Ces moments où vous avez pu compter sur votre sœur — Témoignages

À l'occasion de la sortie du Voyage de Fanny le 18 mai, des madmoiZelles nous racontent ces moments où elles ont pu compter sur leur sœur et leur précieuse relation.

Ces moments où vous avez pu compter sur votre sœur — Témoignages

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Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat avec Metropolitan.
Conformément à notre Manifeste, on y a écrit ce qu’on voulait.

Dans Le Voyage de Fanny, Lola Doillon s’intéresse à ces enfants juifs qui ont dû fuir la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Parfois livrés à eux-mêmes, loin de leurs parents et sans forcément avoir de leurs nouvelles ou savoir s’ils allaient les revoir, ces petit•es ont dû faire preuve de beaucoup de courage.

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Fanny n’a que douze ans, mais elle s’occupe de ses deux petites sœurs, avant de prendre la tête d’un groupe d’enfants. Nous avons donc voulu nous intéresser aux relations entre sœurs, et plus particulièrement à ces moments où les madmoiZelles ont pu compter sur leur sœur — de quelque façon que ce soit.

Une aide précieuse au quotidien

Pour beaucoup de madmoiZelles, une sœur, c’est avant tout une aide précieuse au quotidien, à plusieurs niveaux. Natacha se souvient par exemple d’un épisode où sa sœur l’a sauvée d’une belle dispute parentale :

« J’avais fait une fête chez mes parents, sans leur dire. La soirée avait dégénéré, et j’avais vraiment galéré à tout bien ranger. Une semaine après, j’ai entendu ma sœur se faire disputer par ma mère, qui lui disait qu’elle aurait pu faire brûler la maison, que c’était super dangereux, etc. Je suis donc ensuite allée voir ma sœur pour lui demander ce qu’il s’était passé.

Face au reste du monde, on est invincibles.

Elle m’a expliqué que ma mère avait vu une brûlure sur la moquette, et que sachant pertinemment qu’elle devait être due à une cigarette lors de la soirée, elle s’était dénoncée en disant que c’était son fer à lisser qu’elle avait laissé au sol… Ça ne semble pas être grand-chose dit comme cela, mais je pense que je m’en rappellerai toujours.

Ça marche comme ça dans notre fratrie : on peut être dur•es entre nous parfois, mais face au reste du monde, on est invincibles. »

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Eugénie a souligné le même aspect de sa relation avec sa sœur, qui lui a toujours apporté un soutien à toute épreuve :

« J’ai pu compter sur ma sœur très très souvent. C’est quelqu’un qui ne juge jamais et qui essaye toujours de comprendre. Durant ma crise d’adolescence, elle a su trouver les mots en me disant simplement « Je sais ce que ça fait, je suis passée par là », et j’ai su que j’arriverais à aller mieux. Elle a surtout été là durant les conflits avec ma mère pour lui expliquer des choses que je n’arrivais pas à dire.

C’est à elle que je dis toutes ces choses secrètes dont j’ai parfois honte.

D’ailleurs, dans une famille de six enfants (recomposée), nous sommes deux à être dans le même monde, avec les mêmes goûts qui sont très différents du reste de la fratrie.

Elle a été présente durant mon emménagement, mes problèmes avec mes copains, mes relations avec les autres ; elle a été à mes galas de danse, mes concerts de musique, m’a payé ma paire de pointes.

C’est à elle que je dis toutes ces choses secrètes dont j’ai parfois honte, en sachant qu’elle accueillera mes paroles de la manière la plus intelligente et aimante possible. »

Les sœurs de Charline l’ont aidée d’une façon similaire, lui parlant de leurs expériences et lui apprenant ainsi que tout le monde passait par certains sentiments ou comportements, que sa situation n’avait rien d’anormal ou d’insurmontable. Cela l’a aidée à prendre confiance en elle, à mieux se débrouiller — un soutien de taille au quotidien.

