Des nouvelles de Lauren Wasser, la mannequin amputée suite au Syndrome du Choc Toxique

Lauren Wasser a perdu ses jambes à cause du Syndrome du Choc Toxique, cette maladie rare mais violente qui peut être contractée par l'utilisation de protections périodiques.

Le 14 janvier 2019

Lauren Wasser, touchée par le très rare Syndrome du Choc Toxique, a dû être amputée des deux jambes (lire ci-dessous). La jeune femme donne de ses nouvelles.

Comment va Lauren Wasser, amputée à cause du Syndrome du Choc Toxique

Lauren Wasser a publié un message plein d’espoir sur Instagram, un an après avoir dû être amputée de sa seconde jambe.

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A tampon almost killed me. I was using the product as I should. I got away with my life with a 1 % chance of survival let alone a life worth living. Actually surviving was the easy part it was waking up to nightmare that was ahead. My right leg was damaged beyond repair and gangrene had set in and was moving fast. Drs gave me no choice but to lose my right leg. My left foot was the issue. Drs told my family and I that I should amputate both legs at the same time below the knee because my left foot had a 50/50 chance of being functional. I would have no toes and my heel was still in question if it was actually going close. nothing on this planet is as precious as your feet. They have just enough fat pads in areas that take a beating for everyone to do anything and everything but without that it’s almost impossible to just walk. You can’t just get a normal skin graph or transplant because that tough skin doesn’t exist. That’s why my only option was Apligraf.(baby foreskin) after being in a wheelchair for 8 months with my foot in a vac and hyperbaric chamber visits for hours on end my heel actually closed. That being said I had it for 6 years with no toes. Because I was so young my body was trying to fix the damage and creating way too much calcium in which my bones in my foot would grow almost like toes. But I was walking on that everyday. Skin and bone. It was like walking on pebbles and rocks. Every step was hard and everything I did I had to mentally fight through because the physical pain was insane. I honestly can say I wouldn’t be alive had I amputated at the same time. It would have been too much for me. Losing one leg was traumatic enough. I learned a lot through trial and error with becoming an amputee. Which systems worked which feet I liked and becoming one with it. It took a long time for me to accept it. The first year I hid myself in hoodies and baggy sweats trying to not exist. I contemplated suicide. I have been through it all. Today marks one year since letting go of my left leg and gaining my life back. I really feel like the 24 year old girl before all this happened. I am now training for the @nycmarathon 2019 #🏆🏆 🏃🏼‍♀️🏃🏼‍♀️🏃🏼‍♀️🏃🏼‍♀

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« Un tampon a failli me tuer. Je l’ai pourtant utilisé comme il fallait. Je suis tombée à 1% de chances de survivre — sans même parler de vivre une vie qui valait le coup.

Survivre, c’était le plus facile, vu le cauchemar qui a suivi. Ma jambe droite était trop abîmée pour être sauvée. La gangrène s’était installée et se répandait rapidement.

Les docteurs ne m’ont pas laissé le choix : j’allais perdre ma jambe droite.

Mon pied gauche, c’était le souci. Les docteurs ont dit à ma famille et moi que je devrais choisir l’amputation des deux jambes sous le genou car mon pied gauche n’avait que 50% de chances d’être fonctionnel.

J’aurais perdu mes orteils, et le verdict était en suspens pour mon talon.

Rien, sur cette planète, n’est aussi précieux que nos pieds. Ils ont juste assez de zones graisseuses pour qu’on puisse faire ce qu’on veut ; sans eux, marcher est quasiment impossible.

On ne peut pas greffer de la peau, parce que cette peau-là n’existe pas. C’est pour ça que ma seule option était l’Apligraf (à base de prépuces de nouveaux-nés).

Après 8 mois en fauteuil, avec mon pied dans un caisson spécial pendant des heures, mon talon s’est refermé.

Cela dit, ça faisait 6 ans que je n’avais plus d’orteils. Comme j’étais jeune, mon corps essayait de réparer les dégâts en produisant bien trop de calcium, donc les os de mon pied grandissaient presque comme des orteils.

Sauf que je marchais dessus. Chaque jour. De la peau et de os. Comme marcher sur des galets, des pierres. Chaque pas était difficile, je mobilisais toute ma force mentale pour résister à la douleur physique.

Honnêtement, si j’avais choisi la double amputation, je ne serais plus là pour en parler. Ça aurait été trop pour moi. Perdre une jambe, c’était déjà bien assez traumatisant.

J’ai beaucoup appris sur ma vie d’amputée en essayant et en me trompant. Quels systèmes m’allaient, quels pieds j’aimais, j’ai fait la paix avec ça.

Ça m’a pris longtemps de l’accepter. La première année, je me cachais dans des hoodies et des pulls XXL, j’essayais de ne pas exister. J’ai envisagé le suicide. J’ai traversé l’Enfer.

