Je veux comprendre… le mansplaining

Je veux comprendre… le mansplaining
Retour sur le mansplaining, un concept très ancien (et très relou) pour un terme relativement récent.

Le mansplaining n’a absolument rien de nouveau. C’est un concept tout bête dont nous sommes probablement nombreuses à être témoins au quotidien. Le mansplaining, c’est quand un homme explique à une femme d’un ton condescendant, sur un sujet qui la concerne elle, qu’elle a tort de penser ce qu’elle pense, de dire ce qu’elle dit.

Le mansplaining : une illustration du patriarcat

Cette idée est très ancienne et elle n’a rien de nouveau. En revanche, le terme qui le désigne est relativement jeune : il s’agit de la contraction de « man », pour homme, et d’« explaining », expliquer. C’est l’idée que lui, le mansplainer, sait mieux que son interlocutrice (je dis interlocutrice parce qu’en cas de mansplaining, ça va surtout dans ce sens). C’est le fait de dire « Moi je sais. Toi, moins, ou pas ».

Le mansplaining se fait surtout beaucoup remarquer sur Internet quand il s’attaque au féminisme, quand une féministe relève quelque chose de sexiste et qu’un homme lui explique qu’elle a tort de voir les choses ainsi, parfois en expliquant à la principale concernée ce qu’est réellement le sexisme — qu’il ne connaît que peu en comparaison. En ce sens, le mansplaining est une des illustrations du patriarcat, l’oppression des femmes par les hommes (pas TOUS les hommes, mais « les hommes » au sens large).

C’est, par exemple, quand on se révolte contre, disons, l’utilisation du terme « mademoiselle » et qu’on vient nous dire que les féministes devraient se concentrer sur quelque chose d’autre parce qu’il y a des combats plus importants et bla, et bla, et bla. Comme l’explique Know your meme, « le terme provient d’une attitude en ligne généralement vue chez les hommes qui débutent sur des forums de discussion basée sur les femmes. Cependant, n’importe quel membre des deux sexes peut être coupable de mansplaining ».

Certes, il m’est arrivé — rarement, tout de même — de voir des femmes faire du mansplaining en discutant avec d’autres femmes. Toutefois, il serait malvenu de penser que le phénomène ne peut être repéré que sur Internet. Je n’irai pas jusqu’à dire que le mansplaining est partout, mais il peut potentiellement être repéré n’importe où.

mansplaining Je veux comprendre... le mansplainingTon idée sonne tellement mieux quand je la reformule.

Le mansplaining : les origines

L’un des plus anciens exemples de mansplaining documenté date de 1903 et a été déniché par The Atlantic. Dans ce texte, Lyman Abbott explique pourquoi les femmes ne veulent pas du droit de vote. C’est un homme qui pense détenir la vérité sur ce qu’il se passe chez les femmes, qui pense savoir mieux qu’elles ce dont elles ont envie et ce qu’elles ne souhaitent pas. Traduction de l’extrait partagé par The Atlantic :

« Je pense que c’est parce que la femme ressent, si elle ne le voit pas clairement, que la question du suffrage pour la femme est plus qu’uniquement politique ; que cela concerne la nature et la structure de la société – le foyer, l’Église, l’organe industriel, l’état, la fabrique sociale. Et à un changement qui implique une révolution dans tous ces domaines, elle oppose une opposition inflexible, mais le plus souvent silencieuse. C’est pour cette femme silencieuse – dont la voix n’est pas entendue dans les conventions, qui n’écrit aucun éditorial, ne fait aucune lecture et ne visite aucune assemblée législative – que je parle. »

Dans ce texte, Abbott parle pour des femmes qu’il imagine exister pour appuyer son point de vue anti-droit de vote des femmes. Et peut-être qu’elles existaient, mais qu’y a-t-il de plus condescendant que de parler pour quelqu’un d’autre, de s’exprimer à sa place (j’ai déjà personnellement la nausée quand j’imagine qu’on commande un plat à ma place au restaurant, alors je te raconte pas la réaction que j’aurais eue) ? S’exprimer à la place de quelqu’un, c’est faire preuve de paternalisme en imposant son avis comme celui du groupe marginalisé, et l’exemple d’Abbott en est une illustration parfaite.

mansplaining meme Je veux comprendre... le mansplainingLes femmes sont opprimées ? Pas selon mon expérience !

