Pourquoi les youtubeurs écrivent-ils des livres ?

Le marché du livre est rythmé depuis quelques mois par de très nombreuses parutions de vidéastes tentant l'exercice de l'écriture d'un bouquin. Business ou littérature ? Lucie a tenté de comprendre ce phénomène et vous fait part de ses conclusions !

Pourquoi les youtubeurs écrivent-ils des livres ?

À la question « de qui es-tu fan ? », si les pré-adolescent•es d’hier répondaient Green Day ou les acteurs d’Un dos tres, celles et ceux d’aujourd’hui citent très spontanément Norman, EnjoyPhoenix ou encore Natoo.

Face à cette effervescence et au succès des conventions comme Video City ou Frames, YouTube devient un nouveau business. Les marques multiplient les partenariats sponsorisés avec les vidéastes pour placer leurs produits dans des vidéos qui peuvent toucher plusieurs centaines de milliers de client•es potentiel•les.

On assiste également à un phénomène de marché du produit dérivé : Cyprien, Natoo ou encore EnjoyPhoenix créent leur propre collection, de vêtements ou de bijoux. Squeezie ou DirtyBiology proposent une boutique en ligne, pour que leurs abonné•es puissent assumer fièrement leur affection pour les vidéastes avec un t-shirt ou une coque de téléphone.

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Mais un autre marché semble se dégager et prendre de plus en plus d’ampleur depuis quelques années : celui du livre. On peut déjà trouver dans les librairies des ouvrages réalisés par Axolot, EnjoyPhoenix, E-penser, sur l’univers du Visiteur du futur, Le joueur du Grenier, Caroline et Safia, Cyprien, Solange te parle, Je ne suis pas jolie, etc.

Et les projets continuent d’affluer cette année :

  • E-penser vient de sortir le tome 2 de Prenez le temps d’e-penser chez Marabout
  • Nota Bene a fait paraître Les pires batailles de l’Histoire chez Robert Laffont
  • Florence Porcel a également suscité l’intérêt de Marabout avec L’espace sans gravité : Histoires insolites de l’exploration spatiale (et prépare une bande dessinée pour Delcourt)
  • Kevin Tran du Rire jaune a écrit un manga, Ki & Hi, pour Michel Lafon,
  • Un nouveau tome d’Axolot a été publié chez Delcourt
  • Un autre livre de Marie Lopez alias EnjoyPhœnix, Carnets de route, est disponible depuis le mois de novembre aux éditions Anne Carrière.

Cette liste n’est bien entendu pas exhaustive !

Les vidéastes, qui sévissent sur Internet de façon non matérielle, opèrent un retour vers un média finalement beaucoup plus traditionnel : le livre — le papier ! N’est-ce pas contradictoire ? Quelles sont les motivations pour les éditeurs et les vidéastes à publier ces livres ?

Un coup de pouce au marché de l’édition…

Le bouquin de vidéaste est devenu un nouveau business pour les maisons d’édition qui y voient un moyen… de vendre des livres. Éditer une personne suivie par plusieurs millions de personnes sur YouTube ou les réseaux sociaux, c’est pouvoir espérer qu’au moins une partie de cette communauté se procure l’ouvrage.

C’est un lectorat conquis d’avance qui promet des ventes.

C’est un lectorat conquis d’avance qui assure donc quelques sous dans la poche. Ce n’est pas anodin que le nouveau tome d’Axolot ou le nouveau livre d’EnjoyPhoenix paraissent en fin d’année, juste avant les fêtes, et soient une précieuse idée de cadeau !

Léo Grasset, alias DirtyBiology, qui a sorti un premier livre aux Éditions du Seuil et qui prépare une bande dessinée chez Delcourt, est très lucide par rapport à ça :

« Contrairement à des auteurs inconnus, on se présente devant les éditeurs avec une clientèle. »

Ce n’est pas une vision très romantique de la littérature et de la culture, mais à l’heure où l’économie du livre est extrêmement fragile, ce n’est pas un gros mot que de dire qu’on souhaite en vendre ! Et le coup de pouce est spectaculaire.

