L’ABCD de l’Égalité entre à l’école

Pondu par Marie.Charlotte le 7 octobre 2013     

L’ABCD de l’Égalité doit permettre de transmettre la culture de l’égalité hommes-femmes dans les écoles primaires. Une expérimentation est lancée dans 600 classes dès cette année.

Ils vous avaient prévenus. Ils l’ont tant redouté. Les détracteurs de la « théorie du genre » (qui n’en est pas une) n’ont pourtant pas relâché leur mobilisation. La Manif Pour Tous avait même organisé une université d’été, décidée à lutter contre « l’arrivée de la théorie du genre à l’école ».

On sait désormais la forme que va prendre l’éducation à l’Égalité à l’école primaire, grâce au site l’ABCD de l’Égalité :

L’ABCD de lÉgalité entre à lécole ABCD egalite principe

L’ ABCD de l’Égalité va être expérimenté dans dix académies volontaires.

L’ABCD de lÉgalité entre à lécole ABDC pintemps francais

L’éthique journalistique me force à vous avouer qu’il s’agit d’une « expérimentation législative », un dispositif permettant de tester localement une mesure avant d’en faire une loi. Aucun être humain ni aucun animal ne devrait être physiquement blessé ou traumatisé lors de ce type d’expérience.

Rien à voir donc avec l’expérimentation animale ni avec l’expérimentation des douleurs de l’accouchement par des hommes.

Des outils « pour agir sur les idées reçues et les pratiques »

Le site de l’ABCD de l’Égalité met à disposition des enseignant·e·s plusieurs outils, répartis en deux catégories :

  • Outils de formation pour les enseignants
  • Outils pédagogiques à utiliser avec les enfants

Les outils de formation, à l’attention des professeurs, sont composés essentiellement de conférences vidéos. Elles sont en accès libre pour permettre à chacun de profiter de ces ressources. Exemple avec Former les enseignants à combattre les stéréotypes sexistes : un travail délicat, conférence de Geneviève Guilpain, professeure de philosophie, formatrice à l’IUFM-UPEC de Créteil.

On y apprend notamment que s’il est admis que les stéréotypes liés à la race, à la nationalité, à la religion ne sont pas acceptables, il n’en va pas de même pour les stéréotypes liés au sexe ou au genre. Ces derniers sont profondément ancrés dans l’imaginaire collectifs, et par conséquent, plus difficiles à combattre. Exemple :

« Les Italiens sont fainéants, alors que les Allemands sont très rigoureux. »

Euh, non mon ami·e. Il y a des Italiens rigoureux, d’autres fainéants, et c’est la même chose pour les Allemands. Ce genre d’affirmation est facile à démonter.

« Les filles sont plus douces, elles ont une capacité d’écoute et d’attention supérieure aux garçons. »

Alors non. Même si concrètement, les petites filles ont tendance à être plus sages que les petits garçons, ça n’a rien à voir avec leur patrimoine génétique mais tout à voir avec leur éducation. C’est un stéréotype. Et c’est un stéréotype qui peut influencer négativement les chances des petites filles dans la vie, car elles vont oser moins que leurs camarades masculins.

Tout le monde n’est pas obligé d’oser, de prendre des risques. On peut aussi aimer — et vouloir ! — « rester sage ». L’éducation à l’égalité ne cherche pas à imposer une ambition unique à tous, filles et garçons confondu-e-s. Son but est de donner à chacun les mêmes chances, les mêmes possibilités, que personne ne se laisser arrêter à cause de ces stéréotypes.

Un peu comme si je m’étais dit « de toute façon, je ne trouverai jamais un travail épanouissant, je suis d’origine italienne, donc je suis intrinsèquement fainéante, c’est dans mes gènes »…

(Si seulement la génétique pouvait excuser ma paresse… Mais non.)

« Ce qui relève du sexe est social, est politique »

Notre conception du sexe interfère avec des codes, avec des normes. Le but de l’ABCD est d’amener les enfants à comprendre ces codes, pour ne pas les subir et ne pas se laisser arrêter par eux.

