5 femmes scientifiques d’exception… qui ne sont pas Marie Curie !

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Marie Curie est loin d'être la seule grande scientifique à mériter d'être reconnue. Viens (re)découvrir 5 noms à travers cette série de portraits !

5 femmes scientifiques d’exception… qui ne sont pas Marie Curie !

Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat avec KMBO.
Conformément à notre Manifeste, on y a écrit ce qu’on voulait.

Le 24 janvier, tu pourras aller voir en salle le film Marie Curie, qui revient sur la vie de cette grande scientifique.

Les recherches menées avec son mari, son combat pour se faire reconnaître dans un monde d’homme, et comment elle a révolutionné la science : tout est dans ce film réalisé par Marie Noëlle !

Et à l’occasion de cette sortie, une question m’est venue en tête : certes, on connaît Marie Curie… Mais quelles autres femmes scientifiques sont suffisamment renommées pour les citer de tête ?

Alors j’ai fait un petit jeu : j’ai demandé à mes collègues si hormis cette dernière, elles pouvaient me donner des noms de femmes scientifiques.

Et avant d’aller plus loin, j’aimerais bien que toi aussi, tu prennes un petit temps pour lister les noms qui te viennent en tête lorsque tu lis « femmes scientifiques ».

Je te laisse réfléchir.

Voilà prends ton temps.

T’inquiète on n’est pas pressées.

Bon. Peut-être es-tu capable de sortir d’autres noms, peut-être as-tu pensé à Ada Lovelace, la première codeuse de l’histoire, ou à Jane Goodall cette primatologue reconnue, ou encore à bien d’autres ! Dans ce cas, sans rire : bravo.

Mais peut-être aussi que Marie Curie était la seule femme de ta liste, à ton grand dam (comme 90% de la rédaction).

Où sont les femmes scientifiques ?

Ce n’est pas qu’il n’y a pas de femmes scientifiques en réalité, c’est surtout qu’on ne les connaît pas.

Elles se sont parfois fait « voler » leurs découvertes, elles ont parfois été oubliées, on ne les a pas promues suffisamment…

En gros, elles sont moins présentes à notre esprit que peuvent l’être Einstein, Newton ou Pasteur, et il serait bon de remédier à cela !

Wikiproject Women Scientists : faire honneur aux femmes scientifiques

Pour tout te dire, même sur Wikipédia, les femmes scientifiques sont moins bien représentées, que ce soit de part leur nombre, ou de part la qualité des articles qui leur sont consacrés !

C’est le constat tiré par les personnes à l’origine du Wikiproject Women Scientists – dont il existe un équivalent français : des projets visant à fournir Wikipédia en biographies de femmes scientifiques et/ou à améliorer la qualité des articles déjà existants.

« Malheureusement, comme les femmes scientifiques sont moins représentées dans la société et que Wikipédia existe dans cette même société, on y trouve également moins de femmes scientifiques : c’est un biais systémique. »

De nombreuses personnes ont donc contribué à lister des femmes qui mériteraient leur biographie dans cette encyclopédie en ligne, et à les écrire ou les améliorer. Emily Temple-Wood, la fondatrice du projet, me raconte :

« Actuellement, nous avons 6651 articles, et nous créons quelques articles chaque jour. Quand on a commencé en 2012, nous avions 1400 articles.

Il y a aussi des projets en anglais, français, italien, chinois, et quelques autres langues (13 au total). En français, il s’appelle « les sans pagEs ». »

Margaret Oakley Dayhoff, une biophysicienne pionnière

Parmi les femmes qui ont bénéficié de cette initiative, connais-tu Margaret Oakley Dayhoff ? Née en 1925, elle était une grande biochimiste et bioinformaticienne.

Elle a passé une grande partie de sa carrière à appliquer l’informatique à la chimie et à la biologie, ce qui a permis « des avancées dans notre compréhension de l’origine de la vie et de l’évolution, ainsi qu’un grand nombre d’applications pratiques en médecine » selon le Bulletin of Mathematical biology.

Elle a été la première femme à siéger au sein de la Biophysical Society.

Le Bulletin of Mathematical biology précise également « qu’au sein de sa famille, dans son groupe de recherche et dans la Biophysical Society, elle a fourni de nombreux efforts pour encourager les jeunes femmes à poursuivre des carrières scientifiques ».

Pas étonnant donc, qu’en 1985 (soit 27 ans après sa mort), la société de Biophysique ait créé un prix qui porte son nom, destiné aux « femmes très prometteuses ou ayant déjà accompli des travaux d’importance en biophysique, au cours de leur début de carrière dans la recherche ».

Rosalind Franklin, brillante biologiste moléculaire flouée

Mais Wikipédia n’est pas le seul à souhaiter mettre en avant des femmes scientifiques. D’autres initiatives existent, comme l’exposition « Les découvreuses anonymes », créée par le réseau Animafac en partenariat avec l’association Wax Science.

Libre de droits, elle peut être imprimée et diffusée largement, dans l’objectif de rendre à ces femmes le mérite qui leur revient, et de combler ce vide.

Au sein de cette exposition, un panneau est ainsi consacré à Rosalind Franklin. Tu vois qui c’est ?

