L’équitation — Les madmoiZelles & leur sport

L'équitation est l’un de ces sports dont les médias ne parlent quasiment pas. madmoiZelle a décidé de se pencher dessus à l’occasion des Jeux Olympiques de Londres !

L’équitation — Les madmoiZelles & leur sport

Les Français•es ont décroché la médaille d’or en saut d’obstacles en équipes aux Jeux Olympiques de Rio ! Bravo ! Pour l’occasion, voici cette compilation de témoignages de cinq madmoiZelles qui parlent du monde merveilleux de l’équitation.

— Article initialement publié le 19 janvier 2012

L’équitation fait partie des disciplines les plus anciennes des Jeux Olympiques d’été. Depuis 1900, ce sport n’a jamais été déprogrammé des J.O., bien que les différentes disciplines au sein de l’équitation aient connu quelques changements.

Depuis 1928, trois épreuves sont disputées en solo et en équipe : le dressage, le saut d’obstacles et le concours complet. Ce n’est qu’à partir de 1952 que les cavalières sont acceptées aux J.O.

  • Le dressage :

C’est la discipline qui constitue la base de toutes les autres. Elle consiste à éduquer le cheval, lui apprendre différents mouvements, allures et attitudes.

En compétition, le cavalier et sa monture évoluent dans un rectangle de 60x20m, devant un jury composé de cinq juges, et doivent effectuer un enchaînement de figures comme du piaffer, des travers, des pas espagnols… le cheval doit être calme, attentif et souple.

  • Le saut d’obstacles :

Discipline reine de l’équitation, le saut d’obstacles consiste à réaliser une course parfaite, en franchissant divers obstacles (barres, haies, rivières) dans un ordre précis sans en faire tomber un — au risque de prendre des pénalités — et en faisant le chrono le plus rapide possible. Le cheval doit être puissant, franc et rapide.

  • Le concours complet :

Le concours complet regroupe trois épreuves : le dressage, le saut d’obstacles et le cross.

Le cross est une course de fond, qui se déroule dans un bois, une plaine ou autour d’un cours d’eau avec des obstacles fixes et naturels, que le/la cavalier•e et son cheval doivent exécuter dans un temps imparti. Le/La cavalier•e qui obtient le plus petit nombre de points gagne le concours complet (système de point négatif).

En dehors des Jeux Olympiques, d’autres disciplines sont pratiquées au sein de l’équitation : l’attelage, l’endurance, le polo, le horse-ball, la voltige, les courses, le para-équestre et bien sûr les pitis poneys !

Qu’en disent les madmoiZelles qui pratiquent ?

Pour éclaircir quelques points importants sur l’équitation, cinq cavalières ont répondu à mes questions :

  • Marion, 21 ans, 5 ans de pratique, travaille pour la chaîne Equidia
  • Camille, 22 ans, 14 ans de pratique, centre équestre Les Écuries du Vallon à Saint Jean de Cornies (34)
  • Claire, 24 ans, 15 ans de pratique, Les Écuries Le Goupil à Martinvast dans la Manche (50)
  • Margaux, 21 ans, 13 ans de pratique, Écurie de l’Orangerie en Belgique
  • Agathe, 23 ans, 17 ans de pratique, Club Cherveux à Niort dans le Poitou-Charentes (79).

— Camille

  • Quelles sont les qualités nécessaires à la pratique de l’équitation ?

« Monter à cheval ne demande pas de qualités physiques particulières, c’est plutôt un état d’esprit ! »

— Agathe

« Un•e bon•ne cavalier•e doit être patient•e et à l’écoute. L’équitation a cette particularité d’être le seul sport où l’entente avec l’animal est primordiale. Le cheval est capable de sentir nos émotions si on est énervé•e, si on a peur, si on est triste… et inversement : les chevaux ont eux aussi leurs humeurs ! »

— Camille

« Il faut aussi savoir gérer les échecs, car lorsque l’on chute, on a tendance à très vite perdre confiance en soi, et ça devient un vrai cercle vicieux : on chute, donc on a peur, donc on rechute, donc on a encore plus peur… »

— Marion

« Il faut savoir se remettre en question, savoir donner beaucoup d’amour et avoir beaucoup d’écoute ! »

— Margaux

  • Quelles sont les différences notables entre la pratique du saut d’obstacles et celle du dressage ? Laquelle nécessite plus de travail que l’autre, des qualités particulières… ?

« Selon moi, le dressage nécessite une plus grande complicité avec son cheval que le saut d’obstacles. Le dressage est une discipline très précise et détaillée, il faut montrer une certaine perfection dans nos figures, à l’inverse du saut d’obstacles qui a une visée plus objective : sauter les obstacles sans faire tomber les barres et dans un temps donné. »

— Marion

« Ce sont deux disciplines différentes mais qui sont inséparables, surtout si l’on fait beaucoup de saut d’obstacles. Pour avoir un cheval aux ordres, bien en équilibre et bien musclé, il faut du travail de fond en dressage, lui apprendre la base. »

— Camille

« Le dressage reste une discipline beaucoup plus calme, plus pointilleuse, plus posée…  »

— Margaux

« Le saut d’obstacles est une épreuve intense, rapide et physique. Il faut aimer l’action et avoir beaucoup d’énergie. »

— Agathe

« Le saut d’obstacles est BEAUCOUP plus populaire que le dressage pur. Il est en effet plus facile d’accès que le dressage qui demande plus de patience et où les résultats se font sentir sur la durée. »

— Claire

— Agathe

  • Quelles sont les valeurs que vous a appris la pratique de l’équitation ?