Le but n’est pas de nier le genre (et encore moins de nier le sexe) mais de le prendre en compte dans la construction individuelle. Parce que le genre fait partie de notre identité, mais que la construction de cette identité est loin d’être une évidence, comme en témoignait récemment LadyDandy : Mon genre et moi, une histoire pas si simple.

Des outils pédagogiques mis à disposition des enseignants

L’éducation à l’égalité n’est pas conçue comme un sermon laïque qui trouverait sa place entre une heure de maths et une heure de français. Il s’agit de déconstruire les stéréotypes de genre à travers toutes les matières.

Dans l’onglet Outils pédagogiques, les enseignant·e·s pourront trouver des supports à la discussion autour des thèmes fille-garçon.

On propose par exemple de montrer des peintures de Renoir aux enfants, et de les laisser s’exprimer librement. Extrait du matériel pédagogique proposé :

Exemple de réactions d’élèves de 6 ans [face au fait que les enfants étaient tous habillés en robe, petits] :

« Mais comment ils savaient qu’ils étaient des garçons ou des filles ? » ou « Tout le monde devait se moquer d’eux qui s’habillaient comme des filles ! »

Expliquer qu’à cette époque (deuxième moitié du XIXe siècle), on habillait les petits enfants, jusqu’à six ou sept ans, avec les mêmes vêtements. Les garçons et les filles portaient des robes avec les mêmes couleurs et les mêmes formes.

À partir de six ou sept ans, les petits garçons portaient des culottes courtes. Ils devaient commencer à « sortir des jupes de leur mère » pour « porter la culotte » et passer dans le monde des hommes.

Les filles, elles, restaient en robe, ce qui les maintenait symboliquement à leur état premier.

On commençait alors à distinguer les garçons et les filles en différenciant leurs tenues vestimentaires et en les éduquant différemment. »

Il s’agit donc d’amener les enfants à comprendre par eux-mêmes la construction des différences entre filles et garçons. Et à partir de là, les amener à s’affranchir des codes qui viendraient autrement brider leurs ambitions, les cantonnant à leurs rôles genrés soigneusement définis.

L’ABCD de lÉgalité entre à lécole ABCD equation homosexualite

L’ABCD de lÉgalité entre à lécole mort marion cotillard

Quand je lis des tweets en réaction à l’ABCD de l’Égalité

Les modules de formation seront expérimenté dans 600 classes, de la maternelle grande section au CM2. Les académies concernées sont les suivantes :

  • Bordeaux
  • Clermont-Ferrand
  • Créteil
  • La Corse
  • La Guadeloupe
  • Lyon
  • Montpellier
  • Nancy-Metz
  • Rouen
  • Toulouse

Y-a-t-il des enseignantes dans la salle ? Avez-vous eu connaissance de l’ABCD de l’Égalité ? Ta classe est-elle concernée par cette expérimentation ? Le matériel de formation ainsi que les outils pédagogiques te semblent-ils adaptés ?

Pour aller plus loin :

fminisme

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Marie.Charlotte a été jeune cadre dynamique pendant 3 ans avant de rejoindre la team MadmoiZelle. Elle aime les débats politiques et de société, les séries américaines et le sport (mais surtout à la télé). Elle est toujours à la recherche de jeunes professionnelles dans tous les secteurs, n'hésite pas à la contacter si tu souhaites témoigner !

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. Jules WinnfieldJules Winnfield

    Le 08 octobre 2013 à 14:36

    Posté par mclagirafe
    Parce que bon, les études de genre, j'arrive pas a me faire un avis, mais on peut pas nier que biologiquement, la petite fille va avoir ses règles, tombera enceinte et que dans leur grande majorité, les petits garçons deviendrons des hommes plus forts physiquement…


    Mais pas forcément :eh:
    Toutes les petites filles ne tomberont pas enceintes et tous les hommes ne sont pas plus forts physiquement que les femmes.
  2. Iris Silver MistIris Silver Mist

    Le 08 octobre 2013 à 15:08

    Posté par mclagirafe
    Je suis la seule à tiquer sur le mot "égalité"?

