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Société

Depuis l’interdiction de l’IVG, 65 000 américaines sont tombées enceintes d’un viol sans pouvoir avorter

Seuls dix avortements légaux ont été enregistrés dans les 14 états où l’IVG est partiellement ou totalement interdit. Quatre de ces états prévoient pourtant, en théorie, une exception en cas de viol.

Une étude états-unienne, publiée mercredi 24 janvier dans le Journal of American Medicine et relayé par nos consœurs du Huffpost US, fait état de 64 565 grossesses liées à un viol dans les 14 États qui ont interdit l’avortement depuis l’abrogation de Roe v. Wade en juin 2022. Preuve terrible que, même dans les états prévoyant une exception en cas de viol, l’accès à l’avortement n’est garanti pour personne.

Seuls 10 avortements légaux recensés

« Dans cette étude transversale, des milliers de filles et de femmes vivant dans des États interdisant l’avortement ont subi une grossesse liée à un viol, mais peu d’entre elles (voire aucune) ont obtenu légalement un avortement dans l’État, ce qui suggère que les exceptions relatives au viol n’offrent pas un accès raisonnable à l’avortement pour les victimes », détaille l’étude, relayée par le HuffPost.

En effet, sur les 14 états qui interdisent l’avortement, quatre d’entre eux prévoient théoriquement des exceptions en cas de viol : l’Idaho, le Dakota du Nord, l’Indiana et la Virginie-Occidentale. Des dérogations qui se révèlent donc inefficaces.

S’appuyant sur plusieurs sources gouvernementales, l’étude estime que 520 000 états-uniennes ont été violées avec pénétration vaginale depuis le 1er juillet 2022, et que 12,5% d’entre elles sont tombées enceinte. Or, seul 10 avortements légaux ont été enregistrés dans les 14 états concernés par une interdiction partielle ou totale de l’avortement. L’étude est implacable : « les personnes qui ont été violées et sont tombées enceintes ne peuvent pas avoir accès à un avortement légal dans leur État d’origine, même dans les États qui prévoient des exceptions en cas de viol ».

L’ignorance des législateurs y est pour beaucoup

Comme le retrace le HuffPost, les législateurs anti-avortement ont historiquement démontré leur large méconnaissance (pour ne pas dire bêtise) au sujet du risque non négligeable de grossesse non désirée post-viol.

Par exemple, en 2012, l’ancien député de la Chambre des représentants Todd Akin avait fait parler de lui en déclarant que « s’il s’agit vraiment d’un viol, le corps de la femme a les moyens d’essayer d’arrêter tout cela ». Une affirmation sans aucun fondement scientifique.

Quatre ans plus tard, l’ancien représentant républicain de l’État de l’Idaho, Pete Nielsen, en avait rajouté une couche : « De ce que je comprends, dans de nombreux cas de viol, il n’y a pas de grossesse en raison du traumatisme causé par l’incident ».

Autant d’approximations qui contribuent à mettre, encore et toujours, la santé des femmes en péril.


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