Comment savoir quel type de psychothérapie me convient ?

Parmi les différents types de psychothérapies qui existent, comment savoir laquelle convient à vos attentes ? Justine vous éclaire !

Comment savoir quel type de psychothérapie me convient ?

Vous avez peut-être déjà fait face à des difficultés psychologiques.

Dans ces cas-là, il peut être difficile de franchir le pas et de consulter un·e professionnel·le de la santé mentale…

De plus, il existe aujourd’hui des tas de formes de psychothérapies : comment s’y retrouver et choisir la « bonne » approche pour soi ?

Cet article propose un petit panorama, non exhaustif, des approches psychothérapeutiques existantes !

Si vous souhaitez échanger sur une forme de thérapie en particulier, ou si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas : les commentaires ci-dessous et mes messages privés sont ouverts.

Les 4 « types » de psychothérapie

Généralement, on recense quatre approches principales, liées à des courants de pensée au sein même de la psychologie et qui peuvent être déclinées de différentes manières :

  • Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC)
  • Les thérapies « psychodynamiques » ou analytiques
  • Les thérapies humanistes
  • Les thérapies systématiques ou interactionnelles.

Psychiatre, psychologue, psychanalyste ?

Avant de décortiquer chaque approche, si vous recherchez actuellement un·e professionnel·le, je vous conseille de faire attention à son « titre », et de contacter un·e psychiatre ou psychologue – dont les titres et les cursus sont reconnus par l’État.

Les psychologues suivent une formation universitaire de cinq ans spécialisée en psychologie. Le titre est protégé – pour l’heure, si vous souhaitez exercer comme psychologue, il faut avoir suivi le cursus licence + master + stage.

Un code de déontologie existe pour réguler et moduler les pratiques.

Les psychiatres sont des médecins spécialistes – ils peuvent donc prescrire des médicaments et leurs consultations peuvent être prises en charge par la Sécurité Sociale. L’exercice est protégé et les psychiatres sont membres de l’Ordre des médecins.

Le titre et l’exercice de la psychanalyse ne sont pas contrôlés en France. Les psychiatres ou psychologues peuvent adopter une pratique « psychanalytique ».

Théoriquement, un praticien uniquement psychanalyste (non psychiatre et non psychologue) devrait avoir été lui-même psychanalysé, avoir suivi une formation proposée par une association psychanalytique, et être supervisé par une autre analyse…

Mais il n’y aucune obligation légale à cela.

Les thérapies cognitivo-comportementales, c’est quoi ?

Vous en avez sans doute entendu parler : elles sont plutôt en vogue ces dernières années !

Les thérapies cognitivo-comportementales (« TCC ») sont des thérapies brèves, validées scientifiquement, qui se basent sur les liens et interactions entre pensées, émotions et comportements.

Dans une thérapie de ce type, le ou la thérapeute interroge le ou la patient·e sur ses difficultés actuelles et fonctionne sur un mode collaboratif.

C’est le rôle du spécialiste d’accompagner la personne vers l’identification des mécanismes ou schémas de pensée à l’origine de ses difficultés, et de l’aider à sortir du cercle vicieux en adoptant de nouveaux comportements.

Les thérapies cognitivo-comportementales, comment ça se passe ?

Pendant les premières séances, le ou la thérapeute commence par vous questionner pour comprendre ce qu’il se passe, et ce que vous attendez de son accompagnement.

Quelle émotion vous ressentez ? Quelles pensées arrivent ? Quels comportements vous posent problème ? Dans quelles circonstances arrivent-ils ?

Après ces temps d’échanges, il ou elle choisit avec vous une « stratégie thérapeutique » : un plan d’action qui ne sera mis en œuvre qu’avec votre accord et votre adhésion.

Souvent, pour décrire une TCC, on donne l’exemple d’une personne qui a particulièrement peur des araignées, et que cette phobie handicape au quotidien.

Un second exemple ? À une autre personne, qui craindrait particulièrement les relations sociales, le thérapeute pourra donner des exercices quotidiens : demander l’heure à un inconnu, rendre service à une voisine…

Dans les deux cas, un travail sera fait en parallèle sur l’émotion ressentie et les pensées qui débarquent !

La pleine conscience et les thérapies cognitivo-comportementales

Les thérapies basées sur la pleine conscience sont une forme de TCC apparues plus récemment (et nécessitant plus de recherches pour étudier leur efficacité),

En résumé : on essaie d’accepter et d’accueillir une émotion, de centrer son attention sur le moment présent afin d’adopter une nouvelle attitude…

On parle aussi de « pleine conscience » pour certaines formes de méditation

Les thérapies psychodynamiques ou analytiques, c’est quoi ?

Ces approches sont issues de la psychanalyse et s’appuient sur le concept « d’inconscient ».

Pour le dire rapidement, ce courant considère que les difficultés présentes dans nos vies actuelles peuvent être liées à des choses que nous avons vécues dans notre enfance, et qui seraient plus ou moins enterrées.

Dans cette méthode, le ou la thérapeute laisse la parole à son ou sa patient·e pour interpréter son discours.

L’analyste laisse place aux « associations libres » du sujet et l’aide à prendre conscience de l’influence de ces choses sur son fonctionnement actuel (afin de s’en défaire).