Aujourd’hui, ça fait un an que j’ai laissé partir ma jambe gauche, et récupéré ma vie. Je me sens à nouveau comme la fille de 24 ans que j’étais avant tout ça. Je m’entraîne pour le marathon de New York 2019 ! »

Lauren Wasser, amputée à cause du Syndrome du Choc Toxique

Le 22 décembre 2017

En octobre 2012, Lauren Wasser a perdu sa jambe droite suite à un Syndrome du Choc Toxique causé par son utilisation de tampons hygiéniques.

Elle a senti des symptômes similaires à ceux d’une sale grippe, a perdu connaissance et s’est réveillée à l’hôpital, où elle avait été placée en coma artificiel pour ralentir la détérioration de ses organes.

La bactérie prenait possession de son corps à vitesse grand V. Il a fallu amputer sa jambe droite, touchée par la gangrène.

À lire aussi : Un tampon qui vous veut du mal – Le dessin de Cy.

Lauren Wasser s’est battue pour conserver sa jambe gauche, même si elle était déjà très abîmée. Mais à présent, elle va devoir subir une nouvelle amputation.

La jeune femme continue à lutter pour que la prévention contre le Syndrome du Choc Toxique soit diffusée à grande échelle, afin que d’autres ne vivent pas la même tragédie qu’elle.

Pourquoi Lauren Wasser va perdre sa seconde jambe

Lauren Wasser a convaincu les médecins de tout faire pour sauver sa jambe gauche. Mais la gangrène l’avait aussi atteinte : il a fallu amputer les orteils, ainsi que le talon. Le pied est marqué par un ulcère qui ne se referme jamais.

La jeune femme a une prothèse rutilante au niveau de sa jambe droite, amputée sous le genou, mais cette grande sportive ne peut plus courir ou sauter sans souffrir le martyre à cause de son pied blessé.

Testing testing that new golden leg is coming soon! @protectivefilmsolutions ??#iphone7plus #amputee #peterharshprosthetics #ossur

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Lauren Wasser explique dans une longue lettre ouverte publiée sur InStyle :

« J’ai mal en permanence. J’ai une jambe dorée dont je suis très fière, mais mon pied gauche a un ulcère ouvert, pas de talon et pas d’orteils.

Au fil des années, mon corps a produit beaucoup de calcium, ce qui a fait pousser des os au niveau de ce pied. En gros, mon cerveau dit à mes orteils de repousser — au point qu’on doit m’opérer pour retirer de l’os, sinon je ne pourrais pas marcher.

Je ne peux pas non plus mouiller mon pied à cause de l’ulcère.

Mais il est temps pour moi de vivre ! Je veux sentir l’océan. Je ne l’ai pas senti depuis 5 ans.

Dans quelques mois, c’est inévitable, je serai amputée de mon autre jambe. Je ne peux rien y faire. »

Le combat de Lauren Wasser contre le Syndrome du Choc Toxique

Au-delà de sa santé personnelle, Lauren Wasser milite activement pour que la prévention contre le Syndrome du Choc Toxique soit améliorée.

« Chaque fois que j’allume la télé, ça me rend folle.

Dans les pubs pour l’Advil ou le Viagra, une voix monotone vous prévient des effets secondaires les plus minimes, comme des maux de têtes ou des nausées.

Dans les pubs pour tampons, il n’y a que des ados heureuses qui courent sur une plage en bikini. Les dangers sont plus que minimisés. »

Lauren Wasser milite pour soutenir une proposition de loi, le Robin Danielson Act, qui tire son nom d’une femme ayant perdu la vie suite à un Syndrome du Choc Toxique.

« Cette loi obligerait les entreprises vendant des protections hygiéniques à déclarer exactement ce que ces produits contiennent et quels sont leurs effets à long terme sur la santé.

Cette proposition de loi a déjà été rejetée 10 fois.

Sachant que le vagin est l’endroit le plus absorbant du corps d’une femme, et une voie d’accès à de nombreux organes vitaux, il est crucial que les consommatrices sachent exactement ce qui pourrait leur arriver. »

À lire aussi : La cup, les risques, les méthodes d’utilisation… Marion Séclin t’explique tout !

Lauren Wasser, en pleine renaissance

La jeune femme a réappris à vivre, à vivre différemment, en n’étant plus celle qu’elle était auparavant : une athlète, une mannequin, une personne sans trop de soucis.

C’est par sa relation avec sa compagne, Jennifer Rovero, que Lauren a appris à accepter son nouveau corps.

« Ça ne m’a pas causé que des blessures physiques, il y avait aussi les blessures psychologiques.

J’ai lutté contre le stress post-traumatique et j’ai sombré dans une lourde dépression. Je me suis coulée dans mon lit, et ma vie s’est arrêtée.