 

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Des coups de pouce qui font la différence

Parfois, les sœurs donnent un coup de pouce, un conseil qui change beaucoup de choses et consolide leur relation. Cette madmoiZelle a ainsi pu se sortir d’une situation professionnelle périlleuse :

« J’ai vingt-trois ans et ma sœur vingt-huit. Elle a toujours été pour moi un exemple de force et de courage. Une espèce de guerrière socratique, toujours prête à dire la vérité et à agir avec intégrité, quitte à s’attirer des ennuis.

Je suis d’un naturel plus réservé et j’ai toujours eu du mal à avoir confiance en moi et en ce que je vaux. C’est donc avec beaucoup d’admiration que je l’ai régulièrement vue s’attirer les foudres de ceux qui l’auraient aimée un peu plus docile et malléable.

Puis, il y a quelques années, je me suis engagée dans un service civique qui se passait mal. C’était ma première vraie expérience professionnelle et je ne savais pas si la façon dont on me traitait était normale ; j’en venais à me dire que je devais être réellement incompétente et que je méritais d’être rabaissée et sous pression en permanence.

Elle m’a encouragée à ne pas me laisser faire.

J’ai appelé ma sœur, je lui ai expliqué la situation et elle m’a dit : « Même si tu fais des erreurs, personne n’a le droit de te traiter comme une merde ».

Ça a eu l’effet d’un électrochoc qui m’a permis de sortir la tête de l’eau. Elle m’a encouragée à ne pas me laisser faire, m’a rappelé mes droits et les recours dont je disposais.

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Ça m’a décidée à démissionner et à parler à ma patronne pour lui dire tout ce que je pensais qui n’allait pas dans sa façon de traiter ses employés. Cette décision a été très importante, c’était la première fois de ma vie que je disais à quelqu’un « Tu refuses de me respecter, eh bien je vais te forcer à le faire, parce que je le mérite ».

C’est aujourd’hui un acquis, et je n’hésite plus à m’affirmer dès que je sens que quelqu’un essaye d’essuyer ses groles sur ma petite tête. Ma sœur, avec son expérience et sa force de caractère, est pour moi un repère indispensable qui m’aide à voir ce que je veux et ce que je vaux et à agir en conséquence. »

À lire aussi : Comment j’ai compris que je valais quelque chose

Pour Astrid, c’est une remarque de sa sœur sur son couple et ses parents qui a été décisive :

« Quand j’avais vingt ans et Daphnée quinze, mes parents m’interdisaient de voir mon copain. Je me rappellerai toujours de ce jour où, après une énième prise de tête avec mes parents, je voulais rejoindre mon copain et découcher pour la première fois.

Daphnée m’a alors dit : « Tu t’en fous, vas-y et rentre demain. De toute façon, qu’est-ce qui va t’arriver ? ». Je me suis dit que ce n’était pas faux.

Elle a toujours eu ce courage dont je manquais face à nos parents.

Ce jour-là, elle m’a donné le courage d’affronter nos parents, d’affirmer mes choix, chose que je n’aurais jamais osé faire auparavant, et j’ai passé un super moment, sans me prendre la tête.

À partir de cet instant, mes parents ont compris qu’ils devaient me laisser faire ma vie et que j’étais assez grande. Je me suis donc affirmée ; sans ma petite sœur, je n’y serais peut-être jamais arrivé. Elle a toujours eu ce courage dont je manquais face à eux.

Elle nous a quittés un an plus tard. Aujourd’hui, je suis mariée avec le-dit copain et nous avons une petite fille. Je me dis parfois que sans Daphnée, j’aurais peut-être lâché l’affaire. »

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… et une aide dans les épreuves de la vie

Face aux épreuves difficiles de la vie, les madmoiZelles ont pu compter sur leur sœur. Celle de cette madmoiZelle l’a ainsi aidée à mettre un terme au harcèlement scolaire dont elle était victime :

« Mes années de primaire ont constitué les pires moments que j’ai vécus à l’école : je me sentais très mal avec les autres élèves, et mes deux « meilleures amies », à qui je vouais une admiration inégalable, me harcelaient psychologiquement… Je n’en parlais jamais à la maison, puis un soir j’ai craqué auprès de ma sœur.

