Bac 2013 : les sujets de philo

Les sujets 2013 de l'épreuve de philosophie au baccalauréat sont tombés ! Ça n'a pas l'air de tout repos.

Je suis désolée de vous le dire, futures bachelières, mais on est quand même tous bien contents de pas être à votre place. Ce qui ne nous empêche pas, bien évidemment, de vous envoyer le plus de bonnes ondes possibles. Vraiment. On y met tout notre coeur.

On avait pensé à mettre au point un système de soutien à distance, non pas pour te souffler des réponses (de toute façon, on dirait probablement du caca), mais pour te coacher dans les moments de lassitude. Malheureusement, nos connaissances en technologie ne suffisent pas à réaliser ce beau projet.

Quoiqu’il en soit, remettons-nous de notre déception et parlons des premiers sujets de philosophie, cités par L’Express. Cette année, donc, les terminales en filières scientifiques bossent sur :

  • Peut-on agir moralement sans s’intéresser à la politique ? 

Alors oui, donc, agir moralement, ça revient à ne pas coucher avec le meilleur copain de ton copain/ta copine (à part en cas de commun accord), et ne pas tuer des gens ou des chatons, ou bien encore de ne pas faire de malversations financières. Je ne sais pas vraiment ce que signifie « malversation », mais il y a « mal » dedans, donc ce n’est pas très bien, donc ce n’est pas moral.

Un jour, j’ai agi immoralement, parce que j’ai volé un bonbon d’une valeur de 10 centimes TTC à la boulangerie. J’avais 9 ou 10 ans, mais je me souviens très bien avoir pleuré de honte quelques minutes. Avec le recul, je réalise que j’aimais bien agir moralement. Pourtant, à l’époque, je ne m’intéressais pas à la politique. J’avais rigolé une ou deux fois en voyant des rétrospectives avec George Marchais qui gueulait pendant les débats télévisés, mais c’est tout.

La réponse est donc oui, sans vergogne.

  • Le travail permet-il de prendre conscience de soi ?

Je pense que oui, tant qu’il y a un miroir dans les toilettes. Sinon je suis pas sûre que je me rendrais compte que je suis au travail. Je veux dire, si je m’y voyais pas.

Enfin je crois.

  • Troisième sujet : à partir d’un texte d’Henri Bergson, extrait de La pensée et le néant, ils devront répondre à la question « Qu’est-ce qu’un jugement vrai ? »

D’accord.

Dites, je réfléchis depuis seulement dix minutes et ça me rend déjà toute chose.

Passons aux terminales ES. Eux doivent plancher sur :

  • Que devons-nous à l’État ?

Des trucs bien et des trucs pas très bien, mais qui sont là pour nous faire des trucs bien, même si des fois bon, c’est pas facile hein parce que c’est une question difficile, l’équilibre, tout ça tout ça. Parce qu’il faut pas se leurrer, si j’ai fait des études, c’est grâce à l’État par exemple. Par contre, ces études-là ne m’ont pas menée au métier que je fais actuellement. Ça ne m’a donc rien apporté d’autre que du temps perdu et des bons copains. Je dois donc ma vie sociale à l’État.

Aussi, l’État goudronne les routes. Du coup, on lui doit le bien-être de nos amortisseurs. Bien sûr, tu peux ne pas être d’accord : tout ceci est plus ou moins financé avec les impôts, donc notre argent. Du coup, tu peux toi-même te remercier pour tes amortisseurs et ta vie sociale tes études. Fais-toi donc un bisou sur la main.

(C’était un extrait de La politique expliquée par les Nuls)

  • Interprète-t-on avant de connaître ?

Je vais faire comme si j’avais compris la question, et je dirai que oui, vu que Nietzsche disait : « il n’y a pas de faits, il n’y a que des interprétations ». Je ne connaissais pas cette citation et je dois vous avouer à toutes que je viens de copier sur le patron, qui nous a sorti cette phrase à brûle-pourpoint. C’était très impressionnant et j’ai voulu l’utiliser pour vous impressionner aussi en faisant comme si ça venait de moi. Malheureusement, j’ai promis d’être honnête avec vous.

Moi j’ai un autre avis : quand j’étais plus jeune et que je ne comprenais rien aux paroles de chansons en anglais, j’étais bien incapable de les interpréter sans avoir au moins lu une fois la traduction. Mieux : ça ne me serait pas venu à l’idée d’interpréter un truc que je ne connaissais pas du tout, puisque je n’en avais pas conscience. Mon avis vaut ce qu’il vaut, mais je dirais l’inverse.

Oui. Ça me paraît bien comme réponse.

  • Troisième sujet : Analyse du texte De la Concorde, d’Anselme.

D’accord.

Ça tourne.

Enfin, celles d’entre vous qui ont un coefficient 100 000 en philosophie les terminales L travaillent actuellement sur les sujets suivants :

  • Le langage n’est-il qu’un outil ?

Je sais pas trop. Si on estime que communiquer est un meuble, alors oui, le langage n’est qu’un outil. En ce qui me concerne, je trouve que la communication est un art tout particulier qui recèle une expertise en la matière. En fait, le langage, on va dire que c’est un outil qui s’utilise à deux ou plus. Parfois tout seul, aussi. Un peu comme un sex-toy, en fait. Un sex-toy très puissant et très utile.

Je répondrais donc oui. D’autant plus que si le marteau peut casser le doigt, le langage peut tuer, si on s’y prend bien – mais de manière très immorale. C’est donc un outil vraiment, vraiment très fort. Je trouve de toute façon assez méprisant de demander si le langage n’est qu’un outil : vu la tournure de la question, la personne qui l’a écrite n’a semble-t-il jamais essayé de monter un tabouret IKEA sans tournevis. Un outil, c’est utile. Ne le dévalorisons pas.

Je n’ai vraiment rien compris à cette question.

  • La science se limite-t-elle à constater les faits ?

Je ne trouve pas ça très sympa de filer un sujet sur la science à des L qui se sont probablement inscrits, dans certains cas, pour éviter les matières scientifiques.

J’avais envie de ne pas du tout essayer de répondre à cette question, du coup, par solidarité d’ancienne terminale littéraire, mais je me suis dit que c’était un peu de la triche. Je répondrais donc que non : après tout, quelques découvertes ont été faites un peu au hasard, alors que des scientifiques enquêtaient sur un tout autre sujet. Si j’ai des exemples ? Bien sûr.

Parfois, la science se limite à constater les faits sur des trucs qui existent déjà, comme deviner à quelle vitesse déboule un astéroïde ou quel mystère se cache derrière le bruit d’un pet d’aisselle (si j’avais fait une thèse en biologie, j’aurais probablement travaillé sur le pet d’aisselle : une source d’énergie alternative ?), mais dans d’autres occasions, ça relève de l’art, de l’avant-gardisme. Si j’ai des exemples ? Là encore, bien sûr.

  • Troisième sujet : analyse de La lettre à Elizabeth, de René Descartes.

D’accord.

Je me sens mal. J’ai fumé trop de philo.

Dis-nous tout : tu es en terminale ? Tu penses avoir réussi à t’en sortir ou tu veux te rouler dans la boue en pleurant ? Pour te remonter le moral, n’hésite pas à lire le journal d’une bachelière !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mstern
    Mstern, Le 30 janvier 2014 à 19h32

    Ils ne se recyclent pas beaucoup, en 2009, en L, on avait un thème très similaire sur le langage. :)

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