Pourquoi le droit de vote à 16 ans terrifie-t-il la France ?


Le 8 octobre, les députés devaient voter une proposition de loi abaissant le droit de vote à 16 ans, mais le gouvernement l'a rejetée sans ouvrir le débat. Comme souvent sur cette question, le débat public s'est cristallisé sur l'indifférence supposée des jeunes votants à la vie politique. Mais que dit une société qui pense sa jeunesse insouciante et désengagée ?

Pourquoi le droit de vote à 16 ans terrifie-t-il la France ?Unsplash / Arnaud Jaegers

Mise à jour du 8 octobre 2020

Sans réponse claire du gouvernement sur sa volonté d’aborder la question du droit de vote à 16 ans ce jeudi à l’Assemblée, le député Mathieu Orphelin a interpellé le Premier ministre en séance. 

Jean Castex a clôt le débat sans équivoque : 

« Le gouvernement partage les préoccupations que vous avez exprimé, mais ne pense pas que l’abaissement à 16 ans de la majorité électorale – qui supposerait une modification de notre Constitution – soit la réponse la plus adaptée. Les jeunes à partir de 18 ans utilisent-ils aujourd’hui suffisamment leur droit de vote ? La réponse est non. »

Pour Jean Castex, l’engagement de la majorité présidentielle en faveur de l’engagement politique des jeunes est évident au regard de l’élection en 2017 de députés de moins de 30 ans au sein de l’hémicycle (30 contre 4 auparavant). Il rappelle l’existence de programmes d’éducation à la citoyenneté au sein de l’Éducation nationale, du dispositif de service civique et du service national universel qui « préparerait les jeunes dès 16 ans à entrer dans la citoyenneté ». 

Mathieu Orphelin a regretté que la question soit close sans vote de l’Assemblée. Il a rappelé qu’en Autriche, 80% des jeunes de 16 à 18 ans avaient voté à la première élection et que l’abaissement du droit de vote pouvait être effectif sans abaisser la majorité, selon un rapport piloté par Paula Forteza, l’une des principales défenseuses de ce droit. 

 

Article initialement publié le 7 octobre 2020 — 

Démagogique, progressiste, irresponsable, contemporaine… La proposition récurrente d’abaisser le droit de vote à 16 ans n’en a pas fini d’attirer tantôt les foudres, tantôt l’enthousiasme des éditorialistes et des politiques. 

Marronnier de chaque période électorale, le droit de vote à 16 ans cristallise des tensions qui semblent dépasser le simple cadre du débat démocratique. Pourquoi cette idée est-elle accueillie de façon aussi épidermique, même au sein de la classe d’âge concernée par la mesure ? Pistes d’explication. 

Le droit de vote à 16 ans débattu à l’Assemblée nationale ce jeudi

Début septembre, plus de 80 personnalités politiques et publiques ont lancé une pétition visant à recueillir des signatures en faveur de l’abaissement du droit de vote à 16 ans. En ligne de mire : un vote parlementaire le jeudi 8 octobre. 

Portée par deux députés du groupe Écologie Démocratie Solidarité (EDS), Paula Forteza et Mathieu Orphelin, la proposition est soutenue par une trentaine de figures politiques d’EDS, de la France Insoumise, des Verts, de la République en Marche, de Libertés et Territoires et du PS ainsi que par les principales associations agissant en faveur de la jeunesse (le Forum français de la Jeunesse, Animafac, l’ANACEJ, des syndicats lycéens et étudiants, les Scouts et Guides de France, l’UNICEF, etc.).

Dans un numéro spécial du journal Le 1 publié en mai 2016, la sociologue Anne Muxel détaille les conséquences concrètes de ce changement politique :

On ajouterait 1,6 million de primo-votants, dès lors qu’on compte environ 800 000 jeunes par année d’âge. Ce n’est pas rien, sur un corps électoral de 44 millions de personnes, sachant qu’une élection peut se jouer à très peu de choses.

Fixer l’âge du vote à 16 ans présenterait aussi un intérêt démocratique. Alors que notre corps électoral est très vieillissant, cela aurait pour effet de le rééquilibrer en élargissant la proportion de jeunes.