    Parce que bon, les études de genre, j'arrive pas a me faire un avis, mais on peut pas nier que biologiquement, la petite fille va avoir ses règles, tombera enceinte et que dans leur grande majorité, les petits garçons deviendrons des hommes plus forts physiquement…

    Leur expliquer qu'ils sont différents mais qu'ils ont les mêmes droits, et parler d'équité plutôt que d'égalité?

    Leur expliquer aussi comment marche notre société imparfaite plutôt que de revenir sur les codes vestimentaires d'il y a deux cent ans pour luter contre l'hyper sexualisation des petites filles, et s'arranger pour que les petits garçons ne deviennent pas des prédateurs sexuels une fois adultes…

    Les différences entre les genres devraient être réduites aux différences entre individus  (différences d'orgine, de caractères, de motivations, de gout )et valorisées…


    Je rebondis sur ce paragraphe parce que ce sont les mêmes commentaires auxquels j'ai eu droit à plusieurs reprises de la part de réfractaires aux études de genre :happy:

    Les études de genre ne nient en aucun cas (je dis bien en aucun cas) les différences biologiques dont tu parles, à savoir que des femmes vont tomber enceintes ou pas, mais pas des hommes, même chose pour les menstruations, etc. Je me permets en revanche de contester ton affirmation sur la "force physique" des hommes dans notre société : nous vivons dans des environnements toujours plus urbains où on ne peut pas vraiment dire que la force physique est réellement sollicitée, à moins bien sûr de le vouloir en pratiquant un sport qui en demande. Nous ne sommes plus dans des sociétés archaïques où la force physique était tout simplement un critère de survivance.

    Les études de genre n'ont jamais dit que hommes et femmes étaient similaires en tout point. Là aussi il s'agit d'un argument relativement biaisé qui est assez souvent avancé par les détracteurs qui se basent sur la nébuleuse d'informations qui existent dans la plupart des médias sur les études de genre. Le principe des études de genre est à mon sens de reconsidérer à sa juste place les notions acquises par chaque genre au cours de sa construction pour ensuite détruire les hiérarchisations qui existent et sont pour le coup complètement infondées.
  3. HesteHeste

    Le 08 octobre 2013 à 15:42

    Posté par hole
    Enfin, je ne vois pas comment des enseignants infoutus d’apporter un savoir objectif a des enfants, dont les parents se moquent, seraient capables de leur transmettre des valeurs, auxquelles les parents s'opposent.


    Surtout que soyons honnête, très peu d'enseignants sont sensibilisés aux études de genre, voir même à la discrimination entre les genres qui existe encore dans le système scolaire. C'est bien sympa de filer des aides, du matériel si ceux qui enseignent n'y sont pas vraiment formés, non parce qu'à part les plus motivés combien ne vont pas prendre la peine de regarder les vidéos-conférence.
  4. agapanthe7agapanthe7

    Le 08 octobre 2013 à 16:41

    On leur en demande deja beaucoup aux enseignants…
    C'est aux parents d'éduquer les enfants correctement, d'aborder la question des genres, etc

    incriminer un instit qui est deja surbooké, je trouve cela assez injuste(d'autant que la plupart le feraient, s'ils n'avaient pas deja moult impératifs)
  5. katnissvswkatnissvsw

    Le 08 octobre 2013 à 17:20

    @agapanthe7 Pour cela, il faudrait que les parents soient un minimum intéressé par les études du genre donc les enfants de parents Manif pour tous et assimilés n'en entendront jamais parlé.
    Je sais que si je n'avais comme source de connaissance ma famille, j'aurais probablement entendu comme  son de cloche que la version manif pour  tous probablement que j'aurais manifesté avec elle.
    J'ai la chance d'être très curieuse avec une volonté de comprendre l'"adversaire" et donc de me renseigner sur internet sur une "théorie du genre" qui n'existe pas  mais sur les études du genre.
    Donc oui, je suis pour qu'elle fasse partie de l'enseignement à l'école car si je n'étais pas ce que je suis, je n'aurais peut être jamais entendu ce discours.