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Les files d’attente pour les séances de dédicaces dans les librairies ou les grandes surfaces spécialisées type Fnac sont incroyables et, lorsqu’on entend EnjoyPhoenix raconter dans un vlog qu’elle a signé un petit millier de livres pendant une seule séance, il y a de quoi tomber à la renverse.

… et un revenu complémentaire !

Les revenus générés par la vente des livres sont donc gagnés par la maison d’édition, mais aussi par le ou la vidéaste. Les droits d’auteur ne sont pas une rentrée d’argent extraordinaire, c’est un revenu précaire mais garanti pendant quelques temps, jusqu’à ce que le livre soit retiré de la vente.

C’est donc une rentrée d’argent complémentaire pour le ou la vidéaste, en plus de la monétisation de sa chaîne et d’un éventuel financement régulier par la communauté via des plateformes comme Tipeee.

Lorsqu’on sait que l’économie sur YouTube n’est pas forcément très rémunératrice et ne permet pas d’en vivre avant un certain nombre d’abonné•es, écrire un livre permet pour une fois non seulement de ne pas passer par des contenus sponsorisés, mais aussi et surtout d’offrir autre chose à sa communauté.

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Du matériel après le dématérialisé

Si pour avoir un bout de son ou sa vidéaste préféré•e il nous fallait allumer notre ordinateur, il est désormais possible d’avoir un objet, concret, témoin matériel de son admiration.

EnjoyPhoenix utilise sa notoriété pour sensibiliser à un problème complexe qui touche les jeunes.

Il est intéressant et amusant de constater cette sorte de fétichisme qui concerne finalement toutes les célébrités : le livre est un élément incontournable dans la carrière de quelqu’un qui possède une certaine notoriété. Dans notre imaginaire collectif, cela n’est jamais étonnant qu’une célébrité sorte un livre, que ça soit pour y raconter sa vie ou pour tenter quelque chose d’autre.

En effet, dans ce même imaginaire, les livres auxquels on pense spontanément sont de l’ordre de l’autobiographique. Ce n’est pas un hasard si cela a été le projet soufflé aux oreilles d’EnjoyPhoenix. La démarche est d’ailleurs en cohérence avec l’activité de la jeune femme, dans la mesure où elle vlogue énormément sur son quotidien : elle s’est vue proposer de le raconter autrement.

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Il faut noter que dans son livre #EnjoyMarie, EnjoyPhoenix évoque le harcèlement scolaire qu’elle a subi pendant son adolescence. Quoi que l’on en pense, si les qualités littéraires du texte n’est pas la première chose qui saute aux yeux, elle utilise sa notoriété pour sensibiliser un grand nombre de personnes à un problème très profond qui frappe les jeunes, et ce en les invitant à se plonger dans un livre

Personnellement j’applaudis de mes dix doigts la démarche !

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Les biographies de youtubeurs à la manière d’EnjoyPhoenix, ou même les guides comme celui de Jeremstar, le livre d’E-penser ou les mangas du Visiteur du futur, s’inscrivent dans une logique de produit dérivé (plus ou moins qualitatifs).

Mais sur ce marché, les vidéastes sont aussi sollicité•e•s pour écrire des livres qui témoignent d’une vraie création et d’une vraie recherche autour de l’objet livre lui même, en lien, bien entendu, avec leur univers de prédilection.

Créer pour un nouveau support

Les livres de vidéastes apportent une nouvelle dimension à leur travail. N’oublions pas que ce sont des créatifs qui, pour la plupart, savent écrire un scénario et savent raconter des histoires à travers leurs vidéos ! Le livre permet d’aller plus loin dans la narration, les explications et le côté pédagogique, comme le précise Léo Grasset :

« Dans le livre, tu peux rentrer dans le détail. Si tu veux passer trois pages à raconter une anecdote, tu peux le faire. Et grâce au rythme de la lecture, les gens retiennent davantage les exemples, le nom des gens mentionnés, alors qu’avec la vidéo ils retiennent l’idée générale. C’est une autre façon d’enseigner ! »

Notons d’ailleurs que pour son premier livre, Le coup de la girafe publié au Éditions Seuil, Léo fait le récit de son voyage entrepris au Zimbabwe. À l’époque, l’ouvrage était un projet personnel, auto-édité pour le cercle privé.

