Chronique de la French Girl en voyage #4 – Le boulot à l’étranger

Dede la Frenchie est, comme son pseudo l’indique, une jeune française qui a décidé de se lancer dans une grande aventure. Suivez son récit tous les lundis !

Chronique de la French Girl en voyage #4 – Le boulot à l’étranger

Élément important de ton séjour dans un autre pays : le fait de travailler ailleurs qu’en France. Et autant dire que ça n’a rien à voir avec ce dont on a l’habitude ici.

Les 35 heures et les 5 semaines de vacances tu oublieras

Premier point crucial : fini le temps où tu arrives à 9h pile pour partir à 18h tapantes. Finies aussi les engueulades pour 5 minutes de retard. Les horaires de bureau (je ne parle pas ici de la restauration ou autres, qui exigent une présence à l’heure face à la clientèle), tout le monde s’en fout, et le boss ne dira rien si tu arrives une heure en retard, si tu dis que tu travailles chez toi aujourd’hui ou si tu décides de prendre ton afternoon off à la dernière minute.

D’où vient cette flexibilité au travail? Du fait que les entreprises internationales fonctionnent sur ce principe : tant que tu fais ton taf, tu gères tes horaires comme tu veux.

Et vu le travail qu’ils donnent, c’est bien souvent que tu fais plus que tu devrais finalement. Bon nombre de mes collègues déjeunaient devant leur ordi et ne quittaient pas le bureau avant 20h.

Après deux semaines passées à travailler 12h par jour dans un snack bar, payée une misère, je suis allée voir mon patron : « Sorry i’m French, I’m used to work only 8 hours a day« .

Sur cette phrase, il m’a regardé d’un air de dire « Mais ils glandent rien ces Français ! ». Puis il a modifié mes horaires sans problème. Flexible, je vous dis. Par contre, il faut éviter de dire trop souvent que dans notre pays nous travaillons 35 heures, et que nous avons aussi cinq semaines de vacances et plein de jours fériés, car bien souvent, ton interlocuteur te lancera un regard noir. Éviter aussi de mentionner que nous avons la retraite à 60 ans au risque de choquer les gens. Si en plus tu te plains parce que va passer à 65 ans, tu vas perdre des amis.

Mais même si cette apparente liberté te donne parfois envie de ne rien foutre et de travailler toujours de la maison, il faut se rappeler que ton contrat c’est ni un CDI ni même un CDD, et qu’ils peuvent donc se débarrasser de toi à tout instant.

La sécurité du travail tu n’auras pas

Les horaires sont donc flexibles, et tant que tu fais ton travail tu es tranquille. Mais si tu ne fais pas l’affaire ou que tu n’es pas assez motivé(e), ils n’hésiteront pas à te virer. Même après des années de services, il est possible de se faire licencier du jour au lendemain sans raison dans bon nombre de pays.

À ce propos, j’ai une anecdote qui me fait encore halluciner. Lors de mon premier job d’été à l’étranger, j’ai eu une dispute assez violente avec un serveur du restaurant dans lequel je travaillais car il ne respectait personne, et j’ai osé lui répondre. Ce qui s’est fini dans le bureau des managers, avec moi en pleurs (levez la main si vous ne pouvez pas non plus vous énerver sans fondre en larmes, ce qui vous fait perdre toute crédibilité par la même occasion) en train de rédiger une note sur ce qui s’était passé. Le lendemain tout le monde me félicitait pour ma bravoure. Mais pourquoi ils ne disent rien à ce mec s’ils ne le supportent pas ? « Parce que nous on tient à notre boulot« . Ah merde.

Au final, c’est lui qui s’est fait virer, alors qu’il avait 13 ans d’ancienneté dans la boîte. Autant dire que je suis contente de l’avoir jamais recroisé.

Enseignement de cette histoire : il faut toujours travailler efficacement et être respectueux envers tout le monde pour avoir une chance de rester dans l’entreprise.

Intéressante ton expérience demeurera

La dynamique qui règne dans les bureaux en open space ou dans les start-up est, elle aussi, complètement différente des conditions de travail à la française. Alors qu’ici les managers ne laissent souvent aucune chance aux stagiaires en les chargeant des cafés et d’autres corvées pas si funky, les Américains les verront comme une opportunité d’apporter un plus à l’entreprise. C’est pourquoi ils encourageront toujours la participation. Ils attendent du nouveau venu adaptabilité et surtout créativité. L’atmosphère sera donc aussi sérieuse que détendue, agrémentée de friday lunchs et de meetings improvisés au sommet.

Cette expérience sera donc aussi enrichissante sur ton C.V. que dans ta tête, mais il faut vraiment s’y mettre et faire entendre sa voix… Bah oui, si t’étais partie en vacances ça se saurait !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Crystalsh
    Crystalsh, Le 8 mai 2012 à 4h16

    Ce qui s?est fini dans le bureau des managers, avec moi en pleurs (levez la main si vous ne pouvez pas non plus vous énerver sans fondre en larmes, ce qui vous fait perdre toute crédibilité par la même occasion
    C'est tellement horrible, je compatis, je suis pareil

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