Novak Djokovic remporte Roland Garros 2016 et entre dans la légende

Si Novak Djokovic fait fondre Clémence Bodoc, ce n’est pas seulement grâce à sa plastique athlétique. Le beau brun ténébreux, conquérant sur les courts de tennis, a plus d’un atout à son répertoire.

Novak Djokovic remporte Roland Garros 2016 et entre dans la légende

Mise à jour du 5 juin 2016 —

Cet article méritait une mise à jour, non pas que mon admiration pour Novak Djokovic ait vacillé, mais c’est que la carrière du champion s’est poursuivie pour le meilleur depuis que je lui chantais ces louanges, en juillet 2014.

Deux ans plus tard, le Serbe vient de remporter son premier titre à Roland Garros ! C’était le seul titre du Grand Chelem qu’il lui manquait pour accomplir un Petit Chelem, c’est-à-dire avoir gagné les 4 tournois majeurs (mais pas la même année). Il n’a pas perdu une finale de Grand Chelem depuis Wimbledon 2015, et avec cette victoire aujourd’hui à Paris, Novak Djokovic empoche les deux premiers Grand Chelem de la saison 2016.

Rendez-vous en juillet pour le troisième, sur gazon : le tournoi de Wimbledon, que Novak a déjà gagné trois fois, excusez-le.

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Le mec n’est : pas déso

Végane la nuit, champion le jour ?

Le champion a fait évoluer son alimentation : après avoir éliminé le gluten en 2011 (pour des résultats époustouflants), Novak Djokovic a déclaré suivre un régime végane, à l’exception « d’un petit peu de poisson par-ci, par-là ». Ce qui ne m’étonne pas trop, étant donné que le Serbe réside à Monaco, soit plutôt près de la mer.

En avril, son épouse Jelena et lui ont ouvert un restaurant végane dans leur ville de résidence : Eqvita devrait être bientôt prêt à vous accueillir si vous passez dans les environs !

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A photo posted by Eqvita (@eqvita) on

Novak Djokovic peut-il forcer davantage mon admiration ? Écoutez, il y a deux ans, j’écrivais que non. Mais je suis bien obligée de constater qu’il me surprend encore ! Alors, à bientôt pour de nouvelles aventures cher Nole, continue de nous époustoufler sur les courts et en dehors !

Novak Djokovic vainqueur Roland Garros 2016

– Article initialement publié le 7 juillet 2014, au lendemain du sacre de Novak Djokovic sur le gazon de Wimbledon.

Novak Djokovic et moi, c’est l’histoire d’un amour interdit. Interdit parce que dans la famille, le chouchou incontesté, c’est Roger Federer. Alors quand ce jeune joueur Serbe d’un an mon cadet a fait son entrée sur le circuit professionnel, je l’ai perçu simplement comme un rival du maître Suisse. Ni plus ni moins.

Et puis, il y a eu ce quart de finale à Roland Garros, en 2008, face à un autre jeune joueur, Ernests Gulbis. Le match s’est fini en trois sets pour Djokovic, mais quels sets, les enfants. Mon coeur a battu la chamade, et je ne savais pas si c’était le suspense du jeu ou le regard aquilin du Serbe qui me troublait le plus.

La détermination, t’as vu.

Novak « couteau suisse » Djokovic

Novak Djokovic a eu la chance – ou le malheur ? – de percer en plein milieu d’une des plus belles rivalités du tennis masculin mondial, j’ai nommé le duo (ou plutôt le duel) Federer – Nadal. Du coup, pour réussir à voler quelques trophées aux deux ogres du circuit, Nole a dû rivaliser de talents avec non pas une, mais deux légendes vivantes du sport.

Novak Djokovic, c’est un peu un mash up des meilleurs joueurs du circuit. Il concentre les qualités des boss de l’ATP (la fédération de tennis professionnel) en un seul homme. Quand je vous disais qu’il a plusieurs cordes à son arc, ce n’était pas exagéré.

Il a le fair play et le mental de Federer : sur le court, s’il s’énerve parfois, Djokovic sait maîtriser ses émotions et assurer sur les points qui comptent. Et je vous dis ça en toute objectivité, bien sûr.

… Vous ne me croyez pas ? Très bien. Plantons le décor : US Open 2011, demi-finale. Roger Federer au service, dans le cinquième set. 30-15 pour le Suisse, qui sert, Djoko rate son retour. 40-15. Federer va servir pour le gain du match, et une place en finale. Deux balles de match pour le Suisse.

