J’ai testé pour vous… une réunion Tupperware

Romilly s'est retrouvée embarquée au coeur un retour dans le temps. Petit tablier noué, la voilà dans une réunion Tupperware... Est-ce aussi cliché que dans le temps ? Peut-on réellement y prendre du plaisir ?

J’ai testé pour vous… une réunion Tupperware

Ah, la réunion Tupperware… Ce mystérieux phénomène de société remonte aux années 1947 et des poussières. Alors qu’un certain Tupper, ingénieur chimiste de son état, invente la boîte parfaite pour aller au réfrigérateur (qui vient d’être commercialisé), il se rend compte que le meilleur moyen de se faire connaître passe par les ventes à domicile. Commence ainsi la merveilleuse odysée de la réunion Tupperware.

Si on s’imagine que la réunion Tupperware est désormais dépassée et obsolète, il faut se rendre compte qu’on a bien tort ! Au contraire, de simple présentation de boîtes étanches, certes fort jolies mais fort chères, nous sommes passées à l’ère de la démonstration intégrale.

Ce qui ne change pas…

Depuis l’instauration des réunions Tupperware en France, dans les années 70 (avec un peu de retard par rapport aux États-Unis), le concept n’a pas évolué en profondeur.

Il s’agit toujours d’une représentante/vendeuse, employée par l’entreprise, qui reçoit une commission sur chaque vente effectuée (environ 20% du total en plus de recevoir des ustensiles de la marque). Elle doit se débrouiller pour organiser des réunions chez des gens et augmenter sa visibilité en y invitant le plus de personnes possible.

Ces dernières peuvent alors être convaincues, non seulement d’acheter sur le coup un ustensile, mais aussi de suivre les traces de la représentante pour postuler à leur tour comme agent Tupperware au service de la marque !

Autre stabilité dans l’entreprise Tupperware : la profusion de boîtes. Des grandes, des rondes, des carrées, des micro-ondables, des pour le congélateur, des vertes, des bleues, des étanches, des à trous… La marque n’a pas volé son succès : il y a vraiment de tout !

…et ce qui a évolué

Par rapport aux premières réunions Tupperware, dans un salon chic de la bourgeoise du coin, des années 70 ou 80, le concept a évolué. On garde l’aspect un peu « secte » de la présentation, avec une vendeuse persuadée de la qualité extraordinaire (et de l’utilité maximale) de ses produits, mais désormais, la réunion se veut plus approfondie qu’une simple démonstration… Elle devient atelier de cuisine !

Pour prouver à tous que son engouement pour Tupperware est vachement bien fondé, la démonstratrice prépare plusieurs recettes sous vos yeux ébahis, usant à chaque instant d’une machine magique de la marque. Car Tupperware s’est développé et propose des ustensiles pour à peu près tout ce qui a trait à la cuisine, de l’épluche-œuf à la machine à frites dentelées !

Comment atterrit-on en réunion Tupperware ?

Beaucoup d’entre nous imaginent que les réunions Tupperware appartiennent à l’époque lointaine où la ménagère s’ennuyait et préparait de bons petits plats à son homme occupé à travailler (pour payer les boîtes Tupperware, cela va de soi). Que nenni, jeune madmoiZelle ! Elles existent toujours et s’accrochent à leurs clients comme une huître sur son rocher.

De nombreux exemples sur le Net, tel celui de Sandy ou Maman Bavarde nous prouvent que sociologiquement, la réunion Tupperware garde une fonction essentielle. Mais plus concrètement, comment y arrive-t-on ? Quels secrets sont là-bas dévoilés ? Qui est dévoré sur place ?

J’ai beau être loin de la ménagère qu’on voit sur les anciennes pubs pour les réunions, j’ai été invitée à un atelier cuisine supervisé par Wonderwoman, une amie d’un ami de ma mère. J’y suis d’ailleurs allée avec elle : curieuse comme moi, elle n’avait aucune idée du guêpier dans lequel elle allait se fourrer (vu que c’est elle qui avait le porte-monnaie) !