Évidemment, à l’époque, on ne parlait pas encore de mansplaining. Ce terme n’a que cinq ans, puisqu’il a été utilisé pour la première fois en mai 2008, soit un mois après la publication dans le Los Angeles Time d’un article de Rebecca Solnit dans lequel elle raconte la fois où un mec, dans une soirée, a eu un comportement paternaliste avec elle : il lui conseillait vivement de lire un ouvrage relatif à son domaine à elle. Il s’est avéré que ce livre, c’est elle qui l’avait écrit.

Cette anecdote est terriblement évocatrice : comme quantité de mansplainers, l’homme a présumé en savoir plus qu’elle sur un sujet qu’elle maîtrisait évidemment mieux que lui — puisqu’en l’occurrence, elle ÉCRIT dessus. Et apparemment, lui-même n’avait lu que la critique de ce fameux livre.

Petits exemples de mansplaining

De manière plus contemporaine, il est possible de trouver du mansplaining un peu partout : dans la vie, au détour d’une conversation ou sur Internet, il n’est pas rare de voir un homme répondre en mansplainant. Par exemple, dans la conversation sur Twitter suivante, un homme explique à l’Actualaloupe comment être féministe parce qu’elle a osé insulter un utilisateur de Twitter sévèrement porté sur le slutshaming :

mansplainingtwitter Je veux comprendre... le mansplaining

Ou quand un mec fait une blague sexiste qui ne fait pas rire une féministe et qu’il lui répond quelque chose comme « les féministes n’ont pas d’humour ? ». Ou quand une fille raconte qu’elle a été harcelée dans la rue et qu’elle se voit répondre qu’elle devrait être flattée d’être courtisée, ou remettant en cause ce qu’elle a vécu, comme on a pu le voir dans la discussion entre La Marquise et quelques membres du Parti Pirate.

marquise Je veux comprendre... le mansplaining

Est-ce que ça veut dire que les hommes n’ont pas leur place dans les conversations féministes ? Non, mille fois non. Évidemment que les hommes peuvent être impliqués, peuvent combattre aux côtés des femmes pour l’égalité des sexes et sont les bienvenus dans les débats.

Mais à partir du moment où un, ou plusieurs hommes remettent en cause la parole des femmes sur ce qu’elles ont vécu, ce qu’elles vivent, ce qu’elles pensent et ce qu’elles étudient, ce n’est plus d’une discussion qu’il s’agit : c’est de paternalisme.

Pourquoi c’est lourd ?

Sachant que le but des féministes est d’atteindre l’égalité entre les hommes et les femmes, le mansplaining est une des preuves multiples qu’il reste du boulot à faire : alors que de nombreux hommes ont bien compris que des femmes pouvaient être plus calées qu’eux sur certains sujets, d’autres ont encore du mal à saisir cette idée pourtant toute bête.

Il va de soi que quelle que soit notre identité sexuelle et celle de la personne à qui on s’adresse, la condescendance est quelque chose de profondément insupportable. Ce qui différencie le mansplaining de la simple condescendance, c’est la notion de privilège : c’est un homme, qui a des privilèges par rapport à la femme à qui il s’adresse, qui fait une leçon de vie, persuadé — consciemment ou pas — d’en savoir plus qu’elle sur un sujet qui la concerne et qu’elle maîtrise. Ce serait comme si une personne blanche expliquait ce qu’on ressent face au racisme à une personne noire, par exemple.

Ok, ce concept ne tue pas, mais il est terriblement frustrant de voir que la parole des représentantes de la gent féminine est aussi souvent soumise à des hommes qui abusent de leurs privilèges masculins et décrédibilisent leurs dires.

