Mes 6 films français (récents) préférés, pour célébrer les César

À l'occasion de la cérémonie des César 2019, Kalindi rend hommage au cinéma français en présentant ses six films préférés, nés dans l'Hexagone.

Mes 6 films français (récents) préférés, pour célébrer les César

Ce soir, la cérémonie des César se tiendra à la Salle Pleyel à Paris et sera retransmise en direct et en clair sur Canal+.

L’occasion pour moi de te prodiguer quelques beaux conseils ciné !

Voilà donc mes 6 films préférés à voir aujourd’hui et tout le week-end pour continuer même après les César à célébrer le cinéma français.

Holy Motors, la fable nocturne

Leos Carax est un dément. Mais un dément superbe qui semble avoir mille idées à la minute. Tu le connais peut-être pour avoir réalisé Mauvais Sang, Les Amants du Pont-Neuf et surtout HOLY MOTORS, le meilleur film de 2012 selon moi.

Je préfère te prévenir tout de suite d’ailleurs : c’est un film complètement barré, une sorte de délire créatif noyé dans la nuit.

Dans cette nuit noire, Monsieur Oscar sillonne Paris. Dans sa limousine, accompagné de la belle Céline, il enfile l’identité de gens capables d’infiltrer tous les lieux de la night.

Il est tantôt grand patron, tantôt clochard, tantôt père de famille, ou encore meurtrier.

Oscar voyage donc de vie en vie, et traque la beauté où qu’elle se cache.

D’où vient-il ? Est-il aussi solitaire que les créatures dont il vole l’identité ?

Holy Motors est une errance nocturne, qui célèbre les rencontres, les impostures et les fantasmes.

Il peut paraître revêche au début. Enfin, difficile d’accès tant il est arty. Mais accroche-toi, il vaut bien plus qu’un coup d’œil.

Réalité, ou fiction ?

Réalité figure easy dans mon top 10 des meilleurs films de la décennie.

Créé par Quentin Dupieux, un génie atomique, cette fiction présente Jason Tantra (Alain Chabat), un cameraman flegmatique qui rêve de réaliser un film d’horreur.

Bob Marshall, un producteur bourré de fric, décide de le financer à une seule condition : que Jason trouve en moins de 48h le meilleur cri de l’histoire du cinéma. 

réalité alain chabat

Huhu, le synopsis de base est déjà très drôle.

Mais plus le film étend ses rubans de pixels sur l’écran, plus il te plonge au coeur même d’une intrigue complètement dingue et t’oblige à visiter les tréfonds de ton cerveau. 

Pour tout comprendre, il faut ouvrir des tiroirs dans lesquels il y a des bébés tiroirs, dans lesquels il y en a d’autres, puis des embryons, enfin tu as compris.

Perfect Mothers, l’amour sans âge

Connais-tu Anne Fontaine ? Elle est l’une de mes réalisatrices françaises préférées et se cache derrière quelques jolis produits comme Les Innocentes, Coco avant Chanel et Gemma Bovery.

Chacune de ses créations est singulière, différente des autres. Perfect Mothers, par exemple, ne ressemble à aucune autre de ses productions.

Elle se distingue notamment par son casting anglo-saxon, composé de Naomi Watts, Robin Wright, Xavier Samuel et James Frecheville.

Perfect Mothers est une merveille méconnue de la filmographie d’Anne Fontaine, qui pourtant mérite vraiment sa place au Panthéon des œuvres nécessaires.

C’est l’histoire de Lil et Roz, deux amies inséparables, dont chacune va tomber amoureuse du fils de l’autre, et entretenir avec lui une liaison. Le film aurait facilement pu tomber dans l’écueil de : « Je te déteste pour coucher avec mon fils et vais donc tout naturellement t’éviscérer ».

Ici, les deux femmes acceptent l’amour qui leur tombe dessus.

Le film se concentre alors davantage sur l’inexorable temps qui passe et n’épargne personne.

L’amour entre deux personnes aux âges très différents est-il possible ?

C’est LA grande question du long-métrage d’Anne Fontaine, qui dresse le portrait de femmes complexes et passionnées.

Hyper moderne !