Que fait Novak Djokovic ? Regardez la vidéo. Je ne sais pas ce qu’il se passe dans sa tête à ce moment, mais on voit qu’il se passe quelque chose. « YOLO », se dit-il sans doute. Et le voilà qui sort le retour de sa vie, un retour d’anthologie. Voyez plutôt :

Spoiler alert : Djokovic gagnera le match, après avoir sauvé DEUX balles de match sur le service de Federer.

Je ne sais pas si tu es un•e grand•e fan de tennis, mais en règle générale, quand Roger Federer a deux balles de match sur son service, ça ne se finit pas très bien pour le joueur d’en face.

Question fair play, vous pouvez globalement regarder n’importe lequel de ses matchs. Tout comme Nadal et Federer, Djokovic n’hésite pas à rendre le point qu’une erreur d’arbitrage lui accorde indûment. La classe des grands champions, tout simplement.

L’endurance à toute épreuve

Il a la hargne et l’endurance de Nadal : le fougueux Serbe n’a rien à envier au taureau majorquin. Ce n’était pas le cas il y a encore quelques années, mais après avoir découvert son intolérance au gluten et adapté son régime alimentaire en conséquence, Novak Djokovic a déchaîné son potentiel.

Tout comme Rafa, Nole se bat sur toutes les balles, comme si chaque point était une balle de match pour l’adversaire. Cette attitude de combattant qui ne lâche rien force le respect.

J’en veux pour preuve la finale de l’Open d’Australie de janvier 2012, qui a opposé Rafael Nadal à Novak Djokovic. Pendant. SIX. HEURES.

Le match a duré cinq heures et cinquante trois minutes exactement, un double record : le match le plus long jamais disputé à l’Open d’Australie, et la plus longue finale de Grand Chelem de l’Ère Open.

Novak Djokovic a remporté ce match d’anthologie, et je dois bien avouer que cette victoire épique et impressionnante a forcé plus que mon respect…

À la fin du match, les deux joueurs étaient tellement épuisés qu’on a dû leur apporter des chaises pour qu’ils puissent s’assoir pendant les discours : ils ne tenaient plus debout, littéralement.

Si vous avez six heures à tuer, je vous conseille le replay de ce match absolument épique (ou en version courte, les temps forts seulement) :

Et comme si le talent et le fair play n’était pas suffisants, Novak Djokovic se hisse également au top de mes joueurs préférés car il assure le spectacle en toutes circonstances.

Gaël Monfils est connu en France et à l’étranger pour être un véritable showman sur le court, par ses glissades spectaculaires, ses mimiques et ses réactions épidermiques, ses appels au soutien du public.

Mais Novak Djokovic aussi assure le spectacle quand il est sur le court, ce qui m’amène à vous parler de son atout charme numéro un à mes yeux : son sens de l’humour.

The Djoker, bourreau de mon coeur

Ce n’est pas pour rien que Novak Djokovic est surnommé le Djoker :

Que ce soit lors d’un flashmob orchestré par Carly Rae Jepsen qui chante Call me maybe en live, qu’il prenne part à un Gangnam style avec les ramasseurs de balles, ou lors de son entrée au master BNP à Paris, déguisé en Dark Vador, Novak Djokovic n’en rate pas une.

Il s’est largement fait connaître pour ses imitations d’autres joueurs du circuit. Étant tous bourrés de tics et de tocs, entre obsessions et superstitions, les joueurs de tennis sont des sujets faciles pour les imitateurs.

Le Djoker a donc régalé les foules de ses imitations de Nadal (qui s’enlève le slip de la raie avant chaque service), de Sharapova (qui sautille sur place environ 12 657 fois avant de retourner un service), Roddick-qui-se-décolle-compulsivement-le-maillot-des-épaules, et même Maître Federer, et ses augustes gestes de la tête, s’essuyant méthodiquement le visage de la même façon entre chaque point.

Impayable, le Djoker ne craint pas le ridicule, même dans ses opérations commerciales. Alors que toutes les publicités de Roger Federer transpirent la classe et la sobriété, celles de Novak Djokovic sont beaucoup plus espiègles, voire carrément décalées. Celle-ci est particulièrement gratinée :

Mais mon imitation préférée toutes catégories confondues restera à jamais la parodie du clip de Shakira I’m a Gipsy. Rafael Nadal a joué dans ce clip avec la chanteuse. Aussi, Novak Djokovic a repris l’une des scènes du clip avec son compatriote Viktor Troicki. Et le résultat me fait pleurer de rire à chaque fois :

YouTube regorge de compilations de ses meilleurs moments. Mais sa décontraction légendaire, Novak Djokovic ne la met pas uniquement au service du divertissement. Il peut se montrer très touchant, comme lors de cette interruption pluie à Roland Garros, où il a invité un ramasseur de balles à taper la discute avec lui.