Bonne nouvelle : le mansplaining n’est pas insurmontable ! Il est possible d’éviter d’en faire, comme l’a prouvé Hugo Schwyzer pour Jezebel. Dans Five Tips for the Mansplainers in your Life (5 conseils aux mansplainers dans votre vie), il propose quelques réflexions à mener pour savoir si on est sur le point de mansplainer ou pas :

  • Est-ce que vous savez combien la femme à qui vous parler en sait sur le même sujet ?
  • Est-ce que vous utilisez votre prétendue expertise pour prouver quelque chose sur votre virilité ?
  • Quand elle parle, est-ce que vous écoutez ce qu’elle est en train de dire ou êtes-vous simplement en train de répéter votre prochaine réplique ?
  • Est-ce que vous parlez de votre propre expérience, ou bien êtes-vous en train d’universaliser vos propres sentiments ? Est-ce que vous lui expliquez sa propre expérience ?
  • Est-ce que vous savez vraiment de quoi vous parlez ?

Certes, le ton de cet article est un poil condescendant, j’en conviens. Mais il est un minimum éclairant et pourrait éviter bien des débats à la mord-moi-le-noeud sur Internet et dans la vie. Un tueur de conflits dans l’oeuf, en quelque sorte.

Le mansplaining n’est pas une fatalité : ce qu’il faut se dire, c’est qu’avec un peu d’efforts et pas mal de réflexion, les conversations entre hommes et femmes sur pleiiiin de sujets deviendront beaucoup plus sereines et constructives.

Pour en savoir plus :

Tous les articles Culture , Je Veux Comprendre
Les autres papiers parlant de Féminisme , Rapport Hommes / Femmes , Sexisme
ça vous a plu ?
partagez !
Big up
L'actu de mad
gratuitement dans vos mails !
a lire également
Plus d'infos ici
Viens apporter ta pierre aux 46 commentaires !

Tu dois être inscrite pour lire l'intégralité des réactions ou commenter !

Identifie toi ou clique ici pour t'inscrire, c'est gratuit !

  • Soshishi
    Soshishi, Le vendredi 7 juin 2013 à 22h27

    Au delà du contenu de l'article, qui est intéressant, j'ai une remarque: je commence à en avoir ras le fion de ces anglicismes à la con qui ne servent strictement à rien. Un concept qui existe déjà, avec un mot pour le définir, non ça ne suffit pas. Mais pourquoi on s'est fait chier à inventer le mot condescendance????

    Il faut qu'on y foute un mot anglais par dessus et hop c'est hipster-tendance-faut-en-parler-et-faire-des-phrases-avec, du genre, si on me coupe la parole : "oh non mais c'est bon tu vas pas me faire du sentence-cutting"
    et sinon y a aussi le "womansplanning"? ou le "mum/dadsplanning"? Parce que les parents aussi, sont là à nous expliquer la vie non? Y a le profsplanning aussi... etc

    j'ai envie de donner un mot générique (et anglais pour faire cultivée) à tous ces concepts à deux balles: bullshit!!!

    Voilà c'était mon petit coup de gueule, je ne vise personne, c'était juste le concept inutile de trop pour moi :)

  • Tatsue
    Tatsue, Le samedi 8 juin 2013 à 07h27

    shield;4168818
    tatsue;4167619
    Le problème est aussi que certaines filles qui ne manquent pas de bonne volonté vont se laisser séduire par la "facilité" de mettre un décolleté pour obtenir un job ou n'importe quoi, faut que les femmes comprennent aussi qu'il faut renoncer à certaines choses pour que la situation évolue.
    Je suis globalement d'accord avec ton commentaire!

    Mais en ce qui concerne ce passage, je dirais que ce genre de comportement me dérange surtout chez les féministes. Il y a des personnes qui n'ont pas de valeurs ou d'idéaux réels et qui sont juste opportunistes/pragmatiques (ça dépend du point de vue :p ), qui ne cherchent pas à changer la société mais à saisir les opportunités qui vont dans leur intérêt. Du coup on peut très bien se dire "je suis une femme, la société est comme ça, qu'est-ce qui m'avantage moi en tant qu'individu?". Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas forcément une question de "comprendre" ou de "falloir", mais un point de vue sur la vie.

