La Boucherie Éthique, la révélation qui a ébranlé mes convictions véganes

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Et si l’on pouvait produire de la viande sans tuer les animaux ? Sans même les faire souffrir ? Le documentaire des Parasites sur la Boucherie Éthique a ébranlé le véganisme de Clémence.

La Boucherie Éthique, la révélation qui a ébranlé mes convictions véganes

Mise à jour du 18 juin 2017 — Les Parasites, le collectif d’auteurs-réalisateurs-comédiens derrière le documentaire La Boucherie Éthique, organisent une session de questions-réponses en direct sur YouTube dimanche 18 juin à 21h.

Si vous n’avez pas encore pu regarder le film, prenez 45 minutes pour le découvrir… Sans rien lire avant ! Si c’est déjà fait, nulle doute que vous aurez des questions à poser à cette joyeuse bande de talents !

Mise à jour du 14 mai 2017 — Retrouvez en bas de l’article l’interview des réalisateurs, à lire après avoir vu le documentaire, bien sûr, ne vous spoilez pas !

Article original du 10 mai 2017 — En 2004, à 17 ans, je découvrais le véganisme. En bonne Française élevée dans le respect de la gastronomie et du terroir, j’ai tout de suite pris les tenants de cette philosophie pour de dangereux extrémistes ignorants du bon goût.

Mais rapidement, mise devant la cruauté de l’élevage industriel, l’aberration écologique et morale de l’abattage de millions d’animaux chaque jour, j’ai revu mon jugement péremptoire. Depuis 2012, je suis végane.

À lire aussi : Le véganisme au menu de « Libération », une petite révolution ?

Je vis très bien sans consommer d’animaux, mais dire que je n’ai jamais eu de regrets depuis ma transition serait un mensonge. Simplement, me rappeler la cruauté du processus de production de la viande suffit à m’en couper l’envie.

Alors, lorsque j’ai eu connaissance du concept de la Boucherie Éthique, par le très surprenant documentaire des Parasites, mes convictions véganes ont été ébranlées. C’est vous dire à quel point cette histoire est intrigante, et révolutionnaire.

Je n’en dis pas plus, je vous laisse prendre connaissance des quelques 45 minutes que durent cette enquête exclusive réalisée par le collectif Les Parasites.

La Boucherie Éthique, le documentaire des Parasites

C’est donc à Guillaume Desjardins, Jérémy Bernard, Bastien Ughetto du collectif Les Parasites que l’on doit ce documentaire révolutionnaire. J’avoue, je n’imaginais pas le futur de la consommation emprunter ce chemin de collaboration, de communion même entre les humains et les animaux.

Je suis donc allée liker la page Facebook pour en savoir plus, et suivre de près l’évolution de cet alléchant projet.

Et toi, qu’en as-tu pensé ? Tu consommerais de la viande éthique ? Pourquoi ? Viens en discuter dans les commentaires !


Spot de publicité de la Boucherie Éthique

À lire aussi : Je ne mange pas (que) des graines, promis : mon véganisme expliqué aux sceptiques

Mise à jour du 11 mai 2017, 9h51 — Si vous ne l’aviez pas vu, voici le texte publié hier en blanc sur blanc, lisible uniquement en surlignant cette partie. L’objectif de le rendre a priori invisible était de vous permettre de découvrir le docu sans vous spoiler.

La Boucherie Éthique, une habile démonstration par l’absurde

Bien sûr, la Boucherie Éthique est un énorme fake. Le film des Parasites n’est pas du tout un documentaire, mais une très habile démonstration par l’absurde qu’il n’y a pas de « viande éthique ».

Ça ne veut pas dire que les consommateurs de viande sont d’horribles monstres dénués d’empathie, ça veut juste dire qu’on ne peut pas manger de la viande sans tuer des animaux.

