madmoiZelle, écoute bien ce qui suit car cela pourrait t’arriver.
En cette période de soldes, où tu courres les magasins par commando de copines en quête d’étiquettes à gros pourcentages, où tu capitules face à cette paire de richelieu à talons vernie qui te faisait tant baver devant la vitrine, où tu tires, telle une harpie, la manche d’une blouse qu’une midinette beaucoup moins bien que toi veut t’arracher à coups de ceintre dans l’humeur acqueuse, et bien crois-moi : il y a des madmoiZelles qui se battent encore plus fort que toi. Ou plutôt contre toi. Réfléchis bien. Allez, un p’tit effort… L’aurais-tu oubliée… ?
Tu sais, la petite vendeuse qui se jette sur ton slim à peine as-tu franchi la porte de la boutique en te lançant un grand « boujourenh… je peux vous renseigner ? », avec sa voix stridente et son ton obséquieux. Celle qui veut absolument chercher ta taille alors que tu ne lui as rien demandé, celle qui s’exclame que ce bermuda te va « hyper bien » alors qu’il te fait un postérieur de boy-scout, et te propose toujours un petit « top pour aller avec » histoire de faire monter son panier moyen… Elle t’énerve, elle t’agace, tu as envie de lui dire « de quoi j’me mêle, tu ne vas pas m’avoir avec tes techniques de mercatique ».
Jusqu’ici je pensais comme toi. Et puis j’ai eu besoin d’un petit boulot.
Jour J – Avant le combat
Appelée en renfort par une boîte d’intérim pour le 2ème week-end des soldes, me voilà transformée en « wondervendeuse ». « Chouette ! », me dis-je, « moi qui adore les fringues, je vais pouvoir virevolter entre les rayons à ma guise, et en plus je serai payée ! »
C’est donc vêtue d’un magnifique tee-shirt rose que j’intègre l’équipe d’ATOME Lingerie. Univers « so glamour » où tout n’est que dentelle, calme et volupté.
J’ai vite déchanté.
Arrivée à sept heures du matin pour étiqueter les rayons et les colis de la deuxième démarque – car contrairement à ce que l’on croit, même pendant les soldes, de nouveaux modèles dans toutes les tailles arrivent chaque matin – je m’applique et mets trois plombes à clouer les étiquettes sur les articles. Et même en visant bien les coutures, je me prends l’aiguille de la swifteuse dans les doigts une fois sur deux.
Le rat face aux lionnes
A 10h, les phalanges perforées et sanglantes, j’aide mes collègues à ouvrir les portes. Petit speach de la responsable, ambiance Coupe du Monde de rugby : « chacune son terrain, je veux une coordination d’équipe irréprochable, passez vous le ballon… euh… la cliente en fonction de ses demandes, on sourit, on ramasse, et pour la pause pipi c’est NOW ! ». No problemo, je suis la Chabal du sous-tif. D’abord affectée à l’entrée du magasin, je me dois de dire bonjour à chaque cliente comme si c’était la première et de répéter ma litanie telle Satan dans son brasier : « Bonjour mesdaaaaaames (sourire), bienvenue ! Surtout n’hésitez pas à profiter de notre offre exceptionnelle : pour cent euros d’achats, une culotte offerte ! ». On y croit, on y croit, parfois on se trompe dans l’ordre des mots, ça fait un peu disque rayé, mais pas le choix. Si on lâche l’affaire, la « pilier » de magasin devra justifier des mauvais résultats auprès de la responsable qui se fera engueuler par la chef de région qui aura les boules au séminaire du PDG qui ne manquera pas de faxer le classement de la honte à tous ses magasins. Une collègue me rassure : « tu t’en fous. Ici c’est comme au théâtre, on joue un rôle. Moi ça m’amuse de me faire passer pour une conne ».
Quoi qu’il en soit, il faut croire que la française cultive son cérumen. Malgré toutes mes interjections, invectives et autres inventions, pas un regard, pas un sourire ne s’est posé sur moi. Je parle totalement dans le vent. Bestiales, les clientes se jettent sur les rayons comme des walkyries tirant sur les string en guise d’archers, essayant les nuisettes devant la glace du magasin au dessus de leur doudoune (« trop d’attente aux cabines ! »), piétinant les affaires qui traînent par terre (« c’est pas moi ! »), et trouvant toujours le moyen de râler lorsqu’elles patientent à la caisse (« y z’ont mis qu’une caissière qui est pas franchement dégourdie ! »). Un orchestre philarmonique de « hiii » côté rayons, de « baaah » côté cabines, et de de « pfff » côté caisses, vient amplifier le son tellement zen de Yelle et Parle à main. J’ai les oreilles qui bourdonnent. Unetelle débat du montant de son ticket de caisse à l’aide d’une calculette (« La culotte était offerte vous l’avez dit tout à l’heure, vous me devez deux euros ! »), une autre m’engueule car il n’y a « rien dans sa taille » et que « la société rejette les rondes », et j’ai beau lui répéter que justement, s’il n’y en a plus, c’est qu’ils ont tous été achetés car beaucoup de clientes portent cette taille, elle me balance qu’elle préfère rester comme telle plutôt que plate comme moi et part en claquant les talons. Cerise sur le gâteau, une autre défait les piles que je viens de plier en marmonnant « ben quoi, c’est son boulot, non ? ».
Ce sont des lionnes, je suis… le rat.