Tant de détente de slip en plein match de Grand Chelem, ça force le respect, vraiment.

Novak Djokovic, le parcours d’un combattant

Mais ce que j’admire le plus chez Novak Djokovic, au-delà de ses abdos rutilants de sueurs après un match en cinq set, au-delà de son regard perçant, de son sourire ravageur et de son sens de l’humour, au-delà même de ses qualités athlétiques qui rendent ses matchs exaltants et passionnants, c’est son parcours.

S’il s’est beaucoup démocratisé en France, le tennis reste quand même un sacré sport de riche dans d’autres pays. Aussi, rien ne destinait un gamin né d’une famille modeste, dans un pays en guerre, à faire carrière dans ce sport.

Quand il raconte son enfance, Novak Djokovic parle de sacrifices, mais surtout de ceux que sa famille a faits pour lui permettre de jouer au tennis, puis de s’investir sérieusement dans ce sport, notamment grâce à une entraineur qui a misé sur son potentiel : Jelena Genčić.

Il parle des alertes aux bombes de l’OTAN, aux sirènes qui retentissaient, signal pour les habitants de se mettre à l’abri.

Novak Djokovic a le même âge qu’Andy Murray, mais s’ils ont eu une carrière similaire, Novak part de beaucoup plus loin.

Lire le portrait que lui consacre Yannick Cochennec sur Slate : Djokovic, la belle victoire d’un mal-aimé

Au sommet de son art

En remportant son deuxième titre à Wimbledon dimanche 6 juillet, Novak Djokovic ajoute un septième titre du Grand Chelem à son palmarès, et avec la manière : son adversaire en final n’était autre que Roger Federer, le maître des lieux, sept fois champion sur le gazon londonien.

Peut-on faire plus classe que ce joueur, qui dans son discours de vainqueur passe de l’humour à la tendresse ?

Il dédie sa victoire à sa première coach, Jelena Genčić, décédée en 2013, et à son enfant à naître (il a annoncé qu’il allait bientôt être papa !). Mais juste avant, il avait félicité Roger Federer pour sa performance, en le remerciant de l’avoir « laissé gagner aujourd’hui » (en référence à la suprématie du Suisse sur cette surface.)

Beaucoup trop d’émotion et de swag dans ce discours de vainqueur

Novak Djokovic doit encore battre Rafael Nadal en finale de Roland Garros, et il aura défié les deux titans du tennis mondial dans leurs jardins respectifs. Il n’est pas passé bien loin cette année, et j’ai hâte de voir ces deux-là croiser à nouveau leurs raquettes sur la terre parisienne.

Au lendemain de sa superbe victoire à Wimbledon, plus que jamais, Novak Djokovic n’est pas seulement numéro un au classement de l’ATP : il est aussi numéro un dans mon coeur. (Oui je sais c’est cliché. Laissez-môâ.)

Bisous sur la fesse, Nole. Tu as toute mon admiration.

Donnons de l’amour à Novak Djokovic :

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Clemence Bodoc
    Clemence Bodoc, Le 6 juin 2016 à 14h15

    doudouillitsa
    j'espère que je ne t'ai pas vexée :fleur:]
    Mais non, pas de souci de ce côté là ! ;) :fleur: Pour rebondir sur vos 2 messages ( avec @Powine ), je comprends parfaitement vos points de vue respectifs, et j'en partage certains aspects ; c'est juste pas la même chose d'exprimer un avis, fut-il très tranché avec l'article, et de regretter que madmoiZelle me laisse publier ledit article :cretin: Qu'on débatte ici sur le personnage Djokovic, ses propos, leur portée, je suis complètement pour ! :top:

    Pourquoi « les Fantasmes de la rédac » ? C'est un format d'article volontairement positif ; on le prend quand on veut faire un portrait positif de quelqu'un (et c'est à ce moment qu'on avise si oui ou non, la personne mérite qu'on lui chante des louanges, selon nous — "nous" individuellement, la rédactrice qui propose, et la rédaction en chef (Fab et Mymy) qui valident).

    Le fait est que quand tu es une femme journaliste et que tu fais un portrait positif d'un homme connu, ça ne rate JAMAIS : « lol la meuf a un crush quoi ». Le genre de remarques qui me saoulent au plus haut point. « Les Fantasmes » pour moi, c'est une façon de court-circuiter ces réactions en les assumant : ok, partons du principe que j'suis troooop inlooooove de Djoko <3 Qu'est-ce que j'ai à raconter sur lui ?

    C'est comme ça que Mélanie a parlé récemment de Sam Heughan, qui loin d'être uniquement un bien beau fessier sous kilt, a lancé « my peak challenge », une bien chouette initiative.

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