    Par contre ce qui m'agace beaucoup, ce sont les femmes (dans ce contexte hein) qui veulent prendre le meilleur des deux, le beurre et l'argent du beurre comme on dit, et qui se font passer pour des victimes de l'horrible patriarcat hyper militantes tout en entubant les autres dès que l'opportunité se présente sous prétexte que justement elles ont le droit de compenser. Soit on profite de tout et on joue à la loi du plus fort tout en reconnaissant aux autres le droit de faire de même, soit on essaie de changer un système, non? Mais prétendre vouloir révolutionner/réformer un système en l'entretenant, c'est un peu incohérent quand même.
    Oui tu as raison de faire la nuance c'est exactement ça ! Ces filles qui vont hurler au machisme à tout bout de champ et faire un scandale dès que leur mec paye pas le restaurant et les porte pas quand elles arrivent plus à marcher avec leur talons XD c'est les pire parce qu'elles décrédibilisent le mouvement aussi. C'est ce que je dis quand je refuse dès égards appelés "galanterie", on me prend pour une folle, je dis "si je considère que je suis votre égal il serait un peu salaud d'en plus me comporter comme une princesse"

  • MorganeGirly
    MorganeGirly, Le samedi 8 juin 2013 à 12h44

    Moi aussi j'ai un peu de mal à comprendre à quoi s'applique le mansplaining (en plus je trouve le mot pas terrible pour des Français : jusquà lire cet article, je croyais que c'était manSLAPPING et du coup, je pensais que ça voulait dire  qqch comme humilier les hommes ou peut-être un homme qui mérite des baffes, j'étais pas trop sûre :coiffe:)

    Bref quand ça s'applique au féminisme et à dire "oh mais tu exagères, ça ne se passe pas vraiment comme ça!", je comprends totalement le concept.
    Par contre, si je comprends bien, ça s'applique à chaque fois qu'un homme est condescendant envers une femme? Or là, je ne suis plus trop sûre...

    Je pense qu'au mieux, le concept pourrait être valable aux Etats-Unis (d'où il vient donc) où la sociabilité exige d'etre plutôt conciliant et de ne pas contredire frontalement l'interlocuteur. Du coup, c'est peut-être forcément parlant quand un homme contredit une femme...
    Mais pour la France, je ne pense pas que ce soit un concept aussi pertinent. Chez nous, c'est une composante naturelle de la sociabilité de critiquer le discours de l'interlocuteur quand on commence à discuter de "choses sérieuses", de contredire et d'être véhément voire de mauvaise foi dans les débats, même si on est au fond sur la même longueur d'onde.
    L'argument de mauvaise foi est meme un outil rhétorique aussi vieux que la vie littéraire de notre pays.

    Dans le quartier où jai grandi (bourgeois intello parisien), tout le monde manie le "mansplaining" avec brio.
    Les hommes face aux femmes mais aussi les hommes entre eux, les femmes entre elles, les femmes face aux hommes... Tu dois avoir un avis sur tout, donc forcément tu connais soi-disant tout mieux que les autres, quitte à citer des bouquins que t'as jamais lu ou inventer des statistiques qui vont dans ton sens.
    J'ai un oncle qui me mainsplaine tout le temps sur mon champ d'études alors qu'il n'a jamais suivi aucun cours là-dessus, mais il a "beaucoup lu sur le sujet, tous les spécialistes".
    Mais c'est pas sexiste, c'est surtout une attitude générale, celle de montrer que t'es tellement supérieurement cultivé que tu peux enseigner ton savoir  à tout le monde (avec qq limites, genre tu ne vas quand même pas oser le faire si tu sais que la personne en face est le spécialiste mondial de la discipline). Mon oncle me mainsplaine mais il mainsplaine aussi mon frère, mon père qui est pourtant plus âgé que lui et qui a vécu des expériences plus diverses, ou n'importe quel invité venu dîner chez lui (même son patron).

