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Santé

Enfin une enquête d’envergure sur la précarité menstruelle : on ne peut plus ignorer le problème

L’association Règles Élémentaires publie des chiffres édifiants sur l’étendue de la précarité menstruelle en France. Le début d’une vraie politique de santé publique en la matière ?

Parce que sans chiffres, il n’y a pas d’actions, pas de stratégies, pas de moyens alloués pour faire reculer la précarité menstruelle, Règles Élémentaires s’est associé à Opinion Way pour produire sa première enquête visant à mesurer l’étendue du problème en France.

L’association la publie ce 28 mai, journée mondiale de l’hygiène menstruelle, et donne enfin un bon aperçu des préjugés persistants sur les règles.

La précarité menstruelle, mal connue et pourtant très commune

Pour rappel, la précarité menstruelle c’est la « difficulté ou l’impossibilité de se procurer des protections d’hygiène intime et de vivre ses règles dignement ». Et ce phénomène est loin d’être mineur, alors qu’il a longtemps été totalement ignoré par les pouvoirs publics. Le terme lui-même est d’ailleurs très récent.

Selon l’enquête, il reste encore obscur pour une partie de la population, preuve qu’il va falloir œuvrer à davantage de pédagogie : si 70% des personnes interrogées ont déjà entendu parler de la précarité menstruelle, 53% ne savent pas de quoi il s’agit précisément.

Mais le chiffre qui résume peut-être le mieux la situation, c’est celui-là : une femme sur cinq a déjà été confrontée à de la précarité menstruelle. « 11% l’ont vécue personnellement et 10% déclarent connaître quelqu’un qui a déjà été dans cette situation » détaille l’enquête. Cela n’est donc pas un lointain épiphénomène… dans notre entourage, dans notre famille, des personnes sont forcément touchées par la précarité menstruelle, l’ont été ou vont l’être un jour.

Une majorité des personnes interrogées se déclare favorable à des solutions simples, comme la mise à disposition de protections gratuites, notamment dans les structures publiques (76%), dans la rue, dans les transports (70%).

Le tabou persistant des règles au travail

68% des personnes interrogées pensent qu’il y a un tabou sur les règles en entreprise.

Et ce n’est pas juste qu’il peut être difficile d’en parler : avoir ses règles au travail, on le sait, c’est pénible, mais souvent, rien n’est fait pour nous rendre la vie un peu plus facile… Pas même le b.a.-ba, comme laisser à disposition des serviettes dans les toilettes

. L’enquête montre pourtant que l’idée est plutôt bien accueillie : les trois quarts des personnes interrogées y sont favorables. 

L’idée est populaire, donc, mais dans les faits, il y a du travail. Sept personnes actives sur dix « déclarent qu’il n’y a jamais eu de produits d’hygiène disponibles dans les entreprises où elles travaillent ou ont travaillé », « seulement 14% qu’il y en a souvent ou parfois. » 

Cette adhésion générale pourrait-elle inciter les entreprises à être plus volontaires ? C’est ce qu’espère la fondatrice de Règles Élémentaires Tara Heuzé-Sarmini interrogée par France Info :

« C’est important que tous les chefs d’entreprise qui nous écoutent s’emparent de ce sujet pour créer un environnement de travail plus accueillant et sans tabou. »

En outre, deux femmes sur dix ont déjà manqué le travail à cause de leurs règles. De quoi amener de l’eau au moulin des défenseuses du congé menstruel ?

Outre le monde du travail, il ne faut pas négliger un autre secteur très touché par la précarité menstruelle : le milieu étudiant. Dans l’enquête réalisée par plusieurs associations étudiantes, la FAGE, l’ANESF et l’AFEP (et d’ailleurs soutenue par Règles Élémentaires), on découvrait les conséquences concrètes et graves de ce manque de moyens  : un ou une étudiante menstruées sur dix « fabrique ses protections pour des raisons financières », et un ou une sur vingt « utilise du papier toilette ». De plus, 13% des personnes étudiantes interrogées avaient du renoncer à acheter un produit de première nécessité pour acheter des protections.

Le besoin évident : une meilleure information autour des règles

Au final, l’enquête de Règles Élémentaires et Opinion Way montre une vraie attente de la société : 76% des personnes interrogées pensent qu’il s’agit d’un sujet de santé publique.

Elle montre aussi un besoin grandissant d’informations sur le sujet. La clef pour dépasser la honte et le tabou des règles ? En tout cas, un passage obligé dans le combat pour que l’accès aux protections menstruelles soit véritablement égalitaire.

À lire aussi : Précarité menstruelle : « Nous voulons que le gouvernement tienne ses engagements »


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Les Commentaires

11
Avatar de Ahn
8 juin 2021 à 20h06
Ahn
@Olduvaï La même, la meilleur solution que j'ai trouvé c'est les culottes de règles, au moins ça glisse pas, c'est pas trop en avant, en arrière et ça va suffisamment loin pour que la nuit ça coule pas à côté
Le seule risque c'est qu'elle déborde, mais ça réduit déjà pas mal les dégâts!
3
Voir les 11 commentaires

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