Le rat quitte le navire
Après qu’elles nous aient fait la grâce de bien vouloir quitter les lieux, se faufilant sournoisement à l’intérieur du magasin alors que nous étions en train de fermer (« juste deux secondes, je regarde ! »), il a fallu re-ceintrer tous les modèles, les ranger par taille dans le magasin, préparer les colis pour le lendemain, fermer la caisse, faire les comptes, mettre l’argent dans le coffre-fort, passer l’aspirateur puis la serpillière, sortir les poubelles, passer au contrôle général des sacs à main et enfin, enfin… rentrer chez soi avec la haine du made in Taiwan et l’impression d’être le simple rouage d’une société injuste. Un peu plus tard dans la soirée, mes copines me diront : « regarde ce que j’ai trouvé cet après midi ! Naaaan… Ne me dis pas que…T’as toujours pas fait les soldes ? »… et resteront indignées face à ma mine déconfite.
Un peu comme Alice passant de l’autre côté du miroir ou comme Naomi Campbell nettoyant les locaux d’une prison mais en robe haute couture, je peux tout de même dire que ce petit stage a eu du bon : je ne regarderai plus jamais les vendeuses comme avant et mon banquier va me féliciter… Pas du tout envie de faire les soldes (ce week-end).







Le 24 janvier 2008 à 12:42
lol :p J'ai déjà eu affaire à une vendeuse comme ça, et je lui ai dit "vous avez qu'à mettre un panneau interdit dans ce rayon, comme ça vous n'aurez personne dans vos pattes"!
Elle n'a rien répondu…:p
M'enfin, je devais faire vendeuse pendant les soldes (heureusement, aucun magasin ne m'a répondu hum) et je crois que finalement, quand je vois ce que les vendeuses se prennent comme réfléxions, je préfère être du côté des shoppingeuses…
Le 24 janvier 2008 à 14:17
c'est vrai que certaine filles sont sans gene de tout laisser n'importe,de faire tomber l'objet et ne pas le ramasser,chez toi je peux le comprendre c'est ton chez toi,ton bordel,mais en dehors c'est un manque de respect
Le 24 janvier 2008 à 16:54
C'est vrai que même moi je dois hyper chiante quand je fais les magasins ! :pFaudrait que je teste vendeuse un jour ! (Dans longtemps hein ! :p)
Le 24 janvier 2008 à 17:25
Ma meilleure amie travaille à l'année dans une boutique de fringues et j'ai presque cru l'entendre raconter une de ses journées !Vendeuse pendant les soldes, c'est comme serveuse pendant l'été : on traite forcément les gens différement (comprenre : mieux) après l'avoir fait !
Le 24 janvier 2008 à 17:48
Le client est roi.Le 24 janvier 2008 à 20:05
Moi je suis dans le commerce(j'ai travaillée dans les petites boutiques donc vente conseil et mtn je suis en libre service dans la décoration) et je sais à quel point les clients sont chiants!Rares sont ceux qui sont patient,gentil,poli surtout!Beaucoup ne disent pas bonjour,ou bien te prendre pour le chien de service!Le client est roi certes mais on es humain et je comprend pas comment les gens peuvent traiter des humains d'une tel facon.Enfin je pense que le metier de vendeuse est trop mal considerée,c'est un peu comme les agents d'entretien(=femme de ménage)on les considere comme des chiens et on respecte pas leur travail.Y a pas de sous métier,a la longue j'espere que les gens changeront de comportement.Le 24 janvier 2008 à 20:11
De même pour moi
Le 28 janvier 2008 à 11:15
Haaa moi j'ai bossé à H&M. J'étais pas vendeuse et c'était pas pendant les soldes, mais en période de rentrée, et les gens achètent beaucoup aussi à ce moment là.J'ai eu droit aussi aux doigts en sang (j'ai passé plusieurs jours à mettre des antivols sur des vêtements, c'est dingue le nombre de fringues qui arrivent chaque jour), c'est un boulot franchement lobotomisant.
Et puis un samedi j'ai fait aussi le cleaning des rayons. C'est à dire que j'avais à ma charge le rayon lingerie et accessoires, et je devais ranger continuellement derrière les clientes et c'est une horreur.
Au niveau des accessoires, je sais pas comment les gens se démerdent mais ils réussissent à sortir une quantité impressionnante de boucles d'oreilles, barettes, et compagnie de leurs étiquettes, et tout ça traïne joyeusement par terre, piétiné. Je sais pas mais moi quand je fais tomber un truc dans un magasin je le ramasse…
Un coin que j'avais rangé minutieusement 10 minutes plus tôt, je reviens et c'est à nouveau le bordel, il faut recommencer.
Et le pire c'est quand on est en train de ranger des trucs et que les clientes viennent fouiller là, sous ton nez, ce que t'es en train de faire, sans aucun respect.
Bref, j'ai fait ça que pendant 4h, mais à courir partout sans arrêt, tout le temps se baisser pour ramasser des trucs, et à la fin j'avais l'impression d'avoir fait le marathon de New York tellement j'étais cassée.
Donc ayez pitié…
Le 31 janvier 2008 à 14:23
c'est cqu'on dit, mais çane lui autorise pas tout. J'ai fait 2 mois de guichet à la SNCF pendant les vacances scolaires, et y'a rien de plus désagréable qu'un client qui te considère comme une grosse m**** parce que tu es derrière un guichet. Vraiment ça coute rien aux gens de sourire, dire "merci, bonne journée". Ils sont en train de faire les soldes, pas d'enterrer leurs familles….
M'enfin bref, voilà pourquoi je dis toujours bonne journée aux vendeuses, et surtout "bon courage".
Le 31 janvier 2008 à 21:28
Lisa loup> copine de "bon courage":cool: