J’ai testé pour vous… faire de la figuration dans une série télé (partie 2)

Audrey a été castée comme figurante pour une série historique française. Elle vous racontait ses aventures dans une première partie de témoignage centrée sur le casting et les essayages. Voici le récit de son premier jour de tournage !

J’ai testé pour vous… faire de la figuration dans une série télé (partie 2)

Vous avez peut-être lu cette première partie de mon témoignage en tant que figurante pour la série Un village français : j’y racontais comment j’avais été amenée à faire le casting, et comment s’étaient déroulés les essayages de costumes.

À lire aussi : J’ai testé pour vous… faire de la figuration dans une série télé (partie 1)

Aujourd’hui, voici la suite, qui va vous raconter ma première journée sur le tournage : j’y ai fait de nombreuses rencontres, appris énormément de choses sur le fonctionnement d’un tournage (monde inconnu pour moi) et j’ai même appris à danser la valse ! Retour sur une expérience assez folle pour la figurante débutante que j’étais.

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Un article avec de la danse dedans. 

L’arrivée sur les lieux

J’arrive sur les lieux du tournage, avec dix minutes de retard. Il fait encore nuit et je suis un peu perdue, je ne sais pas où aller : des flèches orange m’indiquent ce qui est probablement le lieu de rendez-vous pour les figurants, où nous annonçons notre arrivée. Dans la salle en question, il y a déjà du monde qui attend sur des sièges de passer à l’habillage.

La première chose que je vois, c’est une sorte de radiateur à gaz souffleur de chaleur. La seconde, c’est une dame avec des bigoudis sur la tête, habillée comme dans les années quarante et enveloppée dans une polaire rouge, s’approchant un peu trop près de ce chauffage d’appoint…

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On est pas passés loin.

Après l’avoir fait s’écarter de la flamme, l’une des membres de l’équipe, avec laquelle j’ai déjà eu l’occasion de discuter lors du casting, me fait signer une feuille de présence et patienter sur le côté. On nous distribue les paroles d’une chanson qu’il nous faudra apprendre, mais je me concentre plutôt sur les allées et venues des autres figurants et de l’équipe technique. Une clique de moustachus débarque au bout de quelques minutes pour se faire habiller alors que de vieux messieurs, très élégants en costumes d’époque, partent se faire coiffer.

Je patiente jusqu’a ce que la stagiaire que j’avais déjà vue lors des essayages ne soulève le drap qui sert de rideau de séparation entre la salle d’attente et les pièces où nous passons nos costumes. Je salue ceux que je reconnais des essayages, et constate qu’on se pèle les miches car une partie seulement du bâtiment est chauffée. L’ancien hôpital désaffecté sert donc à la fois de lieu de tournage pour les scènes de la série, de local pour les costumes, de loges…

Habillage et maquillage

La stagiaire m’aide à enfiler mon costume, je boutonne ma chemise — pièce de collection historique si précieuse — et tente de me gratter la tête. Je sens une couture céder dans le dos.

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Ça commence bien : je suis là depuis moins de vingt minutes et j’ai déjà abîmé ma tenue ! Alors que le chemisier est consolidé et recousu, je passe mon manteau par-dessus la combinaison qui me sert de sous-vêtements pour aller me faire coiffer. Je ne porte rien d’autre, alors que les autres comédiens ont des vêtements Damart en-dessous de leurs costumes et des collants couleur chair de type « mousse » (donc pas brillants comme le nylon). Une figurante a même eu la bonne idée de mettre un legging sous son costume, qu’elle remontera quand elle devra tourner !

La plupart des femmes que je croise ont des chaussettes roulées dans leurs chaussures : moi qui me réjouissais de ne pas en porter au début, pour des questions esthétiques… Je maudits la moi si snob qui disait que les leggings et les collants chair c’est moche et ringard : je vais avoir froid, ça m’apprendra !

Après un appel entre des membres de l’équipe technique via les talkie walkie, je suis autorisée à me rendre au maquillage/coiffage. J’ai démêlé et lavé mes cheveux le matin avant de venir, ils sont nattés et toujours humides pour pouvoir être mieux travaillés : sans renseignements, j’ai essayé de faire au mieux. Je me suis à peine maquillé le teint, et c’est tout.

Chaque déplacement est surveillé, nous sommes constamment encadrés dans le moindre de nos déplacements (même pour aller faire pipi), afin que nous ne nous perdions pas et que ce ne soit pas l’anarchie sur les lieux du tournage. Je traverse la cour en courant à moitié, en talons, derrière un autre figurant qui se rend lui aussi dans le bâtiment où nous sommes coiffés.

J’entre dans un local avec une porte vitrée sans poignée, submergée par la chaleur, les couleurs des costumes et les odeurs de laque.