Malgré la puissance de frappe de ces organisations, au moment de la rédaction de cet article, la pétition ne dépassait pas les 3500 signatures. Pourtant, l’idée de modifier les règles du suffrage ne manque pas de faire débattre. 

Qu’opposent les anti-droit de vote à 16 ans ?

Les défenseurs du droit de vote à 18 ans pointent principalement l’insouciance, l’immaturité et le caractère influençable des jeunes générations. 

Selon eux, les jeunes de 16 ans seraient plus prompts à voter comme leurs parents et à être influencés par la communication de partis dont ils jugent les idées comme démagogiques (la légalisation du cannabis semble déchaîner les passions). 

Plus pragmatique, en 2016, le président du Tribunal pour Enfants de Bobigny appelait quant à lui à « ne pas se presser », notamment parce que l’abaissement du droit de vote irait de pair avec une mesure juridique qui pourrait desservir les jeunes :

Abaisser l’âge du vote à 16 ans impliquerait qu’on abaisse l’âge de la majorité civile et celui du majorité pénale, par souci de cohérence, avec les conséquences que cette démarche ne manquerait pas d’avoir.

D’autres anti-droit avancent également que les jeunes de 16 ans ignoreraient tout de la vie politique et de ses remous. Occupés à vaquer à une vie adolescente bien remplie, ils ne se sentiraient pas concernés par la vie du pays.

Ils en tiennent pour preuve que l’abstention est déjà conséquente dans la tranche d’âge 18-25 ans (aux dernières élections présidentielles de 2017, 52% des 18-25 ans se seraient abstenus).

À lire aussi : Pourquoi les municipales ne saucent pas les 18-25 ans

Présumé radical, émotionnel et impulsif, le vote des plus jeunes fait aussi craindre à des observateurs politiques une montée incontrôlable des partis extrêmes.

Pour contrer cette mesure, des responsable politiques appellent plutôt à orienter les jeunes mineurs vers des actions citoyennes plus engageantes quotidiennement que le vote, à l’instar du conseiller départemental Jean-Marie Darmian qui propose :

Favorisons d’abord l’engagement associatif et toutes les formes d’entrée dans la vie sociale. Organisons des débats dans l’enceinte même des lycées avec des interventions de personnes qualifiées susceptibles de former l’esprit citoyen. Favorisons l’expression libre et la valorisation de l’engagement au service des autres (exemple : les jeunes sapeurs-pompiers) et attendons la mis en place du Service universel en projet.

Enfin, de façon plus surprenante, les jeunes eux-mêmes s’opposent fermement à l’ouverture de ce droit plus tôt. Trop responsabilisant, trop pressurisant… certains préfèreraient laisser l’urne aux adultes pour profiter de leurs derniers temps d’insouciance. 

Le vote à 16 ans, le nouveau vote des femmes ?

Les arguments des personnes qui s’opposent à l’idée d’abaisser le droit de vote des jeunes ont comme un air de déjà-vu : jusqu’en 1944, les opposants au droit de vote des femmes usaient déjà de la même rhétorique. Consignées sur une page du site de l’Assemblée nationale, les déclarations publiques de certaines personnalités influentes de leur époque semblent pourtant aujourd’hui bien obsolètes…

« On a donc parfaitement raison d’exclure de la vie politique les femmes et les personnes qui, par leur peu de maturité d’esprit, ne peuvent prendre une part intelligente à la conduite des affaires publiques. »

« Destinée à la maternité, faite pour la vie de famille, la dignité de sa situation sera d’autant plus grande qu’elle n’ira point la compromettre dans les luttes du forum et dans les hasards de la vie publique. Elle oublierait fatalement ses devoirs de mère et ses devoirs d’épouse, si elle abandonnait le foyer pour courir à la tribune. »

« Les femmes étant encore plus livrées que les hommes aux forces émotives seront emportées plus massivement encore par ces vastes ondes… La masse électorale nouvelle en s’ajoutant à l’ancienne ne fera qu’amplifier les vibrations de l’opinion régnante. »

« Donner le droit de vote aux femmes, c’est l’aventure, le saut dans l’inconnu, et nous avons le devoir de ne pas nous précipiter dans cette aventure. »

La société aurait-elle peur de sa jeunesse comme elle avait peur des femmes il y a un demi-siècle ? C’est ce qui semble transparaître en sous-texte chez les opposants du vote à 16 ans.