La démonstration se déroulait chez l’ami de ma mère. C’était pratique, non seulement à cause de la grande surface pour accueillir les invité-e-s, mais aussi parce que l’hôte de la démonstration gagne des objets Tupperware, en fonction du chiffre que fait la démonstratrice lors de la séance !

Et, comme nous l’avons appris plus tard, le Tupperware a une portée addictive assez impressionnante. Non seulement la démonstratrice a chez elle tous les outils Tupperware sortis sur le marché, mais en plus, elle continue de s’acheter les nouveautés… et ses petits camarades des réunions semblent bien partis pour l’imiter ! Mais pourquoi donc un tel engouement ? Ma réponse est claire, simple, et définitive.

Un set d’outils permet de faire des Pim’s maison. Et si ça ce n’est pas la classe suprême à vos yeux, je ne peux plus rien pour vous.

La réunion Tupperware étape par étape

Nous voilà donc sonnant à la porte de celui qu’on appellera Monsieur W. Il nous accueille, nous installe… et quelques minutes plus tard, nous faisons la connaissance, nez à nez, avec un ÉNORME sac. Derrière l’énorme sac, la démonstratrice – nommons-la Madame V — avec qui nous avons pu discuter un fois son barda déposé au sol.

Travaillant dans un collège, Madame V fait régulièrement des démonstrations pour des collègues et des amis, qui se passent le mot. Elle gagne 20% des ventes effectuées, mais également les dernières nouveautés Tupperware. Elle fait remporter à ses hôtes des kits Tupperware et organise les prochaines démonstrations au sein des acheteurs de la séance.

Les autres dames sont arrivées. On a beau dire, mais ce genre de séances attire encore plus de femmes que d’hommes, bien que la présence de Monsieur W permette d’espérer un peu plus de parité ! Notons cependant qu’il y avait des personnes de tous les âges (la plus jeune ayant 18 ans et la plus vieille 75), issue de tous les milieux sociaux (des professeurs, des secrétaires, des étudiantes…).

Une fois chaque échantillon social bien installé dans le canapé, la démonstration pouvait donc commencer.

Avec un peu plus d’élégance que Marie-Thérèse Porchet malgré tout

Croquettes de pommes de terre et Pim’s maison… passez à l’addition !

Ce qui ressort de cette réunion, c’est une constatation toute simple : pourquoi faire compliqué quand tu peux faire… compliqué ?

Aucun doute, les instruments Tupperware sont magiques. Ils découpent, ils stockent, ils donnent des formes bizarres aux pommes de terre, ils vont au four, ils écrabouillent du pain… Ils sont tous très fonctionnels. Mais finalement, on s’embête parfois beaucoup pour rien ! Malgré le discours bien rodé de l’ambassadrice de la marque, on se rend compte très vite que la table déborde un peu.

Cela dit, en deux temps trois mouvements, elle a réussi à nous faire une floppée de Pim’s maison à la confiture de tangor (un fruit de la Réunion issu de la tangerine, une sorte de mandarine, et de l’orange). J’ai mis la main à la pâte bien évidemment : j’ai regardé Madame V faire fonctionner son rouleau magique, utiliser une cuillère, faire fondre du chocolat, écraser du pain brioché, mettre dans les moules en silicone… Et mon rôle, donc ? Finir les morceaux de pain brioché en trop.

Pour débarrasser la table, apprendre comment finaliser des Pim’s et permettre à l’autre recette, les croquettes de pommes de terre, de commencer. Évidemment.

Une fois le tout cuit et/ou refroidi vient le temps de la dégustation. En général, on n’est pas déçu ! Pendant ce temps, la démonstratrice range et lave le matériel utilisé. Elle prépare ensuite les magazines de commande, et vient alors le moment le plus gênant de tout l’après-midi…

Elle commence à nous faire l’article des différents ustensiles, maîtrisant son sujet comme un gourou devant sa secte. Alors que jusque là tout le monde riait, discutait, dévorait, voilà que le silence s’installe progressivement, chacun feuilletant le magazine, avec des pensées presque audibles :

« Je ne vais pas partir sans prendre quelque chose quand même… qu’est-ce qui me serait utile et ne creusera pas un trou dans mon porte-monnaie ? »

Certain-e-s sont déjà décidé-e-s. Les Tupp’ sont les sauveurs de leur vie culinaire. La facture dépasse la centaine d’euros… mais pour les gens comme moi ou ma mère, au courant de la bonne qualité de la marque mais cuisinent très bien avec des ustensiles improvisés (une bouteille pour le rouleau à pâtisserie, un verre comme emporte-pièce…), il est très difficile de se laisser emporter par l’enthousiasme général.

