Rester amie avec son ex, c’est possible ? — Témoignages

À l'occasion de la sortie du film Les Châteaux de sable le 1er avril, des madmoiZelles nous ont parlé de leurs relations avec leurs ex. Alors, rester amie avec son ex, c'est possible ?

Rester amie avec son ex, c’est possible ? — Témoignages

Cet article a été écrit dans le cadre d’un partenariat
avec
Les Châteaux de sable (chez La Belle Company).
Conformément à notre Manifeste, on y raconte ce qu’on veut.

*Les prénoms ont été modifiés.

Le film Les Châteaux de sable met en scène un ancien couple, joué par Emma de Caunes et Yannick Renier, qui a du mal à trouver un nouveau mode de relation. Il explore les tensions possibles entre deux anciens amoureux. À cette occasion, des madmoiZelles et des madmoiZeaux ont témoigné sur leurs relations avec leurs ex !

De l’amour à l’amitié

Pour que la relation amoureuse se transforme en relation amicale, chacun•e a un avis différent sur le rapport avec la durée de la relation et son intensité.

Élise explique :

« Je pense que la durée de la relation influe pas mal. Je pense qu’il est plus facile de retrouver facilement une relation amicale avec quelqu’un que l’on a fréquenté que pour quelques mois car, généralement, on a moins le temps de faire des projets ensemble. Au bout de quelques années, quand on a construit une relation remplie de projets et qu’on l’abandonne, il doit être plus dur de repartir sur quelque chose de plus léger. »

Lucie est du même avis :

« Plus la relation a été longue, plus c’est dur de revenir à une simple amitié, d’accepter de voir l’autre avoir d’autres relations et d’oublier qu’avant, on avait son mot à dire sur le sujet et qu’on ne l’a plus. C’est encore plus dur si l’on vivait ensemble. »

Audrey pense cependant :

« La durée de la relation a bien sûr son importance mais pas systématiquement ; il y a également l’intimité de la relation ainsi que les raisons et les circonstances de la rupture. Par exemple si on est resté•e•s un an en couple et qu’on se sépare parce que l’un•e a trompé l’autre, il y a peu de chances que l’on reste ami•e•s ; alors que si on est resté•e•s trois ans en couple mais que l’on se sépare d’un commun accord car il n’y a plus de sentiments, il y a de grandes chances pour que l’on reste ami•e•s.»

Justine est d’accord :

« La durée n’a pas d’importance. Je suis toujours très proche d’un mec avec qui je suis restée deux semaines et un autre deux ans. C’est plus une question de feeling, et ça dépend de comment la relation s’est terminée. Si c’est une fin « normale» et non avec perte et fracas, si l’un et l’autre se sont respectés dans la rupture, y a pas de raison de se perdre. Laissons le temps et l’eau couler sous les ponts. »

Par ailleurs, beaucoup s’accordent à dire qu’il faut une pause, le temps de « digérer » la rupture, de se « libérer » de l’autre.

C’est ainsi l’avis de Poney :

« Je pense qu’il faut que la rupture soit assez lointaine et totalement « digérée » pour que ça puisse marcher. Sinon, il y a toujours un risque d’ambiguïté et, si tel est le cas, le rapport n’est alors pas « sain ». »

Caro s’est par exemple d’abord éloignée de son ex :

« J’ai 28 ans et je suis lesbienne. J’ai eu ma première histoire sérieuse avec une femme et cela a duré six mois. La raison de notre rupture fut la distance, donc la relation s’est finie malgré les sentiments toujours présents.

Au début j’ai complètement coupé le contact, puis au fil du temps nous avons repris contact. Après ses tentatives auxquelles je ne répondais pas car j’avais une autre relation, c’est moi qui suis revenue vers elle. »

C’est également l’avis d’Esmeralda :

« Pour moi, rester amie avec un ex c’est possible mais pas tout de suite… Je pense qu’il faut laisser le temps aux émotions, aux rancœurs éventuelles (le coup du « Tu m’as trompée avec ma mère salopard » ça doit être compliqué) et surtout aux sentiments de passer.

