Ma pote sort avec un connard, qu’est-ce que je fais ?

Avoir une amie au plus bas à cause de sa relation toxique n'est jamais agréable. Mais savoir comment lui venir en aide, c'est un véritable casse-tête.

Ma pote sort avec un connard, qu’est-ce que je fais ?

– Article édité le 25 septembre 2018

J’ai pas mal lu au sujet des relations toxiques et abusives.

Tellement, que je serais capable de citer à peu près de tête quels sont les signes qu’une relation n’est pas ou n’est plus saine.

Quels sont les signes d’une relation abusive ?

L’isolement

Le fait que la victime soit progressivement isolée de ses proches par différents mécanismes est pour moi le plus alarmant.

Il peut y avoir différents stratagèmes pour cela :

  • dénigrer devant la victime son cercle d’amis pour la dissuader de les voir,
  • entrer en conflit ouvert avec les proches de manière à rendre insupportable le fait de se rendre en repas de famille,
  • refuser qu’elle sorte sans lui ou bien profiter de ces occasions pour créer des scènes de ménage telles que la victime y réfléchit à deux fois avant de réitérer l’expérience…

La dépréciation

Il y a aussi la destruction de la confiance et de l’estime de soi de la victime, qui se dévalorise en permanence, par exemple.

Elle pense n’avoir aucun intérêt en dehors de la relation amoureuse ou si elle venait à se terminer.

Souvent, cela vient au fur et à mesure : au début de la relation, le partenaire abusif déverse des compliments en flot continu.

Puis ils se font plus rares. Enfin les reproches prennent le pas sur les remarques positives et la victime en vient à faire n’importe quoi pour plaire « à nouveau ».

Par exemple, elle s’affame pour mincir et correspondre à l’idéal éventuellement décrit par le partenaire abusif.

L’inversion de la culpabilité

Un autre signe qui doit alerter est le fait que la victime endosse seule la responsabilité de la dégradation de ses relations avec son compagnon ou sa compagne.

Elle explique les disputes, les passages à vide par son propre comportement. Elle estime mériter les remarques désagréables.

Encore une fois cela relève de ce qui est appelé par les professionnels de la lutte contre les violences de genre la « stratégie de l’agresseur ». On pourrait résumer ça ainsi :

« Si je te crie dessus, si je te fais des reproches, si je lève la main sur toi c’est que tu m’y as poussé·e, tu l’as mérité. »

Et le pire, c’est que ça marche.

La peur

Dans les cas les plus extrêmes, on peut parler de la création d’un environnement de terreur.

Le moindre désaccord amène le partenaire abusif à proférer des menaces : je vais te quitter, je vais me suicider, je vais t’ignorer.

La victime en vient à avoir peur de mal agir en permanence, peur de « réveiller » la colère de son ou sa partenaire…

Et si elle prend conscience de son mal-être, elle n’ose pas pour autant en parler car la honte, la peur des représailles, l’isolement l’en empêchent.

Bien sûr, il y a encore d’autres signes à repérer éventuellement, comme le mensonge, le fait de ne pas laisser son ou sa partenaire avoir une vie en dehors du couple ou des passions propres… Mais tout décrire prendrait une vie.

La relation toxique, j’ai appris à la repérer en la vivant

Je fais cette liste aujourd’hui comme un bilan, comme pour me convaincre que non, je n’hallucine pas.

J’ai le sentiment que la relation de l’une de mes amies est problématique, et maintenant que les critères sont là, étalés sous mes yeux, je vois bien qu’elle coche plusieurs de ces cases.

Pas toutes certes. Mais suffisamment pour que cela éveille mon attention et mon inquiétude.

Si je suis capable d’expliquer et je crois, de reconnaître chez les autres une relation malsaine, c’est parce que moi aussi, à une période, j’ai été dans un schéma toxique.

Je pense que dans ce type de relation, les deux personnes ne se veulent pas forcément du mal mais peuvent finir par s’en faire en s’enfermant dans une spirale nocive.

Par exemple, pour moi, le motif principal était la jalousie.

Je devais très régulièrement faire face à des crises qui émergeaient chez mon partenaire parce qu’il souffrait, et qui me faisaient souffrir en retour.

On n’était ni l’un ni l’autre de mauvaise volonté, simplement nos insécurités et besoins ne s’accordaient pas.

Mais dans le cas de mon amie, j’ai le sentiment que ça va au-delà de la jalousie, que d’autres critères collent à sa situation.

L’impuissance

Pour autant, elle ne semble pas en être consciente. Et c’est normal en soi, puisque c’est le propre de ces relations.

C’est la raison pour laquelle certaines personnes s’enferment dans un couple qui leur fait plus de mal que de bien, tout en étant persuadées que sans ce couple, elles ne seront plus rien.

Il est difficile de s’apercevoir soi-même que la rupture peut signifier beaucoup de douleur à court terme, mais un mieux-être à long terme.

Alors bien sûr, n’aimant pas la voir malheureuse, j’ai essayé de lancer des perches. De lui demander si elle trouvait ceci ou cela normal, si telle ou telle chose ne la rendait pas malheureuse.

Mais il semble que mes arguments entrent par une oreille, le temps d’un « je sais », puis ressortent par l’autre pour laisser place à un « mais… ».

Faut-il agir pour sortir mon amie de sa relation toxique ?

Je me sens pour l’heure impuissante.

Dois-je y aller plus fort, mettre les pieds dans le plat une bonne fois pour toutes en lui expliquant clairement ce que j’observe en tant qu’amie ?

J’ai peur de la brusquer et de la perdre en faisant ça, qu’elle s’isole et rompe le lien.

Mais je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose d’observer le statu quo non plus.

En fait, je ne pense pas que ce soit sain parce que pour revenir à mon histoire, je ne m’en serais pas sortie sans l’aide d’une proche.

Il a fallu qu’elle me prenne entre quatre yeux et me dise « hey, ce qui se passe là n’est pas normal », pour que je réalise pleinement et que je mette fin à cette situation.

Et cela, malgré le fait que j’étais déjà consciente des signes permettant de reconnaître une relation toxique.

Finalement, je sens que je ne tiendrai pas beaucoup plus longtemps et je cherche déjà quels mots utiliser lorsqu’une goutte de plus aura fait déborder le vase de ma patience envers ce type qui lui fait du mal.

Sans que ça remette en question son libre arbitre, je pense qu’il peut être bénéfique qu’elle entende cette parole. Même si l’effet ne sera probablement pas immédiat. Non ?

À lire aussi : Comment dire à une amie qu’elle est dans une relation toxique ?

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Une madmoiZelle


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Commentaires
  • Ahn
    Ahn, Le 20 septembre 2018 à 20h32

    J'ai une amie qui s'est aussi retrouvée dans une relation toxique. Elle était quand même conscient qu'il y avait des choses pas normales. Ce que j'ai fait, pour éviter de la confronter trop directement, c'est de lui raconter le cas d'une autre amie dans le même type de relation. Quand ça arrive à quelqu'un d'autre, c'est plus facile d'identifier ce qui n'est pas sain. ça a pas été instantané, mais petit à petit, elle s'est rendu compte qu'elle se retrouvait souvent dans les même situations.
    C'est moins brutal, et ça finis par faire son chemin dans la tête des gens, jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus refuser de voir ce qui se passe. Bon après, elle était pas encore trop enfouie dans cette relation toxique, ça a sûrement aidé aussi.

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