Les petites perles du cinéma d’animation français

Le cinéma d'animation français, en-dehors de quelques grosses œuvres comme « Kirikou » ou le dernier « Astérix », n'est pas toujours très connu. Pourtant, on y trouve de vrais beaux films, jolis à regarder et intéressants à absorber !

Les petites perles du cinéma d’animation français

Publié initialement le 12 août 2016

Le dernier Astérix est plébiscité par la critique. C’est un film d’animation, français qui plus est : je suis donc allée le voir, et je l’ai bien aimé (sans plus). Pourtant, j’en entends qui crient au génie, au renouveau de l’animation française, voire à sa « naissance » !

Certes, Le Domaine des Dieux est une réussite, mais vous savez quoi ? Au lieu de vous recommander ce film dont tout le monde vous chante déjà les louanges, je vais plutôt vous conseiller ce qui se fait de bien en France depuis plus de dix ans. Le cinéma français d’animation n’est pas forcément très connu, mais il vaut le détour !

Notre héritâââge

Pour le côté rétro, je vous recommande très chaudement de jeter un coup d’œil aux œuvres de Paul Grimault (Le Roi et l’Oiseau et la Table Tournante) et René Laloux (Gandahar, La Planète Sauvage et Les Maîtres du Temps). Poésie à tous les coups et une bonne dose d’humanisme avec, en prime, des délires visuels qui vont loin et se révèlent vraiment rafraîchissants dans une production globalement très formatée !

Ça a vieilli, c’est sûr, et ça rebutera peut-être ceux et celles qui ne sont pas fan du cinéma contemplatif, mais c’est formidablement bien.

Grimault Laloux

Le Roi et l’Oiseau (Paul Grimault, 1953 — ou 1979 pour la version qu’on connaît) Les Maîtres du Temps (René Laloux, 1982)

Ce qui m’amuse, c’est qu’à chaque fois qu’un film d’animation français lié à l’environnement et/ou à la science-fiction sort, on va immédiatement l’assimiler à des œuvres japonaises, notamment à du Miyazaki. Certes, il est difficile de nier l’influence mondiale de ce bon vieux Hayao, mais nom de nom, ces deux thématiques sont au cœur des préoccupations de nos cinéastes d’animation depuis genre… le début ! C’est un peu notre obsession nationale, en réalité.

Et puisque je suis en mode « chauvinisme », permettez-moi de dire (avec un peu d’humour) que l’influence de Miyazaki sur le cinéma d’animation français n’est qu’un juste retour des choses : après tout, il a bien piqué à Grimault son robot géant pour Le Château dans le Ciel !

Les films pour petits et grands

Si on cherche la qualité à tous les coups pour des dessins animés visibles par tous et garantis sans niaiserie, deux studios se démarquent : Folimage, fondé par Jacques-Rémy Girerd, et La Fabrique, fondé par Jean-François Laguionie, disciple de Grimault.

Mes préférés pour chaque studio sont respectivement Tante Hilda et Le Tableau. Ces deux films ont des scénarios malins, créatifs, sont vraiment très beaux et inventifs, et mettent en valeur des personnages féminins forts et atypiques : Tante Hilda, une botaniste excentrique entre deux âges, et Lola, une exploratrice curieuse qui questionne tout avec sagesse.

Girerd, Laguionie

Tante Hilda (Jacques-Remy Girerd, 2014) et Le Tableau (Jean-François Laguionie, 2011)

Vraiment, faites confiance à ces deux studios : je recommande même leurs films qui m’ont le plus déçue (c’est toi que je regarde, L’île de Black Mor) ! Comment ? Pourquoi ? Parce que c’est toujours joli, étudié et distrayant. Il y a un « standard » de qualité qui promet un bon moment à tous les coups.

Et puis, évidemment, il y a Michel Ocelot, dont le très iconique Kirikou est plus ou moins devenu la mascotte du dessin animé français. Pour ma part, j’adore ses courts-métrages (Les trésors cachés de Michel Ocelot), notamment Les trois inventeurs, et je suis une inconditionnelle de la princesse Chamsous-Sabah dans Azur et Asmar, une vraie merveille !

Animation

Azur et Asmar (Michel Ocelot, 2006), U (Serge Elissalde, 2005), Ernest et Célestine (Stéphane Aubier, Benjamin Renner et Vincent Patar, 2012), Le Jour des Corneilles (Jean-Christophe Dessaint, 2012)

En vrac, voici également quatre coups de cœur :

  • U, de Serge Elissalde, qui a un design super original et une histoire étrange et poétique avec de très jolis dialogues. Et puis… l’héroïne est une licorne
  • Ernest et Célestine de Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner, une coproduction belgo-franco-luxembourgeoise à l’aquarelle qui raconte l’histoire très touchante de l’amitié entre une souris et d’un ours.
  • Le Jour des Corneilles de Jean-Christophe Dessaint (le film devait au départ être réalisé par Serge Elissalde, d’ailleurs), un conte fantastique autour de la relation entre un père et un fils qui vivent retirés loin de toute civilisation et font face au deuil ainsi qu’à une société aussi fascinante qu’hostile.
  • Un monstre à Paris, de Bibo Bergeron qui a réalisé l’excellent La Route d’Eldorado et le (vraiment) moins bon Gang de Requins chez Dreamworks tout en fondant parallèlement Bibo films (Persépolis et la série animée Les Lascars). Ce film est plus «  hollywoodien » que les autres et montre un Paris finalement très touristique ; cependant, les personnages, clichés mais bien définis, sont très attachants et la musique de -M- forcément entraînante.

Les films pour les grands

Ces dernières années, les productions animées pour adultes étaient majoritairement issues de la bande dessinée. Je vais d’abord citer les deux excellents films d’Autochenille Productions (fondé par Antoine Delesvaux, Joan Sfar et Clément Oubrerie) : Le Chat du Rabbin, un bijou d’intelligence et d’humour avec en vedette un chat abyssin à la langue bien pendue, et Aya de Yopougon, qui manquait d’unité narrative mais donnait une vision très rafraîchissante et inhabituelle de l’Afrique, loin de l’exotisme d’Ocelot.

Autre adaptation de BD vraiment marquante : Persépolis, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, qui revient sur l’histoire récente de l’Iran à travers un récit autobiographique aux graphismes en noir et blanc proprement somptueux.

animation adultes

Le Chat du Rabbin (Joann Sfar et Antoine Delesvaux, 2011), Persépolis (Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, 2007), Lascars ( Albert Pereira-Lazaro et Emmanuel Klotz, 2009) et Les Triplettes de Belleville (Sylvain Chomet, 2003)

Lascars, d’Albert Pereira-Lazaro et Emmanuel Klotz, est adapté d’une série diffusée sur Canal+. Comme les films précédents, il est visuellement magnifique et dispose en plus d’un rythme survolté avec un humour efficace !

Je recommande également les deux films d’animation de Sylvain Chomet : Les Triplettes de Belleville et L’Illusionniste. Le premier m’a plu davantage, je lui trouve plus de rythme et d’inventivité, mais les deux sont formellement intéressants et très dépaysants. Bon, cela dit, ce n’est pas le genre de film à regarder seul•e un jour de pluie…

Et vous alors, que pensez vous de l’animation française ? Vous connaissez un peu ce domaine ? Quels films vous tiennent à cœur ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lune-demi_aile
    Lune-demi_aile, Le 13 novembre 2016 à 6h24

    =O Je viens de regarder Tante Hilda, comment j'ai pu passé à coté d'un film aussi génial pendant si longtemps?!?! Je compte regarder tous les autres films conseillés que je n'ai pas encore vu!!

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