J’ai gardé de très bonnes relations avec la plupart de mes ex-copains mais cela n’a pas été immédiat. Il faut que chacun pose ses « conditions » pour que cela puisse devenir de l’amitié (surtout celui/celle qui a plus mal à vivre la séparation, si cela peut être quantifiable). »

amitié ex chateaux de sable

À lire aussi : Les premières heures post-rupture : guide de survie

Et cela dépend de la conception de l’amour et de l’amitié de chacun•e.

Audrey explique ainsi :

« Pour moi il a une différence entre amour et amitié, ce sont deux sentiments totalement différents, mais en même temps ils sont extrêmement liés et je ne pense pas qu’il y ait vraiment de mesures particulières : ça dépend de chacun•e et de sa tolérance. »

Pour certain•e•s, l’amour était basé sur l’amitié. Il ne s’agit donc « que » d’un retour au premier état des choses. Roxanne raconte :

« Pour ma part, je suis restée en très bons termes avec mon ex, avec qui je suis sortie pendant deux ans et demi après le lycée. Nous avions alors une relation de confiance très forte, et nous nous connaissions bien. Nous nous sommes séparés parce que nous n’étions plus amoureux. On s’entendait toujours bien, mais il ne restait plus que de l’affection due à notre relation, plus d’amour.

Les premiers mois, nous ne nous sommes pas vus (parce qu’il ne le voulait pas), mais nous avons finalement fini par nous revoir car nous avions de nombreux amis en communs, et que nous souhaitions avoir une relation amicale.

Au début, c’est très particulier car on ne peut pas avoir les mêmes comportements qu’avant. On est un peu gênés et on ne peut pas parler ou rire de tout. Mais au fil du temps, notre relation est revenue à la normale, et trois ans après notre rupture, nous nous voyons encore régulièrement. […]

Un point qui me paraît important, c’est que si on sort avec une personne au début, c’est bien parce qu’on l’apprécie pour ce qu’elle est avant même d’en tomber amoureuse. Un copain, c’est d’abord un ami, que j’apprécie pour ses qualités humaines avant toute notion d’affection. Donc il ne paraît pas absurde de rester ami•e avec son ex. Ce n’est pas parce qu’on n’est plus amoureux qu’on ne peut pas apprécier la personne comme « avant ».

En plus, vu qu’il me connaît particulièrement bien, il est capable de me conseiller ou de me comprendre mieux que certaines amies. Il peut donc m’être de bon conseil sur plein de sujets, notamment sentimentaux, et vice-versa.

On a souvent discuté de notre relation après coup, de pourquoi ça avait marché ou non. Par exemple, il était excessivement jaloux lorsqu’il était avec moi. Quand nous étions encore en couple, je n’avais pas le recul nécessaire pour lui faire comprendre qu’il était vraiment épuisant.

On en a rediscuté plusieurs mois après, et il a reconnu qu’il avait un comportement excessif. Dans ses nouvelles relations, il essaie d’être moins jaloux parce qu’il sait que c’était son principal défaut. »

Pour d’autres, il est surtout inconcevable de perdre complètement quelqu’un avec qui autant de choses ont été partagées ; beaucoup considèrent qu’une forme d’amour persistera toujours, même sans ambiguïté. C’est cet amour différent qui se traduit par une amitié, sorte de « rien ne se perd, tout se transforme » de l’amour.

Érin explique :

« C’est en fonction de son rapport aux autres. Moi, quand j’aime vraiment quelqu’un, je ne peux pas concevoir de le perdre parce qu’on ne couche plus ensemble et qu’on décide de faire sa vie avec quelqu’un d’autre. Si je l’aime, ce n’est pas juste pour l’avoir près de moi mais pour partager du positif. Et ce positif n’existe pas au travers d’un orgasme mais vraiment dans l’échange. Donc je préfère perdre un amant que perdre un ami. »

Dans ces cas, c’est souvent une amitié très forte, ou du moins une amitié particulière, où chacun•e apporte à l’autre quelque chose de spécial.

chateaux de sable ex voiture

Caro raconte son amitié spéciale avec son ex :

« Nous sommes proches toutes les deux car cette relation a été importante pour chacune. Nous avons une relation complice, avec beaucoup d’humour et nous reparlons de temps en temps de notre relation passée mais sans arrière-pensée. Il y aura toujours une attirance car c’est ce qui nous a réunies à la base, mais il ne se passera plus rien. C’est une histoire terminée, nous avons avancé chacune de notre côté et nous serons toujours là l’une pour l’autre, pour parler de tout, de rien, de nos soucis, nos couples… »

Pour d’autres en revanche, c’est le contraire : il est possible d’être ami•e avec son ex, mais sans être trop proches. Être ami•e•s peut donc aussi signifier être potes, rester en contact, garder une certaine connivence.