    Le seul hic: le privé hors contrat confessionnel qui risque dans de ne pas l'aborder.
  6. MclagirafeMclagirafe

    Le 08 octobre 2013 à 18:56

    Posté par iris-silver-mist
    Je rebondis sur ce paragraphe parce que ce sont les mêmes commentaires auxquels j'ai eu droit à plusieurs reprises de la part de réfractaires aux études de genre :happy:

    Les études de genre ne nient en aucun cas (je dis bien en aucun cas) les différences biologiques dont tu parles, à savoir que des femmes vont tomber enceintes ou pas, mais pas des hommes, même chose pour les menstruations, etc. Je me permets en revanche de contester ton affirmation sur la "force physique" des hommes dans notre société : nous vivons dans des environnements toujours plus urbains où on ne peut pas vraiment dire que la force physique est réellement sollicitée, à moins bien sûr de le vouloir en pratiquant un sport qui en demande. Nous ne sommes plus dans des sociétés archaïques où la force physique était tout simplement un critère de survivance.

    Les études de genre n'ont jamais dit que hommes et femmes étaient similaires en tout point. Là aussi il s'agit d'un argument relativement biaisé qui est assez souvent avancé par les détracteurs qui se basent sur la nébuleuse d'informations qui existent dans la plupart des médias sur les études de genre. Le principe des études de genre est à mon sens de reconsidérer à sa juste place les notions acquises par chaque genre au cours de sa construction pour ensuite détruire les hiérarchisations qui existent et sont pour le coup complètement infondées.



    Je voudrais juste éclaicir quelques points

    1) je ne suis pas du tout réfractaires aux études de genre, bien on contraire, et je suis parfaitement opposée au réductions "t'as deux chromosomes X, vas faire la cuisine" ou "Valentin, ne joue pas à la poupée tu vas finir gay" , je voulais que ca soit clair ^^'
    Je ne suis juste pas assez renseignée pour avoir un avis

    2) au niveau de la force physique, même si nous ne vivons plus dans la jungle, je me suis faite aggressée plusieurs fois par des hommes, qui, sous prétexte de cette force physique, se sont permis des gestes déplacés et ont essayé de me traîner dans un coin sans que je ne puis vraiment de défendre. S'ils avaient été moins musclés, je ne pense pas qu'ils auraient agis de la même façon, et c'est de ça que je parle, quand j'évoque la différence physique

    3) Enfin, je pense que le grand combat ne devrais pas être l'égalité homme femme, mais plus largement une suppression de tous les stéréotypes, ou plutot, une prise de conscience de ses stéréotypes, mais concernant aussi bien le sexe, la "race" , le milieu socio pro ect, avec une vraie valorisation des différences.

    Pour moi, les filles sont aussi différentes entre elles que différentes des garcons et il faudrais s'axer sur la différence et les points commun inter individu, et pas entre les genres (je suis peut etre pas claire du tout la en fait )
  7. SeruSeru

    Le 16 janvier 2014 à 12:26

    Posté par mariecharlotte-2
    Ici, je suis plus intéressée par l'avis des enseignantes ou de celles qui se dirigent vers l'enseignement, pour savoir ce qu'elles pensent de l'ABCD de l'Égalité ?

