Des serviettes hygiéniques low-cost pour les femmes en Inde

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Dans son pays, Arunachalam Muruganantham est surnommé « le Roi du tampon ». Et pour cause :  l'Indien a révolutionné la vie de centaine de milliers de femmes de son pays.

Des serviettes hygiéniques low-cost pour les femmes en Inde

S’il n’a rien d’exceptionnel dans nos pays occidentaux, l’usage de serviettes hygiéniques n’est pas une évidence ailleurs dans le monde. En Inde, par exemple, le produit était considéré il y a encore un peu comme « un luxe ». Arunachalam Muruganantham, auto-entrepreneur, en a décidé autrement.

L’histoire commence par une anecdote de la vie quotidienne. En voyant sa femme ramasser des chiffons dans la maison, Arunachalam Muruganantham lui demande la raison de son affairement et se trouve très surpris par la réponse :

« Si j’achète des serviettes hygiéniques, ça veut dire que je ne pourrai pas acheter de lait pour la famille. »

En effet, vendu à un prix inabordable au sein des économies émergentes, nombreuses sont les femmes à se passer du confort de ce produit de toilette intime.

Soucieux d’améliorer le quotidien des femmes qui l’entoure, Arunachalam Muruganantham va alors, avec ingéniosité et persévérance, monter une entreprise de serviettes hygéniques low-cost. Une société qui permet aujourd’hui à des centaines de milliers de femmes de bénéficier d’un confort qu’elles ne connaissaient pas, tout en offrant un emploi aux Indiennes des zones rurales.

En 2011, seuls 12% des indiennes peuvent se payer des serviettes hygiéniques

Selon une étude réalisée l’année dernière, 88% des femmes en Inde se voient dans l’obligation d’utiliser des « moyens alternatifs » pour gérer leurs règles (linge non traité, boue, sable, feuille ou papier journal…). Du côté des adolescentes, la menstruation est d’ailleurs souvent un motif d’absence scolaire.

Or, ce recours limité aux serviettes hygiéniques s’avère être facteur d’infections à répétition.

Objectif : 10 roupies le paquet au lieu de 30

Face à ce constat alarmant, Arunachalam Muruganantham crée une machine avec un budget limité (75 000 roupies, soit 1 000 euros). En 5 étapes, l’invention permet de produire 120 serviettes par heure. L’objectif ? Démocratiser le produit en le commercialisant à bas prix. Le nouvel entrepreneur souhaite vendre 10 roupies le paquet de serviettes, là où les multinationales spécialisées les vendaient à 30.

Le Monde raconte :

« Celui qui n’est pas allé à l’école et vit sous le seuil de pauvreté à Coimbatore, petite ville dans l’État du Tamil Nadu, au sud de l’Inde, prend tellement son idée au sérieux qu’il va tenter de la concevoir de bout en bout, tests à l’appui.

Pendant quatre années, il porte les serviettes lui-même pour vérifier leur ergonomie, utilise des poches remplies de sang de chèvre pour en constater le pouvoir d’absorption, collectionne les serviettes usagées pour les étudier et se voit finalement menacé d’être quitté par sa femme et sa mère qui le prennent pour un fou.

La révélation vient quand il appelle des fabricants américains en se faisant passer pour un investisseur et leur demande de lui envoyer la matière première : il découvre alors qu’il s’agit de fibre végétale, qu’il doit transformer en cellulose, et non de coton, comme il l’imaginait au départ. »

Un vrai défi de santé publique

Aujourd’hui, la start-up d’Arunachalam Muruganantham compte 600 machines, capables de produire 1000 serviettes par jour dans 23 États indiens. Ce sont majoritairement des groupes de femmes des régions rurales qui acquièrent le matériel nécessaire grâce à des microcrédits ou à des ONG. Le processus entier (de la fabrication à la distribution) est ainsi réalisé par des femmes qui y gagnent un emploi mieux rémunéré que dans l’agriculture.

Arunachalam Muruganantham, récompensé en 2009 par un prix de l’innovation, est aujourd’hui en discussion avec des entrepreneurs et des ONG de pays africains intéressés par son mode de production. À la clé : une révolution pour les femmes des pays en voie de développement.

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— Conférence en anglais sous-titré, au cours de laquelle Arunachalam Muruganantham revient sur son entreprise.

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Emilie Laystary


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Commentaires
  • Antonia41
    Antonia41, Le 4 juillet 2012 à 18h37

    :eh: purée, moi aussi j'étais loin d'imaginer cette situation pour les femmes des pays les moins favorisés. Je pensais à des linges, ou que justement des serviettes pas chères existaient déjà, des trucs comme ça... mais boue, sable, feuille... Quelle galère...

    Bravo à cet homme d'avoir pensé à la cause des femmes. Cela montre bien que dans ces pays, personne ne s'intéresse à elles. Il a découvert ça par hasard en croisant sa femme cherchant des chiffons... dingue quand même ?!

    Si ça se démocratise bien ce serait super. Je suppose que ça ferait un pas de plus ver l'indépendance de ces femmes. Car avec une telle galère pendant les règles, ça en empêche d'aller à l'école donc je pense aussi certaines au travail, sans compter qu'elles doivent être considérées comme "sales", "pestiférées" par les hommes durant cette période. + diverses maladies à cause de l'hygiène... :erf: J'espère vraiment que ça contribuera à les rendre + libres.

    Et sinon: :cupidon: love Madmoizelle, c'est pour ces articles aussi que je vous aime fort.

    pryah;3347746
    C'est bien ! Mais j'aimerais bien pouvoir suggérer à cet hommes la fabrication de serviettes hygiéniques lavables ! Il ferait aussi un carton avec ça auprès des indiennes, d'autant plus qu'au final, ce serait plus économique pour elles que les serviette jetables.
    Et Dieu sait comme elles sont beaucoup plus confortables ! Et sans odeur.
    HS: Ça existe déjà ? Où peut-on en trouver ?

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