Être une fille, c’est quoi ?

Aujourd’hui, le magazine ELLE sort un dossier sur la condition féminine – dossier épais comme la couche de fond de teint de Lady GaGa aux MTV Awards – et, si l’hebdo a parfois une vision de la femme aberrante, faut admettre que pour le coup ce numéro spécial « États Généraux de la Femme » mérite de […]

Être une fille, c’est quoi ?

Aujourd’hui, le magazine ELLE sort un dossier sur la condition féminine – dossier épais comme la couche de fond de teint de Lady GaGa aux MTV Awards – et, si l’hebdo a parfois une vision de la femme aberrante, faut admettre que pour le coup ce numéro spécial « États Généraux de la Femme » mérite de s’y attarder.

Il n’est pas rare d’entendre des filles dire « qu’elles ne sont absolument pas féministes », un brin de dégoût dans la voix. Je l’ai entendu au lycée, à la fac, dans mon cercle de copines (elles étaient toutes sobres). Je comprends que le féminisme a mauvaise réputation, mais avoir un vagin et s’autoproclamer non-féministe est aussi absurde que voir un chameau en tutu danser la polka. Du moins à mes yeux. Sont-elles contre la pilule ? L’égalité des salaires ? L’interruption volontaire de grossesse ? Le fait de qualifier la violence envers son conjoint de délit pénal (depuis 1992 seulement) ? Alors autant cracher à la figure de Simone Veil, tant qu’on y est.

Chacune a son idée du féminisme. En ce qui me concerne, il ne s’agit en aucun cas de prendre le pouvoir sur les hommes, ni de mépriser les différences entre les deux sexes. Ce serait de l’hypocrisie. Mais au niveau social, politique, économique, j’aime à savoir que nous avons les mêmes chances qu’un garçon. Je suis fière de notre dissemblance (tant qu’elle n’est pas stéréotypée), mais je ne souhaite pas que ce soit un poids. Comme le dit si bien Natacha Quester-Séméon qui tient le blog girlpower3.com :

« [il faut] avancer avec [les hommes]. Rester solidaires les uns des autres. Et si une majorité de femmes ne se reconnaît pas dans le terme « féministe » ne faut-il pas en appeler […] tout simplement à l’humanisme ».

YEAH ! GO GIRL !

Dans ce dossier regroupant nombreux sondages et témoignages, de Jean Mauduit à Sonia Rykiel en passant par des ouvrières, des étudiantes et des chefs d’entreprise, la question est : être une fille en 2010, c’est quoi ? que voulons-nous ?

Est-ce qu’il y a des trucs qui vous révoltent, en tant que filles ? Est-ce que vous pensez que le débat n’a plus lieu d’être ? Est-ce que ça vous intéresse ou vous vous en fichez comme de votre première épilation du dos ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • AnonymousUser
    AnonymousUser, Le 31 mai 2010 à 22h41

    Je découvre ce que c'est que "d'être une fille" et je le découvrirais encore, et je n'aurais encore jamais finis de découvrir ce que c'est que "d'être une femme". Comme je n'aurais de cesse de vivre et de me chercher, d'évoluer et de murir en tant qu' individu, il faudra aussi que je me questionne sur ce que c'est que "d'être une femme/fille" de mon côté, en plus qu'une humaine. Avec tout ce que cela sous-entend (sexualité, place au travail, dans la société, psychologie, moeurs, relations avec les autres, avec le corps)...
    Et là je crois que c'est exclusivement la faute de l'extérieur (la societé wesh), car l'Autre nous force à poser un regard sur nous même, hommes ou femmes, à se remettre en question sans cesse et pas seulement sur le domaine de la sexualité. Elle nous influence sur tout. Et c'est bien naturel, c'est comme ça depuis toujours, il est impossible de vivre en parfaite autarcie.

    Cependant là où je trouve qu'il y'a un problème actuel (c'est-à-dire depuis plus de 50 ans), c'est que les femmes représentent une sorte de nouvelle catégorie à laquelle on associe des "luttes", un certain mode de pensée surtout dans la pub et les médias, (en grande partie inspirée par les pages minceur/beauté/sexo des magazines féminins. Ou y'a qu'à voir les pubs pour yaourts 0% à la télé.)

