Cinq écrivains à la carrière de fifou

Certains auteurs ont une carrière hallucinante, du genre qui fait se demander s'ils prennent des amphétamines. Petite sélection d'écrivains extraordinairement prolifiques.

Cinq écrivains à la carrière de fifou

Stephen King

Peut-être avez-vous déjà entendu ce nom quelque part… À 64 ans, Stephen King est le benjamin de cette sélection mais a néanmoins publié plus de cinquante romans, cent cinquante nouvelles et quatre cent essais – notamment au sujet de l’écriture… ou du base-ball. Il faut dire qu’il a produit sa première nouvelle à six ans, un âge où la plupart d’entre nous savions à peine gribouiller la date du jour.

S’il est principalement connu pour ses œuvres horrifiques et fantastiques, il a aussi exploré d’autres genres comme l’anticipation dystopique avec Marche ou crève et Running Man, publiés sous le nom de Richard Bachman. Il avait choisi de prendre un pseudonyme pour vérifier si son succès était dû à la chance ou s’il pouvait le réitérer ; ses livres ont bien marché, jusqu’à ce que la supercherie soit révélée et que les ventes explosent.

Stephen King a reçu de nombreuses récompenses littéraires, dont plusieurs pour l’ensemble de sa carrière. Son dernier livre paru est La Clé des vents, le huitième tome de sa série La Tour sombre ; la traduction française est prévue pour le 13 juin prochain. La suite de Shining est également prévue pour 2013.

C.J. Cherryh

C.J. Cherryh à une convention de SF

Plus vieille (69 ans) (allez, on va classer par âge) mais moins connue, C.J Cherryh a tout de même un astéroïde à son nom, 77185 Cherryh, découvert en 2001 par des astronomes amateurs. Elle écrit de la science-fiction et de la fantasy, et a publié plus de soixante romans depuis les années 70. Elle aurait commencé à écrire à 10 ans, frustrée par l’arrêt de sa série télé préférée, Flash Gordon (en ce moment, quoi que j’écrive, ça retombe sur les séries).

Il lui fallut pourtant attendre ses 34 ans pour que ses romans soient édités pour la première fois, avec Les portes d’Ivrel et Frères de la Terre. Elle rencontra immédiatement le succès auprès des critiques, et obtint même l’année suivante un prix du « Meilleur nouvel écrivain ». La plupart de ses romans de SF font partie de son « univers Alliance-Union », qui regroupe plusieurs sagas de space opera dont les personnages et les intrigues se croisent.

En 2012, elle a publié Intruder, qui ne sera probablement pas traduit en français avant un bon moment puisqu’il fait partie de la série L’Univers Étranger, dont les derniers tomes ne sont pas sortis en France.

Michael Moorcock

On continue dans l’ordre des âges avec Michael Moorcock, 72 ans. Personne n’a vraiment eu le courage de compter ses œuvres : en 1981, Le Livre d’Or de la science-fiction en avait recensé plus de 200 (en incluant les nouvelles) et il ne s’est pas arrêté là. Plus d’une cinquantaine de ses romans sont parus en français. Comme beaucoup d’auteurs de fantasy et de SF, il a écrit beaucoup de nouvelles pour des revues et des romans « alimentaires ».

Michael Moorcock est principalement connu pour Le Cycle d’Elric qui raconte les aventures du héros éponyme, empereur albinos et désespéré d’une île décadente – quelque chose de joyeux. Ces romans s’inscrivent eux-même dans un ensemble plus vaste, l’Hypercycle du Multivers (une histoire de mondes parallèles qui permet de créer des liens entre les différentes sagas de l’auteur, comme Hawkmoon).

Michael Moorcock a aussi écrit de la science-fiction, mais beaucoup moins que de la fantasy. Son dernier ouvrage paru en France est London Bone, qui date de 2008, un recueil de nouvelles. Il a lui aussi reçu un nombre considérable de prix mais, bien plus important, il a écrit un livre Doctor Who : The Coming of the Terraphiles.