    Future enseignante, je rentre en septembre 2014. Je n'avais pas ouï de tout ceci mais je ne suis pas encore en plein dedans… Plein de choses à faire d'ici septembre ^^
    Effectivement des "expérimentations" il y en a plein dans l'EN, c'est-à-dire qu'à chaque fois qu'un nouveau dispositif est imaginé, il est testé à petite échelle avant d'être adopté au niveau national. Cela me paraît normal.
    Je suis sceptique sur la formation, parce que des vidéos ça me paraît moyennement efficace. La force de notre métier c'est de travailler ensemble, et par des vidéos je ne vois pas comment on peut échanger avec les collègues, ou tout bêtement, poser des questions. J'ose espérer que pour les académies qui ont accepté de participer, il y a des conférences ou de la formation continue consacrée au sujet… parce que ça me paraît léger.
    Le but est louable, mais comme il l'a été dit, les enfants sont soumis aux stéréotypes partout (télévision, publicités, jouets, vêtements)… Nos actions à l'école n'empêcheront pas les parents d'habiller les filles en rose et les garçons en bleu. C'est toute la société qui est imprégnée par les stéréotypes. Comme d'habitude on veut que l'école soit un outil de lutte contre tous les maux de la société… ça fait lourd sur les épaules des enseignants, je trouve. Mais c'est aussi logique, puisque les enfants passent beaucoup de temps à l'école. Après, cela dit, je pense qu'aucun enseignant n'a attendu cet ABCD de l'égalité pour lutter à sa manière et à son niveau contre les stéréotypes liés au genre, je pense notamment à la maternelle où on n'hésite pas à inciter les petits garçons à aller jouer dans le coin cuisine… ;)
    Comme je l'ai dit je ne rentre qu'en septembre, j'ai pris plusieurs fois des classes en responsabilité, je connais bien le métier, mais je ne suis pas encore expérimentée, je pense qu'il vaudrait mieux l'avis d'une vraie pro avec de la bouteille. :P
  8. miss-dotmiss-dot

    Le 21 janvier 2014 à 19:22

    Posté par mclagirafe
    Je suis la seule à tiquer sur le mot "égalité"?

    Parce que bon, les études de genre, j'arrive pas a me faire un avis, mais on peut pas nier que biologiquement, la petite fille va avoir ses règles, tombera enceinte et que dans leur grande majorité, les petits garçons deviendrons des hommes plus forts physiquement…

    Leur expliquer qu'ils sont différents mais qu'ils ont les mêmes droits, et parler d'équité plutôt que d'égalité?

    Leur expliquer aussi comment marche notre société imparfaite plutôt que de revenir sur les codes vestimentaires d'il y a deux cent ans pour luter contre l'hyper sexualisation des petites filles, et s'arranger pour que les petits garçons ne deviennent pas des prédateurs sexuels une fois adultes…

    Les différences entre les genres devraient être réduites aux différences entre individus  (différences d'orgine, de caractères, de motivations, de gout )et valorisées…

    Héhéhé ! Si on part dans le vocabulaire, je te dirais qu'il n'y a aucune raison de tiquer sur l'usage du mot "égalité", parce que égalité n'est pas identité. D'ailleurs, quand on dit que les gens sont égaux, on n'essaye absolument pas de dire que ce sont des clones, ils ont chacun leur identité et leurs différences, mais on les met au même niveau. C'est bien ce qu'on essaye de faire ici : mettre les filles et les garçons au même niveau, leur laisser les mêmes chances en tant qu'individu.


    Sinon @mariecharlotte-2 je ne suis pas enseignante, plutôt étudiante, en revanche ma mère est professeure des écoles en CP, donc je lui en ai un peu parlé pour voir ce qu'elle en pensait. Elle était pas très renseignée sur le sujet, mais elle essaye de manière générale de lutter le plus possible, tout comme ses collègues, contre les réflexions sexistes venant des garçons comme des filles, style "nan, tu peux pas jouer au foot avec nous, t'es une fille !".
    D'autre part, certes on ne peut pas faire reposer toute l'éducation sur les enseignants, mais l'influence des maîtres et maîtresses n'est pas à négliger parce que pour un peu qu'une relation de confiance ce soit instaurée entre l'enseignant et les élèves, beaucoup d'enfants se tournent vers leur maîtresses quand ils ont des questions puisque pour eux c'est une personne "qui sait" …
  9. Marie.CharlotteMarie.Charlotte

    Le 21 janvier 2014 à 19:52

    Merci pour vos réactions ! ( @miss-dot  et @Seru , je lis toutes mes mentions même si j'ai pas toujours le temps de répondre ! :fleurs:

    Vos témoignages d'enseignantes ou de proches sont très intéressants. 

    Je ne pense pas que l'ABCD de l'égalité va provoquer une révolution en un an, je suis convaincue, comme vous le pointez, que les stéréotypes sont très fortement ancrés. Mais ce programme permet au moins aux enseignants "volontaires" de prendre conscience de leur rôle dans le relai des stéréotypes auprès de leurs élèves; 

    S'ils en ont déjà conscience, je trouve que c'est déjà une révolution. @Ziggie  répondait sur le topic des questions à Najat qu'elle essayait de faire comprendre à certains parents les constructions genrées, que c'était pas facile, mais je crois que c'est déjà énorme. 