Je suis très rapidement prise en charge par la coiffeuse en chef, elle-même costumée pour faire de la figuration. Partout, c’est l’effervescence. Tous sont très pressés, affairés comme des abeilles dans une ruche. Ils crêpent, choucroutent, gominent le moindre cheveu. Les fers chauffent, ça sent fort et ça discute dans tous les sens. La coiffeuse me fait asseoir, je dénatte mes cheveux. Et là, c’est le drame :

« Ils sont HUMIDES ? Mais ils sont mouillés ces cheveux ohlala ! »

D’ un coup, c’est le silence dans la pièce. Je sens le malaise pour la cinquantaine de personnes présente dans les locaux :

« Quoi, elle a les cheveux humides ?! Sacrilège ! Oh mon dieu quelle horreur ! »

La coiffeuse me fait la morale, puis s’excuse en me disant que ce n’est pas de ma faute si on ne m’a pas dit de ne pas me laver les cheveux. Elle n’hésite que quelques secondes pour préparer ma coiffure, certaine de ce qu’elle va en faire.

Elle sèche ma crinière au sèche-cheveux et la peigne — immense sacrilège pour toute personne ayant des cheveux frisés. La règle numéro 1 est de ne pas peigner un cheveu frisé une fois qu’il est sec : je me retrouve rapidement avec une tignasse de caniche autour de la tête ! Elle relève des mèches en boudins-choucroutes, ou comme on appelle cela version vintage en « victoria rolls », et sécurise la coiffure avec un spray au citron qui finit d’assécher le tout, ainsi que deux peignes. L’habilleur que j’avais rencontré lors des essayages me met une montre au poignet et des boucles d’oreilles à clip très fines et jolies.

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Ensuite, je suis invitée à m’asseoir sur un banc pour attendre mon tour au maquillage. Je discute un peu avec certaines des figurantes, dont une jolie blonde en robe vichy verte, avec plein de rouleaux sur la tête. Nous ignorons le programme exact de la journée, mais nous allons certainement aller manger avant de tourner car il est déjà presque onze heures.

Je suis vite appelée pour être maquillée, et m’assois face à un miroir dans une pièce très bien éclairée. Devant moi, une table entière de produits de beauté en tous genres, et un drôle d’appareil avec un tuyau et un embout qui semble envoyer de l’air.

La maquilleuse regarde mon teint ; elle ne pense pas avoir beaucoup de retouches à faire mais constate que je suis déjà un peu maquillée et me conseille de venir sans rien le lendemain. Elle utilise la machine avec le tuyau sur mon visage : il s’avère que c’est pour mettre du fond de teint de manière uniforme, en envoyant une petite quantité qui couvrira tout ! Elle me travaille les cernes, puis le regard (dans des tons bruns très neutres) et me passe du mascara avec légèreté. Elle fait mes lèvres avec un pinceau, mais très légèrement, car nous allons déjeuner. En même pas dix minutes, je suis prête.

Et je peine à reconnaître la personne dont je vois le reflet dans le miroir.

Déjeuner entre figurants costumés

Nous nous rendons en convoi au déjeuner, alors que le vent souffle de plus en plus fort.Une vielle dame tousse tellement qu’elle s’en décolle les poumons à chaque fois. Un autre figurant lui donne le bras, alors qu’elle avance à petits pas sur le sol mouillé. Nous marchons un peu dans la boue, pour arriver sous un chapiteau à l’abri duquel sont disposés de grandes tables et des bancs dressés pour tous les figurants.

À côté du chapiteau se trouve la cantine, avec la cuisine et une salle pour les comédiens et l’équipe technique. Les maquilleurs et habilleurs mangent sur une table dédiée, mais en compagnie des figurants.

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J’enjambe difficilement le banc glacé avec ma jupe et mes talons, et je m’installe contre la toile cirée qui se gonfle avec le vent. De l’air froid s’engouffre par le bas, mes pieds sont déjà gelés et la journée ne fait que commencer. Je suis très bien entourée pour le déjeuner, en compagnie de comédiens fort sympathiques de tous âges : j’accroche beaucoup avec certains d’entre eux. Certains ont déjà fait une date ou plus en tant que figurants, et l’une d’entre eux vit sa première figuration, comme moi.

En revanche, tous sont comédiens professionnels ou en devenir, je suis un peu intruse ! Enfin, finalement, pas tant que ça… Car je me rends vite compte qu’ils s’intéressent à tout et que la dimension historique du tournage leur plaît autant qu’à moi.