À lire aussi : Les passages-clés d’une amitié

Marion explique :

« Pour ma part il m’arrive de rester amie avec mes ex mais ce n’est jamais une relation très intense, je dirais plus que c’est de la « camaraderie », un copain plus qu’un véritable ami. Je suis quelqu’un d’assez rancunière et je ne peux pas rester amie avec une personne qui m’a quittée (trop de fierté malheureusement) jusqu’à ce que ma frustration disparaisse.

Quand c’est moi qui quitte la personne, en général je n’arrive pas à prendre véritablement mes distances parce que je me dis que je suis coupable de sa tristesse et que je veux faire tout ce qui est possible pour l’aider à aller mieux : lui envoyer des vidéos marrantes, lui parler de la pluie et du beau temps… Mais je sais aussi le laisser tranquille si c’est dont il a besoin. Je sais qu’apporter mon aide n’est pas quelque chose de forcément très bien mais je me sens coupable et j’ai besoin de remonter le moral à ceux à qui j’ai fait du mal. »

Adèle est restée en bons termes avec celui qui fut son premier amour :

« Il y avait cette complicité formidable entre nous. Celle née de toutes ces années passées ensemble, qui fait que tu connais l’autre par cœur. Que tu le comprends d’un seul regard. Que tu reconnais ses expressions fétiches, ses réactions, ses blagues, son humour. Qu’il est persuadé d’être la personne qui te connaît le mieux au monde. Pour tout ça, j’étais persuadée que si on venait un jour à rompre, on resterait forcément amis. Que cette complicité était trop forte, trop importante, trop gravée en nous. Qu’elle ne pourrait pas mourir. […]

Je crois que lui et moi, on a grandi ensemble. Étant deux personnes plutôt introverties, on s’est beaucoup reposés l’un sur l’autre. Il a été mon soutien, j’ai été le sien. Puis, il a trouvé l’épanouissement dans sa musique, j’ai trouvé le mien dans mes études qui me passionnaient. On n’avait plus besoin l’un de l’autre. Seule l’habitude, au fond, nous reliait.
Je pense qu’on est encore amis. En témoigne la facilité, la spontanéité avec laquelle il m’appelle quand il a besoin de me demander quelque chose. On ne sera plus jamais des amis proches, mais plutôt d’anciens amis qui se sont perdus de vue. S’il donne des concerts, j’irai le voir avec grand plaisir. Peut-être que je ne me manifesterai même pas.
J’ai été triste pendant un temps qu’on ait pas réussi à sauver cette complicité entre nous qui me tenait tant à coeur. Mais je crois qu’il n’y avait rien à sauver. Que je l’idéalisais probablement parce que c’était tout ce qui nous reliait encore. Reste un respect sincère que j’ai pour lui et qui, j’espère, est réciproque. Il y a des gens dans nos vies qu’il faut avoir la clairvoyance de laisser partir. Peut-être qu’on se retrouvera dans dix ans et qu’on rira en reparlant du bon vieux temps. Peut-être que ça n’arrivera jamais. »

Par ailleurs, cela ne peut être possible qu’avec certains ex que l’on apprécie potentiellement en tant qu’amis, comme Poney en fait l’expérience avec deux de ses anciens compagnons :

« Je ne vois plus mes ex en eux mais seulement des amis. Juste des gens que j’apprécie et à qui je ne souhaite que du bonheur.

Je ne peux pas en dire autant des autres copains que j’ai eus et avec lesquels je ne m’entends plus du tout. Il y en a certains que je ne peux même plus voir en peinture ! Je ne saurais dire ce qui m’a donné envie de rester en contact avec ces deux-là. J’aime beaucoup leur personne, qui ils sont. Je n’avais pas envie de les rayer de ma vie. »

C’est aussi ce que JM pense :

« J’insiste : quoi qu’il arrive, ce garçon et moi avons une connexion profonde, et rien ne pourra le changer. Le peu que nous avons vécu ensemble a été très intense, nous étions sur la même longueur d’onde, et réalisions quelque chose dont nous avions tous les deux envie depuis plus d’un an.

