Construire une sexualité alors que la « première fois » était un viol

Construire une sexualité épanouie alors qu'on a vécu un viol comme « première fois », est-ce possible ? Comment y arriver ?

Construire une sexualité alors que la « première fois » était un viol

En 2015 a été publié sur madmoiZelle un témoignage important, bien que difficile à lire : Ma première fois, c’était un viol.

Trop de personnes ont vécu une expérience similaire : commencer leur sexualité à deux dans un contexte où leur consentement est nié, bafoué, où leur « non » n’est parfois pas prononcé, parfois pas entendu.

Construire ensuite un rapport épanoui, sain et conscient à sa vie sexuelle, ses désirs et ses plaisirs, c’est loin d’être simple…

Ma première fois était un viol, comment m’en sortir ?

Esther a été rédactrice société et actualité chez madmoiZelle. Elle t’a notamment emmenée autour du monde, à la rencontre de femmes courageuses.

À présent Esther officie sur sa propre chaîne YouTube : Esther Reporter.

Et sa dernière vidéo vise à aider les personnes tentant d’accepter et construire leur sexualité alors que leur « première fois » était un viol.

Le viol, une blessure secrète

Dans cette vidéo interviennent deux jeunes femmes qui ont subi des violences sexuelles.

Valentine a été violée au Nouvel An alors qu’elle avait 16 ans. Elle a dit non, elle a été forcée physiquement : elle n’a jamais douté avoir vécu un viol.

Mathilde, que tu connais peut-être vu qu ‘elle travaille chez madmoiZelle, a été violée à plusieurs reprises par un homme qu’elle considérait comme son ami. Pour elle, ça a été plus compliqué de comprendre que ce qu’elle vivait était un crime.

Toutes deux ont eu énormément de mal à construire leur vie sexuelle après ces « premières fois ».

Mémoire traumatique, crises d’angoisse pendant le sexe, incapacité à se refuser à un partenaire, malaises, douleurs… le viol les a blessées en profondeur.

Comment aider les victimes de viol à construire leur sexualité

Emmanuelle Piet, du Collectif féministe contre le viol, et Nina Luka, coach et thérapeute, interviennent dans la vidéo pour expliquer ce que Valentine et Mathilde ressentent, mais aussi les aider.

Elles mettent en lumière les mécanismes de défense du cerveau après un traumatisme, réexpliquent l’état de sidération qui mène tant de victimes à ne pas se débattre, rassurent sur le fait que ces réactions sont normales.

Dans un second temps, elles livrent des conseils pratiques et bienveillants pour réapprivoiser avec douceur sa sexualité.

Ne pas laisser le violeur contrôler sa sexualité

En fin de vidéo, Mathilde tient un discours qui m’a beaucoup touchée.

Elle explique que certes, les viols étaient sa première expérience sexuelle à deux, mais qu’elle refuse de les considérer comme « sa première fois » — un concept bien flou, dans tous les cas, et centré autour de la pénétration vaginale.

Mathilde ne laissera pas le violeur lui « voler » sa première fois. Car elle l’a décidé : sa première fois, elle a eu lieu bien après ces évènements traumatiques.

Avec sa copine actuelle, avec du désir, du plaisir, et selon ses termes. C’est ça, sa première fois, et personne ne peut lui retirer cette décision !

Je ne peux que t’encourager à t’abonner à la chaîne d’Esther, qui livre du contenu de qualité, notamment les bonnes nouvelles du féminisme, ma rubrique préférée ♥

À lire aussi : J’ai dit « non » à mon copain, il m’a violée sans vouloir m’écouter

Mymy

Mymy

Mymy est la rédactrice en chef de madmoiZelle et gère la rubrique masculinité (dont fait partie son podcast, The Boys Club). Elle est aussi dans la Brigade du Kif du super podcast Laisse-Moi Kiffer. Elle aime : avoir des opinions, les gens respectueux, et les spätzle.

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