C’est elle qui m’a permis de me libérer, de reprendre confiance en moi et de me déculpabiliser.

Elle a trouvé les mots justes, m’a permis de comprendre beaucoup de choses, de me redonner confiance en moi et de me déculpabiliser face à tout ce qui se passait avec mes si gentilles copines. C’est elle qui m’a permis, surtout, de me détacher de mes détracteurs, et de libérer mon côté extraverti. »

La sœur de Naomi l’a, quant à elle, aidée à faire face à une grossesse non désirée :

« Il y a deux ans, je suis tombée enceinte. J’étais trop jeune, étudiante, je n’avais pas de relations sérieuses. Je ne voulais surtout pas en parler à mes parents, mon père étant très croyant et la relation avec ma mère n’étant pas géniale.

Je sais que ma sœur sera toujours là pour moi et inversement.

La seule personne à qui j’ai eu envie d’en parler, c’est ma sœur. Pendant toute cette période, elle m’a accompagnée, écoutée, rassurée, aidée dans les démarches concernant l’avortement… Sans elle, j’aurais été incapable de faire face à cette grossesse.

Je sais que ma sœur sera toujours là pour moi et inversement. Elle m’a aidée à grandir et m’aide toujours dans les épreuves de la vie. »

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Un soutien salvateur

Et parfois, le soutien de sa sœur va jusqu’à être salvateur. Aline et sa petite sœur ont dû affronter ensemble un drame, et chacune a permis à l’autre d’y survivre.

« Un drame de la vie nous a fait passer de complices à essentielles l’une pour l’autre. L’été de ses dix-huit ans, ma sœur et moi (ainsi que mon frère et ma mère) avons perdu notre papa des suites d’un cancer. La maladie, l’accompagnement de fin de vie, l’adieu puis le deuil sont des épreuves qui peuvent arriver à tout le monde. Chacun•e y est sensible différemment, mais pour nous, ça été une évidence : il fallait qu’on se raccroche l’une à l’autre pour survivre à ça.

Ça a été la naissance d’une âme sœur.

Le matin suivant la mort de notre père, je suis entrée dans la chambre d’Anaïs qui était en train d’accrocher des tas de photos de lui, d’eux, de nous sur le mur, et je lui ai dit : « Tu sais quelle est la seule chose à laquelle je pense depuis ce matin, que je trouve désuète mais qui m’angoisse quand même ? ». Elle m’a répondu : « Oui : il ne sera pas là pour nous conduire à l’autel quand on se mariera ».

C’est l’instant qui a tout changé et qui a généré quelque chose un million de fois plus puissant que le cancer et la mort : la naissance d’une âme sœur.

Nous étions déjà sœurs depuis longtemps, mais on ne s’était pas encore trouvées. Je crois sincèrement que l’on peut avoir un lien de sang et passer à côté de l’autre toute sa vie. Être de la même famille ne suffit pas, il faut réussir à trouver chez l’autre ce qui nous différencie en plus de ce qui nous rassemble, pour créer une osmose.

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À cause de cette épreuve, nous avons été forcées de grandir plus vite et et de devenir plus fortes que d’autres, mais grâce à elle, nous l’avons fait ensemble. Mes soirs de logorrhée verbale, elle garde le silence, ses soirs de chagrin je gère les mouchoirs ; les jours de cafard je remplis son verre et elle le fait trinquer très fort sur le mien, et quand personne ne sait ce que je ressens, je n’ai qu’un regard ou un mot à lui dire et je sais qu’elle, elle le sait. »

 

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Une relation privilégiée

Aline considère sa sœur comme son âme sœur :

« Elle est la raison pour laquelle je me suis battue ces dernières années pour être une meilleure personne chaque jour. Elle est la personne sur cette Terre qui mérite que je lutte contre les tensions familiales, la dépression, la fuite, le conflit, la colère, la terreur de vivre et l’angoisse de la maladie, et je sais qu’elle a fait tout son deuil dans la même démarche de protection envers moi que j’ai eue envers elle.