    Quand j'étais en 3e, (en 2001 :cretin: ), les stéréotypes m'ont rattrapée. Garçon manqué, je pense que j'étais passée entre les mailles du filet, dans le sens où je me sentais plus "mec" que "meuf" (si on juge QUE par les stéréotypes : je me comportais plutôt comme "un garçon" que comme "une fille". Bref). 

    Sauf un truc:  les maths. J'adorais les maths, mais j'avais du mal. Alors que les matières littéraires, c'était facile. Mais vraiment du mal. Ma mère disait souvent "c'est pas grave, t'es plutôt littéraire !" etc… 

    Mais un jour, ma prof de maths de 3e a dit à mon père (à une réu parents-profs) : "MC n'est pas une matheuse. C'est une bosseuse, mais pas une matheuse." 

    Et j'ai baissé les bras. J'ai considéré que j'étais si j'avais des difficultés en maths, ça devait donc être parce que j'étais naturellement pas douée en maths… ça a découragé mes efforts dans la matière. 

    Avec le recul, je me dis MAIS. FUCK. J'étais ni plus ni moins "douée" en maths que le premier venu, j'étais EN TRAIN de m'accrocher parce que j'avais pas les maths infuses (mais bon, mes potes mecs non plus. J'avais des meilleurs notes qu'eux d'ailleurs). Et parce que cette prof que je respectais énormément (en plus c'était ma prof principale) a dit à mon père que j'étais "pas une matheuse", je me suis sentie légitime à baisser les bras. 

    Voilà, si les "ABCD de l'égalité" peuvent permettre à tous les profs de prendre conscience qu'ils contribuent à véhiculer des stéréotypes de genre qui ont des conséquences sur l'orientation des enfants, je trouve perso que c'est déjà un putaaaaiiinnnn de progrès !!! 

    Et bon, en plus si y a des Madz parmi ces enseignants, je dirais même qu'on est sur une très bonne voie pour que les choses changent !!! :coeurquibat: :fleurs: :unicorn:
  10. Red_ladyRed_lady

    Le 30 juin 2014 à 15:17

    Posté par hole
    Ca y est @binjoo @Van Kasteel @Marie.Charlotte j'ai retrouve le truc (vous m'obligez a remuer la pire merde d'internet).

    - Harald Eia : « Donc selon vous il n’y a pas d’études démontrant des différences du cerveau pour comprendre pourquoi tant d’hommes deviennent si souvent ingénieurs ? »

    - Catherine Egeland : « Non, je ne pense pas. »

    - Harald Eia : « Quelles sont vos bases scientifiques pour dire que la biologie ne joue aucun rôle dans les choix professionnels des deux genres ? »

    - Catherine Egeland : « J’ai ce que vous appelleriez des bases théoriques. Il n’y a pas de place pour la biologie là dedans pour moi. Je pense que les sciences sociales doivent ‘challenger’ l’idée selon laquelle tout cela est basé sur des différences biologiques. »

    Moi j'appelle cela de l'ideologie. Je ne me prononce pas sur la pertinence des etudes mentionnees (je pourrais mais c'est pas le probleme). De toute facon, je m'en tape : je suis ingenieure :cretin:


    Je pense qu'il y a effectivement des différences biologiques entre les deux sexes (taille différente du cerveau et façon différente de l'utiliser (sisi on en a parlé en biologie), différentes hormones dans le corps, différents aspects physique, …)

    Seulement, ces différences ne justifient pas l'entièreté de l'écart présent entre les femmes et les hommes.

    D'autre part, pour les psychologues modernes, la personnalité, le développement d'un individu est le fruit de l'interaction entre son patrimoine génétique et son environnement.
    Pour ma part, je pense que l'environnement a un impact plus important mais bon, personne n'est d'accord sur les proportions des influences de l'un et de l'autre….

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