« La patience, la douceur et la persévérance. Et le travail bien fait, car la moindre petite erreur sur un cheval en apprentissage peut être un réel problème par la suite. »

— Camille

« Pendant des années, mon club fut ma deuxième famille. Je m’y sentais tellement bien que j’y serais allée tous les jours si mes parents m’avaient laissée faire. Alors oui, c’est une passion, mais pas seulement. Ce que l’équitation et le club ont pu m’apporter adolescente n’a pas de prix : une vraie bouffée d’oxygène ! »

— Claire

« En montant à cheval, j’ai appris la maîtrise de moi. Il faut pouvoir mettre ses émotions de côté pendant le cours : si vous êtes énervé•e ou en colère le cheval le sentira et sera beaucoup moins réceptif, et le cours risque donc d’être pénible pour vous comme pour l’animal. »

— Agathe

« L’équitation m’a appris la patience. Avant de monter à cheval, il faut le préparer, le brosser, le chouchouter et l’équiper. Et après la leçon, le dé-seller, le rebrosser, vérifier qu’il ne s’est pas fait de bobos… Beaucoup de gens râlent une fois leur leçon finie, mais ça fait partie du deal : il t’a porté•e pendant une heure alors la moindre des choses, c’est de le chouchouter un peu et de prendre soin de lui. »

— Marion

  • Est-ce un sport qui demande beaucoup d’investissement hors entraînements et compétitions, notamment pour s’occuper de son cheval ? Est-ce un sport coûteux ? Quels sont les équipements nécessaires ?

« Un cheval demande énormément d’attention. Bien sûr, on peut partir en vacances tranquille s’il est dans un centre équestre, mais contrairement à ce que l’on peut penser, un cheval aime que l’on s’occupe de lui régulièrement, et pas seulement pour travailler. »

— Camille

« Pour mes cours à l’année — une heure par semaine — avec assurance et abonnement, je paie environ 700€. Bien sûr, mon club est dans la campagne perdue en banlieue. À Paris, je n’ai aucune idée des prix mais ce doit être le double. »

— Claire

« L’équitation reste un sport assez coûteux mais il est accessible lorsqu’on le pratique en club et qu’on est pas propriétaire. La pratique de l’équitation en club ne nécessite pas beaucoup de matériel. Par contre, lorsqu’on devient propriétaire, l’investissement devient beaucoup plus important et car il faut acquérir le matériel du cheval (selle, filet, licol, tapis, protections…). »

— Margaux

« L’équipement personnel du/de la cavalier•e comporte : culotte, bottes, bombes, parfois du matériel de pansage (les clubs le fournissent mais beaucoup de cavalier•es préfèrent avoir le leur). Grâce à des enseignes comme Décathlon, on peut s’habiller pour 100€ mais les prix peuvent s’envoler si l’on monte dans le haut de gamme. »

— Agathe

— Margaux

  • Comment se déroule une compétition en général ? Quelle est l’ambiance qui y règne ?

« Je ne suis pas tellement amatrice de compétitions de haut niveau, je préfère les épreuves inter-club qui sont beaucoup plus sympas et dans une ambiance familiale tout en entretenant un appétit pour la gagne. »

— Camille

« Les épreuves d’obstacles sont assez intenses. Le parcours étant connu dix minutes avant le début de l’épreuve, les cavalier•es doivent reconnaître le parcours pour le mémoriser avant d’aller s’échauffer avec leurs chevaux. Pour le dressage, le parcours est communiqué avant et peut être mémorisé à l’avance. »

— Agathe

« L’ambiance y est plutôt familiale. Je ne sais pas trop comment le public peut percevoir ces concours de l’extérieur, mais de l’intérieur c’est vraiment sympa. Les cavalier•es se connaissent presque tou•tes entre eux, ils/elles sont faciles d’accès, gentil•les. Pour résumer, l’ambiance c’est « Concurrent•es sur la piste, ami•es dans la vie » ! »

— Claire

« Il y a une vraie solidarité dans ce milieu, on l’a vu au CSI de Vérone, lors de la mort du cheval d’Eric Lamaze, Hickstead. L’émotion était à son comble, la compétition a été suspendue, le public était en pleurs, même sur le plateau que nous présentions, c’était palpable… C’est un monde peu connu, mais très solidaire et humain. »

— Marion

  • Quel est le niveau global des cavalier•es français•es dans les compétitions mondiales ? Quelles seront les chances françaises lors des J.O. de Londres en été prochain ?

« Au niveau dressage et saut d’obstacles, on ne va pas se leurrer, les pays du Nord de l’Europe et la Grande-Bretagne sont meilleurs. Mais nos cavalier•es français•es se défendent bien et Kevin Staut, Pénélope Leprevost ou encore Nicolas Touzaint sont en bonne mesure de nous ramener peut-être une médaille, qui sait ? »

— Camille

« Niveau dressage c’est un peu la cata, la France n’a pas réussi à se classer par équipe, il faut attendre les résultats individuels pour savoir qui concourra sous le drapeau tricolore… en concours complet, on est pas mal, mais l’équipe doit encore faire ses preuves. Les dernières années ont été très moyennes, disons qu’ils/elles nous avaient habitué•es à mieux, et que les concurrent•es sont plutôt fort•es. »

— Claire

Infos et liens

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 42 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Scail
    Scail, Le 19 août 2016 à 8h40

    Article sympa mais y'a quelques erreurs quand même :cretin: en compétition de dressage on ne demandera jamais de pas espagnol, c'est une figure de haute école certes, mais pas de dressage en compétition, elle est plutot utilisée en spectacle qu'autre chose (comme la croupade ou la levade aussi d'ailleurs)
    Sinon pour les curieu.x.ses que ça a attiré, rendez vous aujourd'hui à 15h pour la grande finale de saut d'obstacle en individuel où on peut encore potentiellement gagner une médaille !

Lire l'intégralité des 42 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)