Y a-t-il trop de « putaclic » sur madmoiZelle ?

madmoiZelle, trop adepte du « putaclic » ou « clickbait », à savoir des titres racoleurs, mensongers ? Mymy répond à cette critique récurrente.

Y a-t-il trop de « putaclic » sur madmoiZelle ?

« Faut arrêter avec le putaclic madmoiZelle… »

Voilà une critique qui revient régulièrement, notamment sur la page Facebook du magazine. Mais y a-t-il vraiment du « putaclic » sur madmoiZelle ? Selon moi, non. Et je vais vous expliquer ma logique.

C’est quoi le « putaclic » ?

Commençons par expliciter de quoi on parle.

Le « putaclic » (néologisme auquel je préfère l’anglais « clickbait », littéralement « appât à clic », qui a le mérite de ne pas insulter les travailleuses du sexe), c’est quoi ?

Wikipédia, qui parle de « piège à clics », le définit ainsi :

« Néologisme péjoratif désignant un contenu Web qui vise à attirer le maximum de passages d’internautes afin de générer des revenus publicitaires en ligne.

Dans cette optique il s’appuie en premier lieu sur un titre racoleur, voire mensonger et sur des éléments sensationnels, émotionnels au détriment de la qualité ou de l’exactitude (avec un basculement possible vers les fake news).

Le but du clickbait est d’attirer les clics à peu de frais et d’encourager le transfert d’un contenu sur les réseaux sociaux. »

C’est quoi, un titre « racoleur », « putaclic » ?

J’avoue qu’il me semble compliqué de définir ce qu’est un titre « racoleur ». Est-ce un titre qui donne envie de cliquer ? Si oui, n’est-ce pas simplement… un bon titre ?

Entre ces deux options, j’ai appris au fil des années que la seconde donnera bien plus envie de lire que la première :

  1. Un accord entre producteurs et diffuseurs chez France Télévisions
  2. Pourquoi Dix pour cent ne sera plus sur Netflix

L’information dans l’article, au final, est la même : un accord entre producteurs et diffuseurs permettra de retirer les contenus France Télévisions de Netflix… y compris Dix pour cent, une série très appréciée.

Sauf que le premier titre ne donne pas hyper envie, il a un aspect très « business » qui n’aide pas à se sentir concernée quand on ne bosse pas dans l’audiovisuel.

Le second, lié à une série qu’une grande partie du lectorat de madmoiZelle suit assidûment, crée un intérêt. Est-ce un titre « racoleur » ?

À mon sens, je n’ai pas honte de le dire, c’est un titre… efficace !

https://tumblr.madmoizelle.com/post/98382937495/à-la-recherche-du-bon-titre-sur-linternet

Flashback : comment intéresser les gens au statut étudiant-entrepreneur ?

Du « putaclic » dans les illustrations chez madmoiZelle ?

Je ne rougis pas des titres qui donnent envie de cliquer. Pas plus que je ne rougis des images d’illustration qui, bien choisies, peuvent booster le succès d’un article.

Ci-dessus, un joli bouli pour un article qui parle de sexualité. Donc pas du cul pour vendre des yaourts, non. Ça me semble cohérent !

Bon, ok, il y a des gens qui m’ont demandé où trouver ce body… et je n’en ai aucune idée, car il s’agit d’une photo libre de droits, pas tirée d’un e-shop.

Mais ce n’est pas comme si je MENTAIS en titrant l’article « Comment avoir des fesses fermes et un joli body » alors que le sujet est tout autre.

Pas de titre mensonger chez madmoiZelle

Le sujet du mensonge, venons-y. Car pour moi, le souci du « putaclic », ce n’est pas qu’un titre donne envie de cliquer, c’est qu’il mente sans vergogne.

Et sur madmoiZelle, VRAIMENT, je reste vigilante sur le fait que les titres ne soient jamais mensongers.