Si la rupture a été brutale, je m’y suis faite (non sans peine). Je l’ai revu une fois, puis ai discuté avec lui au téléphone, une autre fois. À chaque fois c’est pareil, on pourrait passer des heures et des heures à discuter, à être ensemble. On se sent profondément en paix l’un avec l’autre.

Mais je pense que c’est surtout une personne avec laquelle j’ai une excellente affinité. C’est comme ça, il y a des gens avec qui on s’entend, se sent, s’appréhende quasi-parfaitement, de manière inexplicable. Je ne suis pas très esprits, karma, tout ça tout ça, mais pour le coup, ce gars-là sera toujours une relation spéciale. De fait, oui, nous sommes amis, dans le sens où nous avons cette affection l’un pour l’autre, cette envie d’être ensemble, de se voir, de discuter, de rire, de passer des bons moments. »

chateaux de sable amis ex plage

Enfin, certain•e•s deviennent meilleur•e•s ami•e•s, et se rendent compte qu’ils/elles étaient faits pour être ami•e•s et pas amoureux•ses. L’amitié est si belle qu’elle en devient une évidence, et que ce mode de relation-là convient mieux aux deux personnes concernées.

Valentine a été en couple avec un garçon pendant deux ans et demi, et ils sont maintenant meilleurs amis :

« Les premiers temps de la séparation n’ont pas été des plus simples mais à force de se voir, d’en discuter, on a fini par dépasser ça. On a partagé beaucoup de choses au cours de notre relation, il était donc impensable pour nous de ne plus nous voir. On s’est rendu des services mutuels, j’ai passé pas mal de week-ends chez lui à jouer aux jeux vidéo ou à regarder des films et au bout de quelques mois, il m’a dit que j’étais sa meilleure amie.

On passait tellement de temps tous les deux que la plupart des gens pour qui il est impossible d’être ami•e avec son ex pensaient qu’on s’était remis en couple ou qu’on couchait encore ensemble. Plusieurs personnes ont tenté de mettre en danger notre relation au moment où elle était la plus fraternelle. Lorsque j’ai passé mes vacances chez lui, on m’a accusée d’être une profiteuse ; lui, on l’a accusé de chercher à m’isoler du reste du monde…

Cette relation en a déconcerté plus d’un, on nous a dit à plusieurs reprises que notre proximité était malsaine, comme si une relation saine entre ex devait se résumer à médire dans le dos de l’autre et à s’insulter en public. […]

Ça fait presque deux ans qu’on est plus ensemble et on ne s’est jamais aussi bien entendus. Il y a toujours une bière pour lui dans mon frigo et quelques produits végétariens pour moi dans le sien. On a le même cercle socio-culturel (où on s’est rencontrés), on est inscrits dans la même association de médiévistes, on partage des activités créatives, on va au ciné, à des festivals, voir des expo, on fais des soirées, il a été mon modèle pour un des costumes que j’ai dû réaliser dans ma formation… Exactement comme n’importe quels meilleurs amis.

Il est même assez curieux pour nous à l’heure actuelle de parler l’un de l’autre comme de notre « ex ». Après réflexion, je pense que notre erreur a été de croire qu’on était faits pour être en couple alors qu’on était simplement faits pour être amis. »

À lire aussi : Lettre ouverte à mon ex

Cependant, pour Marie notamment il est impossible d’être ami•e avec un•e ex quand on n’a pas été ami•e•s avant d’être en couple :

« Lorsqu’on a pas été ami•e avec une personne avant d’être avec elle, il est, selon moi, très difficile d’avoir des relations amicales. D’autant plus qu’après une rupture, les relations sont la plupart du temps tendues. Je ne crois pas que l’amitié entre ex puissent fonctionner lorsque deux personnes se sont vraiment aimées et qu’après une rupture, elles deviennent amies : pour moi c’est que ce n’est pas terminé.