Alors, comment est-ce possible que tant de gens, pourtant totalement opposés à la souffrance animale inutile, défendent pourtant leur bifteck — littéralement, dès lors qu’on fait explicitement le lien entre le boeuf et la bavette ?

C’est un phénomène bien connu en psychologie, qu’on appelle la dissonance cognitive : c’est-à-dire notre capacité à réfuter les informations qui vont à l’encontre de nos croyances.

Comment la Boucherie Éthique court-circuite la dissonance cognitive

Fun Fact : le film des Parasites a été projeté en avant-première dans une salle de cinéma, entre 300 et 400 spectateurs étaient présents environ. Il nous a réellement été présenté comme un documentaire, ont présenté l’acteur principal comme s’il était son sujet.

Perso, j’ai grillé que c’était un fake dès la première mention de « boucherie éthique ». C’est un oxymore. Mais à la fin de la séance, pendant les questions-réponses avec la salle, les réalisateurs ont demandé qui y avait cru. Plus d’une dizaine de mains se sont levées, certaines personnes y ont cru jusqu’au cannibalisme (qui touche à tabou social très fort !)

Or chacun conviendra que le concept du prélèvement, de la pose de prothèse, rien de tout ceci n’a de sens économiquement. C’est complètement absurde. Mais le cerveau de certaines personnes préfère crédibiliser une théorie absurde, plutôt que d’enregistrer des informations contraires à ses croyances. En l’occurrence : croire que manger de la viande de qualité (bio, élevée sans cruauté par exemple) serait éthique.

C’est en ça que je trouve le film des Parasites absolument brillant : il embrasse la logique carniste sans jamais la juger, bien au contraire. Et si c’était possible ? Ils ont imaginé un monde dans lequel on peut manger des animaux sans les tuer. Sans les faire souffrir. Oui c’est impossible, oui, c’est complètement absurde. Mais à aucun moment, le film ne porte de jugement sur le carnisme.

Il court-circuite brillamment les mécanismes de la dissonance cognitive, pour nous permettre de réfléchir au sujet, loin des passions habituelles, des accusations, des reproches, des culpabilités.

Tout ceci n’est que fiction. La réflexion qui en découle, elle, est bien réelle.

Alors, qu’as-tu réellement pensé de ce faux documentaire ? Pour préserver la surprise, merci d’utiliser les balises SPOILER sur le forum pour commenter le canular (tu peux commenter sans spoiler pour laisser croire aux personnes qui n’ont pas encore vu le film que tu y as cru, toi aussi !)

Les réalisateurs des Parasites en interview

Mise à jour du 14 mai 2017, 9h31 — On a posé quelques questions aux réalisateurs du docu, auxquelles ils ont bien voulu répondre. Merci à eux !

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de ce concept de « prélèvement » ?

Les Parasites : L’idée est venue en écoutant un canular téléphonique où Jean-Yves Lafesse, se faisant passer pour une vieille dame, appelle un élevage de chien pour lui dire qu’elle est inquiète parce qu’elle a prélevé un morceau de filet sur son chien chinois qu’on lui a offert et que ça ne repousse pas comme le monsieur lui a dit.

On a trouvé l’idée extrêmement efficace pour montrer à quel point l’hypocrisie est grande face au sort des animaux ! On a ensuite poussé l’idée le plus loin possible..

C’est à peu près au même moment qu’on était en train de faire « M. Carotte », déjà un faux documentaire. On s’est dit que pour ce sujet et ce qu’on voulait en dire, la forme du faux docu était parfait : c’est ancré dans le réel, et donc ça oblige le spectateur à plus de réflexion et un jugement sur ce qu’il est en train de regarder. Et ça nous permet de ne pas avoir un message frontal sur la cause animale qui pourrait rebuter énormément de monde.

Est-ce que votre démarche est militante ?