Alors que nous nous servons un peu de vin rouge pour faire ripaille (de petits pois et de rôti de veau), nous discutons de nos expériences passées et de la journée qui nous attend. À un moment donné, je regarde autour de moi et je réalise un truc complètement fou : nous sommes tous là, en costume d’époque et grelottants dans nos polaires rouges, et certains ont sorti leur téléphone à coque Bob l’Éponge ou cupcakes. Anachronisme au pays de la fiction historique ! Mis à part ces détails, on pourrait presque s’y croire.

À la fin, un appel aux pipis et autres joyeusetés est lancé, puis tout le monde se dirige vers une salle chauffée avec des radiateurs portatifs, dans le bâtiment lui-même. Sans électricité, les radiateurs sont alimentés par une centrale électrique et des bonbonnes de gaz : dans la « salle chaude », je rencontre d’autres figurants alors que les maquilleurs et coiffeurs font une série de retouches, retirent les filets qui protègent les bouches et peignent les mèches des messieurs.

Premiers instants sur le plateau

C’est reparti pour l’effervescence : nous sommes tous scrutés par les membres de l’équipe qui tentent de se familiariser avec nos nombreux visages. Certains sont appelés pour aller danser. En attendant, une dame passe dans les rangs et décrète que j’ai des ongles suffisamment beaux pour avoir droit à un petit coup de vernis rouge vif. Du fond de la salle, alors que je discute avec une maquilleuse ex-comédienne en Ugg, lunettes de soleil dignes de Paris Hilton et gloss, on m’appelle. Ni une, ni deux, j’abandonne à regrets ma polaire et on m’amène sur le plateau.

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Mais avec qui vais-je donc danser ? 

Je découvre la décoration de fête et d’autres figurants en position, prêts à danser. On me débarrasse de mon manteau et de mon sac qui feront désormais partie intégrante du décor, sur un porte-manteaux au fond de la salle. J’ai été sélectionnée pour ma taille très moyenne malgré mes talons afin de danser avec un monsieur fort gentil. Il a vingt ans de plus que moi, mais il est charmant, très enthousiaste et bon danseur.

Nous faisons vite connaissance et suivons les directives du metteur en scène qui a son script à la main, mâche un chewing-gum nerveusement et dirige l’assemblée comme un chef d’orchestre. Nous devons danser assez proches l’un de l’autre, et on nous commande d’un ton impérieux de nous regarder dans les yeux. Cela nous donne un premier fou rire, qui n’est que le premier d’une longue série.

Alors, on danse ?

Au début, j’étais contente de participer à l’action alors que beaucoup de figurants s’ennuyaient assis ou dans la salle chauffée. Mais au bout de trois heures à valser pour tourner et re-tourner la même scène avec des angles différents, de la prise de son, des ratés et des raccords, j’étais un peu lassée…

Danser, je sais faire. Mais mes chaussures sont devenues au fil des prises un instrument de torture en raison des échauffements provoqués sur l’avant de ma plante des pieds en tournoyant ; mon partenaire a commencé à avoir chaud, moi froid, ma chemise s’est trouée à nouveau… Comme il y a des passages de dialogues à divers endroits du plateau, la même scène est tournée sous différents angles, avec des passages sans musique. Nous devons donc faire semblant de discuter et de rire, sans nous déconcentrer, alors que les acteurs déclament leurs répliques. C’est un peu ridicule pour qui n’a pas l’habitude (donc moi). Mon partenaire et moi avons du mal à contenir nos rires à certains moments !

Nous essayons de comprendre ce qu’il se passe, ce qui est retenu ou pas, sans vraiment y parvenir. Car le propre d’un figurant, c’est de n’avoir aucune idée de ce qu’il fait ! Nous sommes des corps qu’on anime en fond d’une scène : nos maquillages, cheveux et costumes sont retouchés régulièrement par l’équipe technique entre deux prises. Nos corps ne nous appartiennent plus vraiment, et on finit par s’habituer à voir une horde de personnes débarquer toutes les 5 minutes avec des pinceaux et des peignes.

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Moi, pendant la première prise. Trois heures plus tard, c’est plus pareil. 

Dans la douleur, je me rapproche d’autres figurants. Nous discutons joyeusement entre deux demandes d’une assistante de réalisation de la boucler. Rien à faire, un joyeux bazar commence à s’installer, à chaque « coupez », nous faisons une réunion de crise en blaguant sur le froid, le repas de midi et du fait que les chansons nous sortent par les yeux.

Deux dames me comparent physiquement à une miss France des années quatre-vingt et à une actrice que je ne connais pas : j’en conclus que c’est plutôt flatteur, elles me confirment que oui. C’est l’avantage d’avoir des traits relativement peu marqués : avec du maquillage et une coiffure, on en fait ce qu’on veut ! Je déteste ma coupe de cheveux, mais elle a un gros succès auprès de mes camarades — un des comédiens me demande même s’il peut la toucher.

