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Scènes de sexe traumatisantes, body-shaming… les actrices de « Skins » racontent l’enfer des tournages

April Pearson et Laya Lewis ont affirmé avoir subi des tournages plus que problématiques lorsqu’elles travaillent pour Skins. Quelles révélations pour une série qui se focalisaient sur les problèmes des adolescents…

« Je pense que j’étais trop jeune, je pense que je n’étais pas protégée. »

C’est dans le podcast d’April Pearson intitulé Are You Michelle From Skins? que l’animatrice ainsi que Laya Lewis — deux anciennes actrices de Skins — ont révélé avoir vécu des moments de tournage traumatisants. On y parle scènes de sexe hyper malaisantes et bodyshaming Grosse ambiance.

Les ados de Skins, trop peu encadrés sur le tournage

Skins est une teen série culte qui a marqué beaucoup d’esprit par son réalisme et son caractère explicite. Les problèmes d’Effy, Sidney et Cassie n’ont pas laissé indifférents celles et ceux qui ont regardé le programme… Malheureusement, les personnages n’ont pas été les seuls à avoir eu des soucis : les jeunes filles qui les incarnaient ont vécu des violences.

En effet, dans son podcast Are You Michelle From Skins?, April Pearson (Michelle dans la série) explique à son ex-collègue qu’il y a une différence entre « avoir l’âge qu’il faut officiellement et être prête mentalement », sous-entendant qu’elle n’était pas prête à tourner de telles scènes de sexe.

Laya Lewis (Liv), quant à elle, affirme avoir eu à tourner plus de scènes de sexe que le reste du casting à cause de son âge : elle avait 18 ans quand elle a rejoint Skins. Des séquences d’autant plus perturbantes que beaucoup d’ados jouant dans Skins ont été repérés via des castings sauvages : ils et elles n’étaient donc pas des comédiens et comédiennes professionnelles.

« Certes, on est des acteurs et on joue la comédie. Mais je pense que si tu veux prendre des enfants dans la rue — ce qu’ils faisaient pour avoir ce truc authentique à l’écran — il faut les aider un peu plus. Expliquer les choses. C’était un peu submergeant d’être en mode : bang, jour un, c’est parti. »

Son ancienne collègue corrobore :

« On ne sait pas vraiment quoi dire, comment s’exprimer, on ne sait pas si ce qui se passe est normal… et comme souvent quand on vit un traumatisme, c’est en prenant du recul qu’on se dit “En effet, c’était craignos”. »

Apparemment, les deux femmes ne sont pas les seules à partager ce sentiment. April Pearson a révélé :

« Laya, tu n’es pas la seule à retenir du négatif de cette expérience. On parle de sept saisons du même programme, et tout le monde ressent la même chose […] »

Des actrices de Skins affamées, leurs corps dépréciés

Mais ce n’est pas tout. Apparemment, l’équipe de la série a, à plusieurs reprises, rabaissé les actrices à propos de leur physique. Il est aussi arrivé qu’on leur demande de ne pas manger. Laya Lewis déclare :

« J’ai clairement ressenti beaucoup de pression pour être plus mince — de la part des créateurs de la série ou des gens dans les coulisses. À un moment, on m’a dit de sauter le petit-déjeuner et de ne manger qu’une pomme de terre au four pour le dîner. »

L’ex-interprète de Liv Malone a aussi affirmé qu’avant le tournage au Maroc de la saison 6, les adolescentes ont dû s’aligner en bikini afin qu’on leur dise si elles étaient assez bien ou non pour être filmées.

L’équipe de Skins présente ses excuses

Suite à ces propos, un représentant a publié un communiqué dans le célèbre The Sun pour présenter ses excuses au nom de toute l’équipe :

« Nous sommes profondément et sincèrement désolés que des membres du casting se soient sentis mal à l’aise ou non respectés alors qu’ils travaillaient pour “Skins”. Nous nous engageons à toujours faire évoluer les conditions de travail afin qu’elles soient safe, qu’elles inspirent confiance et qu’elles soient agréables pour quiconque travaille dans l’industrie de la télévision. »

Un porte-parole de Channel 4, sur laquelle Skins était diffusé, a déclaré au Daily Mail que la chaîne était maintenant pourvue d’un service anonyme permettant à ses employés de s’exprimer si jamais quelque chose n’allait pas.

Il est vrai qu’aujourd’hui, des systèmes sont mis en place pour protéger les acteurs et actrices tournant des séquences intimes — comme les intimacy coordinators, ces membres de l’équipe qui s’assurent du bien-être des comédiens et comédiennes pendant les scènes de sexe, ou les moments particulièrement sensibles. Mais entre 2007 et 2013, lorsque Skins a été tourné, on se souciait beaucoup moins de ce genre de problématiques. En témoignent les propos de Laya Lewis et April Pearson…

Pour une série attachée à souligner les problèmes des adolescents liés à la sexualité ou à la santé mentale, c’est très décevant. On sait que c’était une autre époque, mais tout de même : une telle hypocrisie est difficile à digérer. Il n’y a plus qu’à espérer que les choses changent, et que personne ne doive vivre ce que ces jeunes femmes ont vécu.

À lire aussi : Skins fait son come back nostalgique sur Tik Tok

Les Commentaires
7

Avatar de Kirjava
27 mai 2021 à 20h19
Kirjava
J'adorais cette série et pourtant, qu'est-ce qu'elle m'a filé des complexes... sous couvert d'ados normaux auxquels on pouvait s'identifier, on n'avait quand même que des filles très minces et très belles (hormis une ou deux mais elles restaient assez secondaires malgré les épisodes centrés sur elles, je pense notamment à Sketch ou Pandora — qui sont moins mises en valeur que les autres et assez ridiculisées), de la drogue ultra glamourifiée (qui me donnait l'impression d'etre une fille coincée avec une vie vraiment pas cool) et le personnage d'Effie dont tout le monde est amoureux en grande partie pour sa beauté (et encore aujourd'hui, je me souviens des plans sur son corps, ses jambes très minces, sa façon de fumer, avec du male gaze en veux tu en voilà)... pourtant il y avait des bonnes choses. Je me souviens encore du
Contenu spoiler caché.

Tout ça pour dire que les révélations des actrices ne me surprennent pas et rajoutent à la couche de malaise de cette série. Soutien à elles.
10
Voir les 7 commentaires

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