Si je titre « Game of Thrones saison 8 commence le… » et que la date n’est pas dans l’article, je comprends que vous ne soyez pas contentes. Personne n’aime être pris pour un pigeon !

Sauf cette dame, probablement.

Mais si dans l’article est indiqué que « Game of Thrones saison 8 commence le 14 avril 2019 », pour moi ce n’est pas du « putaclic ».

L’info promise est bien là. Elle n’est tout simplement pas dans le titre. Sinon vous ne cliquez pas.

Et pourquoi c’est important que vous cliquiez ? Parce que…

Je n’écris pas pour ne pas être lue

Je n’écris pas pour ne pas être lue.

Ça n’a aucun intérêt, ni pour moi ni pour vous, que je me casse le cul pendant une, deux, quatre, huit heures à écrire un article que vous ne lirez pas.

Que certains sujets aient plus de « potentiel » que d’autres, c’est normal, et rassurez-vous, ça ne veut pas dire que je vais tuer les rubriques les moins consultées !

Mais il est de ma responsabilité, et de celle de toute la rédac, que les articles soient le mieux mis en valeur possible. Qu’ils aient le maximum de chances d’être lus.

Car derrière ces écrits, il y a des rédactrices, qui chaque matin se demandent ce que vous aimeriez lire, ce qui vous intéresserait, ce qui vous ferait grandir, rire, ce qui vous informerait…

À quoi bon venir bosser si personne ne lit ce qu’on écrit ?

Et il y a une autre raison pour laquelle il FAUT que le titre donne envie de cliquer. C’est parce que…

Vous consommez les infos via les réseaux sociaux

Ce n’est pas un reproche, c’est une constatation : la majorité des gens lisent des articles parce qu’ils apparaissent dans leur feed, que ce soit sur Facebook, Twitter ou Instagram.

Le temps où vous tapiez « trois double vé point madmoizelle point com » dans votre navigateur est, pour la plupart d’entre vous, révolu.

Cela veut dire que les articles de madmoiZelle, comme ceux de tous les médias en ligne, sont face à une incroyable concurrence pour votre attention :

  • Les autres gens de votre feed (amis, connaissances, personnalités publiques)
  • Les autres médias dans votre feed, qui veulent aussi que vous cliquiez
  • Les publicités et contenus sponsorisés

Là où des titres factuels peuvent « suffire » si vous venez directement sur le magazine, des titres plus accrocheurs sont nécessaires pour faire face à tout ce « bruit » omniprésent sur les réseaux sociaux.

Si vous voulez que les choses changent, vous pouvez donc venir directement sur le magazine pour lire les articles, et/ou vous inscrire à la newsletter quotidienne de madmoiZelle pour en recevoir le top dans votre boîte mail !

Une raison supplémentaire pour laquelle il est important de vous amener à cliquer, c’est que…

Un article ne tient pas en un titre

Certes, si je mets à jour un papier en une ligne pour dire que Game of Thrones saison 8 arrivera le 14 avril, on peut dire que la nouvelle info tient dans le titre.

C’est pour ça que c’est une mise à jour et pas un nouvel article, d’ailleurs.

Mais en règle générale, un article ne tient pas en un titre.

Un article présente un contexte, des avis, une réflexion, des sources. Autant d’éléments qui permettent de mieux comprendre l’information, de la remettre en perspective.

Déjà que les réseaux sociaux sont perclus de gens qui commentent sans lire (les fameux « j’ai pas lu l’article mais voici mon opinion »), c’est pire quand les gens pensent avoir toute l’info dans le titre !

Et la dernière raison pour laquelle madmoiZelle aimerait vous faire cliquer, c’est que…

madmoiZelle a besoin d’argent pour fonctionner

madmoiZelle gagne de l’argent par divers leviers :

  • Les opérations édito spéciales, avec par exemples des articles sponsorisés (la majorité de notre chiffres d’affaires)
  • Le display, donc les pubs qui s’affichent sur le site (si vous n’avez pas AdBlock)
  • Les box, les Grosses Teufs (une toute petite partie du chiffres d’affaires)
  • Les liens affiliés (là encore, une toute petite partie)

Plus il y a de vues sur madmoiZelle, plus le display rapporte d’argent.