À lire aussi : Cinq ans après mon viol, j’ai enfin accepté que je n’étais pas responsable

Les thérapies psychodynamiques ou analytiques, comment ça se passe ?

Traditionnellement, une thérapie analytique est une démarche longue – mais certain·es thérapeutes proposent aujourd’hui des thérapies plus courtes, focalisées sur un problème ou un événement en particulier.

Lors de la première séance, le thérapeute va vous interroger sur ce qui vous amène et vous laisser de l’espace pour vous exprimer, pour que vous puissiez faire vous-mêmes les associations que votre « inconscient » amène.

Parfois, certain·es patient·es sont dérouté·es par le silence de leur analyste ! N’hésitez pas à l’interroger pour comprendre sa logique (ou à changer de méthode si celle-ci vous met en difficulté).

Les thérapies analytiques ont été décriées par une partie du milieu scientifique, notamment à cause de l’absence de fondement scientifique de la méthode, mais le débat fait toujours rage (pour en savoir plus, par ici ou juste là) !

Les thérapies humanistes ou existentielles, c’est quoi ?

Cette approche, centrée sur le présent, considère que chacun·e d’entre nous souhaite (et peut) « se réaliser », c’est-à-dire comprendre ses difficultés, trouver des solutions et mobiliser ses forces pour parvenir à développer son potentiel.

Oui, oui, rien que ça !

La série d’articles signée Clémence : 62 jours pour devenir une meilleur version de moi-même

Dans une thérapie d’inspiration humaniste, le ou la thérapeute, avec une empathie et une bienveillance inconditionnelle, souhaite aider son patient à développer sa capacité à faire des choix avec lesquels il serait en phase.

Les thérapies humanistes ou existentielles, comment ça se passe ?

Dans ces thérapies, l’analyste et le patiente collaborent.

Le premier va tenter d’encourager l’expression du second pour comprendre la manière dont il perçoit et interprète les choses. Ensuite, via des échanges, il va essayer d’interroger et de déconstruire certains schémas de pensée.

L’idée ? Favoriser l’apparition d’autres schémas, plus « positifs », aider le patient à identifier ses propres ressources et à les utiliser !

Les thérapies systémiques ou interactionnelles, c’est quoi ?

Pour l’expliquer simplement, cette approche s’appuie sur l’idée que les difficultés d’une personne peuvent être liées à ses interactions avec son entourage.

Elle estime aussi que les troubles mentaux résultent d’un système interpersonnel qui dysfonctionne (plutôt que d’un trouble individuel).

Dans une thérapie systémique, qui est plutôt une thérapie brève, la patiente va donc être amenée à modifier ses relations avec son entourage.

Cette thérapie peut s’effectuer seule… ou en famille (à condition que tout le monde adhère à la démarche) !

Les thérapies systémiques ou interactionnelles, comment ça se passe ?

En solo ou en groupe, la première séance est consacrée à la rencontre entre le thérapeute, la méthode et les patient·es. On y décide du « contrat thérapeutique » : le nombre et la fréquence des séances, de leur durée, qui y participera…

La suite dépendra de ce contrat !

Parfois, les thérapeutes pourront travailler à deux : l’un·e interagit avec le groupe, pendant que l’autre observe.

L’essentiel, quand il s’agit de psychothérapie…

Vous ne reconnaissez peut-être pas votre thérapie dans les courants décrits ci-dessus ?

Comme précisé, cet article n’est pas exhaustif, et il existe encore beaucoup de méthodes et outils différents dans le champ de la psychologie : l’EMDR, par exemple, est particulièrement en vogue en ce moment !

Quelle que soit l’approche adoptée par votre thérapeute, assurez-vous que celle-ci est « officielle », au moins reconnue par une bonne partie de la communauté scientifique, et ne tombe pas dans une dérive sectaire.

Si vous souhaitez vous documenter, la Miviludes, mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, offre des ressources et des informations précieuses.

Quoi que vous choisissiez, dans une psychothérapie, vous devriez pouvoir trouver :

  • Un·e thérapeute empathique, bienveillant·e, avec une écoute active
  • Un·e thérapeute qui s’assure que vous êtes ok avec le suivi (je rappelle que vous êtes libres d’arrêter, dès la 1ère séance, si vous ne vous sentez pas en confiance ou à l’aise)
  • Un espace de réflexion et d’échanges à propos de vos émotions et perceptions,
  • Des réponses, si vous avez besoin de poser des questions.
Pour aller plus loin...

Galveston, en salles le 10 octobre, présenté par Kalindi !

Commentaires
  • ChaNanaNana
    ChaNanaNana, Le 7 juin 2018 à 15h25

    @Nanamanah > Merci de l'explication ! C'est vrai que personnellement le fait de "je parle pendant que le psy ne parle pas", ça me faisait peur (et c'est toujours l'image que j'ai eu de la psychologie et celle qui est véhiculée dans les média). Je suis aussi quelqu'un de très volontaire, mais j'ai besoin qu'on m'accompagne ou qu'on me cadre et le fait d'avoir des objectifs et de "rendre des comptes" à quelqu'un me permettent de plus m'investir. En ce sens là, je pense qu'une TCC semble plus adaptée. Mais je garderai ton point de vue sous le coude si la TCC ne donne rien. Mais je pars très optimiste :d

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!