Et puis on n’arrête pas de trouver quelqu’un attirant du jour au lendemain parce que c’est fini — la preuve, beaucoup d’ex font l’erreur (ou pas) de recoucher ensemble ou du moins d’avoir des contacts plus qu’amicaux. Pour moi c’est malsain ce genre de relation, parce qu’il y en a un qui a plus de sentiments que l’autre et ça finira par le faire souffrir. »

Et si certaines personnes considèrent qu’il est possible dans l’absolu d’être ami avec son ex, beaucoup d’autres expliquent en être incapables.

chateaux de sable ex

C’est le cas pour Amber-candle :

« Je pense que ça dépend fortement de la personne, du type de relation qu’on a eue, et surtout de comment ça s’est fini.

Personnellement, je n’ai pas gardé contact avec mes ex (sauf un). Leur parler ou les revoir réveille en moi de mauvais souvenirs, une envie de vengeance, ou simplement de l’indifférence : après avoir découvert une immaturité, ou certains traits de caractère que je ne supporte pas, je ne vois pas l’intérêt de rester amis. Pour certains, je n’ai simplement pas envie de leur faire du mal, sachant qu’ils ont peut être encore des sentiments. Là encore c’est très variable selon le cas… »

Élise raconte :

« Au bout de quelques mois, mon ex m’a recontactée en me disant entre autres que je lui manquais, qu’il souhaitait que l’on reprenne contact et que l’on se revoie. Mais à ce moment-là, je n’en avais plus envie pour deux raisons. J’avais l’impression que lui m’aimait encore, le revoir m’aurait alors mise mal à l’aise. Pour moi, une amitié avec un ex n’est pas possible si les bases d’une relation amicale ne sont pas claires.

La deuxième, c’est que je me suis rendue compte que je n’avais plus grand chose à lui dire, ou plutôt à partager avec lui. Notre séparation s’est faite de manière assez douloureuse et du coup, je trouve qu’il est dur de retrouver un équilibre amical après ça. Pour retrouver une amitié, il faut, je pense, une séparation en bons termes. Après, je me dis qu’avec le temps, j’arriverai peut-être à le revoir comme un ami, mais actuellement, ce n’est pas une priorité pour moi. »

Lucie est encore plus catégorique :

« Cela ne peut fonctionner que si la relation amoureuse n’en a pas vraiment été une, plutôt un plan cul ou quelque chose de pas très sérieux. Ou si les sentiments ont disparu depuis longtemps au moment de la rupture. À partir du moment où il y a encore des sentiments forts, chez un seul des deux ou chez les deux, cela me paraît très compliqué de gérer une amitié après la rupture, pour la bonne raison que les sentiments laissent des cicatrices qui ne peuvent pas guérir si on continue de se voir.

C’est ce qui m’est arrivé : je n’ai eu que des relations amoureuses de longue durée, avec des sentiments très forts (que ce soit chez moi, ou l’autre, ou les deux) et à chaque fois j’ai tenté de garder un contact amical. Ce n’est pas possible pour moi, dans ce contexte. La première fois, mon ex n’avait qu’une idée en tête, c’était me récupérer, alors que j’étais avec quelqu’un d’autre. Chaque discussion avait pour but de me faire comprendre que je faisais une erreur, ou de me faire du chantage affectif, tout le temps, même des mois après. Insupportable.

La deuxième fois, c’est moi qui ai quitté quelqu’un que j’aimais énormément, parce qu’il était toxique pour moi. J’ai réalisé que garder le contact ne faisait que rendre la rupture plus difficile. Savoir ce qu’il faisait me rendait jalouse, et malheureuse ; rester amie avec lui c’était finalement comme d’être en couple, sans les avantages. Dans les deux cas, une rupture complète de tout contact a été salvatrice, même si c’est une décision qu’au départ je ne voulais pas prendre, car à chaque fois j’ai perdu mon meilleur ami.

Je connais d’autres personnes qui ont réussi à redevenir très bons amis après une relation intense, simplement en laissant passer du temps et en se reconstruisant chacun de leur côté. Je suis trop longue à la détente pour ça. »

Pour Andréa, cela ne fonctionne tout simplement pas avec l’un de ses ex :

« C’est particulier avec un garçon avec lequel ça a duré peu de temps (moins d’un an), mais qui était dans la même bande d’amis que moi. Aujourd’hui nous ne nous parlons plus du tout, ni même aux amis en question. Il a gardé deux contacts de cette bande (d’une vingtaine de personnes) et moi un.

