Comment j’ai forgé ma plume de reporter à l’étranger dans un média indépendant

Par  |  | Aucun Commentaire

Esther a fait ses premiers pas de reporter au sein de CrossWorlds. Elle te raconte cette expérience !

Comment j’ai forgé ma plume de reporter à l’étranger dans un média indépendant

Je vais te raconter une histoire, qui est celle d’une jeune étudiante. Elle a 19 ans et elle s’apprête à partir vivre un an en Afrique du Sud, dans le cadre d’un échange à Johannesburg.

On est alors en juillet 2015 et après avoir écouté les podcasts de Navo qui invite Damien Maric pour parler de « comment avoir sa vie rêvée », elle a décidé de créer son blog pour tenter de faire ses premiers pas de journaliste.

Objectif, un article par semaine. Un objectif qui sera relativement tenu jusqu’à ce qu’elle tombe tête la première dans une nouvelle aventure.

Cette fille, c’est moi. Et la nouvelle aventure porte le nom de CrossWorlds.

CrossWorlds, un média pour découvrir le monde autrement

CrossWorlds, à ce moment-là, c’est un média indépendant qui existe depuis 2 ans. Deux générations de correspondant·es bénévoles se sont succédé pour proposer depuis les 4 coins du monde des articles explorant un même objet : des regards croisés.

Cette idée a germé dans la tête de la fondatrice de CrossWorlds, Clara Wright, qui raconte cette aventure dans un billet :

« L’idée de croiser les perspectives de pays différents sur un même objet du quotidien m’est venue dans un taxi. J’allais partir vivre au Canada et je discutais avec mon chauffeur.

Je me suis demandé quelle serait ma première conversation, ma première rencontre avec mon futur pays d’accueil. Et j’ai pensé aux chauffeurs de taxi, à la sortie de l’aéroport. Quelle vie au volant allais-je découvrir ? »

Résultat : les taxis font l’objet du premier regard croisé, réalisé depuis le Brésil, l’Angola, Israël, le Liban, la Malaisie, l’Inde, l’Allemagne, Hong-Kong.

Dans les deux ans qui ont suivi, ils ont écrit sur la bière, la jupe, le ballon, le sexe opposé, le cimetière et bien d’autres choses.

Et moi je suis fascinée par leur capacité à faire découvrir un pays, une culture, en partant d’objets apparemment anodins.

Tu savais que les taxis volent à Sao Paulo, emblème des inégalités brésiliennes ? Ou que le cliché du « frat guy » s’approche de la réalité à Vancouver ? Que les serveuses chiliennes sont affublées de jupes très courtes pour faire vendre du café ? Que les collines de Deonar, en Inde, sont en fait des monceaux de déchets ?

J’ai tellement envie de les rejoindre pour moi aussi raconter l’Afrique du Sud à travers ces objets anodins que j’ai pris contact avec un ancien correspondant pour lui demander conseil.

J’envoie des messages avant même qu’ils n’aient lancé les recrutements.

CrossWorlds : ma première expérience de correspondante à l’étranger

Quelques semaines après avoir envoyé en guise de candidature mon premier reportage sur les grossesses adolescentes en Afrique du Sud (il faut croire que c’est une thématique qui m’obsède depuis un moment) – j’ai la joie de recevoir un mail qui dit que je peux rejoindre l’équipe !

Le mail stipule qu’il ne faut pas être susceptible, car les articles sont relus, revus, remaniés, corrigés par le bureau qui coordonne le tout depuis Paris. Alors je range ma fierté au fond de ma poche et j’accepte les retours qu’on me fait sur cet article.

Mais surtout sur les suivants ! Tout au long des 9 mois qui suivent, je réalise des reportages autour de l’eau, du téléphone, du journal, du mariage, pendant que d’autres travaillent sur les toits, le chat, le dancefloor…

Je suis même publiée dans Causette pour parler complexes et faits divers grâce à des partenariats.

En parallèle, on peut aussi traiter des sujets d’actualités et chaque fois, je reçois les retours de l’équipe parisienne pour améliorer mon travail.