La vulgarisation a explosé sur les marchés éditoriaux.

Il a présenté le livre fini à des éditeurs au moment où sa chaîne n’était pas encore très connue, et il n’a jamais été question que cela soit un argument de promotion : la sensibilité au livre peut être personnelle et non nécessairement suscitée par la requête d’un éditeur !

Ce sont aussi des personnes qui peuvent être habituées à rendre intelligibles, par l’image ou le texte, des faits scientifiques : c’est le cas de toutes les chaînes de vulgarisation.

Il est d’ailleurs amusant de constater comment la vulgarisation, quelle qu’elle soit, a explosé sur les marchés éditoriaux, avec notamment l’émergence presque simultanée de collections de bandes dessinées consacrées à la transmission des savoirs (La petite bédéthèque des savoirs au Lombard, ou la collection Sociorama de Casterman).

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D’ailleurs, la bande dessinée est un terrain favorisé par les vidéastes et ce n’est pas illogique : dans la mesure où ils fournissent un vrai travail sur l’image pour leur vidéo, ils sont forcément sensibles à la narration visuelle que permet la bande dessinée. Léo Grasset ajoute que c’est aussi un support qui permet une grande liberté de représentation :

« La bande dessinée est une forme de narration particulière. Tu peux illustrer des trucs comme tu peux le faire nulle part ailleurs. Si tu veux représenter le sperme qui attaque l’ovule comme une guerre entre mille chevaliers, c’est possible ! »

Patrick Baud, alias Axolot, ajoute dans cette même idée :

« Lorsque l’outil BD est bien utilisé, il peut à mon avis sublimer un récit purement textuel, exprimer en une case ce que mille mots seront impuissants à retranscrire, selon la formule consacrée… »

Mais au delà d’un support supplémentaire de vulgarisation scientifique, la bande dessinée, et plus généralement les livres, sont aussi prisés pour raconter des histoires originales.

Cyprien avait signé le scénario de la bande dessinée Roger et ses humains chez Dupuis. Le projet était purement dissocié de ses réalisations en tant que vidéaste, et ajoutait à Cyprien une casquette de scénariste, capable de concevoir un histoire du début à la fin.

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C’est l’un des intérêts des vidéastes à faire des livres autres que des biographies : cela leur permet d’élargir leur champ d’action dans leur dynamique de création personnelle.

Écrire des livres permet aux vidéastes d’élargir leur champ d’action dans leur dynamique de création personnelle.

Ils produisent de nouveaux contenus, autres que des vidéos et sur d’autres sujets, mais en gardant un lien avec leurs domaines de prédilection — car cela n’aurait pas de sens autrement, et manquerait de cohérence vis-à-vis de leurs abonné•es.

Pour reprendre le cas de Cyprien, sa bande dessinée faisait évoluer des personnages dans le milieu du jeu vidéo… un univers bien connu par l’auteur et dont il parle régulièrement dans ses propres vidéos !

C’est aussi l’exemple d’Icônne, de Natoo. Il est évident dans son cas qu’une véritable réflexion a été menée pour trouver un livre objet original, à la fois en accord avec la sensibilité de la vidéaste et son côté atypique. Il en résulte une parodie de magazine très bien pensée, où son humour décalé prédomine, tout comme son ambition d’aller à l’encontre des préjugés sur les femmes, leur apparence.

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On peut également citer Kémar, dont Le livre dont vous êtes le zéro chez Michel Lafon, ouvrage interactif où le lecteur choisit le destin de son personnage, allie le fun, avec un humour absurde poussé à son paroxysme, et une véritable prouesse dans la création littéraire — ce format de livre nécessite de penser à toutes les passerelles possibles entre les histoires selon les choix opérés par le lecteur, c’est titanesque et remarquable !