Oh, rien de bien important, juste la personne qui a permis de faire de grandes découvertes sur l’ADN et qui N’A JAMAIS ÉTÉ CRÉDITÉE PAR LES MECS QUI ONT EU LE PRIX NOBEL APRÈS SA MORT.

Pardon peut-être me suis-je légèrement emportée, il faut dire que cette histoire fleure l’injustice à plein nez : Rosalind Franklin avait établit que l’ADN avait une structure à deux hélices.

Pour cela elle avait notamment réalisé des clichés de l’ADN à l’aide de la technique de diffraction des rayons X.

Mais James Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins, qui se sont largement servis de ses travaux pour parvenir aux conclusions qui leur ont permis de se voir attribuer le prix Nobel de médecine en 1962, n’ont jamais jugé bon de lui rendre hommage.

Pourtant, ses travaux étaient à la pointe et ont permis de grands progrès dans notre compréhension de l’hérédité !

Valentina Terechkova, d’ouvrière à cosmonaute

Dans le registre des initiatives permettant d’allonger la liste des femmes scientifiques dont tu connais les noms – et un minimum les travaux – se trouve la série de vidéo Les Scienceuses, dans laquelle figure Marion Séclin.

Tu y découvriras par exemple l’exploit de Valentina Terechkova, première femme à être allée dans l’espace !

Ouvrière, et parachutiste amateure, elle est parvenue à passer les tests requis pour intégrer un programme scientifique qui après un an d’entraînement, l’a menée dans l’espace – une première pour une femme.

Le 16 juin 1963, elle a décollé à bord du vaisseau Vostok 6, pour un vol qui ne s’est pas avéré de tout repos : mal programmée, sa capsule s’éloignait de la Terre à chaque orbite plutôt que de s’en rapprocher…

Malgré cela, le problème a pu être résolu et elle est revenue sur Terre, saine et sauve, après s’être éjectée !

Katherine Johnson, une place à la NASA

Tu en veux encore ? Katherine Johnson a de quoi t’impressionner. Elle est l’une des femmes dont tu as peut-être découvert le parcours au sein de la NASA dans le film Hidden Figures cette année.

Après avoir sauté plusieurs classes (elle était au lycée à 13 ans), elle s’est très vite distinguée notamment en mathématiques.

Diplômée en 1937, elle a d’abord consacré sa vie à l’enseignement et à sa famille, jusqu’à ce qu’en 1952, elle postule pour un poste temporaire à la NASA.

En réalité, elle y a passé le reste de sa carrière, où elle a entre autres calculé d’innombrables trajectoires spatiales, dont celle du vol Friendship 7, mission pour lequel l’astronaute qui s’apprêtait à embarquer, ne faisant pas confiance aux ordinateurs, aurait spécifiquement demandé à ce qu’elle refasse les calculs à la main.

Une mission qui fut un succès !

À lire aussi : Les LEGO à l’effigie des grandes figures féminines de la NASA ont une date de sortie !

Sabrina Pasterski, comparée à Einstein à 24 ans seulement

Oui tu as bien lu : cette jeune physicienne voit son portrait tiré dans de nombreux journaux, où elle est comparée à Einstein lui-même.

On ne compte plus les articles citant ses premiers exploits notables : la construction d’un monomoteur à 14 ans, son admission au MIT à 17 ans – dont elle sort major, avec la meilleure note possible –, le fait qu’elle soit citée par de grands noms tel que Stephen Hawking.

Elle poursuit sa thèse à Harvard sur la théorie des cordes et les hautes énergies, un domaine que pour être honnête, je ne suis pas certaine de pouvoir expliquer ici.

S’il fallait prouver que les jeunes femmes peuvent briller dans la science, elle est donc un parfait exemple contemporain !

Un biopic sur Marie Curie

Alors, ces femmes scientifiques te passionnent ? Au-delà de Marie Curie, tu seras désormais capable de citer d’autres noms !

Mais revenons à notre célèbre physicienne… Connais-tu réellement sa vie, son travail, ce qui fait d’elle un modèle pour les jeunes femmes rêvant d’être de grandes scientifiques ?

Si ce n’est pas le cas, je rappelle que tu peux le découvrir au cinéma dans le documentaire qui porte son nom, réalisé par Marie Noëlle. Il sera en salle à partir du 24 janvier !

Et si tu connais d’autres ressources pour découvrir de grandes scientifiques, n’hésite pas à les partager en commentaire !

À lire aussi : Les femmes qui ont marqué la science à l’honneur dans une série d’illustrations

Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Au croisement de la rubrique actu et de la rubrique témoignages, elle passe de temps en temps une tête à l’étranger pour tendre son micro aux madmoiZelles du monde entier !

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Commentaires
  • Isis_le_milan
    Isis_le_milan, Le 14 février 2018 à 9h50

    marie curie fait depuis longtemps partie de ce que j'appelle mon panthéon personnel (liste de personnes que j'admire )

    mais merci pour cette liste que en plus des noms découvert dans la splendides bd les culottées (pourquoi il y a que 2 tomes :crying:) va m'offrir de nombreuses et passionnantes heures de recherches

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