Et c’est important que madmoiZelle gagne de l’argent, car le magazine est gratuit à lire pour tous et toutes.

Car l’équipe n’est pas composée, comme dans beaucoup d’endroits, de freelance ou pigistes : les personnes sont là à plein temps. C’est rare, dans la presse Web. TRÈS rare.

Car le magazine est indépendant, ce qui n’est pas courant non plus, et personnellement, j’espère qu’il le restera longtemps, qu’il le sera toujours.

Pas de « putaclic », mais des actions logiques

Voilà pourquoi, à mon sens, il n’y a pas de « putaclic » sur madmoiZelle :

  • Jamais un titre ne ment sur le contenu de l’article
  • Les titres encouragent le clic, oui…
  • …mais pas de façon malhonnête…
  • …et c’est essentiel qu’il y ait des clics pour que madmoiZelle survive…
  • …surtout, si les articles ne sont pas lus, à quoi bon les écrire ?

Il peut arriver qu’un titre soit mal formulé, laisse attendre une info qui n’est pas dans l’article, ou alors pas claire ; n’hésitez pas bien sûr à le signaler ! L’erreur est humaine !

Et j’avoue qu’il m’arrive de mettre en accroche sur les réseaux sociaux « La réponse va vous étonner »… Mais c’est toujours une blague, j’ironise sur ce « cliché » de la presse Web. Ce n’est peut-être pas limpide.

En tout cas, comme je gère beaucoup du « marketing » chez madmoiZelle, notamment les titres, ça me tenait à cœur d’écrire cet article pour vous expliquer mon travail, mes considérations, ma philosophie.

Je me permets pour finir de rappeler que sur Internet, comme dans la vraie vie, le respect c’est bien, et que les critiques sont beaucoup plus digestes lorsqu’elles ne sont pas chargées en mépris, sarcasme, voire insultes.

Voilà, je vous laisse me répondre à présent : comprenez-vous mieux mes choix sur le magazine ? Considérez-vous qu’un titre « efficace », c’est du « putaclic » ? Dites-moi tout !

À lire aussi : Fab répond aux madmoiZelles — La régie commerciale et le modèle économique du site

Mymy

Mymy

Mymy est la rédactrice en chef de madmoiZelle et gère la rubrique masculinité (dont fait partie son podcast, The Boys Club). Elle est aussi dans la Brigade du Kif du super podcast Laisse-Moi Kiffer. Elle aime : avoir des opinions, les gens respectueux, et les spätzle.

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Commentaires

Laoragwen

On raisonne sur plus d'une centaine de milliers de visites par jour, les outils de mesure chiffrée permettent de considérer des volumes. Peu importe pourquoi unetelle a cliqué sur A plutôt que sur B. On observe que 1000 personnes cliquent sur A et 10 000 personnes cliquent sur B, on peut déduire que B marche mieux que A auprès du lectorat.

On préfère que nos articles soient cliqués ET lus, c'est le but ! Tout simplement : avant d'être lu, un article doit être cliqué.
ça arrive que des articles cliqués ne soient pas lus, ça n'arrive pas que des articles lus ne soient pas cliqués :cretin:

D'où la nécessité d'attirer le clic dans un premier temps, et de livrer derrière un article pertinent dans un second temps. Effectivement quand tu cliques 3 fois sur un article qui te déçoit, tu finis par ne plus cliquer, ne plus lire madmoiZelle.
Ok merci pour ta réponse ;)
Effectivement je fais partie de celleux qui trouve qu'il y a des titres pas bien choisis, mais je comprends un peu mieux avec ton premier paragraphe.
 

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