    Bref, je ne suis pas sûre que des concepts venus d'ailleurs soient toujours strictement transférables à un contexte français.
    Franchement, rien qu'en regardant la télé, on voit comment les hommes politiques se mainsplainent entre eux ou mainsplainent le journaliste qui les interrogent alors qu'en Angleterre ou aux US, ils sont beaucoup plus polis en face à face.
    Alors bien sûr ya des cas que je qualifierai plutôt de paternaliste ou de condescendant où on t'appelle "ma petite" avec un sourire amusé quand on te reprend... Mais ça n'arrive pas à chaque cas de "mainsplaining" tel que le définit cet article.

    Enfin bon, tout ça pour dire que même dans le sexisme, ya des variantes culturelles et on ne peut pas tout reprendre à l'identique chez les anglo-saxons :)

  • Myniloly
    Myniloly, Le samedi 8 juin 2013 à 14h28

    Il y a eu un très joli cas de mansplaining par une fille, chez les célibattantes il y a quelque temps...

  • Mynettemiller
    Mynettemiller, Le samedi 8 juin 2013 à 21h21

    C'est marrant, mais l'argument du Mademoiselle est le dernier que j'aurais utilisé pour appuyer mon propos, et ça n'est en rien du mansplaining : en tant que femme, en tant que féministe, j'estime qu'il y a des combats plus urgents et plus importants à mener. Comme celui d'un vrai choix en matière d'emploi/procréation, parce que là, choisir de ne gagner que 600 euros par mois parce que tu veux prolonger ton congé maternité pour allaiter, par exemple, c'est tout simplement scandaleux en matière de droit des femmes.

  • Tamago
    Tamago, Le dimanche 9 juin 2013 à 19h32

    titien;4168017
    mariecharlotte-2;4167323
    Le Mansplainer, pour moi, c'est celui qui n'essaie pas de se mettre à ta place, mais va te parler comme s'il y était.
    Pour moi, l'expérience est unique, on ne peut pas se mettre à la place de quelqu'un d'autre, au mieux on peut s'imaginer, tenter de se représenter ce que peut vivre une autre personne mais on ne peut pas réellement se mettre à sa place. Le Mansplainer est celui qui n'essaie même pas de se projeter dans la situation de l'autre, mais qui va tout de même tenter d'invalider ce que cette personne ressent. 
    Ok c'est juste être condescendant et égocentrique.  Ce sont juste des gens avec leur petites visions du monde qui refusent d'admettre et voir ce qui dépassent. Ca n'a rien à voir avec le sexisme même si évidemment ça peut s'utiliser de façon sexiste.
    En gros je vois pas la différence entre ton exemple du refus de tes ex-collègues à admettre que tu puisses ne jamais vouloir d'enfants et bidule qui va dire à truc "tu es jeune, tu verras à mon age tu penseras comme moi" pour n'importe quel sujet (politique, religion, sexisme, racisme, boulot, achat d'une voiture, d'un canaris...).
    Je vois pas trop l'intérêt d'inventer un terme qui n'apporte rien de neuf, aucun éclairage nouveau et qui limite un phénomène humain qu'on est tous amené à rencontrer et à pratiquer un jour. Que celui qui n'a jamais dis "
    tu exagères" à quelqu'un me jete la première pierre. :hello:

    Je suis tout à fait d'accord avec ce que Titien dit, et j'ajouterais même que je ne comprends pas pourquoi on invente un mot pour décrire ce phénomène. C'est comme si on voulait marqué une fois de plus l'attitude sexiste des hommes en leur attribuant un comportement (alors que les femmes peuvent se montrer tout autant condescendantes) et en plus en créant un mot pour le nommer, qui contient le terme "man" comme ça on précise que ça ne concerne que les hommes. Et si on utilise le terme "mansplaining" pour qualifier l'attitude d'une femme, ça n'a plus aucun sens.

