L’Instant Putassier #20 – Se faire peur

Nom d’un clonage de lapin myxomatosé, s’il y a bien un concept que je comprends sans pouvoir l’assimiler, c’est bien celui de se faire peur. Appelez-moi poule mouillée, mais se foutre les chocottes, ou pire, provoquer la chair de poule à quelqu’un, est une chose anti-ludique qui me dépasse totalement. Pour illustrer ce propos, nous […]

L’Instant Putassier #20 – Se faire peur

Nom d’un clonage de lapin myxomatosé, s’il y a bien un concept que je comprends sans pouvoir l’assimiler, c’est bien celui de se faire peur. Appelez-moi poule mouillée, mais se foutre les chocottes, ou pire, provoquer la chair de poule à quelqu’un, est une chose anti-ludique qui me dépasse totalement. Pour illustrer ce propos, nous allons donc voir aujourd’hui un panel d’éléments créés par l’homme au fil des années pour nourrir cet état affectif :

Le train fantôme : Les divertissements des parcs d’attraction ont principalement pour but de s’envoyer des décharges d’adrénaline dans le sang. Qu’on se cache dans le noir pour mieux surprendre et faire hurler de pauvres enfants innocents devrait être un délit pénal. Combien d’entre eux ont fait des cauchemars ou ont développé des symptômes de tachycardie suite à ce genre de distraction ? Qu’on doive payer pour voir un sosie de Freddy dans Les Griffes de la Nuit, c’est comme devoir donner de l’argent pour se faire faire une prise de sang : complètement paradoxal.

Les films d’horreur : Même la poupée Chucky n’arrive pas à me faire rire. Perdre deux heures de sa vie pour voir des mecs bouffer des boyaux ou des adolescents hurler dans une forêt en essayant d’échapper au bruit d’une tronçonneuse, non merci. Enfant, j’ai vu L’Exorciste, où le démon s’infiltrait dans la chambre de la jeune fille par sa fenêtre. Après ça, je n’ai plus aéré ma chambre pendant des mois, et ça sentait le vieux prout rance de fennec atteint de turista. Car le pire ce ne sont pas les films de zombies ou de loup-garou (quelque chose me dit que ces deux phénomènes sont des légendes urbaines) mais bien les évènements intangibles type esprits, fantômes et autres paranormalités.

Le oui-ja : Grand classique au collège et au lycée : invoquer l’au-delà avec un verre et des lettres découpées. Quand cela se limite à « vais-je sortir avec Roger ? », passe encore, mais dès qu’on commence à demander à l’esprit invité de décliner son nom et qu’il commence à se rapprocher plusieurs fois du 6, là je dis non. Sans compter les fois où quand on veut casser le verre suite à la séance et que le verre rebondit sur le sol comme une balle en mousse alors qu’on l’a balancé du 4ème étage, on devient insomniaque pendant trois semaines. Contentons-nous de regarder Charmed pour plus de paix d’esprit (ah ah ah).

Faites entrer l’accusé : L’émission présentée par Christophe Hondelatte, c’est du lourd. Après ça, vous allez vérifier plusieurs fois que les verrous sont fermés à double tour. On touche au réel puisqu’il s’agit de faits ayant réellement existés : serial-killers, psychopathes en liberté, empoisonneurs fous. Une fois que vous avez regardé le fameux programme, vous ne devenez pas seulement accro – la curiosité morbide étant avérée depuis les pendaisons sur la place publique au Moyen-Âge – vous devenez également parano.

Néanmoins, s’il y a bien quelque chose de positif dans la peur, c’est le fait de la défier. Ce n’est pas pour rien qu’Halloween existe, puisqu’en se déguisant comme les monstres et autres croque-mitaines qui symbolisent nos terreurs, nous transcendons l’épouvante pour mieux la gérer. Visiter une maison dite hantée, lire la collection « Chair de Poule », ce n’est pas seulement fascinant, c’est une façon de connaître l’ennemi. Ce n’est pas pour rien qu’on dit aux phobiques de soigner le mal par le mal, et d’être le plus souvent en contact avec la dite source de phobie pour se maîtriser et apprendre le sang-froid.

Dans le même registre, on peut rire de nos peurs, comme c’est le cas avec le film SOS Fantômes ou plus récemment Shaun Of The Dead. Si on n’a pas le courage d’affronter ce qui nous donne la pétoche, on peut au moins le ridiculiser. C’est un bon moyen de lutter contre l’anxiété quand on rentre seule le soir, qu’on ne retrouve pas ses clefs au fond de son sac, et qu’on a entendu des bruits de pas derrière nous (ou qu’on sait que les parents nous attendent derrière la porte).

Reste que même si je sais que c’est de la fiction, je ne m’amuserais pas à dire trois fois « Candyman » devant un miroir.

La prochaine fois je vous raconterai comment nous avons tous nos petites peurs quotidiennes, comme entendre à la fin d’un repas au restau « on partage ? » alors que vous n’avez pas pris de dessert, ni de café, et d’ailleurs même pas de vin.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Pommvert
    Pommvert, Le 31 octobre 2008 à 18h21

    Faut que je tente le oui-ja ... Une copine m'a dit que ça avait marché l'autre jour, et comme je suis timbrée j'ai trop envie d'essayer !!

    Mais Faites entrer l'accusé... Brrrr je ferme tout mes verrous aprés avoir vu ça... Et dés que je tombe dessus je peux pas m'empêcher de regarder ^^ Et c'est vrai, Hondelatte devrait pas jeter sa veste comme ça, on dirait que c'est lui le psychopate ^^

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