Faire semblant les jours d’orage, de Nicolas Poupon

C’est marrant comme la lecture d’un livre ou d’une bd peut te surprendre… Quand je regarde, maintenant, la couverture de Faire semblant un jour d’orage, je la trouve en même temps violente et sereine, et en tout cas très belle. Pourtant il y a encore quelques jours, elle ne m’attirait pas du tout. Je ne […]

Faire semblant les jours d’orage, de Nicolas Poupon

faire semblant un jour d'orageC’est marrant comme la lecture d’un livre ou d’une bd peut te surprendre… Quand je regarde, maintenant, la couverture de Faire semblant un jour d’orage, je la trouve en même temps violente et sereine, et en tout cas très belle. Pourtant il y a encore quelques jours, elle ne m’attirait pas du tout. Je ne sais pas si c’était le titre que je trouvais un peu ‘trop’ ou la couverture monochromatique, en tout cas je vais désormais faire plus attention à ne pas me laisser freiner par des détails, je risquerais de louper bien des jolies choses. Car oui, Faire semblant un jour d’orage fait partie des jolies choses. Une virée en camionnette, silencieuse et explosive, du genre qui ne laisse pas indemne.

Deux mecs et pleins d’aires d’autoroute

C’est l’histoire de Mike, dont la mère vit rivée à son poste de télé, accro à des soap du genre Feux de l’Amour, et de JP, qui n’aime pas qu’on l’appelle JP parce que ça lui évoque Jean-Pierre, son beau-père qui a toujours eu tendance à lui taper dessus, et pas que. Mais maintenant qu’il est grand JP, il n’hésite pas à rendre la monnaie de sa pièce à Jean-Pierre.

Mike et JP sont potes, enfin, d’après Mike, parce que JP parle trop peu pour qu’on sache ce qu’il en pense. En tout cas, quand le boxeur, l’une des grandes gueules de la cité, s’en prend à Mike, JP est là pour le défendre. Et quand Jean-Pierre est retrouvé mort dans le local à poubelle, c’est Mike qui va chercher JP, et qui lui propose de se tirer. C’est parti pour une cavale en stop, d’aire d’autoroute en aire d’autoroute, jusqu’à leur rencontre avec Basile.

Mike et JP au centre de la France

Nicolas Poupon a réussi à me bluffer. Parce que son dessin est superbe, parce que sa colorisation tout en noir et bleu n’est jamais ennuyeuse, parce que son écriture est parfaite, aussi sensible que débordante d’une violence sourde, parce que faire parler des mecs de banlieue sans tomber dans les clichés ou la parodie est un exercice bien plus compliqué qu’il n’y parait, parce que j’ai été prise aux tripes par cette histoire d’amitié entre deux mecs abimés par la vie. Parce que je crois que j’aime bien quand ça ne tourne pas rond.

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