    Donc en inventant ce mot je trouve qu'on ne fait qu'accorder davantage d'importance au comportement sexiste masculin. Et finalement, est-ce-que ce n'est pas sexiste d'avoir inventer un mot uniquement masculin alors qu'une femme peut avoir le même comportement ?

    Je trouve que le thème de cet article, loin de défendre la cause des femmes, contribue à les faire passer pour des petites biches effrayées par ses grands méchants loups que sont les hommes, et qui s'offusquent au moindre comportement irrespectueux des hommes et se l'attribut immédiatement comme une énième preuve de leur comportement patriarcale.
    On aurait pu appeller ça le "bossplaining" parce que ce comportement se retrouve souvent chez les supérieurs envers leurs employés, et j'ai d'ailleurs déjà vu une supérieure traiter avec condescendance un homme moins haut qu'elle hiérarchiquement.

  • Solstice
    Solstice, Le dimanche 9 juin 2013 à 21h30

    Je n'apporterais peut-être pas grand-chose en disant cela, mais je suis d'accord avec celles qui sont sceptiques quant au mansplaining. A chaque fois que j'ai pu lire des articles là-dessus, cela m'a toujours laissé... pantoise. Il me semble que cela ne fait que renforcer le clivage entre les hommes et les femmes, ce qui, il me semble, est loin du but du féminisme. Qui plus est, si un homme est féministe, et ne conçoit pas le féminisme comme une femme, et désire lui expliquer comme lui le perçoit, est-ce du mansplaining ? En parlant avec des femmes féministes, je me suis également retrouvée confrontée à ce genre de problèmes : "Si tu penses ça comme ça, alors tu n'es pas féministe, laisse moi t'expliquer mon chou" ... N'est-ce pas la même chose ? Sauf que le problème du mansplaining, c'est que cela stigmatise automatiquement les hommes de par ce nom et donc, les exclus carrément du processus.
    Et je suis d'accord avec ce qui a été dit précédemment (je ne sais plus par qui, excusez moi) mais je trouve que ce terme est d'un LAID ! Même la traduction français "mecxpliquer" ou quelque chose dans le genre, me reste tout autant en travers de la gorge. Ce qui est appelé mansplaining n'est pour moi qu'une phrase hautaine, comme on peut en rencontrer partout, en politique, ou je ne sais pas moi, en botanique. Même dans le milieu scolaire, on peut se retrouver face à ce genre de situation.
    Et si quelqu'un fait cela, qu'est-ce qui nous empêche de les remettre sévèrement à leur place ? On va pas aller pleurer dans les bras de la première personne venue en disant "Oh mon dieu cet homme m'a mansplainé !"...
    Cette attitude hautaine ne relève selon moi que d'une idiotie certaine, et cela touche hommes, femmes, enfants. Et pas que les hommes.

    (Mais pardon, peut-être ai-je moi même fait du womansplaining du coup. :innocent:)

  • IseriaQueen27
    IseriaQueen27, Le lundi 10 juin 2013 à 02h38

    Les commentaires que j'ai pu lire ici et là (pas tous, je l'avoue) prouvent que le féminisme a encore de beaux jours devant lui, étant donné que certaines ont bien intégrés le mansplanning.

    L'article en donne pourtant une définition claire et si on devait simplifier sa définition, ça donnerait un truc du genre "les hommes n'ont pas à parler à la place des femmes des droits des femmes ni à leur dire contre quoi et pour quoi lutter, étant donné qu'ils ne sont pas directement concernés par les droits des femmes, ni n'ont à subir les discriminations, tacites ou non, dans leur quotidien".

    Mais bon, c'est toujours rigolo de voir des nanas s'offusquer lorsque des hétéros déterminent ce qu'est la vraie homophobie, des blancs définir ce qu'est le vrai racisme mais trouvent ça normal et naturel que des hommes déterminent ce qu'est le vrai sexisme et ce contre quoi les femmes doivent lutter pour avoir plus de droits.

