L’association Parler : un an après, bilan et préparation de l’avenir

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L'association Parler qui vient en aide aux femmes victimes de violences sexuelles, va fêter prochainement ses 1 an. L'occasion de revenir sur ses actions et d'évoquer ses projets.

L’association Parler : un an après, bilan et préparation de l’avenir

Voilà un an que l’association Parler s’est formée, sous l’impulsion de Sandrine Rousseau, autrice du livre éponyme.

Esther avait évoqué la création de l’association dans un autre article. Celle-ci a eu lieu mi-juillet 2017 : les statuts (élément constitutif de l’association) ont été déposés le 14 juillet 2017, et la préfecture a rendu officielle son existence le 21 juillet.

Presque un an plus tard, j’ai eu l’occasion d’assister à l’assemblée générale de l’association, ce 5 juillet 2018.

Ce fut l’opportunité pour les bénévoles de se retrouver entre elles, de faire un bilan sur l’année écoulée, et d’évoquer les pistes envisagées pour l’avenir.

Un an d’actions pour Parler

Le but principal de l’association est de lutter contre les violences sexuelles dont les victimes sont des femmes. Elle a aussi pour objectif d’encourager les dépôts de plainte parmi les femmes victimes de violences.

Cette année, une vingtaine de rendez-vous ont été organisés dans certaines grandes villes de France comme Paris, Lille, Bordeaux, Lyon ou Le Mans. Ces espaces d’échange permettent aux victimes d’interagir, de parler de leurs ressentis respectifs dans une atmosphère de confiance et de non-jugement.

Dans certains de ces rendez-vous, l’association a fait appel à des professionnel·les qui sont intervenus le plus souvent bénévolement, comme un ancien juge ou des sophrologues.

Ceux-ci sont venus apporter leur expertise, par exemple l’ancien juge a donné son point de vue sur les procédures judiciaires, vues par le prisme de son expérience, et les sophrologues ont conseillé les femmes pour gérer des moments de panique ou d’angoisse.

Des bénévoles ont rejoint les rangs de l’association, ce qui a permis de développer ses actions dans plusieurs villes. Sandrine Rousseau indique toutefois recevoir énormément de demandes un peu partout en France.

Des représentations des Monologues du Vagin ont eu lieu, et ont remporté un franc succès. Les comédiennes et comédiens qui y ont participé ont joué bénévolement, et les bénéfices ont été reversés à l’association, lui permettant ainsi de poursuivre ses actions.

Une autre action marquante a été le montage de l’exposition Que Portais-tu Ce Jour-Là ?, un projet qui a d’abord commencé aux États-Unis, et a été mis en place en partenariat avec l’Université de Lille.

Au jour de son assemblée générale, l’association comptait parmi ses adhérentes environ 250 femmes, et depuis sa création, elle a reçu — et traité ! — environ 10 000 mails de victimes, selon sa présidente, Sandrine Rousseau.

Quel avenir pour l’association Parler ?

Ce moment d’échange avec les membres de l’association a aussi été une opportunité de discuter des directions à prendre, et d’évoquer les potentielles pistes pour l’avenir.

Parmi celles-ci, la volonté tout d’abord de renforcer les antennes locales de l’association déjà existantes, et d’en ouvrir de nouvelles, particulièrement dans des villes à forte demande comme Toulouse, Montpellier, Nantes ou Grenoble.

Pour ce faire, l’association aimerait mettre en place des formations à l’écoute. Pour le moment, Sandrine Rousseau se rendait à tous les rendez-vous, mais cette charge est énorme. L’idée serait donc de trouver des relais locaux.

L’association souhaite également intervenir dans des établissements scolaires, et a d’ores et déjà prévu quelques interventions dans des lycées, lieux dans lesquels les violences sexuelles sont malheureusement fréquentes.

Parler se pose aussi la question de venir en aide à des hommes. La demande semble être bien existante, l’association réfléchit donc à la possibilité d’une mixité dans certains groupes, ou bien de création de groupes d’hommes, menés par des hommes également, de fait.

Ce ne sont là que quelques pistes pour l’avenir de la structure, mais elles sont nombreuses et n’attendent plus que d’être menées à bien !

Faire appel à l’association Parler, ou lui apporter son soutien

Cependant, l’association a besoin de moyens financiers et humains pour pouvoir conduire tous ces projets à terme. Si tu souhaites t’y engager, même simplement pour donner quelques heures, tu peux retrouver l’association sur sa page Facebook, ou sur son site Internet.

Si tu souhaites rejoindre un groupe d’échange, tu peux contacter l’association par les mêmes biais.

Enfin, tu peux trouver le livre écrit par Sandrine Rousseau, Parler, pour 19€ (broché) sur Amazon, ou à la Fnac.

À lire aussi : #PayeTaPlainte, 500 témoignages de victimes pour alerter les pouvoirs publics

Mathilde Trg


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Commentaires
  • Azala
    Azala, Le 16 juillet 2018 à 14h08

    Emma Oscar
    C'était intéressant à lire, mais je me permets de faire un update 6 mois plus tard :
    Les actions ont vraiment été mises en place en Janvier, malgré les doutes évoquées par Sandrine au moment de l'article. Je suis dans l'asso depuis la première réunion, et Sandrine a bien assuré un rdv de convivialité par mois dans les villes citées dans l'article de Mathilde.
    Ensuite, sur le scepticisme de la journaliste ayant écrit l'article quant au contenu des rdv... En vérité, tout dépend ce que l'on cherche.
    Effectivement, les rdv ne sont faits qu'entre victimes, et les groupes de paroles "gérés" par des victimes. Pas de psy, pas d'avocat.e etc (sauf lorsqu'un des rdv est précédé par une rencontre avec un pro, il y en a eu plusieurs dans le semestre).
    Je ne parle qu'en mon nom, mais, avant de rejoindre Parler, en janvier, j'avais contacté d'autres associations. Leur travail était remarquable, certes, mais je n'arrivais quand même pas à parler comme je l'aurais voulu etc.
    A Parler, l'avantage d'être entre femmes ayant subi les mêmes actes, c'est qu'on ne se bride pas (ou plus). Et quand, X années après un viol, on vit toujours les mêmes angoisses et que les gens autour de nous ne nous comprennent plus, c'est plus simple de le partager devant des femmes qui écoutent, entendent, et comprennent d'emblée.
    En gros, si en tant que victime, tu cherches une écoute "pro" ou des conseils juridiques etc, effectivement, Parler n'est pas faite pour toi. Par contre, si tu veux partager avec d'autres femmes qui ont vécu les mêmes choses, si tu veux avoir un peu de serrage de coude et de moment de convivialité, se donner du courage etc... Ben cette asso est là pour ça. Après, l'asso n'a même pas un an, donc effectivement, il faut qu'elle se huile, mais on est de plus en plus de bénévole, et de plus en plus de projets vont être montés à l'avenir.
    Quant à Sandrine, elle a dû gérer énormément de choses en très peu de temps parce qu'elle a lancé l'association un peu seule, et elle a eu drôlement du courage de le faire.

    La conclusion : Pas bcp plus de prétention pour Parler que de se donner un peu de courage entre nous... Mais si, comme moi, c'est ce que tu cherchais... Alors ça vaut le coup.
    Je ne doute pas que certaines personnes y trouvent de l'aide/du soutien. Mais je pense que parmi les questionnements soulevés par l'article mis en lien, beaucoup restent d'actualité ; notamment concernant le fait qu'avoir été victime d'un viol ou d'une agression sexuelle ne rend personne "expert" du recueil de témoignages semblables au sien.

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