Mon job d’été : animatrice pour vacanciers en situation de handicap

Il y a quelques années, Lucie a accompagné des adultes en situation de handicap pendant leurs vacances d'été. Elle te raconte ici son expérience.

Job d'été animatrice adultes handicapés

— Publié le 12 avril 2019

Il y a quelques années, j’ai obtenu un job d’été dans une association qui propose des vacances adaptées pour adultes en situation de handicap.

Ça a été une expérience très intense mais surtout très enrichissante pour la petite meuf de 19 ans que j’étais !

Comment je suis devenue animatrice pour vacanciers en situation de handicap

Ma grande sœur Justine est psychologue, et elle avait déjà été embauchée dans le passé par l’association lyonnaise AMAHC spécialisée dans les vacances adaptées pour les adultes présentant des troubles psychiques.

À deux reprises, elle était partie avec une copine de fac encadrer des groupes d’adultes lors de séjours de 10 jours à 2 semaines.

Elle m’avait bien sûr parlé de son expérience, et même si ça me faisait un peu peur à cause des nombreuses responsabilités que ça avait l’air d’impliquer, j’avais trouvé le concept génial.

Du coup, quand elle m’a suggéré l’été suivant de l’accompagner à la place d’une de ses amies, j’ai bien réfléchi et j’ai décidé de tenter le coup !

Elle connaissait l’association et le job en lui-même. J’avoue que l’idée d’avoir ma sœur avec moi me rassurait un peu.

Pour être embauchée, ça n’a pas été très difficile : l’association manque régulièrement d’accompagnateurs et connaissait Justine, avec laquelle les séjours s’étaient toujours bien passés.

En quoi consiste le job d’été d’animatrice de séjours adaptés

Les activités concrètes

Pour ce job d’été, on est donc parties toutes les deux en Alsace avec un mini-bus où faire tenir les 7 adultes qu’on encadrait.

Je n’avais pas le permis à l’époque, donc ma sœur a dû gérer la conduite toute seule, ce qui n’a pas toujours été facile.

En dehors de ça, qu’est-ce qu’on faisait exactement ? En gros, on gérait tout de A à Z pour que les personnes passent de bonnes vacances.

Ça allait de prévoir et préparer les repas dans le gîte où on logeait à organiser les activités de la journée (en faisant attention à les adapter aux capacités de tous et toutes), en passant par laver les draps le matin en cas d’accident et distribuer les traitements.

Est-ce que c’est difficile d’encadrer des adultes en situation de handicap ?

Tous les adultes qui partent en vacances avec cette association sont autonomes, dans le sens où on n’avait pas besoin de les aider à se laver et à manger.

La plupart d’entre eux vivent même seuls dans la vie de tous les jours.

Leurs troubles psychiques ne sont pas forcément visibles de l’extérieur, il s’agit plutôt de petites choses du quotidien qui pouvaient être source d’angoisse pour les personnes qui y sont sujettes.

« Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? »

« J’ai mes règles et j’ai oublié mes protections au gîte ! »

« Comment on va rentrer au mini-bus après la balade ? »

« J’ai dépensé tout mon argent le premier jour, comment je vais faire pour ramener des souvenirs ? »

« Est-ce que je pourrai rester au gîte si je suis trop fatigué ? »

« Je crois que Marcel est énervé contre moi. »

« J’ai envie de faire pipi, est-ce qu’on pourra s’arrêter à une aire d’autoroute ? »

Autant de détails qui semblent insignifiants mais rendent la vie de ces personnes très compliquée et anxiogène.

Du coup, il nous fallait être disponibles 24h/24 pour les rassurer en cas de besoin, même si ça impliquait de répéter souvent les mêmes choses.

La difficulté venait aussi du fait que les vacanciers n’avaient pas tous les mêmes capacités physiques, donc nos sorties relevaient parfois de l’expédition.

D’autant plus que certains étaient peu compréhensifs vis-à-vis des difficultés des autres, ce qui n’aidait pas franchement !

Et le rôle de l’association elle-même dans tout ça ?