Nous avons essayé de rester en contact mais à chaque fois que l’on se voyait nous finissions la nuit ensemble — même en ayant trouvé quelqu’un d’autre, cela ne changeait rien. On a donc préféré ne plus se voir du tout pour accepter de « s’engager » réellement dans une autre relation. »

À lire aussi : J’ai testé pour vous… coucher avec mon meilleur ami

Et dans la modification de la relation, la question du groupe d’amis est souvent décisive, dans un sens comme dans l’autre.

Esméralda en a fait l’expérience : le groupe d’amis en commun encourage à rester proche de son ex.

« On peut y être aidée quand on est dans la même bande de potes : ça m’est arrivé. J’étais tombée folle amoureuse de ce gars, gentil, beau comme un Jon Snow sur la plage, et qui avait une bande de potes géniale. Pendant notre année de relation, ces potes sont devenus mes amis.

Lorsque que ce garçon a mis fin à notre relation (aaaaah adieu sexe fantastique…), je ne voulais pas perdre en plus ma bande de potes ! Alors pour eux j’ai (beaucoup) pris sur moi, même s’ils ont été là quand je ne pouvais plus rester tel un bronze japonais alors que mon ex galochait une nouvelle fille deux semaines après la rupture.

Mais au bout de quelques temps, il est devenu mon ami, celui qui me connaissait le plus, et nous partagions à nouveau des bons moments. »

chateaudesable5

Cela dépend cependant de la nature du groupe d’amis : Rebecca n’a pas fait la même découverte.

« Le problème du cercle d’amis n’a pas été un problème… Parce que tous nos « amis » ne m’ont plus parlé, m’ont évitée, on fait comme si rien ne se passait. C’est vrai qu’ils étaient amis avec lui à la base, mais ils m’ont tourné le dos. »

Les choses se sont encore faites différemment pour Lucas :

« Par rapport aux potes, dans mon expérience perso c’est un peu comme un couple avec des enfants : on s’est partagé la garde ! Pas en alternance, mais le temps a fait que chacun a gardé des liens plus proches avec certains potes, et que d’autres se sont éloignés, c’est la vie. Cela dit quand on arrive à réunir toute l’équipe, il n’y a pas de gêne particulière, les choses ne sont justes plus les mêmes. »

Et l’avis de Lucie est radicalement différent :

« Pour moi la bande d’amis commune, c’est plus un handicap qui empêche de prendre une décision en fonction de ce qu’on veut vraiment, de ce qui serait le mieux pour nous, et qui force parfois à des situations qu’on ne souhaitait pas. On se retrouve à se forcer à revoir régulièrement l’autre, juste pour ne pas perdre ses amis, ou ne pas avoir à leur demander « de faire un choix ». Personnellement, j’ai fait mon choix de manière un peu radicale, je n’ai gardé que quelques amies très proches, tant pis. »

À lire aussi : J’ai quitté mon mec il y a un an : l’heure du bilan

Les conditions de l’amitié avec un•e ex

La plupart des personnes qui ont témoigné se sont accordées sur le fait que pour être ami•e avec son ex, certaines conditions ne sont pas négociables. Il ne faut plus de sentiments, que tout soit bien fini, beaucoup de respect, et que tout soit clair.

Rebecca explique ainsi que pour elle, il est nécessaire de :

  • « Être réellement passé•e à autre chose
  • Être heureux•se de son côté
  • Avoir du respect l’un•e pour l’autre
  • Surtout, ne plus voir l’autre comme son ex, mais comme une personne normale. »

C’est aussi l’avis d’Érin :

« Je pense que ça peut fonctionner si de chaque côté tout est dit clairement, qu’il n’y a pas de rancœur, et qu’aucun•e n’espère retrouver l’autre en tant qu’amant•e. C’est renoncer à son histoire pour construire autrement. »

Camille a précisément dû vider son sac avec son ex pour tout mettre à plat avant de pouvoir être amis :

« Vers la fin de l’année, dans la période où je l’avais quitté l’année précédente, je lui ai proposé de se voir et là j’ai vidé mon sac. ENFIN ! Je me suis libérée de ces derniers mois de relation de couple qui me pesaient, du mal qu’il m’avait fait sans forcément s’en rendre compte… Il a écouté et a découvert mon état d’esprit à ce moment-là. Il m’a avoué ne pas avoir vu tout ça, ne ne pas avoir compris et s’est excusé.