Ce n’est que quand ma petite amie, la photographe Jennifer Rovero, a commencé à prendre des tonnes de photos de moi pendant que je guérissais des amputations que les choses ont commencé à changer. »

Lauren Wasser a également pansé ces plaies psychologiques en échangeant avec d’autres personnes ayant été touchées par le Syndrome du Choc Toxique.

Il était important pour elle de ne pas se sentir seule avec cette maladie, de parler à des gens comprenant ce qu’elle vivait.

La jeune femme conclut avec ces mots :

« J’écris dans l’espoir que vous comprendrez que nous, les femmes, devons être mieux sensibilisées au SCT.

Il est temps pour nous, les consommatrices, d’exiger des produits sains et une meilleure transparence au sujet de ce qui finit dans nos corps. »

En savoir plus sur le Syndrome du Choc Toxique

Notons bien que le Syndrome du choc toxique reste extrêmement rare. Il y a environ 20 cas recensés en France par an. S’il faut se sensibiliser, il est donc aussi important de ne pas semer la panique.

Pour revenir sur le SCT en lui-même, il est avant tout question de bonnes pratiques.

En effet, le SCT est du à une toxine, produite par une certaine souche de staphylocoque, qui se serait donc retrouvée dans le vagin assez longtemps pour être émise en quantité suffisante pour contaminer la personne. Cette contamination donne lieu au départ à des symptômes semblables à ceux de la grippe, avant de s’aggraver.

Pour résumer : il faut, pour contracter le SCT, être porteuse d’une certaine souche de staphylocoque sur sa peau, faire fit de la notion d’hygiène qui veut que l’on se lave les mains en changeant son tampon ou sa cup et ainsi l’introduire dans son vagin, et ne pas changer son tampon ou vider sa cup pendant plus de six heures.

C’est un certain nombre de critères à remplir avant que cela ne devienne grave. Là où la sensibilisation est importante, c’est donc sur l’hygiène, sur la durée de port des tampons et cup, et sur l’apparition des premiers symptômes au cas où : par exemple en cas de fièvre au moment où tu as tes règles, et si tu n’as pas respecté les conditions précédentes, c’est direction les urgences.

Mais hors de ces circonstances, contracter le SCT reste effectivement très rare : tu as moins de chance de le contracter que d’avoir un grave accident de la route.

Pour finir de t’informer sur le sujet, je t’invite à regarder ce podcast en partenariat avec Claripharm, où l’on revient en détail sur le SCT :

Tu peux aussi retrouver :

(Mise à jour) Lauren Wasser a été amputée de sa seconde jambe

Le 16 janvier 2018

Lauren Wasser a fini par être amputée de sa seconde jambe.

Elle a posté sur Instagram une photo du moment où une athlète est venue lui rendre visite. Et pas n’importe quelle athlète : Amy Purdy, elle aussi amputée des deux jambes, est championne paralympique de snowboard !

« Merci infiniment d’être venue, ça me touche vraiment. Merci de me montrer que la vie va s’améliorer et qu’il me reste tant à vivre. #JeGère #Amputée #VivreSansLimites »

À lire aussi : Camille parle de sa vie avec un handicap dans Cher Corps

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Mymy

Mymy est la rédac chef adjointe de madmoiZelle et c'est elle qui gère la rubrique masculinité (dont fait partie son podcast, The Boys Club). Elle est aussi dans la Brigade du Kif du super podcast Laisse-Moi Kiffer. Elle aime : avoir des opinions, les gens respectueux, et les spätzle.

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Commentaires
  • LauBaz
    LauBaz, Le 14 janvier 2019 à 11h19

    melomania
    Pourquoi lui coupent-il l'autre jambe, et pas seulement l'autre pied (puisque son ulcère n'a atteint que le pied) ?
    Sachant qu'ils lui ont coupé la première jusqu'au niveau du genou, c'est bien ça ? :erf:
    En gros il y a des "niveaux d'amputation standards" (je sais pas comment dire autrement c'est pas du tout médical ce que j'ai dit ^^) prenant en compte l'articulation préservée et une partie de l'os long pour les zones concernées... en gros pour la jambe c'est soit juste au dessus du genou, soit dans l'articulation du genou, soit 15 cm en dessous, soit dans l'articulation de la cheville. Dans son cas il y avait donc le choix entre la cheville, qui était probablement beaucoup trop proche de l'ulcere (Il faut pouvoir conserver un beau morceau de peau saine pour former le moignon) et 15 cm sous le genou, (sachant que l'objectif est de garder un maximum d'articulation, et pas un maximum d'os long), ils ont opté pour sous le genou ! J'espère que ça répond à ta question le plus clairement possible, je ne sais pas si c'est bien expliqué ^^

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