« Par bonheur, le lait… », le roman de Neil Gaiman illustré par Boulet

Cette semaine Lucie vous présente Par bonheur, le lait..., une histoire de Neil Gaiman illustrée par Boulet. Elle a attendu ce roman avec impatience, et il ne l'a pas déçue !

« Par bonheur, le lait… », le roman de Neil Gaiman illustré par Boulet

Par bonheur, le lait… de Neil Gaiman illustré par Boulet est un ouvrage que j’ai attendu avec autant d’impatience que le jour de mon anniversaire. C’est le genre de livre dont on guette le jour de parution après avoir eu vent de son existence. Pourquoi celui-là en particulier, me demanderez-vous ? Parce que non seulement l’auteur n’est pas des moindres, mais l’illustrateur non plus, et cette combinaison inattendue enthousiasme follement avant de chatouiller la curiosité.

J’ai eu envie d’enquêter, de comprendre le pourquoi du comment de ce projet. Et j’ai eu la joie d’apprendre plein de petites choses sur la genèse du roman en sirotant un Coca en compagnie de Boulet dans un café au nom improbable. Alors plus qu’une simple chronique de Par bonheur, le lait…, je vais vous raconter son histoire. Une jolie histoire de famille, aussi bien pour les personnages du roman que pour ceux qui l’ont fait venir au monde. Et pour vous, bientôt.

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Un hommage aux pères

L’idée de Par bonheur, le lait… a fleuri dans l’esprit de Neil Gaiman après le constat suivant : dans son livre Le jour où j’ai échangé mon père contre deux poissons rouges, le personnage du père est plutôt malmené et très mal considéré. Rongé par la culpabilité de leur donner une telle image, il a décidé d’offrir aux papas du monde entier une histoire grâce à laquelle ils seraient fiers de leur condition de géniteurs, une histoire qui leur rendrait hommage à eux, ces héros du quotidien. Ainsi naquit le texte de Fortunately, the milk…

C’est une histoire parfaitement farfelue et rocambolesque dans laquelle un papa a une mission de haute importance : aller acheter du lait pour le petit-déjeuner de ses enfants. Facile, me direz-vous. Pas tant que ça quand on se fait kidnapper par des extra-terrestres dans leur soucoupe volante, puis qu’on parvient à s’échapper mais qu’on tombe sur des pirates sanguinaires ! Par chance, ce pauvre papa est secouru par un stégosaure inventeur du ballon voyageur, mais parce qu’autrement ça ne serait pas drôle, tous deux ne vont cesser d’aller de mauvaise rencontre en mauvaise rencontre, avec cette angoisse constante de préserver par tous les moyens la précieuse bouteille de lait…

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Une lecture intergénérationnelle

Qu’en est-il de la naissance plus spécifique de Par bonheur, le lait… – de la version française, donc ? Marion Mazauric, éditrice au Diable Vauvert, publie Neil Gaiman depuis une trentaine d’années. Il était même un des premiers auteurs à être édité dans leur catalogue. Vous en conviendrez (parce que vous êtes des gens d’accord avec moi), on peut dire qu’il fait partie de la famille du Diable Vauvert.

Chaque année la maison d’édition publie l’un de ses titres, et il était pour eux inimaginable de laisser passer ce texte qu’ils destinent aussi bien aux petits qu’aux plus grands. Et c’est là sans doute, à mon sens, la force du livre. Par bonheur, le lait… est un roman jeunesse qui se lit comme on regarde, mi-amusé•e mi-interloqué•e, le dessin complètement barré de son petit cousin de 6 ans. Tout le potentiel absurde de l’imagination d’un enfant est là, avec ses domaines de prédilection, à savoir les dinosaures cosmiques, les poneys, les pirates ou encore les extra-terrestres.

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Mais c’est aussi un texte qui peut reposer sur la transmission parent-enfant et être lu à voix haute. Le côté très illustré du roman permet à l’enfant de contempler les pages tout en écoutant l’adulte en train de lire, et ce dernier devrait bien rigoler devant toutes les références à la culture des films d’aventures et de science-fiction. C’est une lecture intergénérationnelle, et pour un roman jeunesse, c’est plutôt rare, alors bravo.

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Une univers abracadabrant signé Boulet

Puisque l’on parle des illustrations, continuons le fil de notre histoire avec l’arrivée de Boulet au sein du projet. Le souhait de Neil Gaiman, c’est que le roman soit illustré par des artistes « locaux » dans chaque pays où il est publié, démarche atypique qui mérite d’être soulignée. On retrouve Chris Riddell dans la version anglaise, et Skottie Young dans la version américaine.

Au Diable Vauvert a donc dû partir en quête de l’illustrateur idéal, et c’est au cours d’un brainstorming que le nom de Boulet a été prononcé. Et ce fut pour toute l’équipe une évidence. En particulier pour l’éditrice, qui avait partagé le plaisir de la lecture de Raghnarok avec son fils, immense fan de la série. Ce fut aussi une évidence pour Boulet, qui accepta immédiatement le projet. C’est quand même beau une telle osmose !

Boulet a ainsi dessiné une soixantaine d’illustrations qui viennent rythmer le roman, dont il faut signaler que le texte est court (l’âge de base du lectorat est de 8 ans), avec toute les libertés du monde. Il s’est plongé dans cet univers abracadabrant à travers la version américaine et les dessins de Skottie Young. Parce que leurs styles sont tout de même quelque peu éloignés, il a souhaité proposer sa propre interprétation, plus inquiétante (mais pas moins absurde) que la vision échevelée de l’américain, et plus fournie en nombres d’illustrations.

Ça donne une véritable profusion de dessins, qui font alterner de grandes scènes sur page simple ou double dont on peut scruter tout plein de petits détails, des cabochons (petites illustrations) qui capturent l’instant avec dynamisme et expressivité aux « portraits de famille » à base de pirates et de vampires qui vous regardent droit dans les yeux avec un air pas commode.

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Et s’il y a tant de vie dans les dessins de Boulet, c’est peut-être parce que son inspiration est bien vivante. De fait, pour l’anecdote, si Neil Gaiman rend hommage à tous les papas du monde, Boulet, lui, rend hommage à sa propre famille et offre à ses personnages les traits de son frère (vous pourrez constater qu’il a une bonne tête de papa), sa belle-soeur et ses neveux. Il dissémine des clins d’oeil à son enfance, et puis même à l’enfance dans ce qu’elle a d’universel, se retrouvant alors dans la lignée de la démarche de Neil Gaiman.

On peut donc conclure en disant qu’ils se sont bien trouvés aussi, ces deux-là. Pour l’anecdote, dans la version anglaise Riddell a de son côté choisi de donner l’apparence de l’auteur au papa héros de l’histoire.

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Par bonheur, le lait… a coupé le cordon, pris son envol et la direction de toutes les bonnes librairies. J’espère que cet article aura su vous convaincre de l’accueillir à votre tour dans vos familles, et qu’il vous offrira de bonnes tranches de rigolade. Au passage, je dis ça comme ça, mais Noël approche.

— Merci à Boulet pour sa gentillesse et sa disponibilité, ainsi qu’à Marion Mazauric pour le temps accordé au téléphone.

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