais je pense que l’ambiance des compétitions ne me correspondait pas et avait beaucoup trop d’impact sur mon moral.

Aujourd’hui, j’ai 18 ans et même si mes études risquent de me prendre plus de temps et qu’elles sont clairement devenues prioritaires face au sport, je continue de jouer au squash de façon régulière pour le plaisir et je compte me mettre à l’athlétisme afin de me tester sur de nouvelles disciplines.

Une chose est maintenant claire : le sport de haut niveau m’aura forgée durant de nombreuses années, et m’aura surtout armée avec le sourire pour les années à venir ! »

Une autre raison pousse parfois les jeunes sportives à s’arrêter : les blessures. C’est la douloureuse expérience qu’a vécue Lexane :

« Une fois sortie du lycée, je n’ai plus fait que du patin. Nous avions beaucoup d’entraînements, avec un assez bon suivi psychologique et médical, mais je me suis blessée. Impossible de patiner.

Après quelques mois, j’ai repris l’entraînement : j’ai fait une coupe d’Europe, à laquelle je suis arrivée cinquième, mais j’avais mal et je ne m’amusais plus vraiment.

Quelques semaines avant les championnats du monde j’ai appris qu’aucune autre fille de l’équipe française n’y serait envoyée.

J’avais encore ma blessure qui me faisait mal. J’avais 17 ans, j’étais en colère et déçue, et j’ai raccroché les patins. Définitivement. »

Des parcours tous singuliers en somme, où les sportives oscillent entre passion et pression, envie de liberté et de progresser. Cet univers, il sera possible de le découvrir dans Kiss & Cry sur les écrans dès le 20 septembre !

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Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Padawan en relations internationales, son passe-temps favori consiste à scruter l'actualité, une tasse de thé rooibos à la main.

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