Almira a cherché un boulot, réussi un entretien d’embauche et il est temps pour elle de débuter dans sa nouvelle entreprise. Première étape : repérer les lieux !
Les premiers jours, en amour comme au travail, c’est la même chose. Il faut faire bonne impression, se montrer sous son meilleur angle. Après, une fois que ce sera lancé, et que l’histoire sera sur les rails, on pourra se relâcher un peu et péter dans les draps… Mais en attendant, il faut contracter les abdos et serrer un peu les fesses, pour se montrer irréprochable.
Me voici donc, dans l’encadrement de la porte de ce qui sera désormais mon bureau, les genoux flageolants et avec la certitude que je réussirai à me décontracter un peu d’ici quelques jours, mais que je ne pourrai jamais roter en salle de réu’. Pour le moment, je dois prouver à mes nouveaux collègues que je ne suis pas un imposteur, et qu’aucune erreur n’a été faite lorsque j’ai été recrutée. Il doivent voir du premier coup d’oeil que je ne suis qu’efficacité et professionnalisme. Je ne sais même pas encore où se trouvent les toilettes et je suis déjà tendue comme un arc.

Mon premier jour : vue d’artiste.
Je suis accueillie par Emmanuelle. Elle me serre la main avec fermeté et énergie. Je vois vite à qui j’ai à faire. Son visage austère se fend d’un sourire.
« Bienvenue, Almira. Appelle-moi Emmanuelle. Ici, tout le monde se tutoie, sauf les chefs. Enfin, tu verras. Si tu préfère qu’on se vouvoie, dis-le moi, hein. Mais vraiment, se dire « tu », c’est tout de même plus sympa. T’es d’accord ? »
Ma main est toujours fermement prise dans la sienne. J’ai pas l’impression d’avoir le choix. Alors je marmonne un « D’accord » faiblard. Elle se rapproche alors de mon oreille et me dit, sur le ton de la confidence:
« Bravo, tu lui as bien cloué le bec à Monsieur Eichel lors de l’entretien d’embauche »
Je me souviens maintenant. La femme au clin d’oeil, c’était elle (souvenez-vous de la question délicate qu’on m’avait posée pendant mon entretien d’embauche).
Voici venu le temps de la visite des locaux, un évènement dont j’ai tiré un enseignement que je garderai gravé en moi jusqu’à la retraite : lors de son premier jour de travail, toujours penser à mettre une paire de baskets et à avoir un calepin sur soi. Parce que ce qui a suivi a ressemblé peu ou prou à une avalanche d’informations inassimilables par mon petit cerveau cumulé à un marathon sur carrelage : toilettes – photocopieuse – réserve/papeterie – l’accueil – le local technique – le service comptable et financier – le service informatique – le secrétariat de direction – d’autres toilettes – la salle de pause – la machine à café – les archives – le courrier – des bureaux – des visages – des noms sur ces visages – des escaliers – des couloirs. « Voilà », me dit Emmanuelle, même pas essoufflée, tandis que je crache mes poumons adossée à un mur. « Est ce que tu as des questions ? »

Vous êtes ici.
Une grosse dose de stress et une masse gargantuesque d’informations à assimiler ont transformé mon cortex en masse spongieuse. Je n’ai même plus la force d’avoir une question. En plus, je me dois de garder la face. Il ne faut pas que je passe pour une touriste : efficacité et professionnalisme. Je tente de réfléchir. Si je dois avoir une question, elle doit prouver que j’ai tout retenu, que cette visite m’a passionnée et que j’ai vraiment envie de m’impliquer.
« Heu… oui… en fait, je… où sont les toilettes ? »
Trahie par ma vessie. De mauvaise grâce, Emmanuelle m’indique (une nouvelle fois) les WC. À mon retour, elle s’affaire devant ce qui est désormais mon poste de travail, organise des piles de documents, prépare des pochettes. M’est avis que le sourire dont elle m’a gratifié lors de mon arrivée, je ne risque pas de le voir bien souvent.
« Almira, il faudrait que tu ailles au service informatique, pour récupérer tes identifiants. Tu en profiteras pour demander à Giovanni qu’il te crée une adresse mail, et qu’il vienne t’installer le logiciel de messagerie sur ton ordinateur. »
Tout mon sang descend jusqu’à la plante mes pieds. Je n’ai aucune idée de l’endroit où se trouve le service informatique. Je ne sais pas du tout qui est ce Giovanni. Et je pense, vu la tête qu’elle fait, que si je demande à Emmanuelle de m’expliquer où je peux les trouver, elle va définitivement penser que je suis con comme une valise sans poignée.
« Tu vois où c’est ? Après la porte battante, derrière la direction. Tu montes les escaliers, première à droite, deuxième à gauche, c’est le bureau avec une porte grise. »

