Petit historique de la mode féminine au tennis

A quoi ressemblait la mode féminine du tennis à ses débuts ? Comment a-t-elle évolué par la suite ? Petit retour historique, des années 1870 à aujourd'hui, sur le style des filles à raquette.

Petit historique de la mode féminine au tennis

Lorsque le tennis apparaît – autour des années 1870 semble-t-il – aucun vêtement spécifique n’est encore dévolu à ce sport. Les hommes comme les femmes jouent donc en habits de « tous les jours » (point important à souligner : les femmes ont toujours joué au tennis, depuis ses débuts, mais la compétition ne leur a été ouverte qu’en 1879 à Dublin, ville qui organisa le premier tournoi féminin avant l’épreuve féminine de Wimbledon, plus frileux, qui ne l’autorisa qu’en 1884).

Si ce n’est pas spécialement handicapant pour les hommes, c’est une toute autre histoire pour ces dames qui se retrouvent à jouer en corset, chapeau, manches longues et gigots, jupe étroite, jupon et bas pour les beaux yeux de la convenance. Entravées dans leurs mouvements, leurs échanges ne sont pas ce qu’on pourrait appeler des prouesses de vélocité.

Exception à la règle et avantage certain pour elles, les plus jeunes joueuses, comme Lottie  Dod qui n’a que 14 ans autour des années 1885, ont la permission de jouer avec une jupe un peu plus courte que leurs aînées et sans chapeau.

Le style des joueuses évolue peu à peu comme on le voit avec Blanche Bingley-Hillyard (ci-dessous à gauche) qui met à l’honneur la cravate. Les manches gigots vont peu à peu disparaître au profit de chemises calquées sur le style masculin mais déjà une mode s’impose pour durer : le blanc.

Au début du siècle suivant (notamment dans les années 1910), la mode remue un peu plus sur terre battue. Les manches raccourcissent, on porte toujours une ceinture mais plus de corset et la silhouette est beaucoup plus fluide dans son ensemble grâce à des tissus plus légers.

1920 : le tournant des années folles s’amorce doucement. Les jupes plissées font leur apparition, la chemise est toujours en bonne position mais ici ou là on aperçoit des hauts plus décontractés.

La décennie marque l’arrivée de créateurs comme Coco Chanel et Paul Poiret qui libèrent la femme des carcans avec des robes qui ne marquent plus la taille. Les jupes rétrécissent encore un peu plus.

Un style emblématique portée par Suzanne Lenglen qui sera reconnue pour ses figures acrobatiques – beaucoup plus libre de ses mouvements dans ces tenues – lors de ses matchs. Exit les chapeaux, place aux bandeaux pour retenir les mèches folles des cheveux coupés à la Louise Brooks . Le cardigan devient aussi un accessoire du style chic et décontracté du tennis féminin.

Les choses s’enchaîneront ensuite très vite. Sur cette photo de la Wightman Cup prise en 1936, on constate que les jupes et jupes-culottes ont adopté une longueur bien plus courte et plus agréable pour les joueuses. La chemise masculine est réapparue et le cardigan et le petit tricot sont toujours là. Un style qui n’évoluera pas avant longtemps : il faudra attendre l’arrivée des nouvelles matières, des textiles intelligents et surtout des sponsors.

Tenue portée par Steffi Graff en 1999 lors des Internationaux de France et en exposition au musée de Roland Garros

Dans les années 90 à 2000, la couleur, remisée au placard depuis des années, fait son retour sur les courts, et pas de façon discrète : fluo si possible, l’excentricité est de mise pour assurer la visibilité de la marque-sponsor sur le terrain. Les visières ont remplacé bandeaux et chapeaux ,et les jupes/robes (avec shorty intégré) sont plus courtes que jamais pour assurer la liberté des mouvements.

Les textiles intelligents permettent désormais de résorber la transpirations des joueuses tout en les gardant au sec et au frais grâce à des micro-particules de fraîcheur libérées par l’action de leurs mouvements.

Mais la technologie ne prime pas sur l’esthétisme pour autant. Le style garde une part importante dans la tenue des joueuses, et Lacoste par exemple l’a bien compris en re-devenant incontournable depuis quelques saisons avec des tenues au look toujours très épuré, chic et rétro à la fois (cf. ci-dessous).

Des pièces qui atteignent même la vie de tous les jours, puisque beaucoup de marques jouent désormais sur l’image du sportswear décontracté-chic, au terrain comme à la ville. Roland Garros a d’ailleurs développé toute une série de partenariats avec des marques comme Adidas, Lacoste, Swatch Carré Blanc ou encore Eminence pour proposer une gamme complète de produits issus de la culture tennis, des serviettes à la lingerie sportives.

Sélection performance et lifestyle de la collection Roland Garros 2012

Panama et robe jaune Roland Garros prix n.c. – Robe Adidas RG performance 60,47€ – Short Lagon RG 36,17€ – Tennis Lacoste RG prix n.c. – Robe Lacoste RG (existe en blanc et en bleu marine) 123,94€

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Voici le dernier commentaire en date :

  • So-what
    So-what, Le 17 juin 2012 à 16h46

    Leech;3278869
    Mais... concrètement, la jupe, elle sert à quoi :neutral: ? Vu que c'est le short qui permet un meilleur maintient et un meilleur confort pourquoi ne pas supprimer ce petit bout de tissu qui vole (la jupe quoi) ?
    Comme l'a dit S-L , je crois que c'est plus pour la "tradition" et le coté esthétique mais c'est vrai que concrètement la jupe en elle même ne sert pas à grand chose :chat:

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