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J’ai testé pour toi : faire le tour du monde … et rentrer en France

26 jan 2019
À 27 ans, Ingrid a lâché son CDI pour partir faire un tour du monde. Une expérience incroyable qu’elle a raconté sur son blog Grass For Pillow. Mais aujourd’hui, sur Rockie, elle vous parle de l’après : comment ça se passe quand on rentre au bercail après un tel périple ?

Le 22 juillet 2017, je suis partie de chez moi avec mon sac à dos de 9 kg et un billet d’avion de huit pages qui allait me permettre de faire le tour du globe, le rêve de toute ma vie. Après six mois, et quatre continents, je suis revenue en France riche de mille aventures, mais sans travail.

Avant mon départ, j’avais un poste d’ingénieure dans le secteur de l’énergie pas vraiment en accord avec mes valeurs. Comme je n’étais pas éligible au congé sabbatique et que mon entreprise refusait de m’accorder un congé sans solde ou une rupture conventionnelle (qui m’aurait permis de toucher le chômage à mon retour de voyage), j’ai dû démissionner pour pouvoir partir.

Mon premier conseil, là à chaud, serait de tout faire pour éviter de se retrouver dans cette situation, mais j’avais vraiment trop envie de réaliser mon rêve, alors j’ai foncé.

Je n’avais donc aucun revenu à part le RSA (que l’on peut toucher au bout de trois mois sans salaire), soit environ 550€ mensuels. Ce n’est pas grand chose pour vivre, heureusement j’ai eu la chance d’être hébergée par des proches à mon retour et cela m’a permis de prolonger ma période sabbatique de quelques mois, le temps de réaliser d’autres projets qui me tenaient à cœur.

La déconnexion au retour d’un tour du monde

Quand on fait un long voyage seul.e, on peut sentir une fois rentré·e une certaine déconnexion avec ses proches, surtout s’ils ont suivi pendant ce temps un chemin plus classique genre “maison + enfant + labrador”.

Je sais que mes décisions ont pu surprendre certaines personnes. Quitter son job sans rien avoir derrière pour aller se promener en vidant son compte en banque, est un choix de vie plutôt atypique.

Cela peut aussi susciter un peu de jalousie, si l’ami en question rêve de faire la même chose mais en est empêché par le manque de temps ou d’argent.

Pour pallier cela (oui, on dit « pallier cela » et pas « pallier à cela », tu pourras te la péter à la machine à café), j’ai jonglé entre famille, amis, et nouveaux potes rencontrés en voyage, quitte à sillonner toute la France avec mon abonnement TGVmax. Passer du temps avec des gens en train de vivre la même chose que moi m’a bien aidée.

J’ai eu du bol, je n’ai pas eu de “déprime post-voyage” (un classique, surtout quand on retrouve le même boulot ou appart qu’avant le départ). Pourtant, on était en février.

Nouvelle ville, nouveau projet

Il faut dire que je suis allée m’installer dans le sud de la France à mon retour alors que je vivais à Paris auparavant. Une nouvelle ville, de nouvelles personnes et un nouveau projet qui m’a bien occupé l’esprit au quotidien : écrire un livre.

Ces changements étaient énormes par rapport à mon ancienne vie, et j’avais parfois l’impression de ne plus me reconnaître. Petit à petit, ce sentiment s’est heureusement estompé.

Je me suis aussi pas mal baladée à mon retour : visiter la France pour retrouver des copains de voyage, improviser un weekend à Bordeaux ou une escapade au Portugal, tout ceci m’a aidée à renouer avec mon état d’esprit pendant le voyage : l’imprévu, la découverte, une autre langue. À mon arrivée au Portugal, seule en attendant mon amie, je me suis sentie plus libre que jamais – comme pendant mon voyage.

Dès le début de mon voyage, j’ai compris que je ne voulais plus travailler dans les énergies non renouvelables. Mais alors, que faire ?

Faire des compromis pour retrouver un job

Après avoir étudié moult solutions passant du télétravail à l’enseignement du yoga, j’ai fini par me dire que, pour l’instant, je ne voulais pas jeter mes études d’ingénieure à la poubelle. N’en déplaise à cet ancien collègue qui me voyait déjà ouvrir un magasin bio en rentrant.

J’ai tenté de trouver un job dans les énergies renouvelables, mais il y a tant de demandes et si peu de postes qu’un profil comme moi, passé par des grands groupes industriels, n’a aucune chance. J’ai donc choisi de rejoindre une boîte de prestations – beaucoup plus facile à intégrer qu’une entreprise classique – qui me proposait une mission dans le secteur du traitement des déchets. Petite victoire pour l’écolo que je suis.

Ce n’est clairement pas le job de mes rêves, mais ça me donne un peu de temps en attendant de trouver mieux. Ou de créer mon entreprise, qui sait ?

Pour aller plus loin :

 

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