Finalement nous nous sommes décidées pour des bouteilles, moins lourdes que des bouteilles en verre, moins toxiques que des bouteilles en plastique normales, qui ont été commandées immédiatement par Madame V.

Ensuite, tout le monde, l’estomac plein et le portefeuille vide, s’est éclipsé. Monsieur W a gagné de quoi se satisfaire en cuisine, Madame V a fait son chiffre d’affaires et trouvé une nouvelle hôtesse, et tout le monde a passé un bon moment.

En conclusion…

La réunion Tupperware est un bon moyen de rencontrer des gens, de cuisiner à plusieurs et d’apprendre à tester de nouveaux instruments de cuisine. Le prix reste un peu prohibitif mais la bonne humeur contrecarre ce léger désagrément.

Cependant, ce qui est vraiment intéressant, c’est surtout de se retrouver plongée dans ce voyage dans le passé, à s’imaginer femme au foyer s’intéressant à ces nouveautés technologiques, tout en dégustant des spécialités rapides à faire. Un peu comme dans une réunion sextoys, le but n’est pas d’atteindre le septième ciel sur le moment, mais se convaincre qu’il viendra plus tard ! Je n’ai pas forcément été convaincue, mais j’ai apprécié l’après-midi, en tant que gastronome émérite.

Et vous ? Avez-vous déjà participé à une réunion Tupperware ? Qu’avez-vous retiré de cette expérience ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lafastod
    Lafastod, Le 13 janvier 2016 à 20h26

    WinterFaye

    Je trouve que ça ressemble à une sorte de "secte" (oui, j'y vais un peu fort...): lorsqu'on entend les ambassadrices qui disent qu'on ne risque "pas grand chose à essayer", que c'est une bonne expérience et que ça n'engage à rien... Bref, dans ma tête il y a une sonnette d'alarme qui se met en marche.
    "Rejoins-nous, tu verras c'est génial !" - Et après pour s'en sortir il faut recruter de nouveaux membres et donc leur sortir le même discours.

    Le mode de rémunération n'est pas non plus très clair, je sais que la plupart font ça en +, mais honnêtement après avoir fait tout le carnet d'adresse et tout le quartier il faut "recruter".
    Pour moi ça ressemble un peu à un système pyramidal non? - Quelqu'un nous dit de se lancer, elle devient notre marraine (j'imagine, je ne connais pas le fonctionnement exact), elle récolte sûrement un "bonus recrutement", on se lance on fait le tour des connaissances, des voisines des amis d'amies et on essaie de recruter aussi... Bref. Au final il y a des "grands patrons" tout en haut qu'on ne voit jamais et qui s'en mettent plein les poches et des "petites mains qui tentent d'obtenir leurs bonnes grâces".

    Je pense que je vais m'arrêter là :d
    Je ne veux en auuucun cas manquer de respect pour celleux qui bossent encore chez Tupperware, vraiment. Ce qui va suivre est uniquement mon point de vue.

    J'y ai bossé, et je suis complètement d'accord avec toi, en fait.
    J'ai pas fait long feu là-bas, parce que désolée, mais oui, j'ai trouvé ça pyramidal et j'ai pas vraiment aimé le fait qu'en gros : tu vends pas, tu gagnes pas. Je trouve ça vraiment dommage et cette relation basée direct sur l'argent, ça donne un cadre que j'ai trouvé gênant. Idem pour le système de marraines, de recrutement, de carnets d'adresse, tout ça. Boarf.

    Après, je ne remet pas en cause la qualité des produits, (même si oui, certains sont chers) ni leur praticité. C'est juste que globalement, le système me pose un problème.

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