L’enfer des cabines d’essayage

Pondu par GinFizz le 9 janvier 2007  

Je ne t’apprends rien en te révélant que mercredi, c’est le coup d’envoi des soldes d’hiver. A nous les achats compulsifs, la jungle impitoyable des fashionistas, et le compte en banque dans le rouge.

Au milieu de ce parcours d’embûches qu’est la quête du vêtement adoré, il y a une terrible étape à franchir, capable de décourager les plus motivées : l’épreuve de la cabine d’essayage.

Après avoir rassemblé les « cinq articles maximum en cabine », après avoir fait généralement la queue pendant des plombes, après avoir failli laisser tomber huit fois en se demandant si on a réellement besoin de ce douzième jean (et conclu que oui), on pénètre dans un univers parallèle un peu hors du temps, où tout un petit monde se côtoie de près sans se connaître, se juge du coin de l’œil, partage des bribes de conversations passionnantes (« tu trouves pas que ça me fait un gros cul ? ») et des odeurs révolutionnaires de chaussettes humides et de transpiration rance (attention, minute glamour).

Chacune s’approprie alors « sa » cabine, espace ô combien réduit qui va devenir son petit chez-soi le temps de l’essayage. Vite, vite, se déshabiller pronto pour pouvoir enfiler les petites merveilles dénichées. Hop, le manteau ! Zou, l’écharpe ! Ouste, les trois pulls barrière anti-froid ! Ben oui, mais je les colle où, mes fringues à moi ? Parce que là, je m’interroge : pourquoi s’obstine-t-on à ne mettre dans ces foutues cabines que deux pauvres porte-manteaux ? Ou mieux, quatre porte-Manteaux, mais tout pourris, qui permettent à peine d’accrocher un cintre, ou qui font que tout ce qu’on y entasse se casse immanquablement la gueule par terre en moins de deux. Et tant pis pour mon top blanc que je voulais garder nickel. Y’a un souci, quand même, ou je rêve ?

Dans ce cas de figure, deux écoles de pensées :

1- le tout-roulé-en-boule-jeté-dans-un-coin : simple, rapide, certes efficace, mais pas forcément compatible avec tout type de fringues (le top blanc en question, par exemple) ou de boutique (sol d’aspect plus que douteux, jonché de vieux cheveux et de poussière)
2- le plié-rangé-tout-remis-sur-cintre : plus classe, évidemment, mais prend un temps fou. Le genre de truc qui vous fait ressortir de la cabine quatre heures après tout le monde, avec limite l’air de dire « je vous emmerde » aux autres clientes hystériques dans la file d’attente.

Chacune son truc, bien entendu…

Je passe rapidos sur les éclairages blafards qui nous donnent toute la bonne mine d’un navet mal cuit, les cabines tellement exigües qu’on en ressort pleine de bleus à force de s’être cognée partout, ou les put… de système de cintre pour soutien-gorge, qui personnellement me rendent maboule (t’as déjà pigé comment ça marchait, ce truc-là, toi ?).

Parfois, le rideau est à peine suffisant pour pouvoir se déshabiller sans être vue. Question d’économies de tissu, sans doute. Résultat, on passe plus de temps à vérifier qu’on ne se fait pas mater de l’extérieur qu’à s’admirer dans ses fringues. Ce qui est complètement crétin, car les autres nénettes en présence sont inévitablement plus occupées à checker leur popotin à elle dans le miroir qu’à tenter d’apercevoir le nôtre par les deux centimètres de rideau qu’il manque.
Seule exception : le pauvre type qui se fait traîner par sa copine depuis trois heures dans toutes les boutiques, en train de poireauter patiemment devant la cabine de sa belle au cas où elle lui demanderait « le même en 40 », et qui pourrait bien laisser fureter ses petits yeux, histoire de passer le temps agréablement.

Le must, à mon sens, c’est quand le miroir est à l’extérieur de la cabine. Non mais franchement, c’est quoi ce délire ? Le mec qui a osé mettre en place ce concept est tout simplement un gros sadique, doublé d’un pervers. Je ne vois que ça. Parce que bon, admettons que j’ai réussi à boutonner mon jean slim taille 36 dans lequel je voulais absolument rentrer. Faut maintenant voir si je ressemble à Kate Moss ou à Kate Moche. Et pour ça, pas de doute, faut que je me traîne jusque devant le grand miroir, tout là-bas, au fond. Ce qui veut dire que si j’ai le look d’un boudin saucissonné dans ce jean, tout le monde va s’en apercevoir.
Je passe une tête derrière le rideau de ma cabine. Personne à droite ? Personne à gauche ? La voix est libre, je fonce. C’est généralement quand je commence à me jeter un coup d’œil dans la glace qu’une nuée de sauterelles acheteuses débarque en frétillant. Or moi, m’admirer sous toutes les coutures devant d’autres personnes, c’est un truc que je n’ai jamais su faire. Ne reste donc plus qu’à me rapatrier les miches plus vite que ça dans ma petite cabine sans miroir, et à me décider sur un coup de poker si oui ou non, ce jean me va.

