Le Transporteur – Yippee-ki-yay, films d’action !

Le Transporteur est à l'honneur dans cette première édition de "Yippee-ki-yay, films d'action", une toute nouvelle série d'articles par Alix Saint Hiver !

Le Transporteur – Yippee-ki-yay, films d’action !

Une fois sortie d’une salle obscure après le délicieux Expendables 2, que j’avais attendu pendant des mois qui m’avaient semblé durer une vie, j’ai été prise d’une violente stathamite, certainement déclenchée par le sex-appeal bon enfant de notre cher Lee Christmas (a.k.a. Jason Statham dans la vraie vie).

Je me suis donc fendue d’une soirée Le Transporteur, épisodes 1, 2 et 3, car ce sont bien ces films qui ont permis à Jason d’entrer dans la cour des grands acteurs d’action movies (sinon il n’aurait pas intégré le casting d’Expendables, et cet article n’existerait probablement pas). L’habitude des séries dévorées par tranches de 10 épisodes m’a laissé penser que cette saga était bien courte, idée qui ne m’aurait pas même effleurée à propos de Rocky, Die Hard ou X-Men. Les temps changent…

Un rapide résumé du concept de ces films pour démarrer (attention, à partir d’ici, tout n’est que spoilers) : Frank Martin est un ancien militaire américain, reconverti en coursier de luxe pour colis spéciaux et/ou illégaux . Il officie entre Nice, Marseille, Miami et l’Ukraine (merci la co-production Europacorp / Canal +). Il est flanqué, comme d’un vague sergent Garcia, d’un François Berléant inspecteur de police, qui le couvre plus ou moins volontairement, et avec qui il entretient une amitié timide mais virile.

Cette touche franchouillarde pseudo-intello est poussée (hélas) à son paroxysme à la fin de l’épisode 3, mais n’en parlons pas, cela est bien trop triste. Pour finir sur les aspects techniques, Luc Besson n’est jamais loin, car il produit, et écrit une partie des scénarios. Les cascades avec la magnifique Audi 8 noire de Martin sont effectuées à 80% par Statham, et ses costumes impeccables ne sont jamais froissés.

Ce qu’on apprend sur Frank Martin

James Bond populaire, Frank Martin ne parle pas à la Reine, et ses clients ne sont ni des chefs d’États, ni des têtes couronnées. Les méchants de ses films sont d’autres professionnels, qui ont choisi le côté obscur de la force, mais qui sont très compétents dans leur domaine. Factotum du milieu, ils restent des travailleurs à la solde des décideurs. Frank vit en France dans une splendide maison en pierres crues au bord d’une calanque, et tel un homme chauve (souris) français, il a équipé son auto et son domicile d’une foultitude de détails ingénieux qui lui sauvent la vie quand son métier devient dangereux pour ses costumes.

Il vit seul, et il a soit beaucoup d’argent, soit beaucoup de goût, et une excellente condition physique (bien qu’il ne transpire ni ne saigne jamais). Son trait de caractère le plus marqué est sa rigueur, exaltée dans son sens de l’auto discipline et du contrôle de soi. Tout cela est assez chiant, vu de l’extérieur, mais c’est justement au moment où on s’interroge sur le vide glacial supposé de sa grande maison et de son petit cœur que l’action commence. Il paraît alors évident qu’au regard de l’hyperactivité de son métier, il n’aspire en dehors de ses heures qu’à une vie vide et reposante, à s’endormir devant Chasse & Pêche tout seul sur son canapé douillet.

Pourquoi Frank Martin est le meilleur

La saga suit une progression caractéristique du genre : le premier épisode présente et installe le héros, le second épisode conforte sa supériorité (c’est bien un héros), et le troisième volet l’oblige à sortir d’un univers qu’il contrôle pour évoluer dans un cadre imposé (quel héros !). En toute logique, le Transporteur du volume 4 serait attiré d’une façon ou d’une autre vers le Mal, et le cinquième nous raconterait comment il est devenu le héros qu’il est aujourd’hui. Mais ne gâchons pas notre plaisir futur, si des épisodes complémentaires devaient voir le jour.

Frank Martin est le meilleur des héros car il est humble. Il a des principes auxquels il tient beaucoup, il est ponctuel, soigneux, organisé. Il ne proscratine pas, il fait ce qui doit être fait, paye ses factures à temps et mange cinq fruits et légumes par jour (j’en suis sûre). Il fait un peu de cuisine (des trucs pas compliqués ; des nouilles au micro-ondes, du poisson au four) et il boit du bon vin français (enfin, c’est ce qu’on imagine, car Orangina était très bien placé en marketing sur le premier volet). Fait remarquable, la production a mis l’accent dans ces films sur la nourriture et la cuisine comme vecteur un peu caricatural de communication à la française. Je ne vois vraiment pas pourquoi, quelle originalité ! Mais revenons à Frank.

