L’autonomie, le secret du bonheur au travail ?

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Au travail, mieux vaut avoir un poste avec de l'autonomie ou du pouvoir ? Des scientifiques se sont penchés sur la question.

L’autonomie, le secret du bonheur au travail ?

Peut-on être (relativement) heureux•se au travail ? Il existe probablement un millier de réponses différentes — et un millier de stratégies (en notre pouvoir… ou non) pour accroître notre bien-être au travail.

Une recherche menée sur le sujet, dont les résultats ont été publiés dans le Personality and Social Psychology Bulletin, suggère que ce que nous voudrions vraiment dans notre vie professionnelle… ce serait plus d’autonomie !

L’autonomie plutôt que le pouvoir

Pour parvenir à cette suggestion, les chercheur•ses Joris Lammers, Janka I. Stoker, Floor Rink et Adam D. Galinsky ont étudié plus de 2 000 personnes, sur trois continents, au cours de 9 expériences différentes…

Pour les chercheur•ses, il existerait deux types de « pouvoir » au travail : celui que l’on exerce sur les autres (notre influence), et le pouvoir que l’on a sur nous-mêmes (notre autonomie). Préférons-nous l’influence ou l’autonomie au travail ?

Il y a deux pouvoirs au travail : notre influence et notre autonomie.

Dans l’une de ces expériences, l’équipe de scientifiques a demandé à la moitié des participant•es d’imaginer la situation suivante : ils occupent un poste offrant beaucoup d’autonomie au travail, et on leur propose une affectation avec plus d’influence, dans laquelle ils manageraient une équipe.

À l’autre moitié des participant•es, les chercheur•ses demandent d’imaginer la situation inverse : ils occupent un emploi avec de l’influence, et on leur offre l’opportunité d’obtenir un poste avec plus d’autonomie et de liberté.

À lire aussi : Notre génération est-elle « inadaptée » au monde du travail ? La brillante analyse de Simon Sinek

Aucune des propositions ne mentionnait une augmentation de salaire.

Quels postes vont être plébiscités par les participant•es ? Choisissent-ils l’autonomie ou le pouvoir ?

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Dans cette expérience, il s’avère que dans chaque groupe, la plupart des participant•es opte pour le poste offrant plus d’autonomie.

En effet, parmi celles et ceux qui occupent (fictivement) déjà le poste permettant d’être autonome, 74% déclineraient la proposition de promotion.

Parmi les participant•es occupant déjà un poste de manager (également de façon fictive), 62% accepteraient le poste offrant plus de liberté et d’autonomie.

Autrement dit, selon cette expérience, nous préfèrerions l’autonomie, la liberté, à l’influence (en tout cas, dans le cadre du travail).

L’autonomie, la clé du bonheur sous certaines conditions

Bien sûr, le choix proposé aux participant•es est un choix fictif — et il est possible qu’en situation réelle, d’autres facteurs viennent influencer nos désirs d’autonomie ou de pouvoir sur autrui.

Nous préférerions travailler dans la liberté plutôt qu’une promotion hiérarchique.

Pour s’approcher un peu plus de la « vraie vie », les chercheur•ses ont alors interrogé près de 1 000 lecteur•trices d’un magazine de business… Cette fois, ils leur ont proposé d’indiquer le poste qu’ils occupent dans leur entreprise, puis d’évaluer leur degré d’autonomie au travail, ainsi que leur degré d’influence au sein de leur société.

Ensuite, les chercheur•ses ont posé une question aux lecteur•trices : souhaitent-ils ou elles obtenir un poste avec plus d’influence ?

Bim : à nouveau, lorsque les personnes ont la sensation d’avoir de l’autonomie au travail, il semblerait que leur désir d’influence diminue !

À lire aussi : Les femmes disent moins « non » au travail… et si on s’y mettait ?

Finalement, le constat rejoint celui de l’expérience précédente : dès que l’on propose aux gens de bénéficier de plus d’autonomie, leur envie d’influence s’effacerait.

Faire notre travail comme on le souhaite, de la manière la plus libre possible, serait plus attirant pour la plupart d’entre nous qu’obtenir une simple promotion hiérarchique… Qu’en pensez-vous ?

Le bémol, et ce qui pourrait être étudié lors de prochaines recherches, c’est que ces deux expériences ne prennent pas forcément en compte tous les facteurs liés au bien-être au travail, et n’étudient pas non plus la question de l’évolution du salaire.

Est-ce qu’une augmentation significative du salaire peut faire une différence dans nos envies ? Serions-nous prêt•es à abandonner un peu d’autonomie en échange de quelques centaines d’euros ?

À lire aussi : Réorientation, lieu de vie, situation professionnelle… entre liberté et sécurité, faut-il choisir ?

Pour aller plus loin…

Commentaires
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  • Hedera Hellix
    Hedera Hellix, Le 11 janvier 2017 à 10h02

    Ayant travaillé à un poste sans aucune autonomie, ni influence d'ailleurs (travail de production : il faut suivre un planning etc.) puis à un poste en très grande autonomie (contrôle qualité : on sait quels tests doivent être faits dans la semaine, mais on a le choix du jour, de l'heure, et en fait on choisit même ses horaires de travail), je suis assez d'accord avec les résultats de ces études. Mon second poste a été de loin le plus épanouissant que j'avais, même si c'était un "simple" poste de technicienne. Ça responsabilise beaucoup, et paradoxalement ça m'a aidée à mieux communiquer avec mes collègues (pour savoir quel jour on pouvait utiliser tel équipement, il fallait bien communiquer). Devoir quitter cet emploi a vraiment été un crève-cœur et j'espère vraiment que ce labo me reprendra en alternance l'an prochain ^-^

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