Les Zèbres, des « faiseurs » élus et citoyens qui interpellent la classe politique

Contre « la grève du vote », des élu•e•s d’un nouveau genre se mobilisent pour proposer une autre idée de la politique, avec le collectif Bleu Blanc Zèbre.

Les Zèbres, des « faiseurs » élus et citoyens qui interpellent la classe politique

50 maires de France étaient invités du Grand Journal jeudi 16 avril, sur Canal+. Ils sont affiliés au mouvement citoyen Bleu, Blanc, Zèbre, fondé par l’écrivain Alexandre Jardin.

À lire aussi : Bleu Blanc Zèbre, un site de mobilisation citoyenne

Les Zèbres sont un « Do Tank », par opposition aux « Think Tanks ». Concrètement : plutôt que de réfléchir à des solutions, les Zèbres agissent. Ils font à leur niveau, et provoquent le changement à leur échelle.

Il y a cette maire qui a mis en place une mutuelle communale, puisque les mutuelles de santé nationales sont trop chères pour ses administré•e•s. Il y a celui qui a développé une épicerie solidaire, qui récupère et revend les invendus des marchés de la région.

« 1,5 million de personnes bénéficient des 300 épiceries solidaires »

Le vote obligatoire vs l’efficacité des élu•e•s

Le débat sur le vote obligatoire a ressurgi suite aux scores de l’abstention aux dernières élections (municipales en 2014, départementales en 2015). Un désintérêt des citoyens qui profite mathématiquement au Front National, dont le nombre d’électeurs augmente moins que celui des abstentionnistes.

On a beaucoup commenté, critiqué, analysé les chiffres de l’abstention, blâmant la crise, la médiocrité des leaders politiques mais aussi des médias et des débats, la crise, la crise, et aussi la crise.

Mais la désaffection des citoyen•ne•s pour les élections est aussi un désaveu de la classe politique « institutionnalisée », ces politiques de carrière qui se suivent tous les jours de la semaine sur les plateaux de télé et de radios, et qui ne convainquent plus à force de ressasser les mêmes discours.

Les Zèbres ne sont ni spécialement des jeunes, ni uniquement « des vieux de la vieille », ce sont des gens ordinaires, des élu•e•s ou des simples citoyen•ne•s concerné•e•s, qui oeuvrent ensemble à améliorer le quotidien. Et quand ce sont des élus locaux qui deviennent « zèbres », l’effet s’en ressent dans la communauté.

« Ce sont des vrais leaders politiques, ce sont des faiseux », insiste Alexandre Jardin. Et l’initiateur du mouvement citoyen des Zèbres entend bien encourager la dynamique de ces élu•e•s qui utilisent leur mandat et le peu de pouvoir qu’ils ont effectivement, pour changer la donne locale.

Et si la solution pour raviver la flamme démocratique passait par le renouveau de la politique de proximité ? C’est bien le pari des Zèbres : démontrer qu’on PEUT changer le pays, à condition de s’y mettre tou•te•s, et ne plus attendre que les solutions viennent « d’en haut ».

« On va faire Hulot à l’envers »

En 2007, Nicolas Hulot avait démarché tous les candidats à l’élection présidentielle, pour leur faire signer un pacte écologique : il leur demandait de s’engager à mettre en place une série de mesures respectant les principes du développement durable.

Ce fut un échec, puisque Nicolas Sarkozy n’a pas du tout respecté ces engagements (mais pour être absolument honnête, vu l’intérêt qui était porté à l’écologie en 2007, le résultat n’aurait sans doute pas été bien différent si un autre candidat avait été élu, même si on ne le saura jamais.)

Pour 2017, Alexandre Jardin et les Zèbres veulent faire l’inverse de Nicolas Hulot : non pas demander aux candidats à l’élection présidentielle de s’engager à faire, mais de s’engager à laisser fairePlutôt que d’attendre un miracle venu des hautes sphères du pouvoir central, les Zèbres attendent qu’on les laisse agir, développer, tester et déployer des solutions.

Ces initiatives peuvent ensuite être reprises et étendues à d’autres territoires sur l’impulsion des ministères et des administrations centrales, comme par exemple ce qui a été mis en place avec la France s’engage.

« Signez nos contrats de mission, et laissez-nous faire. »

« On proposera cet accord aux partis républicains. Pas au Front National. Ça ne veut pas dire qu’on n’ira pas dans les zones qui votent massivement Front National, on ne délaisse pas les territoires », précise Alexandre Jardin.

Si les hommes politiques ne jouent pas le jeu, en refusant de rendre le pouvoir aux élus locaux, le collectif Bleu Blanc Zèbre le promet : ils présenteront un candidat à l’élection présidentielle.

L’Appel des Zèbres : laissez-nous faire ! On a déjà commencé, sur Libération.

Revoir la première partie du Grand Journal, avec les Zèbres

« Aux actes, citoyens ! »

Alexandre Jardin et les Zèbres nous donnent rendez-vous devant le Conseil Constitutionnel samedi 18 avril à 11h, pour envoyer un message à la classe politique : intéressez-vous à tou•te•s les citoyen•ne•s, tous les territoires, y compris les zones rurales.

La séquence s’est achevée avec une superbe météo d’Alison Wheeler, toute en musique !

« Mon maire à moi », une reprise originale et engagée !

Et toi, qu’en penses-tu ? Est-ce que tu t’intéresses à la politique locale ? Est-ce que tu serais intéressée pour t’impliquer davantage dans la vie citoyenne autour de toi ? Pourquoi ? Viens en parler dans les commentaires !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Cilece
    Cilece, Le 19 avril 2015 à 9h56

    La seule chose qui me gêne dans cette initiative, c'est Alexandre Jardin.

    :troll:

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