Cette pile de choses négatives que je gardais au fond de moi diminuait, comme des livres que je lançais les uns après les autres par la fenêtre (je ne sais pas si c’est la meilleure des images, mais ça me correspond bien). Après une année, nous nous sommes regardés, avons souri, et nous avons compris que maintenant nous étions bel et bien amis. »

Lucas partage le même point de vue :

« Je suis resté ami avec une de mes ex. On a dû rester ensemble environ deux ans, et ça fait aujourd’hui presque quatre ans qu’on s’est séparés.

La situation est un peu particulière parce qu’on se connaît depuis des années (depuis l’école primaire en gros), alors qu’on a aujourd’hui tous les deux 21 ans. Cela dit je peux confirmer qu’être ami avec un•e ex, ça marche. Je pense que dans la plupart des cas où ça ne fonctionne pas, c’est parce qu’un des deux partenaires n’a pas « fait le deuil » de la relation, qu’il y a une forme de rancœur, de jalousie ou autre qui persiste, et la relation amicale n’est donc pas franchement saine. À l’inverse, si on arrive à se quitter en bons termes (ce qui était le cas ici : l’usure avait fait qu’il n’y avait plus vraiment de sentiment amoureux, on avait déjà plus une relation « de potes » avant de se séparer), sans avoir de regret, alors ça peut marcher, et ce quelque soit le temps que la relation a duré.

Bon par contre ça oblige à mon avis à se fixer rapidement des barrières, sinon ça devient vite très… bizarre. On ne peut pas oublier qu’on a partagé une certaine intimité, qu’on a forcément de la complicité, des habitudes, et il faut se forcer à s’en distancer, à ne plus faire reposer la relation là-dessus. Ça peut paraître anodin, mais il faut parfois en quelque sorte remettre une distance sur le plan physique : on peut prendre une pote par la taille ou dans ses bras de façon « innocente » selon la relation qu’on a avec ; mais quand cette pote est aussi notre ex, c’est un jeu dangereux. Donc ça à mon avis, c’est à éviter.

[…] Je pense que la clef de tout ça, c’est une histoire de distance. Paradoxalement si on veut rester proche de son ex, il faut savoir conserver une certaine distance je dirais. »

chateaux de sable emma

Des limites claires, spécifiques à chacun•e, s’établissent plus ou moins explicitement. Et souvent, ces limites concernent le sexe occasionnel, les nouvelles relations de l’ex et sa vie sexuelle.

Poney pense de son côté que cela serait trop ambigu de recoucher avec l’un de ses ex :

« Je n’ai jamais recouché avec l’un d’entre eux deux. Coucher avec quelqu’un juste pour le sexe ça ne me dérange pas du tout, mais avec eux je ne sais pas pourquoi ce n’est pas possible. Je préfère avoir une relation totalement platonique avec mes ex. Ce sont des amis, désormais, rien de plus. »

Et la très grande majorité des madmoiZelles qui ont témoigné se sont accordées sur ce point.

Juliette souligne quant à elle la difficulté des nouvelles relations :

« J’admire sincèrement les gens qui restent amis pour de vrai après une relation amoureuse. Pour moi, dès qu’il y a une nouvelle personne dans la vie de l’un•e ou de l’autre, ça amène forcément de la souffrance. C’est le gros risque de rester ami•e avec son ex. »

Pour Justine,

« Si les choses sont claires, l’autre devrait être content pour son ancien partenaire comme un ami. C’est vrai que présenter à son nouveau mec son ami/ex c’est pas super facile et peu l’acceptent à cause des idées reçues. Il faut faire comprendre aux gens que si c’est terminé c’est qu’il y a une raison, et que ce n’est pas parce que l’ex est encore dans l’entourage qu’on va lui sauter dans les bras à nouveau. Justement, c’est un bon mémo de ce qu’on veut plus subir en couple. »

Roxanne est dans le même état d’esprit :

« Au début, il est très difficile de parler vie sentimentale/sexuelle car on s’y sent encore lié•e. Et même, discuter de sa nouvelle copine, même si on est passé•e à autre chose, peut être un exercice difficile. Entre ce qu’on pense, ce qu’on dit et ce qu’on a l’air de penser, ce n’est pas toujours évident.

