Au boulot comme à la guerre

Pour Almira Gulsh, le travail, c'est la guerre. Et pas la p'tit guerre civile de campagne hein, non, LA guerre, celle qui menace l'avenir de l'humanité toute entière. La preuve.

Au boulot comme à la guerre

Le travail, c’est la guerre. Attention, il n’est pas question d’en chercher un. Là c’est carrément Armageddon et l’Apocalypse qui se foutent sur la gueule pour savoir qui a la plus grosse (fin du monde).

Non, je parle du travail, de celui que l’on a durement acquis en se disant “quand je l’aurai, au moins je serai tranquille”. HA HA, que nenni, c’est quand tu as trouvé un job que la bataille commence, et les ennemis sont nombreux à se poster en embuscade. Et alors pour les vaincre, autant se lever tôt…

1. Le miroir

Ah, le fourbe.

Dès le réveil, alors qu’on a encore la trace de l’oreiller sur la joue gauche et l’oeil droit tout collé, Sieur Miroir ouvre les hostilités. Il sait bien qu’il est hors de question de se rendre au travail avec des valises sous les yeux, le visage bouffi et le teint crayeux. C’est précisément pour ça qu’il ne rate jamais une occasion de nous montrer une image de nous blafarde, cernée et boutonneuse. Le tout avec un éclairage généralement si subtil, que malgré toute la finesse du monde, à la lumière du jour, rien à faire, on ressemble à Joan Collins.

2. Le placard

Un chien sans patrie celui là. Toujours plein de vide, même quand il vomit des tonnes de morceaux de tissus plus ou moins bien taillés. Jamais rien à se mettre.

Ah si tiens, je mettrais bien mon petit pull gris. Ah non merde, il est au sale. Bon, c’est pas grave, je vais mettre un slim rouge. Ah non, c’est vrai, j’ai un slim bleu et un slim vert, mais je n’ai pas de slim rouge. Bon, ben je vais mettre ma robe moulante en laine. Ah non, c’est pas possible, j’ai une cuisse de dinde aux marrons dans la fesse gauche et une bûche pâtissière dans la fesse droite. Et évidemment, il est exclu de se rendre sur son lieu de travail en jogging molletoneux. Ce qui pourtant, m’arrangerait bien parfois.

3. Le transport

Cherche pas, il n’y en a pas de bon. La voiture, ça coûte cher, ça tombe en panne, ça pollue, ça rend les gens nerveux, il n’y a jamais de place pour se garer, putain mais connasse, et la priorité à droite, c’est pour les pigeons?

Le vélo, après une matinée aux urgences, et 12 vélos volés (je détiens un record je crois), je suis formelle sur la perfectibilité de ce moyen de locomotion. Les transports en commun, c’est toujours en grève, ça pue, ça colle, et en plus faut toujours céder sa place aux femmes enceintes et aux personnes âgées. Le moyen idéal resterait la téléportation, ce qui, en plus, nous permettrait de traîner au lit plus longtemps.

4. La météo

Le beau temps, ça donne envie de tout, sauf d’aller travailler. La pluie, ça ruine tous les efforts qu’on a mis dans la bataille face au miroir en moins de deux (fonctionne aussi avec le vent). La neige n’a de sens que lorsqu’elle nous empêche d’aller travailler, sinon, c’est juste comme la pluie avec l’option gadin en plus.

J’estime que quand il fait froid, on ne devrait pas aller au turbin (c’est trop cruel), mais plutôt rester chez soi sous la couette en buvant du Nesquik et en regardant The Big Bang Theory en streaming tant que ça nous est encore possible (ah, mince). Et quand il fait beau et chaud, il est criminel d’avoir le cul vissé face à un écran d’ordinateur, quand on pourrait batifoler joyeusement dans les champs.

Tu le sens mon gros pouvoir hiérarchique ?

5. Les collègues

“Hé! Almira, tu t’es maquillée dans le noir ou quoi? HA HA HA HA”

“Il est sympa ton jogging là. Mon papy avait le même. Mais ça te va bien.”

CQFD.

6. Les sanitaires

Faut il vraiment entrer dans les détails ? Savoir que, 35 heures par semaine minimum, on va partager les WC avec JP l’informaticien et Marie-Jocelyne, la secrétaire du chef de service ne suffit-il pas?

7. La montre

À croire qu’elle le fait exprès celle-là. Le soir, la nuit, les week ends, elle fille à toute allure. En dehors du travail, t’as l’impression d’être Benny Hill tellement tu cours après la moindre minute. Par contre, en semaine, va savoir par quel miracle, entre 9 h et 18 h, les minutes sont d’une lenteur encore jamais égalée.

Évidemment, l’heure de pause déjeuner c’est l’exception qui confirme la règle. J’ai élaboré une théorie personnelle selon laquelle la montre est une véritable sadique. Non contente d’accélérer les bons moments et de ralentir les chiants, plus on la regarde, plus elle freine les minutes.

8. Internet

Le meilleur ami de la procrastination et le pire ennemi de la productivité. C’est une lutte de tous les instants que d’essayer de ne pas tomber à pieds joints dedans.

9. La hiérarchie

Le pire de tous. Celle là même qui essaie de te faire travailler plus pour gagner tout pareil, qui te dit des gros mots comme “rendement” ou “objectifs”. Oui oui, celle qui rigole grassement quand tu lui parles d’augmentation, comme si c’était la blague la plus marrante du monde. Ceux qui font la moue en disant “oui mais en fait non” quand tu demandes à poser tes congés.

Ceux qui te disent “c’est un peu irresponsable comme comportement” quand tu les appelles pour leur dire que tu ne viendras pas travailler aujourd’hui, vu que tu es terrassée par une grippe intestinale carabinée. Mais surtout celle contre qui tu ne peux trop rien dire tout simplement parce qu’elle tient les cordons de la bourse.

Et qui pense que ça légitime des paroles du genre “Mais enfin, Mademoiselle Gulsh, si ça ne vous convient pas de partager vos sanitaires avec JP le pétomane 39 h par semaine payées 35 h au SMIC, vous avez qu’à partir, hein ! Il y en a des centaines qui seraient prêts à tuer pour prendre votre place !”.

Celle qui croit aussi que dès que tu prends la moindre initiative, c’est que tu veux la dépouiller de sa place, de son salaire, de son bureau (le seul avec vue sur le parking, classe), et éventuellement de son aventure avec Pierrette de la compta, et qui par conséquent fera tout pour tuer ton ambition dans l’oeuf.

…La guerre je vous dis.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Purple Mind
    Purple Mind, Le 23 février 2012 à 16h10

    Pour tous les métiers où il y a contact direct avec le client, je rajouterais un point: les clients relous/malpolis/méchants (voire les 3 en même temps) qui en plus te prennent de haut et croient que tout leur est dû... un vrai bonheur!

    Heureusement il y a aussi leurs contraires: les clients adorables/polis/compréhensifs qui eux te redonnent foi en l'humanité et à qui t'as presque envie de faire des free hugs ;)

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