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Le souci du « beau livre » pour trouver un autre public

Écrire des livres est donc une manière de se diversifier, de profiter de sa notoriété pour pouvoir proposer quelque chose d’autre et rendre compte de son talent par un média unanimement reconnu comme prestigieux (demandez à vos parents, mais les vidéos YouTube, ça l’est déjà moins).

Mais ce qui est frappant, c’est aussi le soin apporté par ces vidéastes au livre. Peu importe le genre, ce sont toujours des objets soignés, luxueux. Prenons l’exemple des bouquins de vidéastes beauté : elles multiplient les très belles photos dans des ouvrages où le choix de la fabrication et du papier sont importants. L’esthétisme beauté est ainsi en cohérence avec la fabrication.

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Faire un beau livre, c’est aussi pouvoir espérer toucher un public de non connaisseurs. Tout le monde n’a pas dans ses pratiques culturelles quotidiennes le fait de regarder des vidéos sur Internet. Avoir un bel objet, indépendant de la chaîne YouTube, permet de partager son travail à celles et ceux qui ne le connaissent pas encore.

Partager son travail et le faire découvrir à un nouveau public.

Sa notoriété se trouve élargie, ce qui peut aboutir à quelques abonné•es en plus sur sa chaîne, mais cela est surtout une vraie victoire pour sa carrière que de parvenir à gagner en légitimité sur d’autres terrains que sur la toile.

Dans le cadre de projets plus engagés, se faire connaître à travers d’autres supports peut se révéler particulièrement pertinent. Le petit livret On vaut mieux que ça, paru au moment où le mouvement Nuit debout était encore actif, traduisait une volonté de faire changer les choses.

Peu importe les polémiques qui ont entouré la parution de ce livre, ce n’est pas l’enjeu de cet article. Simplement, quand on analyse avec un peu de recul le projet, on constate que la démarche était aussi de toucher un autre public avec une ambition politique qui dépassait le cadre d’Internet.

Quand on veut changer le monde, il faut s’adresser à tous, et pas seulement aux internautes, et le livre est aussi un moyen d’élargir son public.

Cas pratique : Axolot

Parmi les parutions littéraires fondées sur le travail d’un vidéaste, la plus réussie reste à mon sens la bande dessinée Axolot.

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Si certains éditeurs ont certes l’envie de faire des livres surtout pour les vendre et gonfler un peu leur trésorerie, d’autres y voient surtout la possibilité de travailler avec des gens créatifs, porteurs de projets nouveaux et de qualité.

C’est le cas de Marion Amirganian, éditrice aux éditions Delcourt, à qui l’on doit donc les bandes dessinées d’Axolot, inspirées par le blog et la chaîne YouTube du même nom, lancés par Patrick Baud.

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Lorsqu’elle reçoit des projets, ce qui compte, c’est l’être humain qui est derrière… et le projet en lui-même :

« Je m’intéresse aux gens, aux auteurs. Si je n’ai pas envie de faire le projet, ce n’est pas parce que la personne a 1 million d’abonné•es que je vais changer d’avis. »

Pour Axolot, la rencontre avec Patrick Baud a été le déclencheur du projet :

« C’est Marion Montaigne (Tu mourras moins bête) qui m’a fait découvrir Patrick Baud et son premier livre, L’Homme qui sauva le monde et autres sources d’étonnement. Je lui ai dit que c’était une base d’histoires incroyables, et j’avais envie de lui donner les moyens de réinterpréter ces faits réels, dans un choix de la forme d’adaptation et de registre. Notre angle, c’était la qualité : mettre en image ce qu’on avait envie de voir, on s’est donc dit que ça avait du sens de le faire en bande dessinée. »

Et l’évidence s’est aussi imposée vis-à-vis du travail très perfectionné de Patrick Baud :

« Patrick a une vraie mise en scène, il a une mascotte, l’univers des cabinets de curiosités… Il y a tout un truc dans le montage et la réalisation qui a du sens. »

Et pour respecter cet univers, un vrai travail a été mené pour offrir un objet qui séduise la communauté qui suit Axolot, qui aura le plaisir de reconnaître ce qu’elle a vu dans les vidéos et de découvrir de nouvelles histoires. Patrick Baud ajoute à ce sujet :

« Si on a déjà lu ou vu les histoires qui y sont adaptées, la BD apporte un regard différent, celui des dessinateurs, et ça permet de les apprécier sous un jour nouveau. »

Le livre est d’une grande fidélité vis-à-vis de l’univers créé par Patrick Baud : il ressemble à un grimoire, et suit une esthétique de cabinet de curiosités en multipliant les illustrateur•trices aux styles très différents.