Joyce Carol Oates

Rassurez-vous si vous commencez à en avoir marre d’entendre parler de fantastique, science-fiction et fantasy : Joyce Carol Oates (73 ans et plus de 70 livres à son actif) fait plutôt dans le contemporain. Inspirée par Faulkner, Dostoïevski, Hemingway ou les sœurs Brontë, elle a commencé à écrire à l’âge de 14 ans. Elle fut publiée pour la première fois en 1963 (un recueil de nouvelles), et sortit son premier roman l’année suivante.

L’oeuvre de Joyce Carol Oates compte une majorité de romans mais aussi des nouvelles, de la poésie et des essais (elle est aussi professeur de littérature à l’université). Ses thématiques de prédilection sont assez sombres : les relations de pouvoir, la manipulation, la tension créée par la sexualité… Son livre le plus célèbre est Blonde, une biographie romancée de Marilyn Monroe – très longue mais très entraînante. Elle a aussi publié des romans policiers, sous les pseudonymes de Rosamond Smith et Lauren Kelly.

Son dernier livre, paru en 2012, est un recueil de nouvelles intitulé Le musée du docteur Moses ; il s’inscrit dans la lignée de ses histoires un peu glauques. L’avant-dernier, J’ai réussi à rester en vie, racontait sur un ton très différent mais toujours avec son style particulier un peu étrange la perte de son mari, avec qui elle avait passé plus des deux tiers de sa vie.

Robert Silverberg

Robert Silverberg à une autre convention de SF

Revenons à la science-fiction avec notre doyen, Robert Silverberg, 77 ans. Il a à son actif plus de 500 nouvelles, 60 romans « classiques » et 100 de SF. Passionné par ce genre, il en écrit depuis l’âge de 13 ans, et a soumis ses premiers textes à des revues l’année suivante ; il réussit à faire éditer une de ses nouvelles à 18, et en cinq ans il publia plus de 200 textes dont 11 romans – un sacré départ.

Il s’est ensuite calmé, las de la faible qualité de son travail, et s’est éloigné de la science-fiction pour écrire sur des sujets variés comme la paléontologie ou l’exploration de terres inconnues. Au cours de sa vie il est ensuite revenu à la SF, avec des textes plus personnels et moins commerciaux que ceux qu’il avait produits auparavant. Il a également écrit plusieurs livres de fantasy, dont les plus célèbres font partie du Cycle de Majipoor.

Robert Silverberg a eu autant de pseudos que certains auteurs font de livres dans toute leur carrière – ce à cause de ses multiples collaborations avec des revues. Il a reçu plusieurs récompenses, dont une neuf fois (le prix Locus). Les vestiges de l’automne, son dernier livre paru en France en 2010, est un court roman ; c’est en réalité le synopsis d’un tome qui aurait dû clore une trilogie, mais qui ne verra jamais le jour pour des raisons éditoriales.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Swirly
    Swirly, Le 20 juin 2012 à 17h11

    Léléa;3273411
    Joyce Carol Oates c'est bien, mais assez inconstant.
    Par exemple j'ai lu Nulle et Grande Gueule, Zarbie les Yeux verts et Un endroit où se cacher, qui étaient bien. Tristes, mais bien. En fait, c'est quand elle écrit en jeunesse qu'elle est le plus claire et qu'elle me touche le plus je trouve.
    Mais j'ai lu Je vous emmène - enfin, en fait j'ai pas pu aller au bout tellement ca m'a déplu, ce qui est rare chez moi! - et c'a été une profonde déception. J'ai pu finir Johnny Blues, mais ca m'a vraiment perturbé. Dans le mauvais sens du terme. On ne comprend pas très bien la finalité du livre, et c'est très long.. Et il ne se passe pas grand-chose. Et c'est un petit peu glauque.

    Voilà mon petit avis personnel :cretin:
    Si vous voulez vous faire une idée, lisez les premiers livres cités!
    Ah je me sens moins seule pour Je vous emmène, c'était le premier livre que je lisais d'elle, et ça m'a vraiment pas poussé à en lire d'autres.

    Sinon c'est cool ce genre d'article, devrait y en avoir plus souvent :d

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