Facile comme tout.
Ma vie est ainsi faite. C’est quand je sais que je dois absolument retenir un certain nombre d’informations capitales et que je me concentre très fort pour y parvenir que mon esprit fait un black out. Je n’ai rien retenu. Les paroles d’Emmanuelle ont glissé au-dessus de moi comme un vol de papillons. Je suis dans la merde. Mais j’acquiesce. Histoire de donner le change.
« Oui oui, je vois très bien. »
Je ne bouge pas.
« Bon, alors vas-y ! »
« Oui, j’y vais. »
Je ne bouge toujours pas.
« Almira, t’es sûre que ça va ? »
« Oui oui, ça va très bien »
Je réussis enfin à trouver la force de reculer jusqu’au couloir. Et là, devant moi, une infinité de portes, de couloirs et d’escaliers. Je dois aller où, déjà ?
- La suite dans le prochain épisode de La petite vie (pro) d’Almira !








Le 18 janvier 2013 à 18:02
Mais c'est pas un « si » conditionnel. C'est du futur, le sens est : « Je réussirai à me décontracter d'ici quelques jours mais je n'arriverai jamais à roter en salle de réu », pas « SI je réussissais à me décontracter je n'arriverais JAMAIS à roter en salle de réu »
Et aussi :
Contrairement aux idées reçues, l'immolation peut avoir lieu par l'eau, le feu, la terre, le bois, le fer ou tout autre moyen. Le moyen le plus fréquent étant le feu, on attribue injustement l'action d'immoler au feu, alors qu'il faut préciser le moyen utilisé (par exemple « immolé par l'eau », « immolé par le feu »)
Par contre pour la noyade, je te l'accorde, c'est rarement par autre chose que par l'eau
Le 18 janvier 2013 à 18:12
Yeap, my mistake…Je trouvais juste ça zarb…Mais c'est chiant quoi quand tu lis "voire même" nan? Le pire étant je pense "Au jour d'aujourd'hui" AAARGH
Mais euuuuh s'immoler par…l'eau?? Mais…comment? Noyade?
Le 18 janvier 2013 à 18:16
Selon Wikipédia :
Une immolation (du latin immolare « offrir un sacrifice ») est un sacrifice généralement religieux, ou holocauste. Par extension, « immolation » est devenu synonyme de « tuerie » ou « massacre » de victimes sans défense.
Donc oui je pense que s'immoler ou immoler quelqu'un/quelque chose (animal par exemple) par l'eau, c'est tout bêtement le noyer, mais avec un sens religieux, sacrificiel, rituel. Par contre, pour moi « immolation » n'est pas synonyme de « tuerie » d'une victime sans défense mais plutôt d'un suicide pour une cause (vu qu'on en entend principalement parler au sujet des moines qui s'immolent par le feu je suppose).
Je suis bien d'accord pour « voire même », « au jour d'aujourd'hui » etc. ; je traque et je guette les fautes mais ce sont des expressions si courantes qu'il m'arrive de les manquer ! N'hésite pas à le signaler dans les commentaires quand tu les vois dans un article
Le 18 janvier 2013 à 18:37
C'est tellement ça.J'ai passé 2 entretiens hier dans une tour de la Défense et comment dire que déjà il y a genre 20 acscenceurs :o
qu'il faut taper le numéro de l'étage autant de fois qu'il y a de personne qui vont au même étage avec toi.
Et qu'ensuite les couloirs me paraissaient énorme, sans compter que la tour est en travaux…
Quand (oui je suis optimiste) j'aurai le job je vais un peu galérer. :s
Surtout pour les prénoms j'ai toujours du mal et le tutoiement ça me paraissait bizarre suivant l'âge de la personne (en 2ans à la SNCF j'ai pas réussi a tutoyer une fois ma boss alors qu'elle m'a demandé de le faire dès le premier jour).
Ca fait peur les début de contrat. Mais bon need it et want it.
Le 18 janvier 2013 à 20:36
Contrairement à Almira et les autres commentaires, je me repère plutôt bien, même dans un gros complexe multiniveau. J'aurais même tendance à trouver ça fun le côté labyrinthe à explorerPar contre, retenir le nom des gens, j'avoue…
Dans ce cas, il faudrait plutôt dire "quand", pas "si". Le si concerne le futur s'il est conjugué au présent, si tu mets du futur, cela devient du conditionnel.
Le 18 janvier 2013 à 22:19
Oh mais je ne vais pas me gêner ^^ (vous embaucheriez pas une correctrice? XD)
Le 18 janvier 2013 à 22:23
I AM THE CORRECTRICELe 19 janvier 2013 à 12:03
…une assistante correctrice?
Le 20 janvier 2013 à 18:56
Jamais de futur après le "si"…
Le 20 janvier 2013 à 19:03
@sayoda, @moh et @denderah : J'ai reformulé la phrase, plus de « si » gênant !