Les Parasites : Notre démarche est clairement militante pour la cause animale oui. Il n’y a qu’une seule raison aujourd’hui pour continuer à manger des produits issus des animaux et c’est pour le seul plaisir gustatif. Ce qui nous paraît plutôt léger comme argument à côté de tout ce que cela implique derrière…

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Comme il y a déjà beaucoup de vidéos et de livres qui s’occupent frontalement de la question animale, nous avons préféré traiter le sujet par l’absurde et en court-métrage.

Qu’est-ce que vous espérez accomplir, susciter comme réaction en diffusant ce film ?

Les Parasites : On espère arriver à questionner et à toucher d’autres personnes qui autrement ne se seraient pas intéressées au sujet. Il y a énormément de monde qui n’ont simplement jamais « pensé » la question animale et leur façon de consommer, et qui sont pourtant sensibles à la souffrance animale.

Pour la majorité, tuer des êtres vivants pour manger leur viande, c’est acceptable ; les mutiler, beaucoup moins ! On essaye de mettre les spectateurs face à leurs contradictions.

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C’est pourquoi tout le documentaire est axé pro viande éthique et conclut même en disant “qui osera encore tuer les animaux quand il est possible de faire le choix responsable d’une viande éthique”.

Ce qu’on espère faire comprendre aux personnes qui le regarderont c’est qu’il n’existe pas de viande éthique. Et que la seule solution si on ne veut plus financer ce génocide animal, c’est d’aller dans le sens des personnes qu’on a ironiquement qualifié d’ « extrémistes » dans notre docu.

« Ironiquement » parce qu’on considère qu’il est, au contraire, extrême de tuer des animaux pour notre simple plaisir gustatif plutôt que de les laisser en vie.

D’ailleurs, les seuls dans notre film qui ont un discours cohérent avec des arguments recevables, que l’on mange de la viande ou pas, sur la Boucherie Éthique, ce sont Sébastien Arsac de L214 et Paul Watson de Sea Shepherd.

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Clemence Bodoc

Anciennement Marie.Charlotte, Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.


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Commentaires
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  • La Burgravine
    La Burgravine, Le 19 juin 2017 à 21h30

    Je n'avais pas le temps de regarder le docu, donc j'ai lu la suite (puis regardé la bande-annonce). Donc je vais peut-être dire des bêtises mais vous me le signalerez :)

    Quand j'ai lu l'explication, et plus encore quand j'ai regardé la bande-annonce, je me suis sentie passablement insultée. Bon, disons vexée. Déjà, le terme de "carniste", que je connaissais certes, mais également ceux de "logique carniste" : c'est quoi ce -iste ? Qui pense que je mange de la viande par conviction, pour faire souffrir des animaux ? J'en mange assez peu et en faisant attention à leur provenance, mais je me considère surtout comme simplement omnivore, n'ayant pas (encore) passé le cap du végétarisme. Mais bon.

    Mais alors, le coup du docu... Sérieusement, je veux bien qu'on me juge de manger de la viande, vraiment, mais qu'on me soupçonne d'être enthousiaste à l'idée d'amputer des animaux, là, je l'ai mal vécu. Si ç'avait été une petite vidéo de quelques minutes, encore... Mais non, justement, il s'agit d'un long reportage, on pense donc que les "carnistes" ne saisiront pas le truc avant un très long moment, et se diront "oui, pourquoi pas, après tout" jusqu'au moment fatidique où : en fait non ! Ah là là, ces carnistes qui seraient prêts à mutiler des animaux pour pouvoir manger de la viande en se donnant bonne conscience... Mais il paraît que ça ne juge pas : ça doit simplement expliquer gentiment que non, couper les membres des animaux, ça n'est pas mieux que de les tuer, non non.

    Bon. Je me suis un peu emportée. Je regarderai le docu quand j'aurai le temps, pour peut-être constater que ce n'est pas ça du tout, mais à la lecture de l'article, c'est clairement ce que j'ai compris, et ça m'est resté en travers de la gorge. Surtout le "on ne juge pas" : si c'est ça, c'est quoi juger alors ?

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