Frank Martin et les femmes, entre pudeur et désir

Gentleman, il n’est pas seul par hasard. En dépit de son charme à la fois discret et plus que perturbant, il n’est pas un prédateur. Alors qu’il peut briser les jambes et les bras de cinq malfaisants mal intentionnés en moins de 30 secondes (ce qu’il fait beaucoup dans chaque film), il est la proie des femmes, puisque toutes (filles ou femmes d’hommes d’affaires ou de ministres, tueuse psychopathe) se jettent sur lui à son corps (puissant) défendant. S’il cède, c’est toujours pour faire plaisir, face à la lourde insistance d’une femme en t-shirt mouillé, ou d’une poupée ukrainienne sous acide, pour qu’elle ne jette pas les clés de sa voiture du haut d’une falaise.

Frank Martin est vraiment une victime. Imaginez : la femme du patron débarque chez lui. Elle a bu, elle est magnifique, il est seul, elle est venue chez lui. Elle l’embrasse, il la repousse. « C’est à cause de ce que je suis ? » (cf : la femme du patron ?). Et lui de répondre : « Non, c’est à cause de ce que je suis moi« . Quoi ? Un bloc fascinant de muscles et de nerfs en tension, un Robocop du sexe, un serial killer de la baise ? « Non« , vous dira Frank Martin ; « parce que je ne suis qu’un chauffeur, et je pourrais tomber amoureux de vous, et vous mettre en danger, vous et votre famille que j’adore, à cause de mon odieux vrai métier » !

Quelle classe ce Frank ! À la fin de cet épisode, alors qu’il pense conclure avec la belle, et qu’il vérifie gentiment son nœud de cravate dans un miroir de l’hôpital avec son petit bouquet à la main, son rêve se brise face à la famille, à nouveau unie, qui s’offre à ses yeux… Et il repart dans son Audi A8 noire W12 automatique, sa seule véritable amie. Ah la la Frank, pauvre Frank, j’aime tout chez toi, car tu peux rendre heureuses toutes les femmes !

Il y a 15 ans, j’aurais été Lola, la tueuse néopunk qui déteste les mecs, et qui t’aurait fait bien des choses avec ses gros pistolets ; il y a dix ans j’aurai voulu être Valentina, et réussir à faire fondre le bloc de glace qui te tient lieu de cœur ; aujourd’hui je suis Audrey, élégamment valorisée par le respect troublé du chauffeur de mon fils. Peut-être que demain je rêverai que ma fille rencontre le Frank Martin du tout début, professionnel et protecteur, amusé et séduit par une adolescente animée de grandes idées pour le monde.

Frank Martin, un jour je viendrai vivre dans ta belle maison à Cassis, on lira des livres sur ta terrasse et à 20h précise, tu poseras le dîner sur la table du salon. On se matera deux films par soir sur ton écran géant. Entre les deux, on mangera une glace, ou on fera l’amour, et ensuite on dormira dans les draps frais du pressing qui livre tes costumes propres.

Frank Martin, je t’aime, parce que tu es parfait. Et que moi, si j’étais un homme, je serai Frank Martin.

La prochaine fois je vous parlerai de mes autres maladies… car avec l’hiver qui approche, le risque de stallonite, de willisite, de ludgrenite et autres affections de ce type s’accroît sensiblement !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Norma Jean.
    Norma Jean., Le 10 octobre 2012 à 0h04

    Oh il y a un point que tu n'as pas précisé :

    Frank Martin a réussi à vendre du rêve dans un Bus RTM.


    A chaque fois que je prends le bus je me surprend à penser qu'il a sautillé et tournoyer là dedans il y a pas si longtemps et que peut être Jason,mélancolique reprendra un jour la route de Marseille et montera dans un bus dans lequel justement je serai à ce moment précis et il me sourira et nous partirons vers les cieux lointains de l'Amérique où il me fera rencontrer Tarantino et Scorsese qui financeront et supporteront mon projet de film sur la mafia de la Française des Jeux (avec la fille d'un Parrain très important qui reprends le biz du Padre).
    Hihihi,what an evil plan :evil:

    (En fait j'ai regardé que le 1,uniquement à cause de Jason Statham,c'était bien :d )

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