Ma vie à 2 balles, le webdoc de la débrouille

Les webdocumentaires, ce sont ces reportages avec du son, du texte, de la vidéo, et de l'interactivité dedans. Et Liloo Dalas vous en a dégoté un qui vaut le détour, sur la fameuse « Génération Y » !

Ma vie à 2 balles, le webdoc de la débrouille

Depuis quelques années, une nouvelle expression revient encore et encore dans les médias : génération Y. Ce sont les jeunes de 20 à 30 ans, grosso modo. On dit des tas de choses sur eux. Ils seraient bosseurs, créatifs, trop connectés, ils vivraient chez leurs parents, ils auraient un furet domestique à paillettes…

Les médias ont tendance à en raconter des vertes et des pas mûres sur cette génération tantôt sacralisée, tantôt diabolisée. Soucieux de remettre les choses en contexte, France TV avait lancé Génération quoi ? : cette série de reportages se concentrait sur les témoignages des jeunes de 18 à 25 ans, sur leur parcours, leurs ambitions et leurs angoisses.

Ma vie à 2 balles reprend à peu près la même thématique. Le documentaire se concentre sur six jeunes, tou-te-s en situation de précarité. Chacun-e est présenté-e à travers une vidéo de 6 à 7 minutes, un portrait écrit et une petite bande dessinée. Cette dernière est réalisée par Yatuu, l’auteure de Moi, 20 ans, diplômée, motivée, exploitée et Génération mal logée. C’est donc clairement quelqu’un qui maîtrise le sujet. Quant aux vidéos, elles sont fluides et agréables à regarder : c’est un vrai reportage, plus qu’une présentation rapide.

Ma vie à 2 balles se concentre moins sur le parcours des sujets que sur leurs solutions pour s’en sortir. Petits boulots, échanges sur Internet, logements alternatifs… Tou-te-s ont leurs méthodes, qui diffèrent beaucoup les unes des autres. Un forum appelé « comptoir de la débrouille » est aussi présent sur le site, pour inciter les lecteurs à proposer leurs propres solutions pour économiser.

Plus qu’informative, Ma vie à 2 balles a aussi une vocation pratique. Le site permet tout d’abord de prendre conscience de la situation de précarité à laquelle sont exposé-e-s les jeunes aujourd’hui, et ce parfois malgré leurs parcours « valorisants ». Mais c’est aussi une mine d’informations pour réduire ses dépenses !

En plus des conseils des internautes, le site met à disponibilité des conseils d’experts, chacun dans un domaine différent : le coût de la nourriture, des vêtements, du logement…

La différence avec Génération quoi ?, c’est que ce documentaire se trouve sur Internet. Il offre donc de nouveaux champs de possibilités : l’apport d’images fixes, de textes, et surtout la possibilité pour les spectateurs de réagir et d’apporter des choses nouvelles.

La pratique du webdocumentaire fait de plus en plus d’émules. En novembre, Les filles de Gerland, documentaire sur le quotidien des prostituées à Lyon, avait beaucoup fait parler de lui sur le Web. De nombreux médias en ligne s’y mettent : L’Équipe Explore, supplément Web du magazine, produit régulièrement des grands formats passionnants sur des acteurs du monde sportif. Encore plus ambitieux : Le Quatre Heures, créé par d’anciens étudiants du Centre de formation des journalistes de Paris, propose des grands reportages sur des sujets surprenants. Le site est sublime et fait la part belle aux photos.

Le webdoc est un moyen de mélanger son, vidéos et textes, et de faire interagir lecteurs et journalistes pour enrichir le sujet. Ce n’est pas le seul intérêt ; il offre la possibilité de se concentrer sur un sujet et de l’approfondir beaucoup plus que dans un article classique. Plus qu’un reportage, c’est une découverte humaine et enrichissante du monde. Et tant mieux si ça tend à se démocratiser !

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 9 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Akeera
    Akeera, Le 16 janvier 2014 à 12h39

    lulilule;4556316
    A demi hors sujet, en ce moment, j'habite en Angleterre (pays développé). Et au contraire, il y a plein de filles qui font des bébés très jeunes, parce que si elles sont sans ressources l'état leur offre un appartement... Et elles le font pas pour le bébé, mais pour l'appart'

    Je pense que ce qui dérange Akeera, c'est un peu cette idée que cette fille profite d'un système qui a la base n'est pas fait pour être choisi, mais pour aider ceux qui -justement- n'ont pas eu le choix et se sont retrouvés dans une situation précaire et sans issue. L'assistance de l'état ne devrait pas pouvoir se choisir, c'est un peu détourner le système que de décider spontanément qu'on va s'appuyer sur les aides sociales (donc du travail de ses concitoyens -dont certains comme tu l'as mentionné n'ont du coup pas de temps à consacrer à leurs enfants) pour vivre... et un peu égoïste.
    Voilà, merci, tu as su reformuler moins durement mon opinion! Je n'ai aucun problème avec notre système d'assistance s'il peut aider les gens dans le besoin, ça pourrait m'arriver un jour, mais quand on se crée volontairement ses problèmes j'ai du mal à avoir de la compassion...
    Et en effet, le père essaie de s'en sortir, c'est tout à fait louable, et justement j'ai un peu de peine pour lui de se retrouver avec une telle pression si jeune.

    Je sais que mon système études-boulot-enfants est très cliché et un peu idéaliste mais c'est ce que je pratique personnellement...mais je n'ai pas encore enclenchée la case enfants, et comme vous l'avez peut-être compris avec les mots que j'utilise, "charge", responsabilité", etc...ce n'est pas trop dans mes objectifs ^^
    C'est juste que c'est ce qui me semble le plus responsable, mais c'est sûr que si le monde était rempli de gens responsables, on en serait pas là! :-D

Lire l'intégralité des 9 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)