Cette génération désabusée, no future, révolutionnaire, encline à changer le monde du travail et qui témoigne d’un rapport différent à la vie familiale et à la planète qu’elle foule pourrait bien secouer les urnes… Que se passerait-il si soudainement, cette jeunesse venait créer du remous dans une vie politique institutionnelle vis-à-vis de laquelle les citoyens témoignent de plus en plus de dégoût ?

Que défendent les pro-droit de vote à 16 ans ?

Pour comprendre les arguments des pro-droit de vote à 16 ans, il peut être utile de se replonger en 1974, quand le gouvernement de Valéry Giscard-Destin prit la décision d’abaisser le droit de vote de 21 à 18 ans. 

À l’époque, la mesure fut accueillie avec un certain entrain par la population, qui espérait régulariser une injustice pour les jeunes déjà actifs dans la société. 

Aujourd’hui, les ambassadeurs du droit élargi aspirent également à rétablir une forme de justice entre les droits et les devoirs des jeunes citoyens et citoyennes

Si une Française de 16 ans peut déclarer ses impôts avec ses parents, prendre les transports en commun, conduire une voiture en étant accompagnée, choisir son métier et ses études, être mise en garde à vue, subir des sanctions pénales aménagées, être responsable juridiquement d’un journal lycéen, être présidente d’une association, devenir cheffe d’entreprise, s’installer seule, en coloc ou en couple, être volontaire en service civique, être contrainte de faire un Service national universel, se marier, avoir des enfants… alors elle devrait pouvoir choisir les représentants politiques qui auront un impact sur sa vie.

Pour balayer la question de la capacité intellectuelle à prendre des décisions politiques, certains arguent d’ailleurs que la maturité ne devrait rien avoir à faire dans un débat sur le droit de vote alors que des personnes séniles ne se voient pas remettre en question leur devoir citoyen en possédant toujours une carte d’électeur. 

La jeune génération n’a pas attendu d’avoir le droit de vote pour avoir beaucoup d’opinions sur des sujets qui traversent son quotidien. De plus en plus concernés et actifs sur les sujets de l’écologie et de l’égalité des genres, les jeunes s’engagent de différentes manières, en faveur d’un monde plus juste qu’ils souhaitent façonner à leur image.  

À grands renforts de vidéos TikTok ou de carrés noirs ou bleus, les adolescents affichent leur sensibilité à des thèmes profondément politiques : la situation des personnes ouïghoures, les modes de consommation capitalistes et la fast-fashion, les droits des personnes LGBT+, les modes de vie zéro déchet… 

@pembe_cheroleHISTORIQUE ✊🏽 02/06/2020 🤍##blacklivesmatter ##justicepourtous ##justicepouradama ##justiceforgeorgefloyd ##stopracism♬ son original – Pembe_cherole

Bien qu’une partie des jeunes rejette le mot « politique » par association à une vision traditionnelle, partisane et ringarde, les discours tenus sur les réseaux sociaux et la puissance de mobilisation en ligne des communautés mineures démontreraient une volonté des jeunes de s’insérer dans les débats de société qui les concerne.

Pour de nombreux défenseurs de la mesure, l’abaissement de l’âge du droit de vote serait un levier pour réengager la participation citoyenne sur le long terme. Selon Anne Muxel, toutes les études montrent que les électeurs précoces sont par la suite ceux qui seront les plus assidus. 

Un argument qui va dans le sens des résultats obtenus par le projet Électeurs en Herbe, qui gagne du terrain dans les établissements scolaires. Calqué sur son cousin québécois, Électeurs en Herbe est un programme d’éducation à la citoyenneté quasi clé-en-main destiné aux personnels de l’éducation nationale ou populaire qui souhaiteraient mettre en œuvre concrètement des processus démocratiques auprès des adolescents. 

Pendant plusieurs semaines, les jeunes participants s’informent sur la campagne électorale en cours (en 2019, les élections européennes par exemple) afin de voter à l’échelle de leur établissement ou de la structure qui les accompagne. Si les votes ne sont pas pris en compte dans les résultats officiels des élections concernées, ils ne manquent pas de créer de riches débats et d’influer profondément sur la culture démocratique des mineurs. 

