Avoir peur (du viol) — Kalindi et Clémence dans Sister Sister

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Clémence a beaucoup travaillé sur son rapport à la peur, en particulier sa peur du viol, alors que Kalindi a été éduquée d'une toute autre façon. Elles discutent ensemble de leur rapport à la trouille.

D’où vient la peur du viol, qui nous l’inculque dès notre plus jeune âge, et comment va la vie de celles qui échappent à cette éducation ?

Clémence a, selon ses mots, « appris à avoir peur bien avant de comprendre de quoi elle devait avoir peur ». Pour Kalindi, c’est tout le contraire : ses parents lui ont transmis le pouvoir de ne pas laisser la peur l’emporter.

Sur le canapé des Sister Sister, elles discutent de l’influence de leur éducation sur leur vie de jeune femme.

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Les articles abordés au cours de la discussion, dans la vidéo :

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Fab

Fab est le créateur et le patron de madmoiZelle.com, lancé le 1er octobre 2005 dans son grenier. Il aime mener de très longues interviews et aider des jeunes-qui-n'en-veulent à percer.

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Commentaires
  • Lala Piriou
    Lala Piriou, Le 28 septembre 2018 à 22h21

    J'ai plutôt été éduquée comme Clémence. Autant être seule dans la rue le soir ne me gêne pas, je suis habituée car je me promène souvent autour de 21h-22h ; autant, dès que je croise un mec dans un coin sombre alors qu'il fait nuit, je flippe, je surveille son attitude, ses gestes... et en 4 ans et demi que j'ai pris cette habitude de promenade nocturne, il ne m'est jamais rien arrivé ! Pourtant je continue à me méfier.
    Récemment, j'ai mesuré à quel point cette méfiance est pesante car j'ai quitté une soirée et j'ai marché 20 minutes pour rentrer chez moi, en passant par des quartiers qui ne sont pas les plus reluisants de la ville. Je me suis autorisée à faire ça car il était environ 21h, j'ai pensé qu'il était tôt et que c'était donc moins dangereux... cherchez le lien de cause à effet déjà :confused: J'étais aussi un peu alcoolisée, donc moins flippée. Mais peut-être que s'il avait été plus tard et que j'avais été parfaitement sobre, je n'aurais pas osé faire ça. Bref, j'ai croisé une bonne vingtaine de mecs, seuls ou en bande, qui ne m'ont absolument rien fait ! Et le pire c'est que sur le coup, j'ai trouvé ça génial ! Comme si c'était un miracle ! Alors que j'ai même très peu connu le harcèlement de rue dans ma vie... Et pendant que je marchais, une amie restée à la soirée m'envoyait des textos toutes les 5 minutes, elle était super inquiète à cause du simple fait que j'étais seule, la nuit, dans la rue.
    Et je réalise que dans cette situation, ma plus grande peur reste celle des agressions sexuelles/viols. C'est tellement ancré en moi, depuis tellement d'années que je ne m'en rends même plus compte...
    Je pensais écrire ce commentaire comme une simple anecdote suite à cet épisode de Sister Sister, mais je me rends compte que ça me brise le coeur. Tout comme le témoignage de Margaux ci-dessus (si tu repasses par là, j'espère vraiment que tu vas bien).