Bon là, je veux qu’on m’explique, merde. Pourquoi c’est si compliqué ? Y’aurait pas un gars qui se serait dit « on va leur rendre la tâche la plus difficile possible, juste histoire de voir à quel point elles sont accros aux fringues, et au bout de combien de temps elles craquent » ? Bien possible…

Le pire, c’est que même avec les cabines d’essayages les plus nazes du monde, on aura toujours des files d’attente de huit kilomètres le samedi après-midi devant les cabines de chez Zara et Kookaï. Un peu masos ? Non, juste shopping-addicts

Ce billet est tiré du blog de GinFizz

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Les 10 dernières réactions à cet article

Lire l'intégralité des 21 commentaires

  1. Le 09/01/2007 à 22h09

    Tout est trop vrai dans ton article : de l'éclairage pourri en passant par le miroir qui me fait voir en même temps que 1) j'ai les cheveux gras (alrs que je les avais pas le matin, j'dois être parano), j'ai les sourcils mal-épilés (alors que ça se voyait pas le matin), et que j'ai la peau sèche. C'est pas possible quoi, ils le font exprès. Et à chaque fois, je ressors en voyant toutes les filles magnifiques autour de moi, ahah déprimant... Et les portes-manteaux, alors oui parlons-en tiens. Mais ils ont trouvé où que deux, ça suffisait amplement ? Et je suis l'adepte du roulé-en-boule-dans-un-coin moi aussi
  2. Le 09/01/2007 à 22h12

    Question éclairage, le pire pour moi c'est chez Pimkie. Je ne suis pas spécialement aspirine mais dans ses cabines on dirait que j'ai pas dormi depuis des lustres et que je viens d'avoir une grosse grippe. Génial quoi xD
  3. Le 09/01/2007 à 22h33

    Ton article est vraiment drôle, et tellement vrai aussi...
  4. Le 09/01/2007 à 22h58

    Eärane : oh la la, tu me rassures avec le coup des cheveux gras ! C'est dingue, je fais toujours du shopping avec les cheveux propres pourtant dans les cabines j'ai l'impression qu'ils ne sont jamais nickels, ça me terrifie !
    Et pour Pimkie chuis d'accord pour l'aspirine : la lumière est trop fooooorte !
  5. Le 09/01/2007 à 23h33

    Oui, c'est vrai ça, pis t'as déjà essayé d'essayer un soutif avec l'antivol par dessus? Look Grunge assuré :cool:
    Je me trouve moche quand je vais faire du shopping, alors quand je m'aperçois que je ne rentre pas dans le 40 je déprime encore plus...
  6. Le 10/01/2007 à 01h09

    Le pire question éclairage, essayer "Newlook", c blanc fluo, un truc hard, ta les yeux qui vont sortir, et pis sa te donne une tete, là, ta envie de rentrer de suite chez toi, te cacher sous la couette et réapparaitre quand t'aura récupérer un teint et une bouille potable, c pas gentil quand meme ce qu'ils font...
    sinon, moi c les vendeuse qui te regardent bizarrement dans certains magasins com ange ou sinéquanone ou tu prend la taille la plus grande (42 jcrois) en te répétant que tu va rentrer dedans, parce que chez zara, pimkie, etam and co, tu met cette taille et que la vendeuse te demande "sa n'allais pas? " avec les yeux qui disent pffff pk se fatiguer à essayer... pire à rentrer ici... grrrr ( véridique, jsuis sortie, j'avais envie un de pleurer, deux, de la tuer... parce que d'une sa me faisais plaisir d'essayer un truc, et de deux, j'ai pas besoin qu'on souligne que jsuis un hippopotame).
  7. Le 11/01/2007 à 15h56

    Alors oui je me reconnais dans "la fille qui n'est jamais contente de ce qu'elle est". Masi après, le fait que les autres puissent me regarder, j'en ai tellement rien à faire. Rien que d'être sur ce forum, on se rends compte que tout le monde est comme toi.

    Alors pourquoi rajouter de a prise de tête ...?:cool:
  8. Le 02/09/2009 à 23h17

    Moi, le seules cabines d'essayage qui me paraissent convenables, ce sont celles des chez
    Bon, j'aime pas particulièrement ces magasins, mais quand j'y vais et que je passe en cabine, j'adore la place qu'il y a, le miroir en face de soi avec toutes les lumières autour qui nous fait penser qu'on est dans une loge de star, et le miroir de côté qu'on peut bouger, et grâce auquel on peut se voir de derrière
    Pimkie..
  9. Le 04/09/2009 à 19h53

    Je deteste les cabines d'essayage. Je deteste perdre mon temps à faire la queue. J'essaie vraiment si j'ai un doute. Et souvent l'éclairage est tellement dégueulasse comme le reflet du miroir que ça ne m'encourage rarement à acheter. Je préfère rapporter les vêtments au pire si ils ne me vont pas.

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