J’ai failli faire une blague du genre « tu touches ce que tu veux mon mignon » mais je me ravise : je me fais suffisamment remarquer comme ça. En pleine discussion avec le comédien et un autre figurant, nous sortons enfin du plateau pour un changement de scène. Évidement, je ne regarde pas devant moi . C’est quand l’un d’eux dit « attention à la marche » que je la manque, et m’accroche à la polaire d’une comédienne en manquant de me casser la figure sévèrement.

Je suis définitivement repérée comme la fille aux cheveux humides très frisés, qui parle beaucoup et ne regarde pas devant elle.

Raccords, pizzas et polaires brûlées

Le tournage reprend rapidement après une pause goûter. Nous devons faire des raccords pour la scène de danse, c’est donc reparti pour un tour.

Mon partenaire et moi sommes fatigués, nous nous amusons à loucher et à faire des grimaces quand nous sommes hors-champ. Quand un changement de scène est enfin annoncé, nous sommes assez soulagés. Tous les autres figurants rejoignent le plateau alors qu’une habilleuse m’aide à changer de chaussures, sur place. Au contact du cuir gelé par le froid, j’ai presque l’impression que mes pieds fument ! Le soulagement est intense, j’efface de mon visage rictus et douleur et fatigue et je repars « comme en quarante » (lol) pour de nouvelles blagues et connaissances.

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Spéciale cass-dédi à mes nouveaux copaings. 

Entre chaque prise, un petit groupe se forme et nous nous racontons énormément de bêtises. Le temps passe plus vite, car la scène est laborieuse : nous devions apprendre une chanson que peu ont réussi à mémoriser, et le comédien-star de la scène peine lui-même à se rappeler des paroles. L’attention de chacun baisse au fur et à mesure que la soirée avance, il devient de plus en plus difficile pour nous de supporter le froid, et la faim, et de nous concentrer au milieu des conversations et des crises de rires…

Quand le mot est donné que la production a fait livrer des pizzas, c’est la débandade. J’arrive dans les derniers, pour ouvrir une dizaines de boîtes, toutes vides. Déçue, je rentre dans la salle chauffée pour m’empiffrer de fourrés au chocolat quand une nouvelle tournée de pizzas arrive. Les boîtes sont vidées en 30 secondes, les parts déjà un peu froides ne font pas long feu et sont englouties très vite.

Nous sommes immédiatement rappelés sur le plateau. Entre temps, beaucoup ont tenté de se réchauffer un peu trop près des chauffages qui ressemblent plus à des grille-pain géants. Des polaires ont cramé, et la vieille dame qui tousse reprend sa bonne sieste entamée dans l’après-midi.

Nous sommes entrés dans la première heure supplémentaire, qui sera rémunérée. Certains s’en réjouissent, beaucoup prennent leur mal en patience par habitude, alors que je commence à vraiment sentir la fatigue me gagner. Après avoir repris de nombreuses scènes, fait des prises pour le son et un raccord sur la danse de l’après-midi, et enfin bouclé la chanson, une scène de dialogue est tournée avec deux comédiens.

Quand le « coupez » final est donné, tous applaudissent et nous nous jetons sur les polaires en nous dirigeant d’abord vers la coiffure pour nous débarrasser des peignes, des épingles, des postiches pour certaines et autres chapeaux. La coiffeuse me fait jurer que je ne vais pas laver mes cheveux, malgré le fait qu’ils soient mousseux, emmêlés, couverts de laque et que mes boucles ne ressemblent plus à grand-chose.

Je me change en vitesse, emmitouflée jusqu’aux oreilles. J’abandonne sans regrets mon costume et file dehors : des « au revoir et à demain » sont lancés à la cantonade, et nous formons un convoi vers le bus, puis le train. C’est l’occasion de faire un bilan avec les copains, d’échanger nos impressions et nos ressentis. Nous sommes d’accord pour dire que la grande majorité de l’équipe technique et des figurants sont adorables, que c’était quand même vachement marrant et qu’on va bien dormir cette nuit.

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La suite du tournage avec tout plein d’anecdotes rigolotes dans le dernier épisode de mes aventures de figurante, qui paraîtra la semaine prochaine ! D’ici là, vous pouvez aussi lire ce témoignage d’une madmoiZelle qui avait fait de la figuration pour une scène de boîte de nuit !

À lire aussi : J’ai testé pour vous… faire de la figuration

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Demezia
    Demezia, Le 6 décembre 2015 à 0h14

    @Audrey Hepbrune aha je pensais à toi dernièrement, je me disais qu'on avait pas eu la 3ème partie de l'histoire !

    On te voit bien dans l'épisode, tu devrais démarcher les agences avec ces images, tu pourrais décrocher des premiers rôles EASY

    Courage pour ton M2 !

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