    Je ne connais rien au féminisme, mais je pense que la situation des femmes en France était globalement plus critique dans les années 50-60 (je me réfère toujours au XXe siècle, étant donné que l'on parle du féminisme "populaire"). Avoir légalisé la pilule, l'avortement, crée des plannings familiaux, la liberté sexuelle, la mini-jupe, la plus grande représentation des femmes au sein des hautes sphères (sociétés, politique)... Il y'a sûrement un tas de choses que j'ai omis de mentionner (par ignorance), mais je trouve que ces années et celles qui les ont précédé, en Occident en général, on été fructueuses, dynamiques et qu'elles ont permis des améliorations dont on bénéficie encore aujourd'hui.
    Il s'agissait de faire évoluer la Femme en société, laquelle était cantonnée au rôle de bobonne ou alors dont le corps était nouvellement exposé, sexualisé dans les médias. (c'est peut-être toujours le cas me diront certaine). Mais qui n'avançait pas, malgré tout, était peu représentée.
    Et aujourd'hui, les choses sont différentes, et ont évoluées de ce côté-là, en bien. Même s'il reste encore du travail à faire. Certes, on peut se demander si l'image de la femme dans les médias à réellement changée, mais dans les mentalités, oui. Je pense hein. Dans le domaine professionnel, politique, militaire, artistique, on ne peut nier qu'il y'a une nette évolution entre avant et maintenant.

    Quant au "combat féministe", j'ai du mal à voir ce qu'il signifie aujourd'hui. J'ai l'impression qu'il y'a une récupération et une réutilisation qui se fatigue elle-même, des idéaux et des causes (au sens vraiment arrondi) pour lesquelles les féministes ont crée beaucoup de choses. Ça devient stéréotypé, c'est-à-dire que, tant en collectivité que dans les médias, tant qu'on est femme il faut revendiquer son petit côté féministe en glorifiant la pilule, en "rejetant les diktats de la beauté", en "assumant sa sexualité" blablabla... Il y'a un malaise de ce côté-là quand on constate la pression que le corps féminin subit à l'image, que d'après les magazines, il faut avoir une vie sexuelle épanouie à tout pris, un fuck-friend, un canard vibrant... Être une fille, est-ce être consommatrice de sa propre image? Est-ce que l'on peut faire évoluer les choses qui restent à faire évoluer en ne se rendant pas compte de la manipulation de ce "féminisme light"?
    Ça vaut aussi pour tous les comportements qui s'inscrivent la la ligne de bonne conduite, glorifiés en société, (écolo, ne pas fumer, s'intéresser à tout, bio, beau...) mais qui y pose des contradictions en son sein même.

    J'ajoute que je ne trouve pas qu'il y'ai actuellement beaucoup de problèmes majeurs en Occident du côté des femmes, mais plus dans des régions du monde comme l'Afrique, l'Inde, l'Amérique du Sud, où certaines pratiques telles que l'excision, ou le phénomène des filles-mères à la rue, restent scandaleux. Là-bas, enfin je parle pour certains pays d'Afrique, j'ai l'impression que le féminisme a plus de sens car il mène un réel combat, et a plus de vigueur qu'ici peut-être.

    Et aussi on a tendance à les faire passer, à "nous" (j'ai l'impression de faire ma communautaire mais pas du tout) pour des victimes constantes de quelque phénomène de société qui est en fait des cas que l'on récupère, et que l'on classe et que les groupes soi-disant féministes pointent du doigt en disant "VOUS VOYEZ VOUS VOYEZ".(comme par exemple la violence conjugale. Ça c'est un truc qui m'exaspère. Je considère la violence conjugale au sein du couple comme étant un problème majeur, très grave, mais qui dépend de facteurs strictement intimes, psychologiques, personnels. Il appartient au couple de travailler sur lui-même. C'est plus un désastre humain, qu'il faut essayer de comprendre, plutôt que le fait de faire des femmes des puching-ball sur pattes. De plus que les hommes peuvent être aussi victimes de violences. C'est mon avis.)

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