Je ne ressens jamais aucun jugement dans ses propos ou son regard : même quand il y a du désaccord dans nos conversations, il y a une bienveillance évidente.

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Aujourd’hui, ma sœur est ma meilleure amie, mon âme sœur, ma personne, mon essentielle (big up Emmanuel Moire). Nous ne vivons plus sous le même toit ni la même ville pour le moment, mais nous communiquons quasiment tous les jours. Nous partons en vacances rien que toutes les deux une fois par an, on partage ce qui est important et ce qui l’est moins, chacune a son jardin secret et sait qu’en cas de coup dur, l’autre n’est jamais bien loin.

Je crois que le dernier cadeau de mon père avant de nous quitter a été de nous mettre chacune sur la route de l’autre afin qu’on puisse enfin se rencontrer et se trouver. Cette relation entre ses filles est le plus bel accomplissement qu’il pouvait laisser derrière lui. »

Ce n’est pas tout à fait le cas d’Élisa, qui considère sa sœur comme indispensable à sa vie, mais différemment d’une meilleure amie :

« Je ne considère pas ma sœur comme ma meilleure amie, parce que c’est ma sœur, c’est différent. C’est quelque chose que l’amitié ne peut pas complètement appréhender selon moi. Ma sœur est la personne avec laquelle j’ai grandi : on a un très large socle de références communes, un nombre de private jokes incalculable, et il nous suffit de nous regarder pour nous comprendre.

Personne ne lui arrive à la cheville !

J’ai eu des amies qui me considéraient comme leur sœur et j’ai toujours été très touchée, mais je n’ai jamais pu faire pareil parce que ma sœur, c’est sacré !

Je l’aime trop pour considérer que je peux avoir le même type de relation fraternelle avec quelqu’un d’autre ! Personne ne lui arrive à la cheville (bon ok, peut-être que je ne suis pas objective). D’ailleurs, je parle souvent de ma sœur à mes amis en la présentant comme « une moi, mais en mieux » ! Je pense ne pas me tromper là-dessus, puisque toutes les personnes qui l’ont rencontrée l’ont appréciée.

Ma sœur, maintenant, c’est un peu mon roc et une personne indispensable à ma vie ! Je sais qu’elle sera toujours là pour me donner ses précieux conseils et me faire rire avec ses imitations et ses délires complètement barrés. »

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Hadoniss
    Hadoniss, Le 24 mai 2016 à 16h19

    J'ai eu un gros, gros chagrin d'amour à 20 ans. C'était abominable, je me sentais au fond du trou, incapable de dormir car je n'arrivais pas à m'arrêter de pleurer.
    Ma soeur, qui en avait 23 à l'époque, a dormi dans la même chambre que moi un soir. Elle n'a rien fait de particulier, et rien dit de particulier (et en même temps rien de ce qui pouvait être dit n'aurait pu me consoler) et pourtant je la sentais LA ; présente, compatissante. Elle n'a rien dit, mais elle a écouté, supporté, et ça a été bénéfique pour moi. Je me souviens toujours de cette nuit où je me sentais pire que rien du tout, et elle m'a fait sentir que non. Merci Sista :v:

    et dans l'autre sens, avec ma petite soeur nous sommes allées nous faire tatouer ensemble l'été dernier. On a 4 ans de différence et je suis donc son aînée, :cretin: à ce titre je suis passée en 1er parce qu'elle avait un peu la trouille. Et pour ne pas l'angoisser davantage, j'ai fait celle qui ne sentait rien du tout (alors qu'en fait, je douillais quand même un peu) et du coup elle était sereine au moment de passer. bon c'est après qu'elle a compris que j'avais bluffé... ;)

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