Avant le séjour

Bien entendu, l’association ne nous a pas lâchées dans la nature avec 7 personnes handicapées pendant 10 jours ! Avant le séjour, nous avons eu droit à une petite réunion pour être préparées.

On nous y a présenté les dossiers des différents vacanciers avec tous les détails dont nous avions besoin, concernant leur traitement notamment (s’il ou elle le gérait de manière autonome par exemple) et les spécificités de leurs troubles psychiques.

Nous avons aussi eu accès aux rapports des accompagnateurs de séjours antérieurs, s’ils en avaient effectués. Ces rapports nous ont été très utiles puisqu’ils contenaient des anecdotes, des détails et des remarques concernant chaque personne.

Tout cela nous a permis de partir en connaissance de cause et en sachant à l’avance avec qui et sur quels aspects il allait falloir être particulièrement vigilantes.

Pendant le séjour

Une fois parties avec le groupe, nous avons bien sûr gardé contact avec l’association.

Chaque soir, un responsable nous téléphonait à l’une et à l’autre pour savoir comment le séjour se passait, mais aussi pour s’assurer que nous, accompagnatrices, allions bien.

Cela nous permettait de prendre un peu de recul ou de recevoir quelques conseils en cas de difficulté ou de questionnements. À aucun moment je ne me suis sentie livrée à moi-même.

Après le séjour

À la fin du séjour, nous avons débriefé avec notre responsable, et nous lui avons rendu les carnets de bord qu’on nous avait demandé de remplir au fur et à mesure, qui décrivaient nos activités quotidiennes et justifiaient toutes nos dépenses.

Enfin, nous avons rempli à notre tour un compte-rendu de fin de séjour pour chaque vacancier, afin d’informer l’association et de faciliter la tâche aux prochains accompagnateurs, comme ça avait été le cas pour nous.

Ce que je retiens de ce job d’été

Une expérience facilitée par la présence de ma sœur

Je n’ai absolument aucun regret concernant ce job d’été un peu hors du commun. Je suis très contente de l’avoir effectué et j’ai beaucoup appris, par contre je pense que mon expérience aurait pu être très différente si ma sœur n’avait pas été là.

Elle m’a été d’une grande aide, d’abord parce qu’elle l’avait déjà fait et que c’est une personne très organisée, mais aussi parce que sa formation de psychologue lui permettait de comprendre des situations dans lesquelles je ne savais pas comment réagir.

Et de manière générale, le fait de partir avec elle a vraiment facilité le travail parce qu’on n’a pas eu besoin d’apprendre à se connaître et à se cerner l’une et l’autre en plus d’avoir la responsabilité des vacanciers.

Chacune connaissait assez les réactions de l’autre pour savoir quand elle était sur le point de craquer, et ça nous est arrivé à plusieurs reprises de prendre le relai quand l’une de nous deux avait besoin d’un peu de repos.

Je crois que ça fait une grosse différence parce que c’est un job d’été plutôt intense !

Même si ça dure que 10 ou 15 jours, ça peut devenir vraiment compliqué de ne pas s’entendre avec l’autre accompagnateur, ou tout simplement de ne pas bien le connaître.

Un job d’été enrichissant

Au-delà de ça, au risque de faire cliché, c’est une expérience humaine unique qui fait grandir et réfléchir.

Certes, ce n’est pas le job d’été le mieux payé du monde puisqu’on a un contrat à 35h alors qu’on doit être disponible à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, mais ça m’a définitivement appris plus que si j’avais fait un job d’été plus classique.

Je me suis attachée aux différentes personnes que j’ai accompagnées, j’ai été heureuse de les voir se réjouir des activités qu’on leur proposait, et je suis fière d’avoir apporté ma petite pierre à l’édifice de l’association AMAHC.

Et par dessus tout, j’ai eu beaucoup de chance de pouvoir partager tout ça avec ma sœur. Alors Juju, si tu lis ça : merci d’avoir été là.

Si tu as des questions au sujet de ce job d’été, n’hésite pas à me les poser en commentaires, je serai très contente de te répondre !

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Lucie

Lucie

Lucie est la rédactrice beauté de madmoiZelle (quand elle n'est pas trop occupée à chanter des chansons des années 2000 ou à manger des crêpes).

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