Les Rencontres d’après minuit, une fessée ciné

J’ai rencontré les créatures de nuit de Yann Gonzalez en 2013, dans un petit cinéma de Châtelet, en séance du soir. De ce film; je n’attendais rien de particulier.

La beauté sans équivoque du produit m’a laissée ébahie, sorte de surprise langoureuse qui distribue des fessées délicieuses.

Graciles, les corps de Kate Moran, Niels Schneider, Nicolas Maury s’entrelacent sans cesse sur fond de décors poétiques, nés de délires créatifs.

Difficile de raconter. Mais je vais essayer car j’adorerais que tu le vois, qu’on puisse en parler.

Au cœur de la nuit, un jeune couple et leur gouvernante travestie préparent une partouze.

Sont attendus des personnages tous droits sortis de contes érotiques : La Chienne, La Star, L’Etalon et L’Adolescent.

Une merveille à voir et à revoir, pour rougir chaque fois un peu plus. Et si tu tombes amoureuse du cinéma de Yann Gonzalez, je te conseille son tout dernier film sorti il y a seulement quelques semaines : Un couteau dans le cœur

Un chef-d’œuvre onirique porté par une Vanessa Paradis au sommet de son art.

Grave, le talent cannibale

Souvent, quand tout le monde parle d’un film, je ne vais pas le voir, ou alors bien plus tard car l’euphorie générale me tape sur le système. Toutefois, j’ai il y a deux ans cédé aux chants des sirènes de Grave.

Et je suis d’accord avec tout le monde : la presse, le public, le petit monde du cinéma. Tout le monde.

Grave est un film important dans l’histoire du cinéma de genre. Il marque un tournant, s’impose comme une œuvre charnière pour l’horreur.

Julia Ducournau réalise un produit intelligent, féministe, et ose mettre ses ovaires sur la table.

Son récit initiatique ne ressemble à aucun autre, et utilise l’angoisse et le cannibalisme pour en réalité parler des désirs qui s’éveillent, de ceux qui meurent, de la mort justement, des pulsions et de la passion.

Riche en métaphores, Grave a conquis le monde, une goutte de sang à la bouche.

Alors de quoi ça parle ?

Justine est végétarienne, comme toute sa famille. Alors qu’elle intègre l’école vétérinaire, dans laquelle est déjà sa sœur ainée Alexia, quelque chose bascule en elle.

Bizutée dès son arrivée, elle doit avaler un morceau de viande crue. La jeune femme développe alors un appétit féroce pour la chair et le sang…

Grave est crue. Je te le conseille mille fois pour toutes ces raisons et bien plus encore.

Asphalte, là où s’échouent les rêves

Asphalte, c’est l’histoire de six vies qui se croisent. Jeanne, Charly, Sternkowitz et Madame Hamida, John McKenzie et « l’infirmière » vivent dans une cité bétonnée d’où semble absent tout bonheur, tout divertissement.

Mais dans le néant de leur vie silencieuse va éclore l’amour pudique.

Samuel Benchétrit fait alors le récit de trois rencontres improbables : un ado ignoré et une ancienne actrice, un faux photographe et une infirmière désabusée, une vieille dame et un astronaute américain.

C’est baignés dans une lumière salvatrice que les personnages déploient leur talent pour l’humanité.

Samuel Benchetrit fait une photographie différente de la banlieue. Ni conflit, ni violence mais une émotion douce et subtile, libérée par des comédiens de premier choix.

Asphalte est définitivement la proposition la moins bavarde de l’auteur et cinéaste de J’ai toujours rêvé d’être un gangster.

Les images se substituent désormais aux mots. Les plans-séquences s’enchaînent et dominent une mise en scène discrète, toute en humilité, à l’instar des personnalités qu’elle présente.

Le silence domine ce monde isolé où vivent librement les légendes urbaines.

Je te le conseille 2000 fois. Regarde-le et puis parles-en autour de toi. Pour que, comme la légende urbaine qui court la banlieue d’Asphalte, le film survive au temps.

Voilà mon bel esturgeon, tous les films que j’ai préférés ces dernières années. Il y en a encore 1000 mais il fallait faire des choix.

Et toi, quels sont tes incontournables Made in la France ? 

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