Le véganisme au menu de « Libération », une petite révolution ?

Libération fait sa une du 21 septembre sur les substituts à la viande, et s'ouvre sur un reportage consacré aux militants de la cause animale. Le Monde publie la tribune de 28 personnalités véganes... Le véganisme s'inviterait-il enfin à la table du débat public ?

Le véganisme au menu de « Libération », une petite révolution ?

C’est un clin d’oeil à l’exposition Magritte, intitulée La Trahison des images, qui s’affiche à la une du journal Libération, ce mercredi 21 septembre : « ceci est un steak » retourne le célèbre tableau « ceci n’est pas une pipe » de l’artiste belge.

À l’inverse de la pipe qu’on voit mais qui n’en est pas une, Libération nous montre des aliments qui ne sont pas un steak… Tout en étant « un steak », ou plutôt, son équivalent nutritionnel végétal.

À l’intérieur du journal, plusieurs colonnes sont consacrées à l’action de L-214, l’association militant pour l’abolition des abattoirs, contre la souffrance animale. C’est la même association qui, depuis plusieurs mois maintenant, a multiplié la publication de vidéos tournées dans des abattoirs, pour dénoncer les conditions de mise à mort du bétail.

Une mobilisation efficace, puisqu‘une commission d’enquête parlementaire s’est penchée sur le sujet, aboutissant à des conclusions sévères sur les conditions d’abattages. Les recommandations portent sur une surveillance renforcée, mais peut-être que la réflexion qui s’ouvre aujourd’hui dans Libération fera entrer l’abolition dans le débat…

« La France doit évoluer vers le véganisme », dans Le Monde

Le même jour, 28 personnalités signent une tribune publiée dans le journal Le Monde :

« Nous sommes tous portés par une même conviction : notre société doit s’orienter vers un idéal de justice et évoluer vers le véganisme »

28 personnalités ? Moi-même, je ne connais pas 28 personnes véganes autour de moi ! Et encore, à Paris, ça pourrait se trouver… Mais en-dehors de la capitale, il n’est pas toujours facile de mettre la main sur des laits végétaux ou des substituts simili-carnés.

S’il ne s’agissait que d’accès aux produits, le problème pourrait être vite réglé : les distributeurs s’empresseraient de satisfaire l’augmentation de la demande, trop heureux d’investir un nouveau marché.

Mais quid de l’évolution des moeurs ? De tous ces gens, toutes ces familles, tous ces villages, ces villes et ces cantines, tous ces restaurants où l’on n’imagine pas un plat sans viande, une garniture sans sauce carnée ou lactée, ni même une salade, un gratin, un quelconque plat au four sans sa dose de fromage et de produits laitiers ?

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(Enfin) une bonne presse pour le véganisme ?

Nous sommes le mercredi 21 septembre, et deux titres de la presse française, parmi les plus sérieux, ouvrent une tribune au véganisme, non pas pour pointer du doigt les excentriques-extrémistes que seraient ces néo-hippies, mais bien pour promouvoir un mode de vie responsable et respectueux du vivant.

Il se passe un truc, non ? En juillet 2016, Pierre Guérini publiait ce billet sur les blogs de Médiapart, reprenant un rapport de l’ONU… pourtant paru en 2010. Le Guardian en avait d’ailleurs fait un sujet à cette époque, relayant la recommandation des Nations Unies :

« Un basculement global vers un régime végane est vital pour résoudre les problèmes de faim dans le monde, de pauvreté, et de changements climatiques. »

Mais l’écho de ces réflexions n’avait pas traversé la Manche. Les rares sujets consacrés au véganisme dans les médias généralistes restaient caricaturaux, voire mensongers. (On se souvient de La Nouvelle Édition en 2013, brillamment démonté par le premier #Véganement).

À lire aussi : Je ne mange pas (que) des graines, promis : mon véganisme expliqué aux sceptiques

Ce mercredi 21 septembre, Le Monde et Libération invitent le véganisme à la table du débat public, sans caricature ni faux procès. Est-ce le signe que l’on va enfin pouvoir réfléchir au bien-être animal, aux impacts sanitaires, écologiques, sociaux et humains de l’élevage intensif, et tout simplement au sens de nos habitudes de consommation ?

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Est-ce que les brasseries se mettront prochainement à servir des plats véganes autrement qu’en « garniture » ? Est-ce qu’on pourra bientôt trouver du tofu au menu des restaurant, du seitan, des simili-carnés dans les plats préparés ? Est-ce que l’on pourra trouver des sauces crémeuses réalisées au soja, à l’avoine, à l’épeautre, à la crème de coco, de sésame, plutôt qu’au beurre et au lait de vache ?

Est-ce que le véganisme est en train de s’installer dans le paysage culturel et gastronomique français, est-ce qu’il entrera prochainement dans le débat politique, à quelques mois des élections présidentielle et législatives ?

Libération et Le Monde ouvrent la discussion. À nous de la poursuivre… 

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Clemence Bodoc
    Clemence Bodoc, Le 8 octobre 2016 à 11h57

    Hello ! Je viens de voir le nombre de réactions autour de cette phrase : « Mais en-dehors de la capitale, il n’est pas toujours facile de mettre la main sur des laits végétaux ou des substituts simili-carnés. »

    Il n'est effectivement pas dit qu'il est impossible d'en trouver hors de Paris, ni même que c'est difficile. J'ai dit : il n'est PAS TOUJOURS FACILE. À Paris, c'est facile. Il y a vraiment des Naturalia/Bio C Bon partout. Il y a Un Monde Vegan, où tous les produits sont véganes.

    Encore une fois, je n'ai jamais dit qu'il n'y avait rien en Province, seulement que c'est parfois plus difficile d'en trouver = « pas toujours facile » d'en trouver.

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