Son livre peut être complètement indépendant de sa chaîne YouTube.

La recette magique dans la réussite du projet Axolot a été de travailler avec des gens eux-mêmes intéressés et enthousiasmés par cette création. Pour le premier tome, de nombreux et nombreuses dessinateurs•trices qui suivaient le travail de Patrick Baud se sont porté•es volontaires pour illustrer des histoires.

Ce rapport affectif et admiratif permet d’offrir un livre dans la lignée de ce qui est fait sur la chaîne. On en revient à l’importance de la dimension humaine !

Fait non négligeable : Patrick Baud étant graphiste, il a pu réaliser lui-même la maquette et s’investir comme directeur artistique sur le projet. Le travail avec l’éditrice était donc fait de concert, sur une base de validation réciproque ! Le projet est donc forcément très fidèle à son créateur, et on peut attendre la même exigence qualitative avec le prochain livre à venir de Patrick Baud chez Dunod, Terre secrète.

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Mais là où l’on voit que le livre est réussi, c’est qu’il est complètement indépendant de la chaîne YouTube. La bande dessinée peut être appréciée par n’importe quel individu n’ayant jamais posé les yeux sur une vidéo, car la force des histoires racontées et le travail éditorial ont fait de ce projet un bon livre.

Si le thème est efficace, il saura convaincre n’importe quel lecteur•trice. C’est le cas d’Axolot, mais aussi du projet à venir de DirtyBiology, dont parle Marion Amirganian :

« Remettre en BD des épisodes de DirtyBiology, ça ne m’intéressait pas du tout. Avec Léo Grasset, on a regardé les thématiques, et très vite il m’a dit qu’il y en avait une qui plait énormément et qui est très fédératrice, c’est le sexe. Il m’a dit qu’on pourrait faire la grande aventure du sexe en bande dessinée et creuser le sujet en documentaire rigolo. »

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Il ne faut pas oublier la valeur sentimentale d’un livre.

On voit dans les livres de youtubeur•ses un moyen de se faire de l’argent facilement. Il y a une part de vérité, il ne faut pas se voiler la face. Mais se limiter à cette vision du marché, c’est occulter le travail éditorial et de création mené par certain•es vidéastes et maisons d’édition.

C’est aussi oublier que le livre a une valeur sentimentale profonde pour la plupart d’entre nous, et ce même pour les personnes qui travaillent sur un média numérique — soulignons ici le fait que la (jeune !) vidéaste Je ne suis pas jolie a carrément créé sa propre maison d’édition !

Finalement, ces différents projets, de l’écran vers le papier, seraient aussi une manière de faire un pied de nez aux individus décrétant la mort du livre en leur montrant que, même celles et ceux dont le travail repose sur Internet, ont la fierté et les trémolos dans la voix d’annoncer à leurs abonné•es la parution prochaine de leur livre — et d’encourager, au passage, les plus jeunes à la lecture.

— Merci à Patrick Baud, Léo Grasset et Marion Amirganian pour leur temps !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Biscottine
    Biscottine, Le 21 novembre 2016 à 13h27

    Je trouve la démarche de certain-e-s youtubeurs/euses assez égocentrique, leur chaîne parle d'eux, leur bouquin parle d'eux, tout ce qu'ils sortent ça parle d'eux :dunno:, je n'ai rien contre la beauté, mais quand Enjoy Phoenix a sorti sa biographie, j'étais "mais wtf, qu'à-t-elle d'intéressant à raconter ?" :ninja:, et pareil pour Solange (Solange, Ina, où est la frontière ?), son bouquin parle d'elle, son film parle d'elle :shifty:.

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