« Product™ » dévoile la face cachée de la mondialisation, en suivant les processus de fabrication de 10 produits de consommation

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Combien de kilomètres parcourt une crevette entre les filets de pêche et le rayon du supermarché où elle sera vendu, lavée, décortiquée, emballée ? Et en combien de temps ? Product™ suit le trajet des produits de consommation courante, en 10 épisodes, à retrouver sur Arte.

« Product™ » dévoile la face cachée de la mondialisation, en suivant les processus de fabrication de 10 produits de consommation

J’imagine que ce ne sera une surprise pour personne : entre le lieu d’origine d’une matière première, les lieux où elle est transformée, et ceux où seront ensuite vendus ses produits dérivés, il peut y avoir plusieurs kilomètres, voire plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de distance, et plus ou moins de temps.

On s’est d’abord réjoui•e•s, émerveillé•e•s de toutes les possibilités offertes par les nouveaux moyens de transport et de communication. Si l’on peut désormais acheminer une rose fraîche des Pays Bas jusqu’aux fleuristes parisien•ne•s, c’est parce qu’on a la capacité de faire transiter ce produit fragile dans les conditions (draconiennes !) qu’il requiert : température de conservation (2°C) et précautions adéquates.

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Ça, c’était — et ça reste, le bon côté de la mondialisation : tout est accessible, au meilleur prix pour le consommateur ! Mais on commence seulement à prendre en compte les mauvais côté de ce notre système : les véritables coûts de production de certains biens, matériaux… Des coûts qui ne sont pas assumés par le consommateur final. Ce sont d’autres personnes, d’autres populations, et surtout l’environnement qui paient la différence.

Et parfois, la différence est très importante. C’est ce que démontre Product™, une série documentaire de 10 épisodes diffusés sur Arte, à l’occasion de la COP21, que j’ai pu découvrir grâce à cet article de NEON, et dont voici le trailer.

La face cachée de la mondialisation

En 10 épisodes de 4 minutes, Product™ vous emmène sur les traces d’un produit de consommation courante, ou d’un matériau spécial, utilisé par nos industries.

Certains parcourent réellement une distance impressionnante : 3 000, 5 000, jusqu’à près de 20 000 kilomètres pour le lin, transformé en Chine.

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L’idée n’est pas de culpabiliser le consommateur, mais de l’informer. Je pense qu’on se doute déjà que nos crevettes sous vide ne viennent pas de l’étang d’à côté… Le scoop est moins dans la distance parcourue ici, que dans la découverte de toutes les étapes par lesquelles le crustacé passe, du filet à la cuisine.

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Quand on suit par exemple le parcours de l’étain ou du titane, il n’est pas question de se dire « arrêtons d’utiliser des smartphones ! », mais plutôt de réaliser le véritable coût de production d’un de ses composants-clefs.

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« Pensez global ! »

Qui peut faire 500 km pour 2€ ? Qui assume le coût effectif de ce parcours ?

Je le confesse, j’ai eu un micro-choc lorsque la fleuriste a donné le prix de la rose au client : « 2 € s’il vous plaît ! » alors que je venais de suivre son parcours depuis des serres de Hollande. J’ai été frappée par le décalage entre ce chiffre, et celui affiché en bas à droite de l’écran : la distance kilométrique. Qui peut faire 500 kilomètres pour 2€ ? Comment est-ce possible qu’une fleur puisse faire ce trajet, sans que l’on ne répercute sur son prix de vente, le coût de son transport ?

Et par « coût », j’entends le coût écologique bien sûr, mais aussi humain, donc non seulement les machines et l’énergie nécessaire, mais aussi le travail investis dans toute cette chaîne. Le « 2€ » de conclusion m’apparaît tellement en décalage.

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« Je vais vous prendre une rose, c’est combien ? — 2€ s’il vous plaît ! » 

Je ne vais pas arrêter de lire, d’avoir un smartphone et de prendre l’avion. Mais je vais avoir à l’esprit le véritable coût de ces produits de consommation qui me sont facilement accessible, grâce à un système qui fait peser sur d’autres toute une partie de ces coûts, la partie la plus lourde. Moi, je ne fais que dégainer la CB.

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Et je me poserai certainement deux fois la question avant d’acheter une rose ou des crevettes sous vide, ou tout type de produit au parcours similaire : en ai-je vraiment besoin ? Si oui, à quel prix ? Et surtout : qui le paie ? 

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Product™, à revoir sur Arte !

Simon Bouisson et Ludovic Zuili qui signent la réalisation de ces vidéos, qui rappellent l’introduction du film Lord of War, durant laquelle on suit le parcours d’une balle, de sa fabrication à son utilisation… meurtrière.

Simon Bouisson était déjà l’auteur de ce plan séquence de 9 heures complètement fou, filmé à Tokyo. On le retrouve également sur le projet WEI OR DIE, et derrière le webdocumentaire Stain beau pays, fait par des jeunes pour des jeunes.

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Clemence Bodoc

Anciennement Marie.Charlotte, Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

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Commentaires
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  • Gabelote
    Gabelote, Le 2 août 2017 à 11h08

    Tout comme @Mewen la conclusion de l'article me gêne.

    Je ne vais pas arrêter de lire, d’avoir un smartphone et de prendre l’avion. Mais je vais avoir à l’esprit le véritable coût de ces produits de consommation qui me sont facilement accessible, grâce à un système qui fait peser sur d’autres toute une partie de ces coûts, la partie la plus lourde. Moi, je ne fais que dégainer la CB.
    Et je me poserai certainement deux fois la question avant d’acheter une rose ou des crevettes sous vide, ou tout type de produit au parcours similaire : en ai-je vraiment besoin ? Si oui, à quel prix ? Et surtout : qui le paie ?

    Je pense que l'intention globale est bonne, mais la formulation est maladroite. Parce qu'en soi, on peut arrêter d'acheter des livres (bibliothèques, achat d'occasion, prêts informels), on peut limiter son utilisation du smartphone (le coût écologique des données est également faramineux, alors qui a vraiment besoin d'une bibliothèque film et musique d'1 tera ? ), on peut choisir de moins prendre l'avion (en renonçant à des destinations touristiques lointaines).
    Ce qui serait pas mal ce serait de montrer les choix positifs qui peuvent être faits :
    - consommer local en majorité (avec un exemple de l'extrême en la personne de Benjamin Carle)
    - consommer des biens de seconde main (vide-grenier, le bon coin, friperies sont vos amis)
    - prêter, louer, emprunter, faire vivre les systèmes alternatifs, comme les SEL
    - identifier et limiter les tentations de consommation (je n'aurais qu'un mot : les soldes, c'est le mal).

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