    Rigolo mais malheureusement révélateur... Le sexisme, et en particulier celui envers les femmes, semble être le seul domaine où les privilégiés peuvent parler à la place des discriminés sans que personne ne sourcille, même pas les discriminés ! (pour dire !)

  • MorganeGirly
    MorganeGirly, Le lundi 10 juin 2013 à 12h29

    iseriaqueen27;4174259
    Les commentaires que j'ai pu lire ici et là (pas tous, je l'avoue) prouvent que le féminisme a encore de beaux jours devant lui, étant donné que certaines ont bien intégrés le mansplanning.

    L'article en donne pourtant une définition claire et si on devait simplifier sa définition, ça donnerait un truc du genre "les hommes n'ont pas à parler à la place des femmes des droits des femmes ni à leur dire contre quoi et pour quoi lutter, étant donné qu'ils ne sont pas directement concernés par les droits des femmes, ni n'ont à subir les discriminations, tacites ou non, dans leur quotidien".

    Mais bon, c'est toujours rigolo de voir des nanas s'offusquer lorsque des hétéros déterminent ce qu'est la vraie homophobie, des blancs définir ce qu'est le vrai racisme mais trouvent ça normal et naturel que des hommes déterminent ce qu'est le vrai sexisme et ce contre quoi les femmes doivent lutter pour avoir plus de droits.

    Rigolo mais malheureusement révélateur... Le sexisme, et en particulier celui envers les femmes, semble être le seul domaine où les privilégiés peuvent parler à la place des discriminés sans que personne ne sourcille, même pas les discriminés ! (pour dire !)
    Non mais si la définition se limitait à ça (lorsque des hommes nient les expériences sexistes des femmes et leur font la morale sur le bon féminisme), ok. Sauf que de ce que je comprends de l'article, le mansplaining, c'est quand quelqu'un (de préférence un homme mais aussi ça peut être n'importe qui) te contredit en se comportant comme s'il savait mieux que toi, et ce sur n'importe quel sujet, et même si en vrai tu sais mieux que lui.
    Je ne vois plus le rapport avec le sexisme là. Parce que ça, tout le monde le fait envers tout le monde...
    Du coup, je ne vois pas pourquoi on inventerait un terme pour ça.

    Et je suis d'accord avec @shield qu'on ne peut pas non plus reprocher aux gens de discuter de choses qui ne les concernent pas directement, tant qu'ils ont des arguments sur lesquels s'appuyer et qu'ils t'écoutent en retour...

  • Newme2014
    Newme2014, Le mardi 11 juin 2013 à 13h44

    Bon j'ai de suite compris le concept du "mansplaining", que je ne connaissais pas. Après je trouve que l'on trouve tout et n'importe quoi dans les exemples et que c'est un peu réducteur de donner un terme pour quelque chose d'aussi général et de finalement si peu genré.
    Une madz parlait de la victimisation générale de nous autres femelles dans vos article et je rejoins ce point même si grace a vous j'ai pu me documenter sur des sujets très intéressants.

    Les exemples présentés ici sont trop éparpillés (j'ai trouvé la comparaison au "blanc qui explique le racisme au noir" nullissime, simpliste, tronquée, bref pas digne d'une plume d'habitude aiguisée et subtile SPP ;) ). Par exemple le type qui conseille à l'auteure de lire son propre bouquin sans savoir que c'est d'elle... N'as tu toi jamais discutaillé avec un inconnu en soirée à qui tu conseillais éventuellement un film ou un livre que tu avais lu ou entendu parlé suceptible de l'intéresser?
    Bref le coté "je ramène mon avis et je fais de la joutte verbale" n'est pas quelque chose qui me semble genré. La condescendance non plus.

    Je crois que ce terme mansplaining est simplement une drole de traduction Anglaise pour causer de paternalisme.

Tu dois être inscrite pour lire l'intégralité des réactions ou commenter !

Identifie toi ou clique ici pour t'inscrire, c'est gratuit !