En 2017, les adolescents américains baisent moins qu’il y a 30 ans, mais comment se protègent-ils ?

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Une étude a été menée sur le rapport des jeunes Américains et Américaines à la contraception, et en voici quelques résultats.

En 2017, les adolescents américains baisent moins qu’il y a 30 ans, mais comment se protègent-ils ?

Aux États-Unis, une étude sur la contraception et les jeunes Américain•es vient d’être publiée.

Des jeunes plus abstinents aujourd’hui qu’en 1988

Les jeunes âgé•es de 15 à 19 ans aujourd’hui sont moins nombreux•ses à avoir déjà eu un rapport sexuel, par rapport aux années voire décennies précédentes.

Eh oui, en 1988, 52% des jeunes femmes de 15 à 19 ans avaient déjà eu un rapport ! Contre seulement 41% aujourd’hui. Pour les garçons, le taux est passé de 60 à 44%.

Les raisons avancées sont multiples, même si j’ai ma petite théorie sur le retour du conservatisme puisque « la morale ou la religion » sont les premières explications avancées par les jeunes filles pour n’avoir encore jamais eu de rapports sexuels.

35,3% des jeunes filles et 27,9% des jeunes hommes invoquent cette raison !

Perso, je note la différence d’environ 7,4 points entre les filles et les garçons et je blâme le slutshaming pour cela, mais ce n’est que mon humble interprétation.

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Les jeunes américain•es et la contraception

BREF, parlons contraception, pour ceux qui au contraire ont décidé que la morale ne les empêchait pas de s’adonner aux joies du plaisir charnel.

La bonne nouvelle, c’est que la proportion de celles et ceux qui utilisent un moyen de contraception augmente avec le temps : pas si irresponsables les «millennials» finalement !

Un millennial après avoir enfilé sa première capote : allégorie.

Aujourd’hui, c’est 99,4% des adolescentes actives sexuellement qui ont eu recours au moins une fois à une méthode de contraception.

Ce chiffre ne nous dit pas cependant si la contraception est utilisée à chaque fois…

Le retrait : toujours en vogue, toujours peu fiable

Et le bilan est à compléter par une autre statistique qui vient ternir le tableau : la seconde méthode de contraception la plus utilisée est… le retrait.

Je vous le dis tout de go, ça me fait hurler à chaque fois que je vois ce genre de statistiques. Car selon le Guttmacher Institute, le retrait est la méthode qui présente le plus haut taux d’échec en matière de contraception.

Cette technique n’est pas si inefficace que ça en soi : si elle est parfaitement utilisée, sur un an, 4% seulement de femmes y ayant recours tombent enceintes.

Mais dans les faits, la proportion globale de femmes tombant enceintes au bout d’un an d’utilisation de la méthode du retrait est plus proche de… 20%.

Peut-être parce que lorsqu’on découvre son corps et que l’on a ses premiers rapports sexuels, il est moins facile de le maîtriser que lorsqu’on a davantage d’expérience.

Et en plus, cette méthode ne protège pas des maladies et infections sexuellement transmissibles (pour ça, il n’y a que la capote – féminine ou masculine).

À lire aussi : Le stérilet est déconseillé aux nullipares, et autres idées reçues erronées sur la contraception

Des résultats qui poussent à s’interroger

Pourquoi donc, ces jeunes continuent d’utiliser le retrait ? Il faut prendre en compte la question de l’accès à la contraception, qui est primordiale, en plus de celle de l’éducation.

Bénéficier d’une éducation sexuelle correcte est un premier pas, mais pouvoir accéder financièrement à la contraception quand on en a besoin : c’est mieux.

Oh surprise, c’est justement ce que propose le Planning Familial ! Et effectivement, les projections du Guttmacher Institute estiment que sans l’organisation, les taux de grossesses non désirées et d’avortements seraient 15% plus haut qu’ils ne le sont actuellement.

Le Planning Familial est en effet plus apte à prendre en charge un plus grand nombre de patientes, plus rapidement que le reste des centres toujours selon le Guttmacher Institute. Des centres qui vont pourtant devoir absorber ces patientes si le Planning Familial venait à fermer complètement.

Pas étonnant que beaucoup de militant•es se battent bec et ongles pour préserver les fonds qui lui sont alloués, tout comme Amy Poehler et toutes ces autres stars américaines.

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Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Padawan en relations internationales, son passe-temps favori consiste à scruter l'actualité, une tasse de thé rooibos à la main.

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Voici le dernier commentaire
  • Lacus_Clyne
    Lacus_Clyne, Le 21 juillet 2017 à 19h48

    Moi, je pense que la généralisation d’internet et des smartphone est aussi un des facteur de la baisse de la sexualité. (Candy Crush et World of Warcraft sont de bon contraceptifs XD)
    On peut observer dans les bars et resto des groupes ou des couples où chacun est sur son téléphone. Même si (en général) on ne fait pas de sexe au bar ou au restaurant. Si ce comportement existe en public il existe aussi probablement en privé.

    Il ne faut pas y voir un jugement de valeur, je fais partie des concernées (c’est même un sujet de tension dans mon couple :ordi:). Lors de mes dernières périodes sans accès à internet (ni TV à part les chaînes TNT) j’ai indubitablement été plus proche de mon compagnon et fait plus d’activités avec lui (ce qui inclut le sexe :coiffe:).

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