Si je le vois régulièrement avec d’autres amis, je ne l’ai en revanche jamais revu seul. Peut-être que cela arrivera un jour, mais vis-à-vis de sa copine actuelle par exemple, je pourrais comprendre que ça la dérange.

Il est très difficile de gérer les nouvelles copines d’un ex. Ayant eu une histoire assez longue et intense avec lui (nous étions l’un l’autre le premier amour de l’autre), certaines peuvent me voir comme un danger potentiel et je comprend qu’elles puissent le penser.

J’estime alors que je n’ai pas à interférer dans sa vie sentimentale et que c’est à lui de voir comment il veut gérer ça : me mettre de côté le temps de sa relation ou expliquer à sa copine qu’il n’y a rien à craindre. »

Marion insiste sur la nécessité d’écouter son nouveau copain ou sa nouvelle copine :

« Si l’une des deux personnes ou même les deux sont en couple, je pense qu’il est nécessaire de garder des distances avec son ex et de comprendre les craintes de son conjoint•e. Même si notre ex n’est qu’un•e ami•e, il ne faut pas oublier qu’il a été notre conjoint•e à un moment donné et c’est tout à fait logique que ça puisse effrayer notre compagnon actuel. Le compagnon actuel doit passer au premier plan si l’on envisage de construire quelque chose de sérieux avec.

En revanche si notre amitié avec notre ex est très forte alors il faudrait songer à un compromis entre les deux, sans oublier qui est sa priorité et ce que l’on veut vraiment. C’est nécessaire que l’ex et le conjoint se rencontrent, que l’on soit tous en règle les uns avec les autres. Il faut de la communication entre les trois et savoir respecter si le/la conjoint•e de notre ex veut que nous prenions nos distances avec ce dernier : il faut savoir laisser de la place, les laisser vivre leur histoire sans interférer dedans. Oui il a été notre ex, oui on peut en être très proche, mais il ou elle est en couple et il faut respecter ça. Si on n’en est pas capable alors autant couper les ponts un moment et revenir quand les sentiments et la jalousie seront partis. »

À lire aussi : Mon couple « parfait »… selon les autres — Témoignage

En conclusion

Selon les madmoiZelles et madmoiZeaux, il est donc possible de rester ami•e•s avec son ex si l’envie d’amitié est là, mais que l’amour est bien parti, que tout est clair, réglé et empreint de respect, dans une bonne communication entre les deux ex… et leurs éventuel•e•s nouveaux•elles copains•ines.

– Un très très grand merci à toutes celles et ceux qui ont témoigné pour vos précieux avis !

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 14 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Elendile
    Elendile, Le 26 septembre 2016 à 23h08

    Pour ma part je pense qu'il faut faire ce qui nous rend heureux, se fixer un but et s'accrocher. Quand on tient vraiment à quelqu'un et qu'on est sur la même longueur d'ondes ça vaut vraiment la peine de se battre. Ces témoignages (surtout celui de Valentine) m'ont beaucoup aidée quand mon ex et moi avons décidé de rester amis parce que je ne savais pas si c'était possible ^^' Actuellement je suis amie avec mon ex et je pense effectivement que le fait qu'on soit célibataires tous les deux aide un peu mais, une chose à la fois. J'aimerais souligner un autre point :
    Je n'étais pas préparée (et lui non plus) aux mauvaises réactions dans nos entourages respectifs, aux tentatives de découragement, d'éloignement et aux gens qui ont carrément décidé de couper les ponts (de manière plus ou moins durable) avec nous, la pression sociale est énorme ! Les gens veulent des explications : savoir pourquoi ? savoir si on couche encore ensemble ? ... Cela fait des mois qu'on a rompu et une partie de nos familles pensent qu'on sort ensemble en cachette ... franchement ça peut paraitre romantique comme idée quand on a 15 ans mais là je me vois mal vivre le reste de ma vie en cachette.
    Bref, la morale de cette histoire est que dans la vie il faut s'accrocher et assumer le fait d'être en décalage si on est heureux de cette manière. Ce n'est surement pas le chemin le plus simple ou le moins fatiguant mais : Ça en vaut la peine.
    Et puis, un peu de carpe diem les gens :) on avance à tâtons et on se construit un peu chaque jour en touchant du bois:hugs:

Lire l'intégralité des 14 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)