Pour les pro comme pour les anti-vote, dans tous les cas, pas question d’ouvrir ce droit aux jeunes sans leur donner des clés d’analyse et de compréhension plus aiguisées. La pétition portée par les députés précise : 

Pour développer pleinement cette pensée libre et indépendante, le droit de vote à 16 ans devra être accompagné d’un renforcement de l’éducation citoyenne au lycée. Nous proposons d’organiser des débats d’idées dans les cours de philosophie ou d’histoire et de refonder les cours d’Enseignement Moral et Civique (EMC).

Cette discipline aujourd’hui négligée devrait permettre de donner les bases nécessaires à la compréhension du système politique actuel et aux jeunes de se forger un esprit critique. La « Journée Défense et Citoyenneté́ » pourrait également inclure une introduction au fonctionnement de la vie publique.

Dernier argument : lors du dernier référendum sur l’indépendance de l’Écosse qui a été ouvert aux 16-18 ans, des études ont démontré que les jeunes étaient en réalité plus enclins à voter lorsqu’ils habitent encore chez leurs parents. 

Le droit de vote à 16 ans, catalyseur d’un mal-être générationnel

Et si, derrière ces tensions et ces débats passionnés, il ne s’agissait pas que du droit de vote des jeunes ? Pourquoi la proposition, pourtant soulevée régulièrement, donne-t-elle lieu à un débat public si houleux ? Dans ces discussions, c’est en réalité tout le désamour que la société porte à sa jeunesse qui est mis au jour.

Bien au-delà des pour et des contre droit de vote, la participation à la vie démocratique des jeunes cristallise des questions philosophiques complexes. 

Qui mérite de voter ? Quelle échelle utiliser pour quantifier et qualifier l’intérêt politique ? Qu’est-ce qu’un citoyen informé ? Faut-il être expert de la politique pour obtenir le droit de voter ? 

Si les jeunes de 16 ans sont considérés comme trop jeunes, à quel moment deviennent-ils des adultes ? Devrait-on interdire le vote à certaines personnes ? Pourquoi des jeunes se pensent-ils trop immatures pour voter ?

Ces questions – qui ne seront sans doute pas au programme du bac 2021 – obtiennent des réponses bien différentes en fonction de l’origine sociale des intéressés, de leur âge et de leur sentiment d’insertion dans la société.

Sociologiquement, la jeunesse correspond à un état « de passage » bien difficile à cerner. Loin de former un corps homogène, les jeunes sont aussi nombreux (quasiment 20 millions de moins de 25 ans en France) que divers. 

Jeunes urbaines, jeunes rurales, jeunes pauvres, jeunes riches, jeunes diplômées, jeunes actives, jeunes blanches, jeunes noires, jeunes isolées, jeunes connectées… Toutes portent un regard sur le monde qui colore leur potentiel engagement politique et toutes peuvent se sentir en fracture avec une partie de leur génération qui peut les amener à s’entre-déchirer, à se sous-estimer, à se désolidariser. 

Une génération divisée par les inégalités

Dans un entretien accordé au Monde, le sociologue de la jeunesse Olivier Galland revient sur ces écarts qui se creusent au sein de cette même génération :

Le clivage est beaucoup moins fort entre les moins de 30 ans et les adultes qu’il y a quarante ans. Et, en même temps, ils sont nettement plus attachés à l’autorité que les jeunes des années 1960. Il ne s’agit plus d’une autorité traditionnelle, liée à l’âge ou à la fonction. Mais ils constatent que la liberté individuelle crée également des perturbations, des abus dont ils sont les premières victimes.

Une étude de l’Insee a montré que les premières discriminations dont ils se plaignent sont les insultes et moqueries dont ils sont l’objet sur leur physique, leur façon de s’habiller, etc. Or cela se passe entre jeunes. Il y a également de fortes tensions entre filles et garçons. L’autonomie plus grande et plus précoce des jeunes fait que les cultures de genre (de la virilité pour les garçons, de la sensibilité pour les filles) se cristallisent très tôt. Et parfois elles s’entrechoquent ! Les filles en souffrent beaucoup.