CrossWorlds, c’est ma première vraie école de journalisme : j’y apprends à recevoir la critique, à savoir aussi manifester mon désaccord, à débattre de ce qui ferait un bon titre…

J’y aiguise ma plume et j’use mes baskets de reporter en herbe (métaphoriquement, certes).

J’interviewe des journalistes sur la presse sud-africaine de l’apartheid à aujourd’hui, je débats de polygamie avec des jeunes sud-africaines, je compare les gayprides de Johannesburg et de Soweto… Je raconte les manifestations contre le président Zuma et la colère des fermiers face à la sécheresse.

En somme, je découvre l’Afrique du Sud bien plus en profondeur et je rencontre des tas de personnes fascinantes !

Continuer de grandir grâce à CrossWorlds

À la fin de l’année, j’aime tellement ce projet et cette équipe que je décide de continuer à m’investir depuis la France.

Je rencontre enfin les gens avec qui j’ai bossé toute l’année, sans jamais les avoir en face de moi. Changement de perspective : je suis désormais du côté de ceux et celles qui relisent !

Là encore, c’est une nouvelle étape d’apprentissage : savoir faire des retours pertinents sur un article, repérer les sources qui manquent, réagencer si besoin les paragraphes, reformuler les passages flous et pointer les infos qui manquent ou au contraire celles qui sont superflues, ce n’est pas évident – heureusement Clara est là pour repasser derrière.

Avec l’équipe, on organise aussi des événements comme cette rencontre avec des associations qui se servent de la cuisine pour intégrer des réfugié·es, on met en place des partenariats pour faire gagner des appareils photos ou des box culinaires…

Je ne sais pas si on vous a déjà dit à quel point la vie associative est formatrice, mais moi j’ai toujours eu le sentiment d’y avoir appris – et retenu – beaucoup plus de choses qu’en cours.

Un crowdfunding pour un nouveau site pour CrossWorlds !

Je vous raconte tout ça, parce qu’aujourd’hui je suis encore membre de l’équipe. Je continue de relire des articles et de bosser sur différents projets.

Comme par exemple : notre CROSSFUNDING – tu l’auras compris, c’est le crowdfunding de CrossWorlds.

Le but est de lever assez d’argent pour payer la développeuse et la graphiste qui travaillent déjà sur notre nouveau site. Parce que c’est bien joli 5 ans d’existence, mais ça peut encore être mis en valeur par un site plus beau et plus pratique !

Tu t’en doutes, tu peux nous soutenir en faisant un don de quelques euros, en échange de quoi on te file des contreparties made in CrossWorlds ! Mais aussi simplement en partageant le crowdfunding pour le faire connaître à ton entourage.

À cette occasion, on organise aussi une soirée. Si tu es à Paris, ou que tu nous aimes suffisamment pour te déplacer (je m’adresse ici uniquement à ma mère je le sais bien, merci de ne pas relever), tu peux venir nous rencontrer le 26 avril prochain !

Toutes les infos sont sur l’événement Facebook, mais je peux déjà te dire qu’il y aura en principe de la bonne bouffe… et aussi du journalisme vivant.

Ça veut dire que plusieurs membres de l’équipe vont raconter une histoire en lien avec l’un des reportages réalisés pendant son année de correspondance – et en même temps, l’illustratrice Marguerite Boutrolle mettra en image ces récits.

Et guess what ? J’en fais partie ! Si tu veux en savoir un peu plus sur les coulisses de mon fameux premier reportage sur les grossesses adolescentes réalisé en Afrique du Sud, je te donne rendez-vous au Petit Bain, jeudi 26 avril.

Si jamais tu pointes ton nez là-bas, n’hésite pas à venir me faire coucou ! Je serai ravie de faire ta rencontre !

À lire aussi : Découvrez 8e étage, un nouveau site d’information internationale

8 surprises autour de l'apéro
choisies par Mymy & Charlie et valant + de 50€
18.90€ + livraison

Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Au croisement de la rubrique actu et de la rubrique témoignages, elle passe de temps en temps une tête à l’étranger pour tendre son micro aux madmoiZelles du monde entier !

Tous ses articles

Commentaires

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!