Pourtant, cette population de « jeunes » a plusieurs points communs. Enfant de la crise économique, elle est née sur une planète qu’elle sait malade de l’activité humaine. Elle a grandi dans un climat de défiance vis-à-vis du politique qu’elle partage avec beaucoup d’adultes, déçus de la 5ème République. 

Comme ses aînés, cette génération subit également une crise de la représentation qui la désintéresse des instances démocratiques. Si quelques organisations apartisanes luttent pour faire reconnaitre les droits des jeunes, elles peinent à influer sur les décisions des responsables politiques.

Pour Olivier Galland, le point de tension se situe certes dans les discriminations que cette population subit, mais également dans une « crise du modèle méritocratique à la française » :

Une autre façon de voir le problème est de considérer la jeunesse, ses doutes et ses angoisses, non plus d’un point de vue victimaire mais comme un révélateur de la crise, institutionnelle et culturelle, du modèle français de formation.

Ce modèle correspond en fait à ce qu’on appelle « l’élitisme républicain », c’est-à-dire la sélection des meilleurs selon le principe de la seule récompense du talent et des efforts de chacun.

[…] Dans cette école de masse, l’obsession du classement scolaire qui est à la base de l’élitisme républicain, et la vision dichotomique de la réussite qui sépare les « vainqueurs » et les « vaincus » de la sélection scolaire, aboutit à un système qui élimine plutôt que de promouvoir le plus grand nombre.

C’est aux attentes de cette génération déjà déçue par la promesse méritocratique, encline à tenir responsables, à demander des comptes, tantôt résignée, tantôt déterminée, que devront répondre les représentants politiques redoutant cet élargissement du droit de vote.

Plus qu’un bulletin dans l’urne, c’est un jugement et une critique de leurs insuffisances qu’ils et elles semblent le plus craindre. Somme toute, à raison. 

Marie Camier Théron

Marie Camier Théron

Marie est responsable des événements pour madmoiZelle et Rockie. Elle prend parfois le clavier pour écrire sur la société numérique et la culture japonaise.

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Commentaires

Olduvaï

J'interviens juste rapidement parce que j'ai vu passer qu'on travaillait rarement à 16 ans et que cette non-confrontation à la ''realité'' était redibitoire concernant le droit de vote.

Je suis issu d'un milieu populaire où une partie pas négligeable des jeunes sont des des filières pro, souvent en apprentissage, et un certain nombre de ceux qui ont quitté l'école sans diplôme travaillent néanmoins. Le travail des mineurs ça existe, peut être moins qu'il y a une générations - c'est plus difficile de se faire embaucher maintenant - mais quand même. D'autant plus que si on parle d'apprentissage, plus on est jeune plus on est sévèrement précarisé :

Perso quand je suis au CFA, ce que je remarque (et en particulier avec les mineur.es) c'est que globalement iels en savent plus long sur leur métier et sur la dureté du travail que sur leurs droits.

Donc si, à 16 ans on peut travailler, avoir une vie familiale (être en couple, avoir des enfants), être déjà exploité. Par ailleurs on a traversé une bonne partie du système scolaire et on a un regard dessus. Mon avis perso quand je discute avec mon père qui a pourtant un niveau d'étude élevé et de la bouteille dans la vie, c'est que quand on est jeune voir très jeune, on a quelques fois un regard plus éclairé sur ce qu'il se passe, et plus en phase avec les préoccupations de notre temps que des monsieurs de 50 ans abrutis de fatigue, de travail et de rancune. Mais ça c'était juste une remarque en passant.
Bref, à 16 ans, on peut déjà être fortement impliqué dans la vie civique, et ça ne me poserait a priori aucun problème qu'un accorde le droit de vote à des mineur.es. Ou alors on manque de cohérence.

Par ailleurs cette histoire de confrontation avec la réalité, à dépend vraiment d'où on se place socialement. Les personnes très aisés voir bourgeoises, qui peuvent se permettre de très longues études aux frais de leurs parents et qui vont les maintenir dans un entre soi jusqu'à un travail qui ressemble fort peu au quotidien de la majorité des gens... Ben iel ont bien le droit de voter quoi.
 

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